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Full text of "Les armes à feu portatives: leur origine et leur développement historique et ..."

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LES 



ARMES A FEU PORTATIVES 



iLEUR oracmsTE 



ET LEUR DÉVELOPPEMENT HISTORiaUfi ET TECHNIQUE 



JUSQU'A NOS JOURS 



OUVRAGES DU MÊME AUTEUR 



Eniwleklang der FencriraffeB, 1867-70, Schaffbausen, Brodtmann. Fr. 10. 20 
Das sellweizcriMiie Repetirgenrehr, 1870-71, Basel, Schweighauser. > 1. — 
liC déTcIoppcmeiit des nrmcs m feu» 1870, Genève et Bftle, H. Georg; 



Paris, Ch. Tanera. > 10. — 

Das seliwelzerisehc Hadcttengcwehr, Bern, Dalp. > — 50 

lie fuail suisse de eadets^ Beni, Dalp. > — 50 

^l¥aireiilehre und Sehlesstheorle (Speziell Handfeuerwaffen), 1872, 

Bâle, Schweighauser. > 4, _ 

lies armes suisses à répéUUon (infanterie, ciirabiniers, cavalerie), 

1873, Genève et Bâle, H. Georg. > 2. — 

llle Handfeuerwaflen 9 mit Atlas, 56 Tafeln enthaltend ûber 400 

Zeichnungen in Farbendruck, 1875, Basel, B. Schwabe. > 20. — 



LES 



ARMES A FEU PORTATIVES 



LKUB 



ORIGINE 



ET LBUB 



DÉVELOPPEMENT HISTORIQUE ET TECHNIQIJE 

JUSQU'A NOS JOURS 



PAU 



RODOLPHE SGHMIDT 

MAJOR A l'état-major GÉNÉRAL SUISSE KT DIRECTEUR DE LA FABRIQUE FÉDÉRALE d'arUES 



AVEC UN ATLAS 



DE 



58 PLANCHES CONTENANT PLUS DE 400 DESSINS CHROMOLITHOGRAPHIQUES 



Tradoit de I alleoiaod par J.-I. CUTTIT, ingénieur, premier lieoleoant du génie de Tarmée suisse. 




GENÈVE — BALE — LYON 

H. GEOIîG, LIBRAIRE-ÉDITEUR 

PARIS9 CHEZ OH. TANERA 

1877 






Tc'mR droits réserves. 



PRÉFACE 



< L'histoire > est le moyen le plus clair et le plus agréable pour arriver à com- 
prendre, au point de vue technique, les inventions et les progrès successifs qui se sont 
faits dans la science des armes. Plus les matériaux scientifiques sont riches et nom- 
breux pour chaque espèce d'armes, plus aussi un traité spécial sur ce sujet paraît-il 
bien justifié. 

Le rang que les < «mies à feu portatives, > — objet constant de mes études 
particulières, — tiennent aujourd'hui dans l'art militaire et les nxatériaux précieux, qui 
dans ces derniers temps se sont considérablement augmentés, m'ont engagé d'entre- 
prendre le travail qui va suivre. 

Il possède avant tout le caractère d'un ouvrage technique, agencé dans un ordre 
chronologique et historique. 

Si l'on ne peut pas prétendre, eu égard à l'étendue des inventions en cette ma- 
tière, que ce recueil soit complet au point de vue historique, on reconnaîtra cependant 
qu'il présente un exposé bien coordonné et bien cohérent du développement progressif 
des armes à feu portatives depuis leur origine jusqu'aux temps les plus modernes, qui 
se complète par des dessins chromolithographiques fidèles et faciles à comprendre tech- 
niquement. 

Outre les inventions des temps passés, cet ouvrage traite le plus parfaitement 
possible des riches et précieuses découvertes que la science a faites dans ce domaine à 
l'époque actuelle. 

11 a été conçu et exécuté de manière à pouvoir aisément y ajouter les produits de 
l'avenir, afin de lui assurer une valeur constante. 

Les ouvrages consultés sont indiqués à la fin du recueil. 

Berne, 1875-76. 

Rodolphe SCHMIDT. 



OKNKVK. mPKlMKRIK KAMBOK KT SCllCCilARDT 






,, t. 




INTRODUCTION. 



Les premières armes dont Thomme se soit servi étaient sans doute la première 
pierre venue, un morceau de bois ou à l'occasion une branche d'arbre qu'il perfection- 
nait en les façonnant d'une manière appropriée au but qu'elles devaient remplir ; vin- 
rent ensuite d'autres combinaisons, telles que pierres aiguisées, polies, etc., enchâssées 
dans du bois. 

Plus tard vint le métal, et tout d'abord le cuivre fondu et le cuivre allié à l'étain 
(bronze) ; ensuite, on utilisa le fer; ainsi se perfectionnèrent successivement les instru- 
ments d'attaque en même temps que les moyens de défense. 

La géologie distingue trois périodes principales depuis que l'homme est supposé 
devoir exister. Suivant ses calculs et à en juger par les derniers vestiges d'hommes et 
d'armes retrouvés, la première (celle de la pierre) remonte à environ 400,000 ans, celle 
du bronze à 8000 et celle du fer à 3000 aps de l'époque actuelle. (V. Specht.) 

Les machines et engins de guerre, tels qu'ils existaient peu avant l'emploi de la 
poudre à tirer, se divisent de la manière suivante : 

a) Mm batiste, espèce de fronde ou de machine à lancer des projectiles, se 
composait de poutres et de cordages et servait à lancer par-dessus les murs et les ou- 
vrages fortifiés, des projectiles tels que pierres, matières incendiaires ou puantes, des 
cadavres putréfiés d'animaux, etc. On lançait à l'aide de cette machine des pierres pe- 
sant jusqu'à 500 kil. à une distance de 200 à 300 mètres ; l'effet de ces genres de ma- 
chines peut ainsi être comparé à celui des mortiers actuels. 

l) D'autres aiaeliliies de siège, telles que bélier, le perce-mur, etc., ser- 
vaient à frapper et à enfoncer les murs, les portes, etc., en retirant ou en lançant de 
nouveau en avant une poutre suspendue à une traverse par des chaînes ou des cordes 
passant par son centre de gravité. L'extrémité de la poutre qui donnait le choc était 
munie d'une tête de fer ayant la forme d'un dard pointu ou d'une ou de plusieurs têtes 
de béliers qui étaient souvent d'un poids considérable. 

Les tours mobiles qui servaient à s'approcher des ouvrages ennemis, contenaient 
ordinairement à leur étage inférieur des machines semblables pour battre en brèche, 
tandis que les étages supérieurs occupaient les défenseurs sur les murs ; à cet effet ils 

1 



2 IHTBODUCnON. 

étaient munis de ponts-levis et de matériel d'assaut pour permettre d'escalader les mu- 
railles. 

c) I«» mmtmjpmâtm, espèce de grand arc, dont la corde était formée de cour- 
roies tordues ensemble, de boyaux, de crins ou autres matières semblables. 

La corde était tendue au moyen d'une manivelle ou d'un autre outil et le pro- 
jectile placé devant elle (entre autres des flèches incendiaires) était lancé en avant en 
suivant une rainure de direction. 

Les plus grandes catapultes avaient une portée de 400 mètres et encore 
une certaine précision à 200 mètres. Cette catégorie de machines était employée con- 
tre un but vertical et remplissait les fonctions de nos canons actuels. 

Les Romains appelaient Scorpions des catapultes de plus petites dimensions, sou- 
vent portatives et qui servaient à lancer des flèches à de petites distances. 

d) Gomme «mies de Jet perteilves qu'on peut assimiler à nos armes à 
feu portatives actuelles, on se servait de javelots, de frondes, d'arcs et d'arbalètes. 

e) Gomme nnnee Manehes pour la lutte corps à corps, on se servait de la 
massue, de la lance, du glaive, de la hache de combat ou masse, de la hallebarde et du 
morgenstem de différentes formes et dimensions. 



r . ' - -'.-M 



I 



INVENTION DE U POUDRE A TIRER. 



Par ii^ndre k tirer on comprend le mélange de salpêtre, de soufre et de char- 
bon qui, grâce à sa force chassante, est capable de lancer un corps dans une direction 
et à une distance voulues en exerçant un effet destructeur. On, ne commença à l'em- 
ployer comme poudre à tirer que quand on eut reconnu son effet destructif lorsqu'elle 
était renfermée dans un tube conducteur, et que Ton eut découvert le parti qu'on pou- 
vait tirer de l'élasticité de ses gaz pour le tir proprement dit. 

La connaissance de mélanges identiques a précédé de plusieurs siècles celle de 
la poudre à tirer entendue de cette manière. 

L'emploi de ces mélanges se bornait aux feux d'artifice et aux matières incen- 
diaires dont la découverte est attribuée tantôt aux Chinois, tantôt aux Arabes ou aux 
Indiens, ainsi que le feu grégeois qui a beaucoup de rapport avec ces mélanges. 

Ainsi on raconte des Chinois que les expressions employées encore aujourd'hui 
de ty-laiy tonnerre terrestre, Leho-yas^ feu dévorant, Le4ien-h(hkieny balle contenant le 
feu céleste, étaient déjà en usage plusieurs siècles avant J.-C. (Renaud et M. Favé), 
tandis que les livres sacrés des Indiens datant à peu près de la même époque, contien- 
nent les expressions de Agtien-aster et de Shet-a-gene qui, interprétées dans le sens de 
€ armes à feu > et < tueur par centaine, > indiqueraient déjà l'usage de la poudre à ti- 
rer ; d'après d'autres auteurs Agni-s signifierait < feu > et Astra < arme de jet > projec- 
tile, > < flèche, > en sorte que Agnû-astra signifierait littéralement < projectile de feu > 
ou < flèche de feu. > (D' J. Upmann, poudre de tir.) 

Nombre d'autres indications sur l'existence primitive de la poudre à tirer, re- 
posent également sur des erreurs d'interprétation, puisque l'apparition des bouches à 
feu et des moyens d'employer la poudre pour le tir, ne peut être prouvée qu'à partir du 
milieu du Xin** siècle. 

On ne peut rien affirmer de certain quant à la personne qui, la première, a em- 
ployé la poudre pour le tir proprement dit, et qu'on pourrait ainsi appeler < l'inventeur > 
de la poudre à tirer. 

La notice du < mélange tonnant > du feu grégeois, que Je Grec Gallinique com- 
muniqua, 668 ans après J.-C, à Constantin Pogonatus, pendant le siège de Gonstanti- 
nople, ne fait pas mention d'une bouche à feu, pas plus que ceUe de Marcus Grœcus 



4 INVENTION DE LA POUDRE À TIBEIL 

qui, dans son ouvrage Liber igfiium ad comburendos hostes (846?) décrit la poudre (six 
parties de salpêtre, deux parties de soufre et deux parties de charbon), mais dont les 
indications laissent seulement conclure à Texistence de feux volants et de fusées ob la 
détonation n'est pas exclue. 

On peut en dire de même de Roger Bacon qui, d'après Flot naturd history of 
Oxford, aurait inventé la poudre à Oxford ; Bacon lui-même, dans son livre (1220) de 
nuUitate magiœ, ne parle que d'effets d'éclairs et de tonnerre semblables à ceux de la 
poudre et qui servaient à répandre l'épouvante ; il dit au commencement qu'on devait 
cacher la science parce que le peuple se moquait des devins. 

La plupart des chroniques allemandes attribuent l'invention de la poudre à tirer 
à Berthold Schwarz en 1320 ou 1330, tandis que Furttenbach, dans son Êcde de maîtres 
armuriers, de 1643, place la découverte de Schwarz dans l'année 1380. La chronique 
de Jseger attribue cette invention à un juif nommé Tibseles, en 1352, et les chroniques 
de Silésie à un nommé Severinus, en 1382. 

Schwarz aurait été occupé à triturer dans un mortier un mélange de salpêtre, 
de soufre et de charbon lorsqu'eut lieu une explosion qui lança au loin le couvercle du 
mortier et jeta Schwarz à terre. Celui-ci fit alors l'essai de lancer des pierres au moyen 
de cette composition. 

Furttenbach le qualifie de : < Patter Bertold Schwarz, de l'ordre des Francis- 
cains , docteur, alchimiste et inventeur de l'art de tirer avec des bouches à feu. > Il doit 
avoir vécu à Fribourg en Brisgau. 

Gomme l'existence des bouches à feu avait été constatée antérieurement à cette 
époque, on peut en conclure que les propriétés de la poudre pour l'usage du tir au 
moyen de tubes conducteurs, auraient été reconnues dans plusieurs endroits séparé- 
ment, en sorte que, grâce au mystère dont on entourait les découvertes scientifiques, 
un propagateur pouvait facilement se faire passer pour un < Inventeur. > 

H est dit aussi dans les Annales de la Ville de Gand de 1313 : < Item, in dit jaer 
was cUdereerst ghevonden in DutUscMand het ghébrunk des Imssen van einem mueninck, > 
et, comme il est ici question d'une arme à feu, il faut admettre la connaissance de la 
poudre à tirer. 

Que, de préférence, on ait attribué les inventions aux moines, cela se comprend, 
car, à cette époque, ils étaient les principaux dépositaires de la science et se bornaient 
à la répandre entre eux. 

Dans le commencement, on préparait la poudre sous forme de pulvérin, ensuite 
on la forma en gros grumeaux et plus tard en grains. 

Les proportions du mélange étaient variables : au commencement on employait géné- 
ralement le mélange de 4 parties de salpêtre, 1 partie de soufre et 1 partie de charbon; 
plus tard on employa différents dosages. 

L'École de maîtres armuriers de Furttenbach, en 1643, mentionne les composi- 
tions suivantes : 

SALPÉTBE SOUFRE OHABBOK 

Poudre pour bombardes livres 100 = 69 % livres 21 = 15 */o livres 24 = 16 •/© 
» » couleuvrines » 100 = 72,0 » 18 = 13 » 20 = 16 



INVENTION DE LA POUDBE À TIRER. 5 

BALPâTRE SOUFRE CHARBON 

Poudre pour arquebuses » 76 = 71,4 » 15 = 14,8 » 15 = 14,2 
» de chasse » 100 = 75,7 » 16=11,8 :i 17 = 13 

Les charges étaient en outre très-fortes, environ Vs du poids du projectile. 

Lorsque l'usage de la poudre fut devenu général, sa préparation devint un privi- 
lège des mattres armuriers (Bûchsenmeister) qui recevaient le droit de maîtrise après 
un certain nombre d'années d'apprentissage et après avoir subi certaines épreuves. Ils 
entraient alors au service et à la solde de l'État et s'engageaient par contrat à prendre 
soin de l'artillerie, tant en temps de paix qu'en temps de guerre, à former des appren- 
tis, etc. Plus tard, la fabrication de la poudre devint un monopole des gouvernements. 

Malgré tous les essais faits depuis l'invention de la poudre, on n'a trouvé jusqu'à 
présent aucune force motrice qui puisse la remplacer, ce qui fait que les substances 
qui entrent dans sa composition (le salpêtre, le soufre et le charbon) sont restées les 
mêmes. 

Les modifications auxquelles on a soumis, soit le dosage des matières premières, 
soit le mode de fabrication, ont donné des résultats plus ou moins favorables ; les pro- 
portions du dosage varient aussi suivant l'usage auquel la poudre est destinée (pour tir 
ou pour mine). 

La poudre de guerre est restée encore aujourd'hui composée à peu près de 75 7o 
de salpêtre, 10 7o de soufre et 15 7o de charbon. 

Les progrès mécaniques ont facilité le perfectionnement de la qualité de la pou- 
dre en permettant d'obtenir une plus grande régularité de consistance. 

Si l'on considère que, déjà quelques siècles après J.-C, on connaissait un mé- 
lange de salpêtre, de soufre et de charbon qui produisait une détonation, on voit que la 
découverte de sa puissance, comme poudre à tirer, est restée à l'état de sommeil pen- 
dant près de 1000 ans. 

Mais, quel progrès gigantesque présente, — en revanche — la période qui s'est 
écoulée du XV"* au XIX"* siècle, depuis que la connaissance de la poudre et de ses eflFets 
ont été compris de la population de l'Europe ! 

La poudre à tirer et les armes à feu sont devenues de puissants leviers de civili- 
sation dans le monde. Les progrès qui ont été faits dans l'art de la guene, par la race 
européenne, l'ont placée bien avant les autres peuples et les ont forcés à reconnaître sa 
supériorité. C'est avec l'arme à feu qu'elle a pénétré dans les parties du monde nouvel- 
lement découvertes et qu'elle en a conquis avec un succès et une rapidité étonnante les 
contrées et les habitants, pour les faire jouir des bienfaits de la civilisation. 

Les anciens peuples de l'Asie auraient de même été moins disposés à s'associer 
au mouvement de réforme, qui s'introduisait partout, s'ils n'avaient pas été considéra- 
blement surpassés dans le perfectionnement de leurs engins de guerre. 

Cette supériorité morale de la race européenne ne se fait pas sentir uniquement 
dans les grandes actions, mais aussi dans les plus minimes, car nous avons vu les hardis 
pionniers de la civilisation se rendre partout, comme chasseurs ou comme colons, le 
fusil au dos, défrichant les forêts vierges, ou cultivant le sol. La poudre n'a pas seule- 
ment constaté, à la guerre, ses succès par l'emploi intelligent de sa propriété conduc- 



IHVEKnON DB LA POUDRE A TIEBS. 

i domination, c'est aussi dans le sens le plus pacifique que la poudre a ouvert 

os du progrès. 

le a mis en morceaux et tran^rcé les masses de nos hautes montf^es, elle 

leurs barrières de pierre, elle a détruit les écueils des fleuves, des ports et des 

ir faire place aux routes du commerce universel. 

est au moyen de la mine qu'on obtient des minéraux, des matériaux dé con- 

et l'eau que nous buvons; en un mot, partout oh il s'agit de vaincre par un 

uitané l'inertie et la cohésion de masses puissantes, jusqu'à des milliards de 

poudre reprend ses anciens droits, surpassant toutes les forces d'hommes et 

aes, et se laisse diriger par la volonté de l'homme tout en lui permettant de 

imites de son action. 

loique d'autres préparations explosibles commencent à faire une concurrence 

re, c'est cependant toqjours cette dernière qui, par l'effet des immenses et 

ables services qu'elle a rendus, a provoqué l'invention d'autres moyens et 

mesure de ce qu'on pouvait attendre de leurs effets. 







J 



ARMES A FEU. 



Cette dénomination ne s'applique qu'à l'engin de guerre capable, par l'effet des 
gaz de la poudre, de lancer des corps destructeurs (projectiles) avec une force suffi- 
sante, dans une direction et à une distance données. 

Ainsi, des mélanges analogues à la poudre à tirer ont précédé de beaucoup 
celle-ci, sans justifier le titre de < poudre à tirer; > il était aussi question d'c armes 
à feu, > qui signifient tantôt corps incendiaires, tantôt fusées et feux d'artifice, mais 
qui ne répondent pas au sens que nous attachons à cette dénomination. 

Après avoir indiqué ce que l'on entend par < poudre à tirer > et < armes à feu, > 
et en distinguant dans ces dernières les < bouches à feu > non portatives et les < armes 
à feu portatives > ou à main, nous commençons notre description du < dévdoppet^ient 
technique et historique des armes à feu portatives. > 

Il n'est pas certain que la notice suivante : 

1247. < Séville fut- défendue avec des bouches à feu ; outre les machines de guerre 
ordinaires, on a de» machines tonnantes dont les projectiles transpercent les armures des 
chevaux, > — ait marqué l'origine du jet de pierres au moyen de la poudre à tirer. 
C'était peut-être aussi des pierres enduites de matières inflammables pour être lancées 
avec plus de précision, en sorte qu'il n'est pas impossible que cette notice indique une 
transition du jet de matières inflammables au jet de projectiles de pierre. 

C'est peut-être aussi dans ce sens qu'il faut interpréter l'indication d'après 
laquelle, en 1241, les Tartares, sous Chan-Batu, dans la bataille de Liegnitz (Wahlstadt), 
livrée le 15 avril de cette même année, se servirent contre les Polonais et les Silésiens 
de bouches à feu, grâce auxquelles ils regagnèrent la bataille perdue, en couvrant subi- 
tement de feu l'armée chrétienne qui les poursuivait, ce qui la remplit d'une crainte 
superstitieuse. 

n en est probablement de même de la notice de 

13H d'après laquelle Ismall attaqua jour et nuit la ville de Bazas avec des ma- 
chines qui lançaient, avec un bruit de tonnerre, des globes de feu semblables à des 
éclairs et qui endommagèrent considérablement les tours et les murs de la ville. 



8 ABME8 À FEU. 

En tout cas, il ressort de ce qui précède que Ton n'employait plus exclusivement 
la catapulte, etc., pour lancer des projectiles, mais qu'on se servait de tubes assez 
solides pour permettre l'emploi de la poudre comme force chassante, ce qui est con- 
firmé d'ailleurs, depuis cette époque, par l'emploi réel des bouches à feu et de la poudre. 

n est prouvé qu'en 

1313 la ville de Gand possédait une bouche à feu (voir page 4). H n'est pas 
question ici du grand canon de Gand exposé au marché de cette ville, que, par erreur, 
on prétend avoir été construit en 1279; car, à en juger par sa construction, il appar- 
tient au XV"' siècle. 

C'est à cette époque (commencement du XIV"* âiècle) qu'appartiennent, en 
revanche, les bouches à feu pareilles à la fig. 2 (qui se trouve au Musée de Namur) et 
qui furent employées en 

1327 contre les Écossais, 

1331 par le roi de Grenade contre Alicante, 

1340 par Lequesnoy contre Mirepoix, 

1342 devant Algésiras (où il est déjà fait mention de boulets rouges), 

1345 devant Monségur, et en 

1346 à Crécy. 

Il est clairement démontré, en outre, que ces bouches à feu servaient déjà au jet 
de boulets de pierre et de fer. 



BOUCHE A FEU (a chargkment par la culassk, chambre séparée) 

DU MUSÉE DE NAMUR. 
Planche I, figure 1. 

Cette bouche à feu a une longueur d'un mètre et est formée d'un faisceau de 
barres de fer, assemblées par des cercles du même métal. 

L'assemblage défectueux du canon avec la chambre par de simples coins de bois 
paraît rendre peu probable l'emploi utile de cette pièce. 



BOUCHE A FEU ANGLAISE provenant, d'après froissard, de la bataille 

DE CRÉCY. 

■ 

PI. I, fig. i. 

Elle est construite au moyen de barres de fer entourées de cercles ; chargement 
par la bouche ; forme conique, diminuant de devant en arrière. 

C'est à la suite des relations amicales qui existaient alors entre les Flamands et 
Edouard III que l'emploi des bouches à feu paraît avoir passé de Heîgique m Angleterre. 

En France, la première apparition certaine des bouches à feu date de 1338, ob 
les registres de la cour des comptes de Paris font mention d'une somme payée à Bar- 
thélémy de Drach pour des bouches à feu et de la poudre, qui furent employées devant 
Puy-Guillaume. 



QUâTOBZIEUE SIECLE. 9 

Suivant d'autres auteurs (Schœn), Tusage des bouches à feu aurait passé des 
Maures aux Espagnols (ensuite de leurs nombreuses guerres), puis d'Espagne en 
France et en Angleterre. 

n existait cependant en Aïlemagne (d'après Upmann) des moulins à poudre : en 
1340 à Augsbourg, en 1344 à Spandau, en 1348 à Liegnitz et en 1360 àLubeck, où, par 
l'imprudence du fabricant de poudre, l'hôtel de ville fut incendié, tandis que — d'après 
Villaret, — on aurait déjà fabriqué une bouche à feu à Amberg en 1301. 

En ItcdiCy il est prouvé par un document authentique du 11 février 1326, qu'on 
fabriquait à cette époque à Florence des canons de métal et des boulets de fer forgé. 

En Suisse, le premier exemple date de 1371, où il est prouvé que la ville de Bâle 
possédait des bouches à feu. 

En Russie, le premier emploi des bouches à feu remonte (d'après la chronique de 
Golizin) à l'année 1389, et à l'année 1400 en Suède. 



Les preailèrea bouches à fev étaient pour la plupart construites avec des 
bandes de fer soudées côte à côte et reliées par des cercles de fer ; la pièce entièrement 
libre ou simplement fixée sur un chevalet ou bloc de bois peu élevé, était transportée 
au moyen de chariots. 

On pointait la pièce en l'enterrant dans le sol, en lui donnant l'inclinaison voulue 
ou en la plaçant sur un support, et on plantait en terre des piquets destinés à empêcher 
le recul. 

Pour charger, on se servait d'une pelle pour la poudre ouverte qui était pesée 
d'avance et contenue dans des sacs, que l'on fit plus tard de la grosseur du calibre de 
la pièce. Après avoir chargé, on perçait le sac avec un dégorgeoir. La lumière était 
remplie de pulvérin et on mettait le feu, d'abord avec un charbon ardent, ensuite avec 
une mèche fixée à un boute-feu. 

Le personnel de service se composait d'un < maître canonnier, > que plus tard on 
appela aussi < constable, > et d'un < servant > pour chaque pièce. 

A l'époque de ces bouches à feu primitives, il en existait à chargement par la 
bouche comme par la culasse (chambre séparée). 

Toutefois, le peu de résistance de ces dernières fit donner la préférence au mode 
de chargement par la bouche. On donnait à ces premières bouches à feu les noms de 
< tourmentes > (tormentum), boîtes à tonnerre, pierriers et bombardes, ou limplement 
celui € d'arquebuses. > 



Les premièrea nniiea k] fev partetlTcs étaient analogues aux canons, 
lourdes et peu maniables, et il n'a pas été facile de définir dans l'origine l'époque de 
transition entre l'emploi des bouches à feu et celui des armes à feu portatives. 

Il y avait entre autres des arquebuses qui tiraient des balles d'une demi-hvre et 
qui étaient desservies par deux honjmes. 

Une des armes à feu portatives les plus primitives est celle dont on s'est servi à 
la bataille de Crécy ; elle était complètement en fer et la queue se plaçait sur l'épaule. 

2 



10 ABMS8 À FEU. 



BOMBARDELLE ANGLAISE provenant de la bataille de crécy (1346). 

PI. i,fig. 3. 

1364. On fabrique à Pérouse 500 bombardes portatives dont les projectiles percent 
des armures. 

D'après Venturini, c'étaient de courts cylindres en fer, à calibre resserré au 
tonnerre (chambre à poudre). — En 

1365, le duc de Brunswick se défend à Eimbeck, contre le duc de Meissen, au 
moyen de bouelieii à feu qui ton^lent des balleii de pleaib. 

C'est à cette époque qu'appartient une 



BOMBARDELLE ANGLAISE AVEC CHAMBRE (chargement par la culasse) 

PI. I, fig. 4. 

qui se trouve à la Tour de Londres. Cette arme paraît d'ailleurs n'avoir été qu'une 
pièce d'essai, car on n'y remarque rien pour fixer la fermeture; l'échappement des gaz 
devait, du reste, rendre de telles bombardelles impropres au tir à la main. 
En revanche, il se trouve au Musée de Namur une 



BOMBARDELLE A QUEUE (a chargement par la bouche) 

pi. 1t, fig. 5. 

qui devait appartenir à peu près à la même époque. 

Elle est en fer forgé et sa queue devait sans doute recevoir un manche de bois. 

A en juger par ses dimensions et son poids, cette araie — quoique portative — 
devait très-probablement reposer sur un support en forme de fourche, semblable à celui 
de la figure 6. 

BOMBARDELLE A SUPPORT. 

PI. », fig. 6. 

Ce dessin a été tiré du Codex ms. phil. 63 de la Bibliothèque royale de l'Univer- 
sité de Gœttingen, auquel il a été emprunté par les < Quellen zur Geschichte der 
FeuerwaflFen. > D n'y a, entre cette bouche à feu et celle de Nanmr, qu'une seule diffé- 
rence, c'est que la première est construite avec des barres de fer reliées ensemble, tandis 
que la dernière a été percée dans un seul bloc. 

1379. Dans les comptes des maîtres canonniers de Ratisbonne, il est fait mention 



QUATOBZEBME SIÈCLE. 11 

de onze armes à feu garnies en bois et pesant ensemble 120 livres, soit chacune 11 livres 
ou 5 Va kil. 

On a conservé au Musée germanique une 



ARQUEBUSE GARNIE EN BOIS 

PI. t, fig. 7. 

provenant de la même époque ; elle a une longueur de 1"*,44 et pèse 17 kil. 

1381. Dans la guerre des villes impériales contre les chevaliers français et de 
Souabe, les Augsbourgeois avaient 36 arquebusiers. 

1382. On emploie des armes à feu portatives à la bataille de Ilosbecque. 

1383. Ces armes sont aussi connues en Lithuanie, où Ton s'en sert au siège de 
Troski. 

En France, on possède des bombardes portatives que Ton nomme < couleuvrines. > 

1386. Les Padouans ont des armes à feu portatives (bombardelles). 

1390. Après de nombreux essais faits depuis 1350, on commence à construire à 
Liège des armes à feu montées sur bois ; c'étaient de grossiers tubes en fer assujettis à 
un fût de bois et qui tiraient des projectiles de pierre, de fer et de plomb. 

1392. Introduction de l'arquebuse en Suisse. Elles étaient souvent munies d'un 
crochet pour prévenir le recul. Quoique quelque peu améliorées, ces armes étaient 
encore grossières et diflSciles à manier, surtout parce qu'on était obligé d'y mettre le 
feu à la main au moyen d'un petit bâton au bout duquel on fixait la mèche, ce qui em- 
pêchait de viser convenablement. 



ARQUEBUSE A CROC (suisse). 

PI. », flg. 8. 

Cette, arquebuse était souvent servie par deux hommes, dont l'un donnait la 
direction et l'autre mettait le feu. 

1393. L'arquebuse est perfectionnée par le placement de la lumière sur le côté 
droit du canon ; celle-ci est entourée d'un bassinet qui, plus tard, reçoit un couvercle 
pour contenir le pulvérin ; la monture est perfectionnée et la baguette y est adaptée. 



ARQUEBUSE A BASSINET LATÉRAL (suisse). 

PI. 9, fig. 9. 

Pour le service de cette arquebuse, le tireur portait une corne à poudre, un sac 
à balles et un boute-feu avec la mèche. 



■ 



12 ÂICMES Â FEU. 

D existait aussi des arquebuses qui servpient en même temps de hache de 
combat. 

ARQUEBUSE, EN MÊME TEMPS HACHE DE COMBAT. 

PI. s. fig. 10. 

1400. Les boulets en fer (pour canons) remplacent presque partout les boulets en 
pierre. Outre les canons construits au moyen de barres de fer, depuis 1372-1377 on 
possède aussi des bouches à feu en fer de fonte et en bronze, des mortiers ou des pièces 
étagées, c'est-à-dire plusieurs bombardes fixées sur le même support et qui pouvaient 
être alternativement dirigées contre l'ennemi (Scaliger, 1387). 

Les < précieuses > sources de l'histoire des armes à feu (Quellen zur Geschichte 
der Feuerwafifen), publiées par le Musée germanique, contiennent un certain nombre de 
dessins de ces machines et les jugent de la manière suivante : 

< On voit que l'on avait en vue le tir rapide, en même temps que* l'on comptait 
sur la surprise de l'ennemi, qui, vu la charge très-lente de cette époque, ne devait pas 
s'attendre à recevoir une nouvelle décharge du même côté que celui d'où la première 
était partie. 

< Alors même qu'on ne se faisait aucune illusion sur l'importance pratique que ces 
idées pouvaient avoir, dans ce temps-là, on constate cependant qu'elles n'en existaient 
pas moins déjà à cette époque ; les inventeurs de ces engins (la plupart maîtres canonniers 
qui faisaient ainsi preuve de savoir et de bon sens) attendaient de leurs machines le 
même résultat que les inventeurs actuels des revolvers et mitrailleuses. > 

La notice d-après donne des indications sur l'effet et la portée des bouches à feu 
de gros calibre de cette époque : 

Ulrich Grunwald construisit, en 1338, à Nuremberg une grande bouche à feu, 
< la Kriemhild, > avec laquelle on pouvait renverser à mille pas un mur de six pieds 
d'épaisseur. 

La pièce était en fonte de fer, 59 chevaux étaient affectés à son transport, savoir : 
12 pour la pièce; 16 pour le chariot de support; 4 pour le cabestan; 6 pour l'auvent; 
20 pour traîner les 15 boulets de pierre, trois dans chaque voiture avec 2 Va quintaux 
de poudre (14 livres ou 7 kil. par coup) et un cheval pour la voiture du mattre canonnier 
avec ses six servants, les pioches et les pelles. 

1411. Le duc d'Orléans possède 4000 armes à feu portatives. 

1418. Au siège de la ville de Sulz, par Otto de Mosbach, on se servait de diffé- 
rentes machines de guerre, entre autres de < chats > (tours mobiles), de < frocs de 
moines > (à plusieurs canons) et < d'hélépoles > (machines redoutables en forme de tours, 
armées de canons). 

1420. Au siège de Bonifacio (Corse), on se sert de < coupes à feu > ou mortiers à 
main ; on désignait par ce nom une arme à feu destinée surtout à la cavalerie. 

C'était un court tube en fer, terminé par une queue et un anneau en fer, recou- 
verts de cuir, et l'on se servait d'une poignée en bois pour manier l'arme qui se portait 
suspendue à la selle. 



QUmZlÈME SIECLE. 13 

C'est à cette époque et peut-être même au temps du Prince-Noir (fils d'Edouard III 
d'Angleterre, 1 1377), qu'appartient le 

HOLY-WATER-SPRINCLE (aspersoir) 

PI. », flg. H. 

dont le nom doit faire allusion au sang que cette arme devait faire répandre. Il est en 
forme de massue, contient quatre charges et sert en même temps d'assommoir. 

L'effet des armes à feu portatives, aux projectiles desquels les armures des 
chevaux ne résistaient plus, devait aussi engager la cavalerie à faire tous ses efforts 
pour se les approprier, et les modèles de construction très-primitive sont au moins la 
preuve d'essais prématurés. 

Outre les coupes à feu ci-dessus, cette époque vit apparaître le pistolet, arme 
courte pour la cavalerie, dont le nom doit provenir de celui de Pistoia, ville industrielle 
située aux environs de Florence (renommée autrefois pour ses canons de fusils et sa 
fabrication d'armes) et qui la première construisit des armes de ce genre. 

D'après une autre version, le nom de pistolet viendrait de la pièce de monnaie 
appelée < pistole, > parce que le calibre de l'arme correspondait au diamètre de cette 
pièce d'argent. 

PISTOLET DE CONSTRUCTION PRIMITIVE AVEC CROCHET. 

PI. S . fig. 12. 

Les armes à feu des troupes à pied et plus spécialement celles des troupes montées 
présentaient ce grave inconvénient de devoir tenir la mèche allumée à la main pour 
produire l'inflammation ; aussi subirent-elles en 

1423, un premier perfectionnement consistant à adapter sur le côté droit de la 
monture, soit en avant soit en arrière du bassinet, une petite tige de fer recourbée et 
mobile, nommée ehien ou serpentin (fig. 16 A), dont la tête formait deux lèvres 
plates, entre lesquelles* on introduisait la mèche qui venait s'abattre sur le bassinet 
lorsqu'on faisait mouvoir la partie inférieure du chien. 

Cet appareil fut encore perfectionné en adaptant sur la surface plate de la mon- 
ture un ressort B, sur lequel reposait le pied du chien. La tête de celui-ci et la mèche 
qu'elle portait étaient constamment maintenues au-dessus du bassinet, avec lequel elles 
étaient mises en contact au moyen d'un second ressort coudé C, dont la tête faisait 
saillie sur la monture et tenait ainsi le chien éloigné du bassinet jusqu'à ce qu'une pres- 
sion, exercée sur le second ressort, fit dégager le chien qui, sous cette pression, s'abat- 
tait sur le bassinet. 

ARQUEBUSE A MÈCHE, musée historique de dresde (schcen). 

PI. 4, flg. 16. 

Cette pression à exercer sur le ressort ne devait cependant pas tarder à faire 



14 ÂBME8 Â FEU. 

place à un appareil de détente situé sous le chien, ce qui fit introduire l'appareil de 
détente dans l'intérieur de la monture. 



ARQUEBUSE A MÈCHE ET A DÉTENTE (arsenal de soleure). 

PI. 4, ûg. 15. 

Ce mécanisme céda lui-même le pas à la < platine à mèche, > adaptée au côté 
droit de la monture. 



PISTOLET AVEC PLATINE A MÈCHE. 

PI. », fig. 13. 

L'insuflSsance des moyens de communication et le secret que l'on gardait â cette 
époque sur les inventions, expliquent pourquoi les progrès furent diflFérents et tardaient 
à se répandre. Il n'est pas étonnant dès lors que, plus d'un siècle après, on ait encore 
fabriqué des armes à feu sans platine ; des exemples de ce genre ne sont, du reste, pas 
rares dans l'histoire. 

C'est pourquoi nous ferons déjà mention ici d'une 



ARME A FEU PORTATIVE du musée germanique, 

PI. 4, fig. 14. 

qui, d'après les < Quellen zur Geschichte der Feuerwaffen, > doit dater de 1500 à 1510. 
Elle ne possède .pas encore de platine à mèche, mais elle est déjà munie d'un tube de 
mire et d'un guidon. 

En même temps que la platine à mèche, apparaît la 



(? HAQUEBUTE A CROC d ou « ARQUEBUSE » (hackenbuchse), 

arme à feu à canon plus long et à calibre plus fort que la bombardelle ordinaire. 

Ces arquebuses à croc, dont le nom provient du croc dont elles étaient pourvues 
et que l'on appuyait à un mur ou à un parapet pour éviter le recul, reçurent bientôt de 
plus grandes dimensions. Il y en eut de trois sortes : 

L'arquebuse double, tirant des projectiles d'un quart de livre; elles reposaient 
sur chevalets (la plupart à trois pieds) et l'on s'en servait comme < arme de rempart. > 
L'arquebuse simple, tirant des balles d'environ Vs d© livre. La demi-arquebuse, encore 
plus légère, mais qu'il fallait cependant appuyer pour le tir comme les autres. 

Les plus grosses se transportaient sur des chars ou des bêtes de somme. 



QUmZIÈHE SIÈCLE. 15 



ARQUEBUSE A CROC (arsenal de schaffhouse). 

PI. 4, flg. 17. 

PLATINE A MÈCHE de cette ,arme. 

PI. 4, fig. 18. 

La platine à mèche fonctionne comme suit : 

Au corps de platine A, qui est vissé sur le côté droit de la monture, est fixé le 
chien B (serpentin), dont le renfort arrondi, terminé en forme quadrangulaire, sert à 
relier le chien à une branche mobile intérieure C (noix), qui est pourvue d'une rainure. 

L'extrémité antérieure coudée de la gâchette D est engagée dans cette rainure ; 
la gâchette elle-même, fixée a^u corps de platine par une vis qui lui sert de pivot, est 
reliée à la détente, la branche dans laquelle est engagée la détente s'abaisse, entraînant 
avec elle le chien, entre les lèvres duquel est fixée la mèche qui est mise ainsi en contact 
avec le bassinet. 

Le ressort de gâchette E, pressant sur celle-ci, a pour but d'éloigner le chien du 
bassinet, qui se relève aussitôt qu'on cesse de presser la détente. 

1429. Du livre écrit cette année par Conrad Rauder de Schvengau, il ressort 
qu'on employait déjà à cette époque de la paudre en grsiina et qu'on essayait aussi 
de tirer des perches et des flèches avec des armes à feu. 

H y eut à Nuremberg un tir à la cible avec des armes à feu ; il y en eut également 
un en 

1430, à Augsbourg. On lit dans une ordonnance publiée la même année et indi- 
quant la manière de se comporter en cas d'une attaque sur Nuremberg, qu'il y avait 
entre autres à disposition : 

501 armes à feu portatives et 607 arbalètes. 

1432. L'empereur Sigismond a 500 gardes de corps munis d'armes à feu por- 
tatives. 

1440. Guerre de Zurich. Une attaque par le lac sur Lucerne est rèpoussée au 
moyen d'armes à feu de rempart et à main. 

1444. Un inventaire de cette année, des engins de guerre de la ville de Vienne, 
donne l'état suivant des armes à feu portatives : 

5 arquebuses en cuivre, 18 vieilles arquebuses en fer, ces dernières < montées 
sur bois. > 

1445. Outre leurs pièces de campagne légères, les Bftlois possédaient une mi- 
trailleuse à 9 canons. 

1464. Olivier de la Marche, dans ses mémoires, s'exprime comme suit sur un 
corps-franc de Suisses qui, à la solde du duc de Bourgogne, a pris part à la bataille de 
Montlhéry : 

< Cette troupe n'avait aucune crainte des attaques de la cavalerie ; elle se formait 
par trois hommes, dont l'un était armé d'une pique, le second d'une arquebuse et le 



16 ABMES A FEU. 

troisième d'une arbalète, et qui savaient si bien se soutenir mutuellement que Tennemi 
ne pouvait rien contre eux. > 

1471 . Les Anglais préféraient l'arc et la flèche aux armes à feu, sous prétexte que 
la portée de ces dernières était inférieure et qu'il fallait trop de temps pour les charger. 

Les bardes anglais prédisaient la perte de l'Angleterre si l'on y remplaçait l'arc 
par les armes à feu. Le tir à l'arc était plus juste et plus rapide, 

1473. Charles le Téméraire organise un corps d'arquebusiers de choix. 

1474. n existe (S. Coutau, archives de la Société de l'Arquebuse) un édit du 
Gouvernement de Genève, du 2 août de cette année, portant qu'il sera délivré aux rois 
de chacune des armes des Sociétés réunies (Arc, Arbalète et Arquebuse) un prix de 6 

florins. 

Les exercices de l'arc et de l'arbalète existaient depuis longtemps et se réunirent 
ensuite à ceux des arquebusiers. La place de tir fut nommée < Coulouvrenière > et la 
Société prit celui de* < Société de Coulouvreniers. > 

1476. Parmi le butin fait à la bataille de Grandson le 3 mars, par les Confédérés 
suisses, se trouvait le matériel de guerre suivant : 400 grosses bouches à feu, pièces de 
batterie et couleuvrines ; 800 arquebuses à croc, 300 tonneaux de poudre, un grand 
nombre d'arbalètes, de lances, de haches de combat, de flèches (en partie empoisonnées), 
plusieurs milliers de massues en plomb garnies de pointes en fer ; en outre : l'arquebuse 
de Charles le Téméraire lui-même (garnie d'ivoire), 10,000 chevaux de trait, 27 grandes 
bannières, plus de 650 drapeaux, avec une quantité de bijoux, d'objets précieux, etc. 

Le 22 juin de la même année, à la bataille de Morat, les Confédérés suisses avaient 
environ 2000 tireurs, la plupart se servant des armes de divers calibres prises à l'ennemi. 
La plupart de ces armes étaient munies de platines à mèche. Dans cette bataille, le 
butin, quoique considérable, fut cependant inférieur à celui de Grandson. 

1480. L'usage de l'arquebuse devient général en France ; l'arc est aboli. . 

1496. A cette époque, l'Espagne possède Va de ses troupes à pied, l'Allemagne Ve 
et la France Vioi pourvues d'armes à feu. 

1498. Pendant un tir à la cible, à Leipzig, on se sert d'arquebuses à ranoms 
rayés, inventés par Gaspard Zœllner à Vienne à 1480. Ces rayures étaient diDites, en 
sorte que le tir pouvait être continué sans que la charge fût rendue plus difficile ou 
impossible par un encrassement trop rapide du canon. 

1499. A Berne, un décret du Conseil prescrit le port et l'usage de l'arquebuse ; 
mais comme le goût pour cette arme était encore peu répandu (on lui préférait la pique, 
la hallebarde et l'arbalète), on accorda à chaque arquebusier une augmentation de solde 
de 1 schelling par jour, à condition qu'il eût une arquebuse à lui. 

Le fait qu'on préférait les anciennes armes de jet aux armes à feu s'était produit 
dans plusieurs endroits, et, en réalité, les premières armes à feu ne surpassaient pas de 
beaucoup celles antérieurement en usage. L'arbalète (armée avec. le cric) possédait une 
force de propulsion considérable. La trajectoire du projectile (flèche ou dard) était assez 
rasante et sa force de pénétration suffisante pour traverser à une distance de 150 à 200 
pas des armures, cuirasses, etc., aussi bien que la balle d'une arme à feu portative. Il 
n'y a donc rien d'étonnant à ce que les armes à feu n'aient remplacé les autres armes 
que peu à peu et seulement ensuite de perfectionnements successif. 



atlKZtÈME StÈCLË. 17 

Des archers et des arbalétriers anglais prirent encore part au siège de Rey (1627) 
et même en 1814 des archers à cheval, Baschkire, etc., suivirent en France l'année 
russe d'invasion. 

La platine à mèche (fig. 18) avait déjà subi de nombreux perfectionnements, 
entre autres l'adaptation d'un couvercle au bassinet. 



PLATINE A MÈCHE AVEC BASSINET ET COUVERCLE (1550-70). 

Vue extérieure, pi. S, fig. 19. 
Construction intérieure, pi. 5, fig. 20. 

Le canon fut muni d'un guidon (près de la bouche) pour faciliter le pointage. La 
monture reçut une forme plus pratique et fut pourvue de la baguette ; le maniement de 
l'arme avait été ainsi considérablement facilité. 

Ces perfectionnements n'en restèrent pas là ; à cette même époque on pourvut le 
canon d'une mire, consistant en un petit tube (fig. 14) ou d'une petite hausse fixée sur 
le canon et pourvue d'une entaille. 

Le départ du coup au moment voulu fut obtenu presqu'en même temps de deux 
manières, savoir au moyen de la platine à ressort et de la platine k rouet ; il 
n'est même pas certain que cette dernière n'ait pas précédé l'autre et que le méca- 
nisme introduit pour retenir le rouet armé n'ait pas donné naissance à l'idée du chien 
à mèche. 



PLATINE A MÈCHE (A RESSORT) (arsenal de soleure). 

Vue-intérieure, pi. 5, fig. 21. 
Vue extérieure, pi. S, fig* 22. 

Le chien a son point d'appui sur l'extrémité de la gâchette A, qui dépasse le 
corps de platine extérieurement et qui est en communication avec la détente. Un 
ressort B, adapté extérieurement, presse contre le pied du chien de manière à faire 
abattre celui-ci sur le bassinet dès qu'une pression exercée sur la détente retire l'extré- 
mité de la gâchette qui lui servait d'arrêt. 

L'ingénieuse invention de la < platine à rouet > remonte à l'année 

4517, et provient d'un horloger de Nuremberg. 

. PLATINE A ROUET ORDINAIRE (arsenal de bale). 

Vue intérieure, pi. H, fig. 23. 
Vue extérieure, pi. 5, fig. 24. 

Le rouet A de cette platine est armé au moyen d'une clef (servant en même temps 

de tourne-vis, fig. 27) à laquelle on fait faire trois quarts de tour ; la chaînette B qui, 

3 



18 ABKfig À t'fil}. 

par ce mouvement de rotation, vient s'enrouler autour du [pivot excentrique du rouet, 
entraîne Textrémité du grand ressort C, auquel elle est reliée, et arme celui-ci. Lorsque 
le rouet est suffisamment armé, l'extrémité recourbée de la gâchette D entre dans une 
cavité (cran) du rouet, tandis que Tarrêt de la gâchette E, pressé en même temps par 
son ressort, s'engage sous l'autre extréndté de la gâchette et l'empêche de se dégager 
du cran, jusqu'à ce qu'une pression, exercée sur la détente, vienne retenir l'arrêt de la 
gâchette. La gâchette ne peut plus alors retenir le rouet, en sorte qu'au moment où le 
grand ressort se détend, le rouet se déroule avec la plus grande rapidité. 

Avant de presser la détente, le chien, fixépar un ressort et entre les lèvres duquel 
se trouve une pierre à silex, est abaissé sur le bassinets La pierre à silex presse sur les 
cannelures du rouet qui pénètre au centre du bassinet rempli de pulvérin. 

Le rouet, dans son vif mouvement de rotation, frotte contre la pierre à silex et 
en fait jaillir des étincelles qui mettent le feu à la poudre contenue dans le bassinet. 

Pour contenir la poudre dans le bassinet, on se servait d'un couvercle à charnière 
que l'on ouvrait et fermait au commencement avec la main, mais qu'on relia plus tard 
avec le rouet, afin de le faire ouvrir dès qu'on armait celui-ci ; pour pouvoir le fermer 
plus commodément, on y fixa un bouton à ressort. 



PLATINE A ROUET, a couvercle automatique, ciselée. 

Vue intérieure, pi. S, fig. i5. 
Vue extérieure, pi- S, fig. 26. 

L'excentrique relié au rouet ouvre le bassinet, dont le couvercle se referme par 
une pression exercée sur le bouton K, ce qui dégage le ressort d'arrêt L et permet au 
ressort M de jouer. 

Tant que le silex repose sur la circonférence du rouet, l'inflammation de l'amorce 
est assurée ; mais le mouvement rapide de la roue à cannelures usait très-vite la pierre 
qu'il fallait alors retourner ou remplacer par une autre. 

CLEF DE PLATINE A ROUET (en même temps tourne- vis). 

PI. s, fig. 27. 

Pour plus de sûreté, les platines à rouet furent fréquemment munies d'un ser- 
pentin à mèche, placé viS-à-vis du chien de silex. 

PLATINE A ROUET ET A SERPENTIN (arsenal de bale). 

Vue extérieure, pi. H, fig. 35. 
Construction intérieure, pL 9, fig. 36. 

Il existe d'admirables platines à rouet, tant sous le rapport du soin apporté à 
leur exécution que sous celui de la richesse de leurs ornements. 



BBISIÈBCE SIÈCLE. 19 

L'armurerie se développa grâce aux prix élevés qu'on payait pour les armes de 
luxe, ce qui ne s'applique pas seulement aux armes à feu portatives, mais aussi aux 
bouches à feu qui furent de plus en plus couvertes d'ornements et de ciselures. On en 
voit entre autres plusieurs exemples dans les < descriptions du matériel de guerre de 
Gharles-Quint. > 

Une arme à peu près unique dans son genre est : 



L'ARME-AU-MOINE (inflammation a friction), musée historique de Dresde. 

PI. », fig. 37. 

Cette arme se compose d'un court tube sans monture (d'environ 28 centimètres 
de longueur) et du calibre de 12"",65 ; sur le côté gauche du canon se trouve une espèce 
de boîte en fer allongée dans laquelle aboutit le trou de lumière. Dans cette boîte, une 
tige dentée — se terminant extérieurement en poignée — se meut en avant et en arrière 
sous la pression d'un chien à ressort vissé sur la boîte et entre les lèvres duquel est 
fixée une pierre à silex ; ce dernier repose sur la tige dentée, et le frottement de celle-ci 
lui arrache des étincelles qui enflamment la poudre contenue dans la boîte. 

J. Schœn dit de cette arme qui, d'après la tradition, aurait dû appartenir à 
Berthold Schwarz (1290 à 1320) (ce qui est très-invraisemblable), qu'il est diflScile de 
déterminer l'époque à laquelle elle appartient; car, d'un côté, son mécanisme primitif 
défectueux et son maniement fort incommode pourraient faire conclure à une époque 
reculée, tandis que, d'autre part, son mode d'inflammation pourrait être regardé comme 
ayant immédiatement précédé la platine à rouet. 

La platine à mèche se maintint encore longtemps à côté de celle à rouet et lui 
était même souvent préférée en raison de sa simplicité ; ainsi, par exemple, en 

1519, Maximilien !"■ ne voulait avoir d'autres armes à feu portatives que celles 
à mèche. 

Les mousquets, adoptés d'abord en 

1521 en Espagne, furent (d'après Hoyer) encore munis en grand nombre de pla- 
tines à mèche. 

Le mousquet se distingue notamment de l'arquebuse en ce qu'il est plus facile à 
porter et à manier. Il est muni d'un canon long, mais léger, qui, au lieu de chevalet, 
s'appuie simplement sur une fourche que le mousquetaire porte avec lui. Le canon est 
composé de bandes de fer préparées d'avance et soudées ensemble à chaud autour d'un 
mandrin ; ce procédé permit de diminuer considérablement le poids de ces canons, com- 
paré au poids des canons forés. 

La dénomination de < mousquet > doit provenir du nom < Muchetus > (épervier), 
dont on donna la forme aux chiens ou serpentins de ces armes (courbière). 

MOUSQUET AVEC PLATINE A MÈCHE. 

PI. 6, fig. 28. 



MOUSQl'ET AVEC PLATINE A ROUET. 

PI. m. fig. 19. 

FOURCHE DE MOUSQUET. 

PI. a, fig. 30. 

larles^uint a dix mousquetiùres dans chaque compagnie de lansquenets. 

I siège lie Berwik (1521), les Anglais se servent de nouveau d'armes kiea dont 

it cependant encore inférieur & celui de l'arc (long bow). 

25. A la bataille de Pavie, on se sert avec beaucoup d'avantages de t mous- 

fui tiraient des balles de 4 loths jusqu'à 300 pas. 

29. Les Viennois ont aussi des t mousquets, > et, en 

30, le mousquet à rouet était déjà devenu d'un usage général en France. — 
de rinfanterie allemande était armé de mousquets. 

37. Tartaglia donne — entre autres — dans son écrit < délia nuova Scienza, > 
•rie de la «mjectwipe de 1» h«lte; d'après lui, la trajectoire aurait la 
un < arc de cercle, > contrairement à l'opinion que l'on avait jusqu'alors, que 
tile suivait une ligne droite. Il dit aussi : Le canon est trop long, si la poudre est 
iée avant que le projectile soit sorti de l'âme ; il est trop court, si une partie de 
i en est rejetée sans être consommée. 

le canon est trop long, le frottement, auquel est soumis le projectile, en dimi- 
irtée. Une augmentation de la charge augmente la port^, mais non propor- 
ment. Une charge trop forte est nuisible. La force de percussion est moindre 
anon qu'à une distance plus éloignée. 

40- Henry U, vainqueur devant Boulogne, fut forcé à la retraite par une pluie 
te qui faisait rater ses arquebuses, tandis que les 1000 à 1200 archers anglais 
ient de flèches meurtrières. (V. Carloix, mémoires sur Veilleville.) 
M. Dans l'expédition de Charles-Quint contre Alger, un temps pluvieux de 
urée empêcha à un tel point le tir des arquebuses (sur lesquelles le Régent 
is plus grandes espérances) que sur cent il en partait à peine une, aussi les 
le Charles-Quint furent-elles repoussées honteusement par les archers turcs et 



MOUSQUETON AVEC PLATINE A MÈCHE. 

PI, •, flg. 31. 

143. En France on adopte le pistolet pour la cavalerie et les mineurs; les cara- 

i cheval reçoivent le < mousqueton > de deux pieds et demi de long, appelé 

t, > qu'ils portent en bandouillëre, le canon en dessus. 

îs mousquetons sont munis en partie de platines à mèches et en partie de pla- 

)uet. 

se trouve à l'arsenal de Berne une 



BBXaÈME SIÈCLE. 21 



ARQUEBUSE A CHAMBRE (chargement par la culasse). 

PI. 6, fig. 3i!. 

FERMETURE DE CETTE ARME. 

PI. 6, fig. 33. 

A en juger par la monture, le canon et la platine, elle doit remonter à peu près 
à cette époque. Pour la charger, on retire d'abord la clavette, puis le coin vertical A 
(qui sert de mire) ; on retire ensuite la chambre du canon en arrière, on la charge, puis 
elle est remise en place et assujettie par les deux coins. 

La chambre est pourvue d'un trou de lumière qui correspond à celui du canon. 

1544. En France, les fantassins reçoivent les < pistolets > et, en 

1557, l'infanterie allemande en est également armée. 

A la bataflle de Renty (1554) les pistolets rendirent de bons services à la cavalerie 
allemande. On y avait introduit l'innovation suivante : on chargeait par escadrons en 
ordre serré; chaque fois que le premier rang arrivait à portée de pistolet de l'ennemi, 
il faisait feu et, tournant à droite et à gauche, allait se reformer derrière la colonne ob 
il rechargeait ses armes. On appelait cette manœuvre < Schnecke > (caracole). 

Avec la platine à rouet, on avait supprimé l'inconvénient de porter avec soi une 
mèche allumée, ce qui avait facilité à la cavalerie l'emploi du pistolet ; mais il existait 
cependant un autre inconvénient, c'est que le cavalier se trouvait sans défense dès qu'il 
avait tiré ; c'est pourquoi on rechercha avec empressement les armes à plusieurs coups, 
qui ne tardèrent pas à se produire sous la forme de pistolets à deux canons et autres 
armes à feu à plusieurs coups. 

PISTOLET A ROUET, long. 

PI. •, fig. 47. 

Ce pistolet a une longueur de 72*",5 et un calibre de 13 millimètres; la poignée 
a peu de courbure et se termine en une crosse qui s'appuie sur la cuirasse. 

PISTOLET A ROUET avec bouton en métal, 1550-1580. 

PI. •, fig. 48. 

PISTOLET DOUBLE avec deux platines a rouet, de la même époque. 

PI. •, fig. 49. 



C'est aussi à cette époque (1543) que fiit inventée, à Munich , la double 
teate, par le moyen de laquelle on avait obtenu de diminuer assez considérablement 
le poids de la détente. 



22 ASMXB ▲ FEU. 

DOUBLE DÉTENTE armée. 

PI. 8, flg. 38. 

DOUBLE DÉTENTE désarmëe. 

PI. 8, fig. 39. 

La double détente se compose : du. coffret A, du fri4)peur B avec sa languette, 
de la détente ou aiguille G, du ressort de double détente D, du ressort de détente E et 
de la vis d'arrêt F. 

On arme la double détente en pressant sur la languette du frappeur qui tend le 
grand ressort et la détente ; celle-ci est maintenue dans son cran par le ressort de dé- 
tente. 

Une légère pression sur la détente (aiguille) dégage le frappeur; en se détendant, 
le ressort chasse avec force le frappeur contre le bras recourbé de la gftchette ou du levier 
et désarme ainsi la platine. La vis d'arrêt règle ie degré d'engagement de la détente 
dans le cran du frappeur à tel point qu'il est possible de provoquer le départ en tou- 
chant à peine la détente (aiguille). 

1563. Le gouvernement de Berne fait publier l'ordonnance suivante concernant 
les armes à feu < rayées en spirale : > 

< Depuis peu d'années, l'art s'est introduit de creuser dans l'âme des canons 
des rayures courbes ou en spirale, afin d'augmenter la précision du tir; l'inégalité de 
chances qui en résulte pour les simples tireurs a semé la discorde entre eux. En consé- 
quence, il est défendu (comme l'ont fait la plupart des gouvernements confédérés), sous 
peine de 10 livres d'amende, de se servir d'armes rayées pour les tirs ordinaires. D est 
toutefois permis à chacun de faire rayer son arme de guerre (Reisbûchse) et de con- 
courir avec des tireurs se servant des mêmes armes pour des prix spéciaux. > 

Les rayures en spirale doivent avoir été inventées par Augustin Kutter, à Nu- 
remberg (tl630), et suivant d'autres indications par Wolf Danner, de la même ville. Nu- 
remberg avait, à cette époque, une production d'armes très-active, entre autres les com- 
mandes suivantes : 

1553. Livraison d'arquebuses pour le duc Albrecht de Bavière; 

1554. > > > l'archevêque de Bavière ; 

' 1559. > > (1000 pièces) pour la ville d'Ulm. 

n n'a pas été constaté, si c'est par hasard (cet auteur de si nombreuses inven- 
tions), ou par mûr raisonnement que s'est produit l'idée de donner aux rayures une tor- 
sion en spirale ; quoique l'on puisse admettre que l'on savait déjà à cette époque qu'un 
corps doué d'un mouvement de rotation autour de son axe, surmonte plus facilement 
les obstacles à traverser que celui sur lequel agit une simple pression, et si l'on savait en 
outre que le projectile suit les rayures et subit ainsi un mouvement de rotation sur lui- 
même, on ne peut cependant pas en conclure que l'on connaissait déjà alors la valeur 
de cette rotation du projectile, telle qu'elle a été constatée plus tard dans l'emploi des 
projectiles oblongs. 



Quoi qu^il en soit la précision et la portée y avaient gagné. 

Les rayures variaient beaucoup de forme et de torsion, ainsi qu'en profondeur et 
en largeur. Elles étaient le plus souvent construites suivant Topinion de Tarmurier et 
sans motif déterminé. 

La forme en spirale ou le pas des rayures dépassait cependant rarement un 
tour sur la longueur du canon. 

Le nombre des rayures était de préférence impair (ordinairement 5, 7, 9 ou 11), 
et cela dans le but de placer en face de chaque partie saillante (champ) une partie 
creuse, afin de mieux assurer la conduite du projectile ; leur forme était à angles vifs, 
aigus ou arrondis et quelquefois alternativement Tun et l'autre. On les appelait < rayu- 
res en étoile-» ou en < rose. > Les rayures très-nombreuses (il y en avait quelquefois 100 
et même plus) se nommaient c rayures à cheveux. > 

La même année (1563), la fonderie de maître Peter, à Berne, fournit, outre d'au- 
tres bouches à feu, une certaine pièce dite à orgue, ou canons nombreux, qui fut éprou- 
vée le 12 juillet. 

Il existait à cette époque des jpièces semblables en grand nombre et de construc- 
tions variées, sous les dénominations de canon à orgue, à hérisson, à grêle et à cris (Or- 
ge!, Igel, Hagel et Geschrei-Geschtltze) ; mais ces armes n'ont pu obtenir grande signi- 
fication, parce qu^après avoir tiré il fallait un temps considérable pour les recharger. Leur 
effet comme bouches à feu était peu important, l'exigence d'un attelage leur donnait 
peu de valeur pour l'infanterie et même comme arme de rempart leur emploi était fort 
limité. Elles prouvent cependant un esprit fécond en inventions. Ces armes se révèlent 
surtout par un grand nombre de systèmes de fermeture (à culasse) qui existaient déjà à 
cette époque et que l'on appliquait de préférence aux arquebuses à support, aux dou- 
bles arquebuses, aux fauconnaux et aux serpentines. Plus tard, ces inventions servirent 
à perfectionner de nombreuses combinaisons. 

1567. Le duc d'Albe introduit le mousquet pour toute l'infanterie espagnole. Il 
a des carabiniers à cheval armés de mousquets. 

En France, on introduit des mousquets de calibre plus petit qu'auparavant 
(balle de 2 loths.). 

1569. Toute la cavalerie allemande est armée de pistolets. 

1572. Elisabeth d'Angleterre promet à Charles Y six mille hommes de troupes 
auxiliaires, dont une moitié est munie d'armes à feu et l'autre d'arcs. 

1573. n existe, à l'arsenal de Dresde, un grand nombre de pistolets à rouet, qui 
portent la date de cette année ; le couvercle du bassinet se meut lorsqu'on arme le chien. 

1575. On donne le nom de bayoniiette à de longs poignards qu'on plante au 
bout du canon. 

1584. Nicolas Zurkinden fait, à Berne, le 25 mai de cette année, l'essai d'une 
carabine avec le seul canon de laquelle on pouvait tirer plusieurs coups de suite (fusil- 
revolver). 

Faute de précautions, l'expérience ne fut pas heureuse et eut même des suites 
funestes, car le canon sauta et les éclats blessèrent plusieurs personnes, entre autres le 
vieux Frantz DittliUger, qui mourut au bout de quelque jours de ses blessures. 



24 ÀBKfig À F£Ù. 

La sentence prononcée à ce sujet par le Petit-Conseil et le Conseil des Deux- 
Cents contient le passage suivant : 

c Que la mort de Dittlinger devait être attribuée plutôt à un accident qu'à un 
crime; mais afin que lui et d'autres s'abstiennent à l'avenir d'inventions de ce genre 
ou s'y prennent avec plus de précautions, Zurkinden aura à payer 100 L. d'amende. > 
(de Sturler, Berne. — Revolver et Vengeance.) 

Cette arme était sans doute munie d'un cylindre tournant dont les chambres ne 
correspondaient pas suffisamment avec l'ftme du canon. 

La cavalerie cuirassée de la milice bernoise reçut cette année des pistolets à 
rouet et à crosse allongée, garnie d'un bouton et dont on pouvait se servir comme as- 
sommoir (comparez avec fig. 48). 

1585. On perfectionne les mires et les guidons des armes à feu. La mire à tube 
avec grain en forme de quille était déjà connue dès le commencement de ce siècle, mais, 
comme elle cachait au tireur la vue des objets environnants, elle fut mise de côté com- 
me défectueuse et remplacée par la mire en forme de fourche (munie d'un demi-cercle 
ouvert à sa partie supérieure) ; plus tard, celle-ci £it place à un simple renfort dans le- 
quel était pratiqué le cran de mire. 

Ce renfort était tantôt soudé, tantôt chassé dans une entaille du canon. Toutes 
ces mires sont fixes et leur hauteur n'est pas calculée d'après la ligne de-tir. 



MIRE A TUBE avec son guidon (1500 a 1510). 

PI. tl, fig. i61. 

MIRE DE MOUSQUET avec son guidon (1520 a 1530). 

PI. ti, fig. 162. 

MIRE A ÉQUERRE avec son guidon (1580 a 1560). 

PI. ti, fig. 163. 

1586. Berne fait à Suhla (Suhl), ville qui s'était déjà acquis une réputation par 
sa fabrication d'armes, une commande de 2000 arquebuses à mèche et de 500 mousquets 
à rouet. 

L'état de l'armement des Bernois, mis sur pied en 1590, pour protéger le pays 
de Vaud menacé, indique 286 mousquetaires, 557 autres arquebusiers, 822 soldats cui- 
rassés, 825 simples piqueurs et peu de hallebardiers. Cette dernière arme ayant du reste 
été peu après totalement abolie. 

1592. On abandonne entièrement l'usage de l'arc en France. 

1597. Savorgano décrit la ciirtoitclie complète comme ^tant déjà en usage 
chez les arquebusiers napolitains. 

Le musée de Paris possède des mousquetons allemands avec platines à rouet et 
doubles détentes, datées de 1597. 

1599. Le calibre des mousquets de l'armée hollandaise est réduit de 8 à 10 bal- 



SEIZIÈME SIÈCLE. 



25 



les à la livre et celui des arquebuses de 16 à 20 balles. Le poids du mousquet y compris 
la fourche était de 16 livres et celui de l'arquebuse de 10 livres. 

1600. Dénominations des diverses armes à feu (grandes et petites) et leur clas- 
sement approximatif d'après l'usage de cette époque. 



DÈlifOMINATIOK ANCIENNE : 



Artillerie. 



DENOMINATION NOUVEIXE I 



Artillerie. 



Grosses bouches à feu, Pièces principales. 



Perce-murs, 



Bombarde. Canon à pierres. Tuyau de Basilic. Dragon. Dragon volant. Passe- 
tonnerre. Woglaire. mur. Couleuvrine. Serpentin. Bâtarde. 



Pièces de campagne, 
Pierrier. 



B 



Canons de campagne. 

Aspic. Pessandeau. Sacre. Pélican. Demi- 
Couleuvrine. Obusier. 



Pièces de rempart et petites pièces de campagne. 
Terrassier. 



Double-arquebuse. Fauconneau. Faucon. 
Demi-Fauconneau. Ribaudequin, Éme- 
rillon. 



Machines infe^mcdes. 



Pot à feu. Coupe à feu. 



D 



E 



Mortiers, 



Mitrailleuses, 
Canon à orgue. Grêleuse, 



Mortier. 



Armes à feu portatives. 



Bombardelle. -Haquebute. Pétrinats. 

Escopette. 



Arquebuse. Demi-arquebuse. Mousquet. 
Mousquet de chasse. Pistolet. Mous- 
queton. 

4 



ABUES A FEU. 

les dénominations s'appliquent seulement aax différentes espèces de bouches à 

ne faut pas les confondre avec les noms spéciaux qu'on donnait souvent & cha- 

« en particulier et qui étaient fréquemment couvertes d'inscriptions poétiques 

genres. 

es détails suivants ont rapport aa mode de chargement par la culasse des bou- 

ÎU. 

)aniel Speckle, de Strasbourg, dit entre autres dans son traité de 1589 : < Quel- 
s veulent employer des chambres séparées pour le chargement des canons, car on 
isi tirer plus vite en chargeant à l'avance quelques chambres qui sont ensuite 
par-dessus et dont le canal de lumière est bouché avec de la cire ou du suif; 
m veut tirer, on introduit dans l'âme de la pièce, d'abord le projectile et en- 
chambre qu'on assujettit au moyen de coins, puis on fait feu. A cela, je réponds 
procédé demande en effet moins de temps, mais il occasionne aussi une grande 
ion de gaz et, de plus, il est dangereux et peu sûr de tirer de cette manière. Ce 
chargement n'est avantageux, que dans les vaisseaux ou pour repousser un as- 
rteut si on emploie la mitraille. Pour des pièces de gros calibre le charge- 
t dangereux. > 

es c Sources de l'histoire des armes h feu du musée germanique > donnent la 
ion avec dessins de sept de ces canons à vitesse, datant de 1594, et s'expriment 
Bur sujet : 

Les trois premières sont des pièces de bronze montées sur affût ordinaire à 
les; les n" 4, 6 et 7 sont en fer, élevées au-dessus de l'affQt sur un support qui 
le les tourner horizontalement, 
e n* 5 est'monte sur une espèce de chevalet. 

es fermetures sont différentes; un détail qui mérite d'être relevé, c'est que ces 
ussi bien celles de bronze que celles de fer, sont » rayées » et qu'elles tirent des 
es oblongs, munis de tenons. Un petit canon semblable, en fer, de la même 
se trouve au musée national bavarois à Munich; il a une torsion de rayures 
aussi forte que celle des canons modernes de Whitworth. > 
A fermeture du canon n* 5 a lieu au moyen d'un obturateur k ailettes, système 
A appliqué aux armes k feu portatives ces derniers temps et spécialement par 
/^etterli et autres. 

BOi. C'est à la fin du XVI"* ou au commencement du XVII"' siècle qu'appar- 
3 arme actuellement dans la collection particulière de M. Pickert, àNurembei^, 
;st désignée sous le nom de * manivelle (Drehling) allemande, y C'est un fusil- 
court, avec platine à mèche, semblable à celui qui est déjà mentionné sous la 
1584; mais il offre probablement plus de sûreté par la coïncidence du cylindre 
ne du canon. 



DIX-BEPTIÈME SIECLE. 27 



ANCIENNE MANIVELLE (DREHLING) ALLEMANDE (fusil-revolver). 

PI. •, fig. 34. 

Le nom de Revolver est une expression anglaise qui reparaît plus tard en 
Amérique et qui a remplacé aujourd'hui dans la langue allemande le mot de < Drehling > 
(manivelle). On donne ordinairement le nom de < Revolver > à un pistolet à plusieurs 
coups avec cylindre tournant, tandis que les armes longues, de même construction, 
sont appelées fusil ou* carabine-revolver, etc. 

1605. Un grand tir de société à l'arquebuse et au mousquet a lieu à Bâle (2-17 

juin). 

Outre les Confédérés, on y invite aussi les tireurs d'Autriche, du Wurtemberg, 
du Margrave de Bade et des villes libres de l'empire. Le premier prix était de 300 flo- 
rins pour le mousquet et de 133 florins pour l'arquebuse. 

1607. Les pistolets à deux coups sont en usage dans la cavalerie allemande. 

1613. L'usagé du mousquet devient obligatoire en Suisse pour les exercices 
de tir, et les armes à feu d'ancienne construction sont abolies. 

Les accessoires de tir assez variés dont le mousquetaire avait besoin n'étaient 
pas réunis dans une seule giberne. 

La poudre était déjà de deux sortes : l'une, grossière, pour la charge, et l'autre, 
plus fine (pulvérin), pour l'amorce; la poudre à charger était renfermée dans des fla- 
cons de bois, contenant chacun une charge et suspendus à^une longue bandoulière qui 
passait sur l'épaule; la poudre à amorcer était contenue dans une poire à poudre égale- 
ment suspendue, et les balles dans une poche en cuir. 

Comme les platines à mèche étaient encore en usage, le mousquetaire était aussi 
pourvu d'une provision de mèches. 

Le mousquetaire portait en outre la fourche ou béquille, destinée à appuyer le 
mousquet et il devait être muni d'une épée qui était obligatoire. 

Outre le port de l'épée, on tolérait, sans le prescrire, le port d'un couteau ou 
d'un poignard que l'homme portait sur la hanche droite. Longueur ordinaire du mous- 
quet 1-^,250^, poids 7 à 7,5 kilos; calibre 19"",8; balle 18""»,6; poids de la balle 42 
grammes; charge normale de poudre 23 grammes; portée 300 pas. 

Un mousquet coûtait 5 couronnes d'argent. 

Il existe, au musée de Paris, un canon de fusil datant de cette année et qui est 
damasquiné et bronzé. 

Le même musée possède un mousquet datant de 

1614, dont le canon est foré en forme de trèfle. 

1618. Gustave-Adolphe établit des manufactures d'armes ; il ordonne de munir 
les pistolets de platines à rouet et les mousquetons de platines à mèche. En 

1620, il arme une partie de son infanterie de mousquets à platines à rouet; il 
faisait grand cas des carabines légères et en portait une lui-même. 



28 ABICES A FEU. 

1624. Gustave-Adolphe introduit de nouveaux mousquets dont la balle pesait 
2 Va loths et dont le calibre fut conservé jusqu'en 1811. 

Les platines à rouet étaient pourvues de bassinets à couvercles mobiles, s'ou- 
vrant d'eux-mêmes lorsqu'on abaissait le chien. 

Le poids de l'arme fiit réduit de 15 à 10 livres et la fourche fut supprimée ; calibre 
18"^,35 (balle 17""'); portée 300 pas. Cet exemple de diminuer le poids des armes à feu 
portatives et de les constniire avec plus de soins fut bientôt suivi par la France, l'Alle- 
magne et l'Angleterre, qui, peu à peu, mirent également de côté les armes défensives 
pour augmenter la mobilité des troupes. 

Les points suivants donnent quelques indications sur la rapidité du tir des mous- 
quets • 

Les mousquetaires suédois tirent à Kinzingen (1636) avec une rapidité remar- 
quable; les plus lents tirent sept coups en huit heures. 

Puis, en 1638, à la bataille de Wittenmergen, qui dura de midi à 8 heures du 
soir, les mousquetaires du duc de Weimar tirèrent sept fois pendant toute la durée de 
l'action. 

Le mousquet était déjà par lui-même une arme qui demandait pour la charger 
une manipulation lente et compliquée, mais la difficulté de tirer rapidement était en- 
core augmentée par une série d'inutiles mouvements, qu'il était sévèrement défendu 
d'éluder; aussi n'y a-t-il rien d'étonnant à ce qu'en résumé les résultats qu'on obte- 
nait aient pu paraître satisfaisants. 

Mais, comme effet produit, il ne pouvait cependant pas en être ainsi ; car, à la bataille 
de Nordlingen (1645), l'artillerie avait déjà fait feu trois fois et avait chargé la qua- 
trième salve avant que les mousquetaires aient commencé de tirer ; les mousquets se 
chargeaient en 12 temps. 

A l'invention de la platine à rouet succéda celle de la ptettae à pereasatoa 
(elienaiNiii), qui fut la transition entre le rouet et la batterie ou platine à silex. 



PLATINE A PERCUSSION (CHENAPAN), espagnole. 

Construction intérieure^ pi. 8, fig. 40. 
Construction extérieure, pi. 8, fig. 41. 

Lorsqu'on arme le chien A, le grand ressort B se tend et le pied du chien rencontre 
deux crans sur le côté extérieur du corps de platine : le premier, C, relié par une char- 
nière à la gâchette D, sert de cran de repos; le second — un prolongement du ressort 
de gâchette E — sert de cran de départ. 

Le couvercle à angle du bassinet F s'ouvre et se ferme rapidement au moyen du 
ressort du couvercle G. 

Une pression exercée sur la détente se communique à la gâchette et a pour effet 
de retirer les crans d'arrêt et de départ, ce qui permet au chien, pressé par son res- 
sort, de s'abattre vivement. Le choc du chien contre le couvercle fait culbuter celui-ci 



DIX-SEPTIÈME SIÈCLE. 29 

en même temps que, par la friction du silex contre la surface aciérée du couYercle, se 
dégagent des étincelles qui mettent le feu à Tamorce. 

Cette platine a sur la platine à rouet des avantages incontestables, sa fonction est 
plus sûre, elle s'arme plus facilement, plus vite et sans le secours d'aucun instrument. 

Les uns attribuent l'invention delà platine à percussion aux Espagnols, d'autres 
aux Hollandais. J. Schœn cite une platine à percussion hollandaise de 1598, oU le cou- 
vercle du^bassinet est encore à glissoire, comme dans le rouet, tandis que le grand res- 
sort est placé à l'intérieur de la platine. On prétend que le nom de chenapan donné à 
cette platine se rattache au fait que des troupes hollandaises, dont les mousquets furent 
les premiers munis de cette platine, avaient reçu le surnom de chenapans (voleurs de 
volaille), mais les Italiens réclament aussi la paternité de cette invention en alléguant 
que fuelle signifie briquet, et que c'est au mot de fucUe qu'a été emprunté celui — 
français — de fusil. Quoi qu'il en soit, il est très-probable que le couvre-amorce de la 
platine à rouet a donné la première idée de la platine dite chenapan ;* le couvre-amorce 
fut transformé en couvercle mobile dans le but de produire des étincelles au moyen de 
la friction de la pierre sur le couvercle, et il est très-possible que cette idée ait été con- 
çue sur plusieurs points presque simultanément. 

La platine à rouet était très en vogue, mais n'avait cependant pas été adoptée 
partout ; à la platine chenapan succéda bientôt la platine à batterie ou à silex, dont il 
existait déjà en France en 

1635 un spécimen construit d'après le système de la platine chenapan et qui 
fut perfectionné jusqu'en 

1640 de la manière suivante : 



PLATINE A BATTERIE OU A SILEX, française. 

Construction extérieure, pi. 8, fig. 42. 
Ck)nstruction intérieure, pi. 8, fig. 43. 

A noix, B chien, C grand ressort, D ressort de gâchette, E gâchette, F tiroir de 
couvercle, G couvercle de bassinet, H ressort du couvercle. 

On donna le nom de tumkMm aux armes munies de cette platine (en allemand 
Flinte, de < Flinz, > pierre à feu). Toutefois, on supprima déjà en 1648 les pièces F, G 
et H, et on perfectionna la platine tout en la simplifiant ; la plupart des pièces furent 
placées à l'intérieur du corps de platine pour les préserver de toute malpropreté. 

On fabrique à Bayonne des bayonnettes pour les troupes à pied françaises, afin 
de pouvoir se servir du fusil comme arme blanche. 



BAÏONNETTE FRANÇAISE, mod. 1640. 

PI. il, fig. 58. 

Lame triangulaire à manche de bois pour planter au bout du fusil. 
En Espagne, on introduit ime bayonnette en forme de poignard. 



30 ABMES A FEtT. 



BAYONNETTE ESPAGNOLE (en forme de poignaud). 

PI. It, fig. 66. 

A double tranchant, ayec poignée en bois, pour planter dans la bouche du fusil 
et munie d'une garde; elle devait aussi pouvoir servir d'arme de main (poignard). GeUe 
que représente le dessin porte sur un des côtés l'inscription : < ko me saches sm rasok > 
(ne me tire pas sans raison), et sur l'autre côté : < ko he emdaikez sik hokob > (ne me 
rengaine pas sans honneur). 

On reconnut bientôt l'inconvénient de planter la bayonnette dans le canon, et 
l'on adopta bientôt en France une autre construction : 



r r 



BAYONNETTE-EPEE FRANÇAISE (16il-16i2). 

PI. It, fig. 67. 

Elle est à double-tranchant et munie d'une garde et d'une poignée en bois afin 
de pouvoir servir en même temps de bayonnette et d'épée. L'anneau en fer adapté à la 
poignée entoure le bout du canon, tandis que le ressort pénétrant dans un second 
anneau adapté au fiisil maintient la bayonnette au canon. 

1643. Les carabiniers français ont des fusils qui tirent des balles de deux loths. 

1644. On adopte en Suède et en France (pour en munir d'aboi-d les soldats dé- 
tachés) les gibernes en cuir durci ; elles contenaient 10 cartouches et plus tard 
jusqu'à 40. 

1645. Les Bavarois adoptent les carabines rayées. 

Les améliorations apportées aux arquebuses et aux mousquets par l'introduction 
des rayures et du nouveau mode d'inflammation, amenèrent aussi le perfectionnement 
du pointage ; aussi la plupart des arquebuses et des mousquets étaient déjà mimis à 
cette époque de guidons ; la mire consistait en un petit tube ou demi-tube au travers 
duquel on visait, ou en une hausse en forme de fourchette ou bien encore en un simple 
talon muni d'une entaille ; toutes étaient fixes. Le guidon avait soit la forme d'une quille, 
soit une forme pyramidale ou simplement celle d'un petit renfort placé près de la bou- 
che du canon. 

La monture et la manière de relier le canon au bois subirent aussi d'utiles amé- 
liorations par l'introduction de diverses garnitures. 

Quoique l'artillerie se servît depuis longtemps de la hausse mobile pour les diffé- 
rentes distances (Gapo Bianco donne déjà en 1597, dans sa < Gorona e palma militare, > 
une table de tir indiquant les élévations en points pour les distances en pas), on n'avait 
pas encore appliqué la hausse mobile aux armes à feu portatives. 

1648. La platine à silex est sensiblement perfectionnée ; la noix et la gâchette 
sont soutenues par une bride qui rend ainsi le jeu de ces pièces plus facile ; la batterie 
et le couvercle du bassinet sont réunis ^n une sei|le pièce, comme dans le système 
espagnol. 



DIX-8EPTIÈHE 8IÈCLK. 31 



PLATINE A SILEX (mqd. français 1648). 

Construction intérieure, pi. H, fig. 4i. 
Construction extérieure, pi. H, fig. 45. 

Cette platine fonctionne de la manière suivante : L'axe mobile de la noix G 
tourne d'un côté dans le corps de platine A et, de l'autre côté, dans la bride B ; l'axe 
se termine extérieurement par un carré sur lequel est fixé le chien D. 

Lorsqu'on arme le chien ^ le mouvement de rotation de la noix tend le grand 
ressort E, dont la griJBFe repose sur le bec recourbé de la noix. Lorsque la noix est sufl5- 
samment tournée, le bec de la gâchette G, poussé par son ressort F, entre dans le cran 
de la noix et la platine reste armée, jusqu'à ce qu'une pression sur la détente, en se 
communiquant à la gâchette, dégage le bec de celle-ci du cran de la noix, ce qui per- 
met au grand ressort de se désarmer en abattant le chien ; le silex fixé entre les mâ- 
choires du chien bat briquet sur la surface en acier ou aciérée du couvercle H et le fait 
culbuter en même temps que la friction de la pierre dégage des étincelles qui enflam- 
ment l'amorce contenue dans le bassinet. 

1650. On fabrique en Suisse (chez Michel Richard, à Lauterbrunnen) des canons 
de mousquets dont le fer provient des mines de l'évêché de Bâle. Cette industrie, ainsi 
que d'autres semblables exploitées plus tard, en 1663, par Ph. Grobetti à Berne, en 1713 
par Emmanuel Wurstemberger à Berne et en 1748 par JaquetàVallorbes, ne furent pas 
de longue durée, car on tire de nouveau plus tard des canons, des bayonnettes, des 
baguettes ainsi que des platines et des garnitures comme armes complètes, des fabriques 
de St-Étienne, de Liège, d'Utrecht, de Suhl, de Solingen, de Schmalkalden, etc. 

1653. U se forme à Berne une compagnie de fusiliers armés de fusils à pierre et 
munis de gibernes. 

1656. La troupe d'autres cantons suisses avait encore conservé en grande partie 
son ancien armement (la* pique et la hallebarde); les Lucemois et les hommes du 
Freiamt en firent à Vilmergen un si brillant usage qu'ils reconquirent pendant quelques 
temps la réputation qu'ils avaient presque perdue. 

1662. Un prêtre (l'évêque de Munster) invente les projectiles allongés pour les 
fusils (Charrin). 

1670. Litroduction des cartouches dans l'infanterie du Brandenbourg. La bayon- 
nette devint d'ordonnance en France; on en donne d'abord à 4 hommes par compagnie 
et, l'année suivante, un régiment entier est armé de fiisils à bayonnette. 

1673. La fabrication d'armes à Liège ayant été réglementée le 29 août 1672 par 
Maximilien Henri, le règlement qui entre en vigueur l'année suivante prescrit. qu' afin 
d'assurer la réputation que la ville s'était acquise dans cette industrie, < toutes les ar- 
mes fabriquées à Liège devaient être soumises à la surveillance et au contrôle de la 
ville. > La solidité des canons était éprouvée par un maître d'épreuve assermenté et les 
canons éprouvés revêtus du poinçon officiel. Il était défendu, sous une peine sévère, 
d'employer des canons non revêtus du poinçon. Plus tard on les soumit encore à une 



32 ABME8 A FEU. 

seconde épreuve (A. Polain, de l'essai des armes à feu, Liège 1864). De semblables éta- 
blissements officiels d'épreuve avaient déjà été créés à St-Étienne par ordre de Fran- 
çois I" au commencement du XVI"* siècle et à Londres en 1637. 

1684. Les Autrichiens introduisent le fusil à silex. 

1690. La cartouche d'infanterie se répand dans toute la France. 

1690. La Suède et l'Angleterre introduisent la platine à batterie française et la 
bayonnette. La Suède adopte un sabre-bayonnette. 

1700. Les Allemands portent encore à cette époque la bandoulière en sautoir, 
garnie de flacons pour les charges de mousquets ; c'est pourquoi les Turcs les appellent 
des < médecins ambulants. > 

1703. En France, la pique de l'infanterie est remplacée par le fusil muni d'une 
bayonnette à douille. 

Il paraît une ordonnance précise sur la confection des cartouches de fusil (voir 
1738). 

1707. En Suisse, on remplace le mousquet par le fusil et l'infanterie reçoit la 
giberne. 

Un fusil avec bayonnette coûtait 4 tlialei-s; une bayonnette 13 batz; une giberne 
avec baudrier 2 couronnes ; une livre de poudre à mousquet 5 batz ; une livre de plomb 
3 batz et demi. 

1709. On propose à Berne une ordonnance qui entre en vigueur en 1712 et d'a- 
près laquelle aucun mariage ne pouvait être célébré sans que le fiitur ait prouvé qu'il 
est armé et équipé c d'un fusil avec bayonnette, d'une giberne et d'un sabre. > 

Cette ordonnance est remplacée en 1700 par une autre qui prescrit au fiancé de 
se marier en uniforme ; les pasteurs en sont rendus responsables et il leur est interdit 
de célébrer un mariage quelconque sans que cette formalité ait été remplie. 

1712. On pourvoit les fusiliers français de sacs en cuir de veau pour recouvrir 

« 

la crosse et la platine des fusils pendant la marche en temps de pluie. 

1721. Les Russes et les Suédois abolissent la pique; cependant les troupes 
suédoises devaient continuer de s'exercer au maniement de cette arme. 1735. Dans 
la guerre de Turquie, les Russes reviennent à la pique qu'ils abandonnent de nouveau 
en 1740. 

1722. Fondation de manufactures d'armes à Potsdam et k Spandau. 

1729. Dans les Mémoires de St-Pétersbourg, Sautmann publie qu'il est avan- 
tageux de tirer avec des balles éUiptiqtêes, ayant une excavation à leur partie posté- 
rieure, car les gaz pénètrent dans cette cavité et augmentent considérablement l'im- 
pulsion donnée au projectile. Ce dernier doit avoir une très-grande force de percussion 
surtout si on le charge avec force dans le canon et si celui-ci est rayé. Il dit plus loin : 
Pour donner à un canon une rayure imperceptible, il faut adapter au bout de la tige k 
rayer un forêt à fraiser dont le diamètre est elliptique, et l'on obtient ainsi dans le 
canon une rayure elliptique en forme de spirale ; on passe ensuite le canon k l'émeri. 

C'est ainsi que l'on reconnut l'utilité des projectiles pointus munis d'une cavité 
.d'expansion et guidés par des rayures spirales. Ces rayures elliptiques étaient presque 
semblables au système des rayures ovales du major Berner. 



DlX-HÛITtàu£ 8IECL1!. àâ 

• 

1730. On introduit dans l'armée prussienne les baguettes de fer^ inventées par le 
prince Léopold de Dessau. Jusqu'alors les appointés seuls avaient des baguettes en fer 
de réserve, faites de plusieurs pièces qui se vissaient les unes dans les autres. 

1738. L'instruction française sur la confection des cartouches dit : La charge est 
de V4»"* de livre =11 grammes et les balles sont de 18 à la livre = 28 grammes par 
balle; s'il se trouve des balles plus petites, on double l'enveloppe de papier afin de les 
ajuster au calibre. 

Les Suédois adoptent une bayonnette triangulaire au lieu du sabre-bayonnette 
et remplacent les garnitures en laiton des fusils par des < garnitures en fer. > 

1741. On emploie en Suisse des baguettes en métal et spécialement en acier ; elles 
étaient munies d'un tire-balle. 

1746. On adopte en France un modèle unique de fusil d'infanterie; il est rem- 
placé en 1763 par un second modèle dont la monture était en bois de noyer, et en 1777 
par le modèle définitif. 

1748. On voit survenir en France une carabine (fusil court) à bouche évasée et 
que l'on appelait : 

MOUSQUETON-OBUSIER (trabouen). 

PI. 8, ftg. éA, 

n avait pour but de lancer de petites charges de mitraille. Les cuirassiers au- 
trichiens ont des armes semblables (1760) dans lesquelles ils chargeaient 12 balles; il 
existe aussi des mortiers à main ou pistolets à bouche évasée qui portaient le nom de 

tromblons. 

• 

TROMBLON (mobtibr a main). 

PI. %0, fig. 51. 

n était destiné à lancer sur des ennemis en ordre serré une grêle de balles, de 
fragments de fer, de clous, etc.; on pouvait aussi le charger avec des grenats à main. 

De même qu'il y avait des pistolets doubles à rouet, de même aussi on pouvait y 
adapter facilement les platines à silex, ainsi qu'aux fiisils à plusieurs coups. 

L'esprit d'invention s'est de tout temps appliqué à rechercher une arme pouvant 
servir en même temps d'arme de choc et d'arme de tir. 

Cependant, l'introduction générale d'armes semblables dans les armées n'eut 
jamais lieu; aussi ne ferons-nous mention ici que de quelques rares modèles pour 
caractériser le développement des idées à cette époque. 



HACHE DE COMBAT, en même temps pistolet avec platine a rouet, 

DU temps de JACQUES i*^' (1603-25). 

PL •, fig. 50. 



34 ARMES A FED. 



FUSIL-REVOLVER avec pi.atine a percussion (chenapan), du temps de Charles i*' 

(1625-49). 

PI. fl«, ûg, 53. 

MASSE D'ARMES avec platine a silex, du temps de Guillaume m (IG72). 

PI. fl«, fig. 53. 

PISTOLET DOUBLE avec une seule platine (silex). 

pi. fl«, fig. 54. 

PLATINE DE cette arme. 

PI. fl«, fig. 55. 

Ce pistolet porte la date de 1617, mais la batterie paraît y avoir été adaptée plus 
tard. Les deux canons sont superposés et les deux trous de lumière sont pratiqués du 
côté droit, soit du côté où se trouve la platine ; la platine à pierre a deux bassinets qui 
sont aussi superposés et dont le supérieur, A, est mobile et sert de couvercle à Tautre ; 
un canal de lumière, pratiqué dans un renforcement du corps de platine, fait commu- 
niquer le bassinet inférieur avec le canon inférieur dans lequel ce canal débouche à la 
place B. Lorsque le pistolet est chargé et que le bassinet inférieur est pourvu de 
Tamorce, on le ferme (après avoir mis le chien au repos) en faisant glisser le bassinet 
supérieur en avant, et Ton munit également celui-ci de Tamorce. 

En armant de nouveau, après que le premier coup est tiré, la grijBfe de la noix 
saisit le crochet G d'un ressort adapté au bassinet supérieur, qui est ainsi retiré et dé- 
couvre le bassinet inférieur. Pour guider et faciliter le mouvement du bassinet supé- 
rieur, celui-ci est mis en communication avec un ressort D qui sert en même temps à 
fixer le bassinet de manière à empêcher que le feu ne se communique au bassinet 
inférieur. 

1750. Wild enveloppe les balles du mousqueton d'une doublure en toile; il tire 
des balles de 18 à 24 à la livre, avec une charge de Vs du poids de la balle. Le mous- 
queton avait six rayures qui faisaient un tour sur la longueur du canon. 

1751. Chaumette invente un fusil se chargeant par la culasse, qui fut proposé plus 
tard par Montalembert dont il reçut le nom ; la chambre de ce fusil était un peu plus 
grande que le calibre afin de forcer la balle. 

1761. Le mathématicien Robin propose en France l'emploi de projectiles cylin- 
dro-coniques pour les fusils. 

1762. On adopte en Angleterre un modèle de fusil. 

Le poids du fusil à silex prussien est de 5 kil. 875 grammes. 
1768. En Suède, on introduit pour les fusils une vis de culasse trempée pour 
éviter l'usure trop rapide de la lumière. 



DEC-HUITIÈME SIÈCLE. 35 

1770. On fait à Metz des essais avec des projectiles allongés pour fusils, mais ils 
ne réussissent pas. 

1774. En France, les colonels, les lieutenants-colonels et les capitaines portaient 
encore un esponton (pique) de 2 mètres de longueur ; les autres oflSciers étaient armés 
d'un fusil à bayonnette. 

On introduit dans Tinfanterie suédoise un examen sur la connaissance des armes 
pour les hommes proposés comme sous-oflBciers. 

1776. On donne à l'infanterie française des armuriers chargés des réparations 
d'armes. 

1777. Des essais faits en France, pour diminuer le recul en changeant la place 
du trou de lumière, n'ayant donné aucun résultat, on s'occupe de fixer un modèle défi- 
nitif de fusil d'infanterie. 

Gomme ce fusil a plus tard été adopté par tous les États du continent, sans mo- 
difications importantes, nous en donnerons ici la description. 

Le canon, en fer, était renforcé à sa partie postérieure et son extrémité était 
fermée au moyen d'une vis de culasse en fer cémenté. 

La platine était de même construction que celle de 1648. 

Les garnitures, servant à relier le canon au bois, avaient subi des modifications 
avantageuses, pour la plupart, d'origine française; jusqu'en 1717, le canon était pourvu 
de trois œillets, quelquefois davantage, et il était fixé au bois par des goupilles qui tra- 
versaient ces œillets ; mais comme les tubes de baguette étaient aussi fixés par trois 
œillets, le bois était affaibli outre mesure; on introduisit donc en 1717 une grenadière 
avec un battant de bretelle et, en 1725, une capucine placée près de la platine et l'on 
remplaça la bouterelle de tôle par un embouchoir muni d'un entonnoir de baguette. En 
1776 et 1777, on assujettit ces garnitures, qui jusqu'alors ne l'avaient été qu'imparfaite- 
ment, d'une manière pliis solide, en fixant l'embouchoir et la grenadière au moyen de 
vis, tandis qu'un ressort encastré dans le bois, et dont la tête arrondie pénétrait dans 
un trou pratiqué dans la capucine, retenait celle-ci. L'écusson de sous-garde fut muni 
d'un taquet destiné à servir d'arrêt à la baguette et à empêcher que celle-ci ne s'engage 
trop fortement dans le bois. 

Les garnitures étaient en laiton. 

La monture, en bois de noyer, reçut une forme plus commode et on donna plus 
d'inclinaison à la crosse. 

Quant à la baguette, celle en fer adoptée en Prusse en 1730 avait été reconnue 
supérieure; ainsi, par exemple, à la bataille de MoUwitz, le 10 avril 1741, les Autri- 
chiens, qui avaient d'abord l'avantage et dont les fusils étaient munis de baguettes en 
bois, ne purent répondre au feu des Prussiens par un feu aussi vif que le leur, parce que 
la plupart de l^irs baguettes se cassaient et mettaient par là les hommes hors d'état de 
tirer ; aussi cherchèrent-ils à se mettre à l'abri des feux continus de l'infanterie prus- 
sienne en se cachant les uns derrière les autres ; l'ordre de bataille en souffrit et ces 
bandes éparses furent bientôt écrasées par le feu de l'artillerie prussienne. 

Ces baguettes en fer, qui étaient au commencement passablement épaisses et 
lourdes, furent bientôt remplacées par des baguettes d'acier qui étaient beaucoup plus 
légères et dont l'extrémité de la tige, de 5 millimètres de diamètre, était filetée pour 






36 ARMES A FEU. 

recevoir le tire-balle, tandis que l'autre extrémité allait en augmentant graduellement 
d'épaisseur jusqu'à la tête de 15 millimètres qui servait de refouloir. 

La bayonnette avait subi de nombreuses variations depuis son invention (1575). 

La bayonnette à lame de poignard, fixée comme dans la fig. 67, rendait la charge 
difficile lorsqu'elle était placée ; on la pourvut alors d'une douille réunie à la lame par 
un bras ou coude recourbé qui avait pour but d'éloigner celle-ci du prolongement de 
l'axe du canon. 

BAYONNETTE FRANÇAISE, mod. 1717. 

PL il,rig. 59. 

La forme de la lame avait aussi changé plusieurs fois ; tantôt on préférait la lame 
triangulaire ou quadrangulaire et tantôt la bayonnette à lame de sabre. En 1746, on 
commença à évider les pans des bayonnettes ; en France, en Prusse, en Saxe et en 
Suisse, on les fit triangulaires, tandis qu'en Autriche et en Bavière on leur donna une 
forme quadrangulaire. 

La douille n'avait d'abord qu'une fente droite dans laquelle entrait le guidon ; 
plus tard, on pratiqua la fente en ligne brisée, d'abord avec un coude, puis avec deux, 
et l'on adapta à la droite du canon un second tenon, qui, lorsque le premier avait pé- 
nétré dans la fente, entrait dans une cavité pratiquée à l'intérieur de la douille et for- 
mait ainsi un second point d'arrêt pour la bayonnette; comparez : 

BAYONNETTE SAXONNE d'environ 1750. 

PI. flfl, fig. 60. 

Cette manière de fixer la bayonnette fut bientôt suivie d'une autre introduite en 
France en 1768 ; la douille, qui n'avait qu'une coulisse courte et droite pour le tenon, 
fut garnie à sa partie inférieure d'un bourrelet sur lequel reposait une bague mobile, à 
tranche légèrement oblique et dont on pouvait régler le serrage au moyen d'une vis. En 
tournant la bague, dans laquelle était aussi ménagé un passage pour le tenon, celle-ci 
se serrait entre le bourrelet et le tenon et fixait ainsi la bayonnette au canon. 

BAYONNETTE FRANÇAISE de 1768. 

PI. if, fig. 61. 

Enfin, on introduisit en France, en 1774, une autre manière de fixer la bayon- 
nette ; la bague fut abandonnée, le bourrelet reçut une forme excentrique, et l'on prati- 
qua à son sommet une entaille destinée à recevoir la griffe d'un ressort vissé au canon. 

BAYONNETTE FRANÇAISE de 1774. 

PI. flfl, fig. 63. 

Cette manière de fixer la bayonnette fut adoptée en France et en Autriche, tandis 



DIX-HUrriÈME SIECLE. 37 

qu'autre part on conserva de préférence la bague ; elle fut de nouveau introduite en 
France en 1800 : 

* 

BAÏONNETTE FRANÇAISE, mod. 1800. 

PL tt, tïg. 63. 

Napoléon institua cette année (1800) une commission quUl chargea de vérifier 
avec soin le modèle de fusil de 1777 et d'améliorer sa construction en corrigeant les 
défauts qu'elle y trouverait. 

La commission se prononça pour le maintien du modèle existant et proposa seu- 
lement les petites modifications suivantes : 

1. Le ressort de baguette fut enlevé de Tembouchoir et placé dans la partie in- 
férieure du logement de baguette ; elle reçut une forme de cuiller. 

2. Les vis qui fixaient Tembouchoir et la grenadière au bois du fusU furent rem- 
placées par des ressorts à tète saillante. 

3. La vis du battant de grenadière fut remplacée par un rivet. 

4. Le battant de sous-garde fut placé devant le pontet. 

5. La bayonnette fut assujettie au moyen d'une bague (voir plus haut). 

FUSIL D'INFANTERIE FRANÇAIS, mod. 1777-1800. 

PI. tS, Ûg. 73. 

Voici quelques-unes de ses dimensions et son poids : 

Canon, longueur normale pour l'infanterie 1 m. 350 millimètres. 

> calibre (de la balle 16,4"*) de l'âme 17,5 > 

> diamètre extérieur à la vis de culasse 32,5 > 

> > > à la bouche 21,5 > 

> guidon en cuivre soudé sur l'embouchoir. 

Monture en bois de noyer; platine d'après le modèle de 1648; garnitures en lai- 
ton ; baguette en acier avec pas de vis et refouloir, bayonnette triangulaire avec douille 
et bague, longueur de la lame 400 millimètres, poids normal du fusil 5 kilos. 

A mesure que le fusil d'infanterie, devenu plus léger et plus maniable, se propa- 
geait, l'usage des armes rayées devint aussi plus général pour l'armement des chasseurs 
et des carabiniers. 

1780. Le règlement permettait de munir les carabines de doubles détentes pour 
les carabiniers bernois. Ces carabines tiraient des balles de 1 Va ^oth. 

1787. Les tirailleurs autrichiens étaient armés de fusils doubles, dont un canon 
était lisse et l'autre rayé. 

FUSIL DOUBLE DES TIRAILLEURS AUTRICHIENS (1787). 

PL tS, fig. 75. 

Les deux canons sont superposés ; longueur du canon 650 millimètres ; calibre 



38 ABME8 A FEU. 

• 

15,5 millimètres; sept rayures passablement profondes faisant un tour sur la longueur 
du canon; mire, un simple talon avec une entaille ; 2 platines et 2 détentes. 
Les tirailleurs prussiens reçoivent des carabines à bayonnette. 

1788. Bertholet invente le falmiMate de mereme 9 le premier fulminate connu 
était le chlorate de potasse découvert en 1786. 

1789. On éprouve en France la solidité des fusils d'infanterie; quatre fusils avec 
lesquels on avait tiré 10,000 coups, n'étaient pas encore hors de service. 

1794. Les Anglais adoptent un nouveau modèle de fusil (pareil au modèle fran- 
çais), ainsi que des carabines rayées pour les chasseurs. 

1800. Napoléon fait faire, sur Tarmement de Tinfanterie, des études qui font con- 
server le fusil modèle de 1777-1800. 

L'arquebuse qui avait remplacé la bombardelle, avait été abandonnée elle-même 
pour le mousquet; celui-ci dut céder à son tour la place au fusil. Le besoin d'une arme 
légère pour l'infanterie était satisfait, et à la suite de l'invention d'une bonne platine 
et de la bayonnette, on put laisser également de c6té les piques et autres anciennes 
armes, de même que les armures. 

On possédait ainsi dans le fiisil d'infanterie dont nous venons dé décrire les qua- 
lités, une arme à feu qui servait en même temps d'arme blanche, et, en cette dernière 
qualité, elle a même surpassé avantageusement plus d'un mml^Ê^iâmm» Cependant on 
constate peu de goût à cette époque pour les exercices pratiques de tir d'infanterie, car 
on attachait plus d'importance à dresser et à former les soldats sous d'autres rapports. 
Ainsi, on trouve dans une < Instruction sur l'uniforme et les exercices armés, manie- 
ment d'armes et manœuvres, pour la ville et république de Soleure,> qui parut en 1790, 
les passages suivants : Pour r< équipement > : < Un fusil à bayonnette, en bon état, avec 
bretelle tendue et une bonne pierre à feu. > 

Pour exécuter la charge : < Charge en 12 temps. 1. Chargez-armes; 2. Ouvrez- 
bassinet; 3. Prenez-cartouche; 4. Déchirez-cartouche; 5. Amorcez; 6. Fermez-bassinet; 
7. Arme-àgauche; 8. Cartouche-canon; 9. Sortez-baguette; 10. Bourrez-charge; 11. Re- 
mettez-baguette; 12. Portez-armes. > 

Ensuite venait la c charge rapide à volonté, > sans commander les temps. Re- 
marque : < La charge ne doit être bourrée qu'une fois; si l'on charge à poudre, on ne 
doit jamais charger deux cartouches l'une sur l'autre, car l'arme pourrait sauter et cela 
est sévèrement défendu ; pour s'assurer que le coup est parti il suffit de regarder s'il 
sort de la fumée du trou de lumière. > 

< Uniformes et insignes : > 

< Un habit, une camisole et des culottes de drap bleu ; sur chaque épaule une 
pattelette bleue doublée de drap rouge et gaijnie d'un galon rouge. Au cou un petit col 
ou un crêpe noir. Des guêtres noires à boutons noirs, coupées à un pouce au-dessous du 
genou pour laisser voir quelque chose de blanc, soit des manchettes de bottes, soit des 
bas blancs entre le pantalon et les guêtres. Un chapeau lisse, sans galons, avec des 
ailes larges de 5 pouces et bien retroussées, une ganse blanche avec un bouton ; une co- 
carde blanche en toile de lin avec un nœud écarlate au centre. Les cheveux bien peignés 
et une cadenette; sur les côtés, les cheveux coupés à la hauteur du bout de l'oreille. > 

Le peu d'effet qu'on tirait alors des armes à feu était encore amoindri par d'au- 



DIX-NBUyiEME SIECLE. 39 

très influences, par exemple Tévent considérable de la balle dans le canon, sans lequel 
on ne pouvait se servir de l'arme longtemps à cause de l'encrassement du canon ; l'ir- 
régularité de la charge, résultant de ce qu'on versait dans le bassinet une partie de la 
poudre contenue dans la cartouche, de sorte qu'il en restait moins pour la charge, ce 
qui avait fréquemment lieu à dessein pour atténuer le recul. Cette irrégularité était en- 
core aggravée par le fait qu'il s'échappait une plus ou moins grande quantité de gaz du 
trou de lumière, en sorte que souvent la poudre qui était contenue dans les cartouches 
et qui équivalait généralement à la moitié du poids du projectile, n'avait plus qu'un 
efiet très-réduit sur ce dernier. 

n est facile de comprendre dès lors que l'on se trouvait encore sur un terrain im- 
productif pour introduire d'autres conditions ballistiques, une hausse mobile à différen- 
tes distances, etc., et que par conséquent on n'en éprouvait pas encore le besoin. 

Il a fallu quatre siècles et demi, avant que l'arme à feu arrive à un degré de per- 
fection suffisant pour être adoptée, sur tout le continent ; c'est ce qui a été pour le mo- 
dèle français de 1777-1800, car il se maintient encore, sans grand changement, pendant 
la première moitié du XIX"" siècle. 

1801. L'idée de charger les armes à feu par la culasse date de l'origine même de 
celles-ci, car il se fit de tout temps des essais pour atteindre ce but, mais on se heurta 
toujours à la difficulté de construire une fermeture assez hermétique pour ne pas laisser 
échapper ces gaz qui puissent encrasser le mécanisme et empêcher par là son fonction- 
nement. Ceci s'applique également au modèle suivant, construit à cette époque : 

FUSIL A SILEX SE CHARGEANT PAR LA CULASSE , appartenant a 

M. THIESS, A NUREMBERG. 
PI. lO, fig. 50. 

Le bois est percé dans lé prolongement postérieur de l'âme du canon, afin de 
permettre l'introduction de la charge. Pour charger, on frappe sur le bouton du levier 
coudé B, ce qui fait remonter le coin retenu dans cette position par un ressort d'arrêt 
fixé à l'écusson de sous-garde. 

Lorsqu'on a introduit la charge, on donne un coup sur le coin de fermeture pour 
le faire redescendre jusqu'à ce que sa tête vienne reposer sur le canon ; dans cette posi- 
tion, le trou de lumière du canon correspond à celui du coin. 

1805. Un Allemand, du nom de Standenmeyer, qui habitait l'Angleterre, propose 
des projectiles cylindro-coniques, ainsi qu'un fusil à vent où l'air est comprimé dans la 
crosse. 

1806. Dans la cavalerie suédoise, on remplace les mousquetons par des pistolets 
qu'on peut aussi mettre enjoué en y adaptant une crosse. 

PISTOLET-MOUSQUETON avec platine a silex. 

PI. tO, fig. 57. 

De cette époque datent les vis de muMmmmmm pmtmmtémmf ou masselottes, in- 
ventées par un fabricant d'armes anglais nommé Henri Nock. 



4Ô AHMSS À PEU. * 

L'agrandissement du trou de lumière par l'action du feu était un inconvénient. 
Si le trou de lumière était trop petit, la communication de Tamorce avec la charge en 
souffrait; si le trou était trop grand, la déperdition des gaz était trop forte. D^à en 
1704, un armurier de Nuremberg, nommé G. Hantzsch, avait construit un trou de lu- 
mière conique en l'élargissant du côté intérieur, pour chasser directement la poudre 
écessaire dans le bassinet, sans exiger un mouvement de plus ; ce système fut adopté 
en 1781 en Prusse et dans le Hanovre pour les fusils d'infanterie, mais on reconnut 
bientôt que ce mode de construction augmentait plus rapidement encore Tagrandisse- 
ment du trou de lumière, et que les gaz qui s'échappaient par la lumière incommodaient 
à un tel point l'homme voisin, qu'on fut obligé de munir la surface extérieure du bas- 
sinet d'une plaque garde-feu, contre laquelle les crachements des gaz devaient se 
briser. 

Pour fermer les canons au tonnerre, on se servit jusqu'alors de trois sortes de vis 
de culasses : ^ 

1) L'ANCIENNE VIS DE CULASSE ORDINAIRE, 

PI. IS, fig. 86. 

f 

à bouton fileté massif et évidé du côté droit correspondant à la lumière. 

2) LA VIS DE CULASSE A CHAMBRE, 

PI. IS, fig. 87. 

avec un évidement plus profond, cylindrique, conique ou elliptique, au fond duquel se 
trouve le trou de lumière ; cette chambre était destinée à recevoir une partie de la 
charge de poudre afin de diminuer le risque de voir sauter le canon. 

3) LA VIS DE CULASSE A CROCHET 

PI. flS, Qg. 88. 

diffère des deux précédentes en ce que la queue et le bec de culasse étaient remplacées 
par un crochet qui se fixait à une bascule encastrée dans le bois ; cette culasse avait l'a- 
vantage de permettre d'enlever le canon, après avoir ôté les garnitures, on reprend les 
tiroirs, sans dévisser de la monture la vis de la queue de culasse. 

4) LA VIS DE CULASSE PATENTÉE ou MASSELOTTE 

PI. t s, fig. 89. 

se distingue avantageusement des précédentes en ce qu'elle est pourvue à son extrémité 
d'un tronçon de fer qui, formant la continuation du canon et séparant la queue de cu- 
lasse du canon, contient en outre la chambre à culasse. 



, DIX-NEUVIEME SIÈCLE. 41 

Le trou de lumière se trouve dans le tronçon de fer et débouche au fond de la 
chambre ; or, conmie la masselotte peut être trempée (cémentée), le trou de lumière se 
brûle beaucoup moins. 

L'Angleterre ayant créé à ïover une fabrique d'armes, la Russie, en 

1807, en établit aussi une semblable. 

Cette même année, un Écossais, Alexandre Forsyth, obtient en Angleterre un 
brevet d'invention pour une platime à pereiiMiloii ; c'était une espèce de magasin, 
permettant de tirer 40 coups les uns après les autres. 

Ces platines à percussion, ainsi que d'autres qui surgirent plus tard, ne devinrent 
pas d'un usage général, en raison des dangers qu'elles offraient; l'inflammation de 
la première pilule d'amorce occasionnait souvent celle des autres qui étaient dans 
le magasin. On travailla cependant dès lors avec zèle à perfectionner ce système 
d'inflammation. 

1808. Pauli obtient en France un brevet d'invention pour une platine à percussion, 
et il obtient de nouveau en 

1812 un brevet pour un fusil à percussion se chargeant par la culasse ; le canon 
de ce fusil reposait sur deux axes adaptés de chaque côté' et on en soulevait la partie 
postérieure pour introduire la cartouche. L'inflammation de la cartouche • avait lieu au 
moyen d'une tige centrale qui pénétrait dans l'âme du canon. 

D'autres genres de pilules d'amorces furent encore imaginées; ainsi en 1813 : 

Celle de Julien Leroy, avec culasse mobUe latérale, et celle de Valdahor», où la 
chambre mobile pouvait se soulever verticalement. 

Lepage obtint aussi, en 1817, un brevet pour un fusil surnommé c imperméable 
à l'eau ; > le chien seul était placé extérieurement, et l'inflammation avait lieu par une 
broche que le chien chassait sur l'amorce placée dans l'axe du canon. 

Gosset inventa en 1820 une platine à percussion, dont le chien, placé en dessous, 
frappait sur une amorce renfermée dans une lentille de plomb. 

Benette obtint un brevet pour une platine à percussion, dont le chien, pourvu 
d'une tige trempée, frappait sur une amorce placée dans un évidement du bassinet. 

Pour préserver les pilules d'amorce de l'humidité et pour les fixer dans une posi- 
tion assurée, on les enduisait d'une couche de cire froide et bien épurée ; pour activer 
la combustion de la cire, on les saupoudrait de fleur de soufre ; on avait cependant de 
la peine à les saisir à cause de leut petit volume, elles se perdaient facilement et l'on ne 
pouvait pas les fixer avec sûreté dans leur logement. 

Dans le principe, leur composition consistait ordinairement en 10 parties de 
poudre de chasse et 5 parties de chlorate de potasse ; on remplaçait quelquefois le chlo- 
rate par du fulminate de mercure humecté de teinture de benzine, ce qui permettait de 
former les pilules plus facilement. Le chlorate de potasse conserve la pr^érence pour 
l'usage militaire. 

1813. L'influence de l'humidité sur le fonctionnement des fusils à silex est telle- 
ment sensible que le dernier jour de la bataille de Dresde, par exemple, soit du 26 au 
27 août de cette année, une pluie persistante mit les fusils presque complètement hors 
d'usage ; c'est à cette circonstance qu'on attribue principalement la retraite des Autri- 



42 ABlIfiS À 1?EC, 

chiens, qui, malgré leur bravoure et leur ténacité, durent céder près de Mockritz à rim" 
pétuosité des Français commandés par Murât. 

Cependant le perfectionnement du système à percussion faisait de rapides progrès. 

Le système le plus simple de transformation de la platine à silex pour l'emploi 
des pilules d'amorce, fut sans contredit celui avec lequel les chasseurs danois firent en 
1821 des essais étendus : 

PLATINE A PERCUSSION POUR PILULES D'AMORCE (Danemark, 1821). 

• PI. 14, fig. 78. 

Les pièces intérieures de la platine sont conservées; le bassinet et la batterie 
sont remplacés par un garde-feu A, qui sert de support à la masselotte B, dans laquelle 
est vissé le nouveau bassinet ou porte-pilule C. Un chien percuteur remplace le chien à 
pierre; un grain d'acier D, vissé dans la tête du chien, enflamme par un choc la pilule 
d'amorce, tandis que l'évidement circulaire qui l'entoure ferme le logement de la pilule 
et empêche ainsi l'échappement des gaz. 

La platine ^ magasin pour pilules, dont nous donnons le dessin, a été inventée en 
1826 par le mathématicien Paazig à Dresde : 

PLATINE A RÉSERVOIR POUR PILULES D'AMORCE (1820). 

PI. 14, fig. 79. 

Le réservoir, consistant en un petit tube de laiton encastré dans le bois, peut 
contenir 60 à 100 pilules d'amorce; un tiroir mobile vertical, que le' mouvement du 
chien fait monter et descendre, amenait les pilules d'amorce dans le bassinet chaque 
fois qu'on armait le chien en redressant l'arme. 

L'emploi des pilules d'amorce resta cependant limité, et même la 

PLATINE A PERCUSSION DE CONSOLE 

PI. 14, fig. 80. 

qui avait été introduite en Autriche en 1837 fut bientôt remplacée (1854) par la platine 
à capsule. 

La platine console, perfectionnée par le Feld-maréchal-lieutenant Augustin, est 
construite comme suit : 

Un piton percé, de forme conique, remplace le trou de lumière, dépasse la sur- 
face du canon et pénètre jusqu'au milieu du bassinet A; l'amorce est dans la cavité du 
bassinet et on l'introduit en pai*tie dans le canal du piton. Le couvercle de bassinet B 
est pourvu extérieurement d'un garde-feu C, tourné en bas et sa partie supérieure, ar- 
rondie, est percée pour recevoir une tige D pourvue d'une tête et dont la partie infé- 
rieure est pointue; cette tige est mobile, et lorsque le bassinet est fermé, elle repose sur 



DIX-KBUVIÊME SIÈCLE. 43 

le rouleau d'auiorce; en tombant, le chien frappe sur la tête de la tige qui écrase Ta- 
inorce et pnxluit ainsi l'intlamination. 

Les caiMNles eurent plus de succès que les pilules d'amorce. 

Inventées par Joseph Egg en Angleterre en 

1818, elles furent importées en France, la même année, par Tarmurier Debou- 
bert; celui-ci et Prélaz perfectionnèrent cette invention et imaginèrent en même temps 
une manière très-simple de transformer les fusils à pierre pour l'emploi des capsules. 

Ce mécanisme du fusil pour l'emploi des capsules est analogue à celui servant 
lM)ur les pilules, à cette différence près, que le logement de la pilule y est remplacé par 
une cheminée vissée dans la masselotte, et qu'un évidement pratiqué dans la tête du 
chien sert de garde-feu, au lieu dur grain d'acier. 

La cheminée n'était composée d'abord que du cône, du plat et de la partie file- 
tée; on la pourvut plus tard d'un carré placé entre le cône et le plat, afin de pouvoir la 
visser et la dévisser plus facilement. 

Diverees améliorations se succédèrent rapidement; on commença à visser et à 
braser la masselotte au canon, et l'on obtint ainsi une communication plus sûre avec 
le canal de lumière en empêchant en même temps l'eau de pénétrer entre la masse- 
lotte et le canon ; on souda la masselotte ou coquille aux canons neufs et on la forgea; 
d'une pièce avec les vis de culasses patentées. On alésa le canal de lumière en cône 
évasé en bas, afin que les grains de poudre puissent y entrer plus facilement. On qua- 
drilla la tête du chien. 

CAI^SULE AVEC CHEMINÉE. 

PI. 1», fig. 134. 

Pour être appropriées à leur usage, les capsules devaient réuûir les qualités 
suivantes : la tôle de cuivre employée pour leur fabrication devait être tenace et ductile, 
car le cuivre rigide rend la fabrication diflScile, les culots éclatent facilement, et ses 
éclats sont dangereux pour les tireurs, tandis que la tôle trop faible exposait les capsu- 
les à être facilement bosselées, ou écrasées. La grandeur et la forme des capsules de- 
vaient être réglées de manière à ce qu'on puisse les saisir et les placer facilement, et 
dani^ ce but on les munit souvent d'un rebord. Le fond est bombé, afin de contenir plus 
de fulminate au centre que vers les bords. ' 

La masse fulminante se composait de 24 parties de chlorate de potasse, de 6 par- 
ties de soufre et de 4 parties de charbon ; on la recouvrait d'une couche de vernis, afin 
de la fixer et de la préserver de l'humidité ; au lieu de vernis à la gomme-laque (Brevet 
Siegel, 1823), on recouvrait quelquefois le fulminate d'une rondelle de papier d'étain. 

Le système à percussion donna lieu à des essais qui démontrèrent la supériorité 
de ce mode d'inflammation. 

Les essais, faits en France en 1811 sur le nombre de coups ratés des platines à 
silex et à percussion donnèrent les résultats suivants : sur 100 coups (on changeait de 
pierre après 30 coups), on eut une moyenne de 30,3 ratés, dont 20,3 où l'amorce ne 
s'était pas enflammée et 10 ou l'amorce seule avait brûlé. 






44 ARME8 A FEU. 

Des essais comparatifs entre le système à silex et le système à percussion don- 
nèrent pour nombre de ratés : 

w 

En Hanovre et Saxe, 1828 . . — 1 sur 570 

En France, 1829 1 sur 15 1 sur 290 

Dans la campagne d'Algérie, en 1829, on etnploya presque exclusivement les 

platines à percussion, qui se montrèrent tellement supérieurps,* qu'elles furent bientôt 

adoptées partout. 

PLATINE A PERCUSSION POUR CAPSULES. 

(Pour la fonction, comparez p. 46. J 
Construction extérieure, pi. 14, fig. 81. 
Construction intérieure, pi. 14, fig. S2. 

Il n'avait pas non plus manqué de combinaisons entre les deux systèmes. Nous 
mentionnerons entre autres de 

1821, une platine de Lepage, pouvi^nt servir à volonté de platine à percussion et 
de platine à silex : 

PLATINE A SILEX pouvant SERvm de PLATINE A PERCUSSION. 

PI. 14, fig. 83. 

Le changement de pièces nécessité par Tune ou Vautre inflammation est mal 
commode et leur assemblage manque de solidité. 

1822. La France adopte un nouveau modèle de fusil qui ne différait du modèle 
1777-1800 qu'en ce qu'on y appliquait le système à percussion au lieu de la platine à 
silex : • . 

FUSIL D'INFANTERIE FRANÇAIS, mod. 1822. 

PI. iS, fig. 74. 

1824. Les Birmans (Inde) se servaient de projectiles cylindro-sphériques contre 
les Anglais ; faute de moules à balles, ils faisaient avec le doigt dans de Targile des 
trous du calibre de leurs fusils et y coulaient du plomb. 

1825. Gooker invente un fusil à percussion oii le choc d'un ressort à boudin pro- 
duisait l'inflammation d'une capsule placée sur une cheminée vissée au centre du fond 
de la culasse. 

1826. Ainsi que cela avait eu lieu en Angleterre en 1815, le Hanovre et la Saxe 
prescrivirent en 1826-1827 le bronzage des canons de fusils. 

Pendant longtemps, et surtout au commencement de ce siècle, on attachait beau- 
coup de valeur au poli des parties en fer de l'arme et à faire parade d'un brillant 
parfait. Pour obtenir ce brillant, on se servait de moyens qui nuisaient à l'arme en 
usant le métal et en occasionnant un jeu trop libre des garnitures ; c'est ce qui produi- 
sait ce bruit de ferraille si recherché dans les exercices ; ces procédés grossiers ame- 
naient de graves altérations de l'arme (enfoncements et courbures du canon), et l'on 






DIX-2fEUVI£MS SIÈCLE. 45 

cherchait partout ailleurs (emplacement dtfectaeux de la lumière, etc., etc.) la cause 
de Taugmentation de recul qui en résultait. 

Le bronzage des canons préservait ceux-^i de la rouille et Ton évitait ainsi ces 
procédés nuisibles en même temps que Tinconvénient du brillant des fusils. 

Le manque de soin avec lequel on procédait au bronzage fut cause qu'on Taban- 
donna en 1836, mais on Tadopta de nouveau plus taid. 

1827, En Prusse, on essaya entre autres des cartouches qu'on introduisait ians 
le canon avec leur enveloppe de papier (sans en vider la poudre), mais le résultat ne fut 
pas favorable. 

Les progrès obtenus dans la construction de Tarme firent sentir le besoin d'aug- 
menter aussi ses effets ballistiques. 

LA BALLE (ROULANTE) DU CANON LISSE 

PI. tS, fig. 92, 

et pi. tO, fig. 99. 

« 

exigeait, dans le canon, un certain jeu (vent), qui nuisait à la précision du tir; beaucoup 
de gaz se perdait en passant entre le projectile et les parois du canon ; en outre, la balle 
exécutait dans l'intérieur du canon plusieurs bonds, qui la faisaient dévier de la ligne 
de tir au moment où elle sortait du canon. 
Par le 

SYSTÈME DE RAYURES DROITES 

PI. tS, fig. 93. 

on facilitait le chargement successif d'un certain nombre de coups, tout en supprimant 
le ballottage de la balle ; mais l'inconvénient de la fuite des gaz était plutôt aggravé, 
car la profondeur considérable des rayures ne permettait pas que la balle les i*emplisse 
complètement. 

LES RAYURES SPIRALES 

PI. tS, fig. 94. 

n'avaient, au commencement et aussi longtemps qu'on se servit des projectiles sphéri- 
ques, pas d'autre avantage que celui des rayures droites. Ce ne fut que lorsqu'on eut 
inventé les projectiles allongés, que les rayures spirales justifièrent leur emploi par les 
avantages qu'elles présentèrent. 

n n'avait pas été possible auparavant, malgré quelques essais isolés, d'apprécier 
à leur juste valeur les avantages de l'emploi des projectiles allongés lancés par des ca- 
nons rayés en spirale. 

A partir de cette époque, on chercha à résoudre ce problème avec la certitude du 
succès; il ne restait plus qu'à rechercher la meilleure manière d'appliquer le principe et 
à trouver la proportion entre la charge, le projectile et la construction intérieure du ca- 
non ; cette tâche demandait cependant encore beaucoup de recherches et d'expériences. 

Toutefois les observations ballistiques se multipUaient, on apprit à connaître les 
lois de la trigectoire, et on utilisa en premier lieu ces connaissances en intfoduisant des 
mires graduées suivant les distances. 



46 ARMK6 A FEU. 

1828. Le capitaÎBe français Del vigne pi^ésente sa < carabine rayée à chambre: > 
le diamètre de la chambre à poudre était un peu plus petit que le calibre du canon ; les 
rebords de la chambre servaient de point d'appui à la balle, que Ton forçait dans les 
rayures par quelques coups de baguette sans que la poudre soit écrasée. 

PRINCIPE DE LA CHAMBRE DE DELViGNE. 

PI. IK, (ig. 95. 

Cependant la balle était déformée par cet écrasement, et il en résultait diverses 
irrégularités. 

1829. Cette année, Del vigne emploie des projectiles cylindro-coniques ; il tire à 
Alger sûr le fort TEmpereur avec une carabine de rempart, à 12 rayures et à < projec- 
tiles cylindro-coniques et explosibles. > Une capsule à percussion, placée sur la pointe 
du projectile, s'enflammait par le choc et produisait Texplosion. — 

Dreyse construit son premier < fusil à aiguille, > qui se chargeait encore par la 
bouche. D travaillait, en 1809, chez le colonefPauly à Paris, qui était chargé par l'em- 
pereur Napoléon de construire un meilleur fusil pour l'armée; il y parvînt, quoique son 
fusil fût trouvé trop compliqué pour l'usage militaire. Dreyse continua par la suite à 
s'occuper de la réalisation, de son idée. En 1814, il retourna dans son pays natal, à 
Sommerda, près Erfurt, et il reçut en 1824-25 la permission d'y établir une fabrique de 
capsules à percussion (sous la raison commerciale de Dreyse et Collenbusch). 

Les essais qu'il fit d'enflammer avec la pointe d'une aiguille des capsules humi- 
des, qu'on lui avait renvoyées pour remplacer le fulminate, réussirent, et il chercha à 
utiliser ce moyen d'inflammation en le combinant avec un autre avantage, soit de trans- 
férer le mécanisme de percussion de l'extérieur à l'intérieur du fusil, ce qu'il réalisa 

la même année. — 

Charrin, chevalier d'ordres militaires (Belge), commence des recherches et des 
expériences incessantes avec les projectiles coniques ; il était guidé dans ses études par 
l'idée qu'un projectile en forme de flèche devait donner de meilleurs résultats ; le pre- 
mier essai qu'il fit cette année était celui d'un 

PROJECTILE EN FLÉCHON, DE CHAKHIN. 

PI. 16, fig. 100. 

Il plaça une vis dans un moule en bois et coula du plomb autour de la Vis, de manière 
à ce que la tête de celle-ci était fixée dans la pointe du projectile; un peloton de ficelle 
était.enroulé autour de la vis, et lui donnait une forme de pinceau. 

Ce projectile, chargé dans le canon lisse d'une longue canardière, avait fréquem- 
ment atteint une portée de 1500 pas. 

1831. Chanin construit un projectile sphéro-couique et produit successivement 
les constructions suivantes de projectiles : 

en 1832 un projectile cylindro-conique à cavité d'expansion; 
• en 1845 > à compression, enroulé de papier; 

et en 1846 > à compression et à expansion, etc. 



DnC-KEimèM£ SIEOLfi. 47 



PROJECTILE SPHÉRO-CONIQUE DE CHARRIN, 1831 

PI. iO, fig. 101. 



PROJECTILE CYLINDRO-CONIQUE DE CHARRIN, 4832. 

PI. 16, fig. 101 b. 

Dans cette année (1831), Charoy présente un fusil à magasin et à capsule à per- 
cussion. Cette dernière était fixée sur un petit tube ou cheminée, placée derrière la pla- 
tine à un pivot rendu mobile au moyen d'un ressort ; par la pression exercée sur ce 
dernier, la cheminée ou tube était projetée au-dessus de la tige de percussion, elle s'ou- 
vrait en avant et amenait sur le cône de la cheminée une des capsules poussées en avant 
par la pression d'un ressort en spirale situé dans le tube. 

Deux régiments français furent armés, à titre d'essai, de 600 fusils pareils. 

Robert, médecin parisien, construit un fusil se chargeant par la culasse, dont le 
mécanisme de fermeture à axe d'oscillation présentait une ouverture circulaire et fer- 
mait le canon au tonnerre, ce qui s'effectuait au moyen d'un levier assujetti au bec de 
crosse ; un ressort s'abaissait en ouvrant et s'ancrait au ressort de gâchette avec dé- 
tente; en pressant sur cette dernière» le refssort devenu libre, s'abattait sur une étou- 
pille ajoutée aux cartouches. 

D'une construction semblable au système de Robert, est la fermeture du fusil de 
marine à capsules de percussion. 



FUSIL DE MARINE, CONSTRUCTION DAVID. 

PI. iS, fig. 77. 

La partie postérieure du canon est pourvue d'un anneau de renfort, auquel est 
fixée la pièce mobile de fermeture A ; derrière cet anneau et dans le canon est vissé le 
logement B, dans le milieu duquel passe le cylindre de fermeture réuni à la manivelle C, 
ainsi que la platine à percussion située dans le logement. La manière de charger est la 
suivante : Mettre le chien au repos, tourner la manivelle en arrière, ce qui permet au 
cylindre de fermeture de sortir de la place qu'il occupe dans l'appareil de fermeture; ce 
dernier est ainsi levé par le bras le plus court de la manivelle et est ainsi projeté en 
avant. 

La charge introduite, la fermeture est abaissée, la manivelle est tournée en avant 
et le cylindre saisissant le crochet de la fermeture la maintient en place. Après le pla- 
cement de la capsule, l'arme est prête à faire feu. 

Le fusil de rempart français (comparez 1829) subit quelques améliorations. 



48 ARMES A FEU. 



FUSIL DE REMPART FRANÇAIS (se chargeant par la culasse). 

PI. flS, fig. 76. 

La partie postérieure du canon forme la botte de fermeture, dans laquelle se 
meut la pièce de fermeture A (chambre) dans le sens de la longueur des deux pivots 
auxquels elle est assujettie ; la culasse étant fermée, l'ouverture de la chambre, réduite 
en biseau conique, est entourée par la partie postérieure conique du canon, c'est-à-dire 
pressée dans ce dernier. Immédiatement derrière la chambre se trouve un coin de fer- 
meture latéral, mobile, B, avec ressort, qui a pour but de pousser la chambre en avant 
et de la réunir solidement au canon et dans le mouvement de va et vient qui se produit, 
d'obtenir assez de jeu pour que l'ouverture de la chambre puisse sortir du canon. La 
chambre, dont le fond est excentrique, agit et s'ouvre d'elle-même sous la pression d'un 
ressort, pour recevoir la charge. 

Longueur du canon 1,207 mètre; calibre 21,8""'; rayures 12; pas de rayures 1 Va 
sur la longueur du canon ; agrandissement du calibre suivant la chambre 0,8*"; lon- 
gueur de la chambre à poudre 107,5""; diamètre de Tâme de la chambre : à la bouche 
24"", dans l'âme 10""; charge de poudre 8 (aussi 10) gramhies; poids du projectile 
62,5 grammes ; poids de l'arme 8,620 kilog.; mire à clapet; portée environ 800 pas. 

Ackerstein obtient en Suède un brevet pour un fusil se chargeant par la culasse 
qui se fermait au moyen d'une charnière réunissant le bois et le canon. (Prédécesseur 
du Lefaucheux.) 

1832. Le major Berner à Braunschweig construit un 



SYSTEME OVALE DE RAYURES POUR FUSILS. 

PI. iS, fig. 06. 

(Prédécesseur Lautmannen 1729.) L'âme du canon est pourvue de deux rayures 
représentant un ovale ; dans le principe, on employait pour ce système des balles ovales 
ou pourvues d'un ceinturon, plus tard simplement sphériques. Ce système eut du succès 
dans le Braunschweig, Oltenbourg, en Angleterre et en Russie. 

Dans les essais qui eurent lieu en Braunschweig, ce fusil donne 60 7u ^^ touchés 
à la distance de 400 pas et sur une cible de 8 pieds de haut et de 9 pieds de large (tir 
libre à balles rondes). Ce système avait pour but de réunir les avantages de la carabine 
rayée avec ceux du canon lisse. 

Lefaucheux fabrique un fusil se chargeant par la culasse, dont le canon se meut 
en arrière au moyen d'une charnière ; l'ouverture postérieure du canon laissait ainsi à 
découvert les surfaces de jonction, ce qui permettait d'introduire la cartouche dans le 
canon. Cette arme ne semt pas à la guerre en raison de sa construction brisée, mais 
elle fut très-appréciée comme fusil de chasse et notamment comme fusil double. 



DlX-NXUVlÈBiE SIÈCLE. 49 



FUSIL DE CHASSE (FUSIL DOUBLE), constructiox lefauchrux. 

PI. !•, fig. 153. 



DOUILLE DE CARTOUCHE DE CE FUSIL. 

PI. f », fig. 135. 

Cette douille de cartouche, très-ingénieusement construite en fort papier, se 
ferme en arrière au moyen d'une capsule en laiton étiré; la douille et la capsule sont 
solidement réunies par une couche de papier fortement comprimé. La capsule est placée 
au centre du fond de la douille et Texplosion se produit par le choc du chien sur une tige 
fixée dans la capsule et qui dépasse la surface supérieure du canon. Cette tige sert en 
même temps à extraire la douille après le coup et celle-ci peut encore être employée 
plusieurs fois. La cartouche Lefaucheux est une unlié de cartouelie, en ce sens 
qu'elle renferme la charge et la matière inflammable, 

1833. On fabrique à Liège, dans les années 1832 à 1833, 144,150 fusils mili- 
taires. 

1837. Un bataillon de tirailleurs français (chasseurs) reçoit, pour s'en servir en 
Algérie, des < carabines > suivant le système de construction du commandant d'artillerie 
Poncharra ; le canon est rayé et à balle forcée du système Del vigne, avec cette diffé- 
rence qu'au lieu du projectile un tampon en bois , recouvert d'une peau graissée, repo- 
sait sur le bord de la chambre, afin de diminuer la déformation du projectile. 

Les < Rangers à cheval, commandés par le général Harney, > se servirent avec 
beaucoup de succès contre les Indiens de* la c carabine-revolver, > construite par le co- 
lonel américain S. Coït. Ce système de revolver s'appliquait aussi bien aux fusils 
qu'aux revolvers et subit des perfectionnements jusqu'en 1851. 

1841. Le fusil à aiguille de Dreyse (se chargeant par la bouche, modèle de 1829) 
n'ayant été admis nulle part, l'inventeur parvint en 1836 à y adapter le chargement par 
la culasse et h le pourvoir d'un nouveau mode d'inflammation (fulminate dans la car- 
touche même). La Prusse crut dès lors devoir ordonner des essais détaillés avec le nou- 
veau fusil à aiguille de Dreyse, et ils aboutirent la même année à faii-e adopter ce mo- 
dèle pour l'infanterie prussienne; le roi Guillaume IV^ ordonna au ministère de fournir 
à Dreyse les avances de fonds nécessaires pour la première commande de 60,000 de ces 
fusils à aiguille. 

Dans les essais qui eurent lieu à Spandau en 184(), on constata qu'un grand nom- 
bre d'aiguilles se brisaient ou se pliaient, en sorte que l'existence de la nouvelle arme 
fut de nouveau remise en question. Mais en 1848, elle maintint sa supériorité contre 
l'insurrection saxonne et badoise, ainsi que dans les essais qui eurent de nouveau lieu 
en ISoO à Potsdam et Spandau. On fit en même temps une comparaison avec les fusils 
de Thouvenin, de Minié, de Podewils, ainsi qu'avec la carabine à tige et la carabine 
suisse, mais le fusil à aiguille remporta aussi bien en précision qu'en rapidité de tir. 

7 



50 ABMBS'A F£U. 



LE FUSIL A AIGUILLE PRUSSIEN, système dreyse. 

Vue de gauche, pi. 18, fig. 149. 

Vue de dessus, pi. 18, fig. 150. 

Coupe de fermeture, pi. 18, fig. ^51. 



est un fusil se chargeant par la culassse avec cylindre-obturat-eur. 

Le mécanisme de fermeture et de percussion se compose des parties suivantes : 

A, boîte vissée au canon avec l'appareil de détente Bj; C , cylindre-obtura- 
teur avec levier; dans le cylindre est vissé le tube à aiguille D; E, cylindre-percuteur 
avec crête cannelée; celui-ci reçoit le ressort-spiral F, les ailettes du tube à aiguille G, 
avec l'aiguille H et le ressort d'arrêt I. 

La botte est entaillée dans le haut pour recevoir la cartouche ; la surface pos- 
térieure de cette entaille est la surface de fermeture; la rainure en forme d'angle sert 
de direction à la crête de la poignée du cylindre-obturateur. 

Fonctionnement : 

1. Le ressort d'arrêt abaissé permet de retirer le cylindre-percuteur en arrière. 

2. Ouvrir la culasse; le cylindre-obturateur est retiré en arrière immédiatement 
après le choc à gauche qu'a reçu le levier. 

3. Saisir et introduire la cartouche. 

4. Fermer, pousser et tourner le cylindre-obturateur à droite, mouvement que 
complète le choc donné au levier pour fermer hermétiquement l'orifice du canon. 

5. Aimer le ressort en pressant en avant le cylindre-percuteur jusqu'à ce qu'il 
soit saisi par le ressort d'arrêt. 

Lorsque le porte-aiguille se trouve en arrière et proéminent après que le cylindre- 
percuteur a été poussé en avant, le mécanisme de percussion est aimé. 

La pression sur la détente fait sortir la tête du ressort de détente des tenons 
d'aiguille, ce qui permet à celle-ci d'arriver jusqu'à la pilule d'amorce en traver- 
sant le fond de la cartouche et la charge de poudre ; ce mouvement en avant de l'ai- 
guille est réglé au moyen de l'écrou attenant au canal de l'aiguille. 

Une pression exercée sur la tête du ressort d'arrêt détend le réssort-spiral. 

Comme la tête du ressort de détente doit arriver jusqu'aux tenons du porte- 
aiguille; le cylindre-obturateur est pomvu des rainures nécessaires en longueur et en 
travers. 

A son extrémité, le cylindre-obturateur est muni d'une rainure qui, en armant, 
livre passage à la tête cannelée du cylindre de percussion et à la tête du ressort d'arrêt; 
la culasse étant fermée, cette rainure se trouve sur la même place que la fente de la 
boîte et de la tête cannelée du cylindre ; alors même que le ressort est tendu, il n'est 
pas possible d'ouvrir, car le cylindre-obturateur ne peut pas toirner; on ne peut pas 
davantage l'ouvrir aprte le feu, avant que le cylindre de percussion ait été retiré en 
arrière. 



DIX-NEUVIÈME RIBCLE. 51 

Si le contraire a lieu, le ressort peut aussi ne pas s'armer, c'est-à-dire que la tête 
cannelée du cylindre de percussion ne peut pas pénétrer dans la rainure du cylindre-ob- 
turateur avant que le mécanisme de fermeture soit complètement remis en place. 

Le maniement de ce fusil n'est exposé à aucune espèce d'erreur. 

La chambre h air, qui renferme le canal à, aiguille dans le cylindre-obturateur, 
pennet au résidu de la poudre et aux fragments des douilles de cartouches de s'y 
déposer, tout en augmentant la force de^projection des gaz de la poudre. 

Détails de comtrmtion dans le tableau des dimensions. 

Le démontage et le remontage de l'anne sont très-simples : ouvrir le mécanisme 
et, api*ès avoir pressé sur la détente, sortir le cylindre-obturateur, tourner et enlever de 
ce dernier le cylindre-percuteur ; enlever le ressort d'arrêt après avoir retiré l'écrou 
en arrière, ce qui permet d'enlever l'écrou lui-même, l'aiguille et le ressort. Le démon- 
tage se fait sans aucun instrument. 

Le remontage a lieu dans un sens inverse. 



LA MIKE DU FUSIL A AIGUILLE PRUSSIEN 

PI. f », fig. !52. 

se compose d'mie mire fixe (pied), munie de deux feuilles mobiles à charnière, la plus 
petite placée derrière, la plus grande devant la mire fixe ; cette deniière peut servir 
jusqu'à la distance de 350 pas ; les deux feuilles de hausse peuvent servir jusqu'à la 
distance de 800 pas, en visant aux pieds, à la poitrine et à la tête, suivant des pres- 
criptions d'ailleurs très-compliquées. 



LA CARTOUCHE DU FUSIL A AIGUILLE PRUSSIEN 

PI. t», fig. 136. 

est une unité de cartouche. Entre le projectile et la poudre se trouve un tampon de pa- 
pier comprimé appelé < Zûndspiegel » (tampon), qui reçoit le projectile en forme d'œuf 
dans sa partie antérieure creuse, tandis qu'au centre de la surface postérieure du 
tampon se trouve la pilule d'inflammation. 

Ce tampon renferme le fulminate et le comprime de telle sorte qu'il offre une 
masse solide et résistante. Par le choc de l'aiguUle, le tampon ne peut pas céder en 
avant, attendu qu'il est situé devant la charge de poudre et arrêté dans le rétrécis- 
sement de la chambre à cartouches du canon. 

Le tampon sert en outre à la rotation du projectile dont le diamètre (13,6"") 
est plus petit que celui du calibre du canon (15,43"*); en effet, le tampon est 
pressé dans les rayures et, comme le projectile est solidement enveloppé, c'est 



Ô2 ARMES A FEIT. 

sur lui que la rotation se produit. Enfin le tampon favorise le maintien de Tâuie 
du canon en bon état de propreté. H est construit avec une bande de papier 
étroite, roulée, évasée et pressée à la forme ; il est pourvu en avant de découpures, 
qui lui permettent de se séparer facilement du projectile en sortant de la bouche du 
canon. 

La poudre, le tampon et le projectile sont enveloppés dans une douille en papier 
attachée autour de la pointe du projectile. 

Pilule d'amorce : 367,5 parties de chlorate de potasse, 333,6 parties de soufre 
d'antimoine. 

La carabine à aiguille, introduite en 1849, et le modèle de fusil de ligne, introduit 
en 1862, diffèrent très-peu du modèle de 1841 ; le canon du modèle de 1862 sort de la 
fonderie Berger et est bronzé ; les garnitures sont en laiton et la bayonnette à 3 pans 
creux. 

La vitesse nonnale du tir de cette arme est d'environ 5 coups par minute. 

Les efforts infatigables de Dieyse pour atteindre son but, sa campagne opiniâtre 
contre tous les préjugés, les opinions opposées et les attaques que son système vérita- 
blement nûuveau, eut à subir, furent récompensés et soutenus par le gouvernement 
prussien à la suite d'un examen approfondi ; c'est à l'énergie déployée dans l'introduc- 
tion de ce nouvel armement que la Prusse i)eut i*evendiquer la satisfaction de posséder 
une arme de guerre véritablement bonne, supérieure à tous les anciens systèmes, qui 
est aussi simple et solide que peu coûteuse à fabriquer et qui emploie une munition aussi 
avantageuse par son prix modéré que par sa bonne qualité. 

Par son invention, Dreyse s'est élevé un monument immortel. 

1842. Le Conseil de la guerre de la Confédération suisse ordonne la transforma- 
tion des fusils à silex en fusils à percussion. Cette transformation consiste : 

1. A couper la partie postérieure du canon à la distance voulue de son extrémité 
et à tarauder le pas de vis pour la culasse. 

2. Adapter la culasse, pourvue de la cheminée pour la capsule et d'une mire 
(mire fixe). 



CULASSE DU FUSIL SUISSE, modèle de 1842. 

PI. f s, fig. 90. 

3. Modifier la platine, suivant les fig. 81 et 82. 

Fonction de la platine. 

En armant le chien A, la noix B, qui est reUée au chien par un carré et une vis, 
tounie, le grand ressort C, qui est relevé par la griffe de la noix, est armé; le ressort de 
gâchette D presse la gâchette E dans le cran de la noix et maintient la platine armée 
jusqu'à ce que la détente F dégage le bec de la gâchette du cran de repos de la noix, ce 



DIX-NEUVIÈME BŒCLE. 53 

qui peimet au graud ressort d'exercer sa force sur la griffe de la noix et par le moyen 
de celle-ci, sur le chien qui est ainsi abattu sur la capsule. La bride G, avec le pivot de 
la noix, forme un second corps de platine plus petit, qui permet aux parties de la pla- 
tine de se mouvoir plus librement. 

Poids du fusil 4*"» 625 ; charge de poudre du modèle de 1842, 7'',813 ; poids de la 
balle 25 grammes. 

n n'y avait pas d'ordonnance pour la carabine servant à l'armement des cara- 
biniers, mais seulement quelques principes auxquels il ét^t recommandé d'avoir égard, 
tek que : longueur du canon 900""; calibre pour 23 balles à la livre, avec tolérance de 
deux balles de plus ou de moins (même fusil) ; le canon rayé à V« jusqu'à 1 tour entier 
sur la longueur du canon. Longueur de l'arme sans le yatagan 1260""; poids de l'arme 
5 à 6 kUog. 



CARABINE SUISSE de cette époque (1838). 

PI. 19, fig. 154. 

YATAGAN. 

PI. \%, fig. 68. 

MIRE. 

PI. «1, fig. 164. 

Cette arme, avec tous ses détails et tous ses accessoires tels que : niveau à plomb, 
tube de guidon, mire, coquille, pommeau ou support, arrêt de chien, aiguUle de dé- 
tente, etc., caractérise l'aberration de ce temps, en ce qui concernait la véritable signi- 
fication d'un chasseur ou d'un carabinier (comparez 1851). 

A cette époque, un fusil sans bayonnette coûtait de 34 à 36 francs, 1 giberne 39 
batz, 1 sabre d'infanterie 3 Va gulden, 1 yatagan 4 gulden 5 kreuzer. 
On se servait en Autriche à la même époque d'un 



YATAGAN (Autriche) 

PI. It, fig. 69. 

dont la lame droite, à pans creux, large et la pointe à double tranchant, se fixe au man- 
che au moyen d'une longue douille en fer. 

1842. Le système à répétition, armes à feu portatives à plusieurs coups, qui était 
déjà représenté au XYI"* siècle et qui excita l'esprit inventif de tous les temps, prit un 
nouvel essor à la suite de l'introduction du système à percussion. En cette année, Ma- 
riette» fabricant d'armes à Liège, produit un système à répétition pour pistolets qui fut 



54 ARMES A FEU. 

plutôt exploité comme arme de luxe, mais qui mérite trêtre mentionné, en raison de 
son originalité : 

PISTOLET A RÉPÉTITION, systèmk makiktte. 

PI. tQ, fig. 157. 

Quatre jus(iu'à dix-huit canons détachés sont vissés dans une monture et forment 
ainsi un seul tout. Cette monture contient autant de tonnerres (avec le nombre de che- 
minées ou cônes vissés dans la prolongation de Taxe du canon) que de canons. 

Ces canons réunis pivotent autour d'une broche adaptée au centre de la monture 
et qui ferme en avant Tencastrement de la platine. Si la détente, en forme d'anneau, 
est retirée en arrière, le pousseur s'élève et comme il pénètre dans la culasse des ca- 
nons, ceux-ci sont mis en mouvement et tournent à gauche jusqu'à ce que chaque canon 
remplace le précédent ; à ce moment, la tige de détente repose sur le pousseur, et le chien, 
qui avait suivi le mouvement de la détente, est pressé hors du cran de celle-ci; il est 
chassé ensuite par le grand ressort sur la capsule du canon situé en dessous. 

Le ressort de détente replace de nouveau celle-ci dans le cran du chien, qui doit 
suivre le mouvement de la détente et le pousseur pénètre de nouveau dans la culasse 
pour renouveler le mouvement de rotation des canons. Tous peuvent amsi être déchar^ 
gés les uns après les autres et sans interruption par le simple renouveUement du mou- 
vement de la détente. 

Le système Coït (comp. 1837), qui jusqu'en 1851 avait subi des améliorations suc- 
cessives, n'a qu'un seul canon; les six charges (et plus) sont contenues dans un cylindre 
foré dont chaque âme est fermée en arrière par la cheminée. Le canon est fixé à la car- 
casse, en sorte qu'avec ce système le cylindre seul est mis en mouvement par le mé- 
canisme de la platine et tourne jusqu'à ce que la bouche du cylindre suivant corres- 
ponde de nouveau avec l'&me du canon ; en même temps le clioc du chien se produit. La 
charge (poudre et balle) est introduite par le côté dans la bouche de chaque chambre 
du cylindre. Une baguette à disque excentrique avec levier est placée sous le canon et 
sert à introduire le projectile. 



CARABINE-REVOLVER COLT, 

PI. t0, fig. 158. 



PISTOLET-REVOLVER COLT. 

PI. ••, fig. 159. 

Un peu plus tard, Deprez (Belgique) est patenté pour un système de revolver 
dont chaque âme du cylindre se ferme au moyen d'une chambre d'acier. Ces chambi-es 
sont pourvues de cheminées, mais au lieu de se trouver dans la prolongation du forage, 



Dt]t-K£UVlÈ&ffî StÈCLfi. 55 

elles sont situées autour du cylindre dans une position saillante rectangulaire. Ce sys- 
tème compliqué n'est pas pratique, mais il offre des innovations avantageuses au^ point 
de vue d'un démontage facile (le mouvement en arrière du levier, avec la partie excen- 
trique, est suffisant pour enlever le canon et le cylindre) ; un arrêt de chien empêche le 
départ, prématuré des coups. 

Adams-Deane et plusieurs autres suivirent avec des systèmes de revolver ayant 
subi diverses modifications et innovations. 

4843. Wild (Zurich) propose pour la charge de la carabine une cartouche en trois 
parties (poudre, fourrure [calepin], balle) réunies en un seul tout, plus le lavage du ca- 
non à l'eau, — au moyen d'un petit flacon, — après chaque coup, afin que, par la 
propreté du canon, on puisse obtenir plus longtemps des r^ultats de tir uniformes. 
Les essais, qui eurent lieu à Carlsruhe en septembre de cette même année, donnèrent 
29 touchés sur 30 coups dans l'espace de 14 minutes. 

1844. On se sert au tir fédéral de Bâle de carabines rayées de petit calibre, de 9 
à 10 millimètres (américaines), avec des projectiles pointus ; elles firent sensation en 
raison de leur précision ; les carabines ont pour la plupart 8 rayures de la même lar- 
geur que les champs et environ de 0,3"*"* de profondeur; elles ont un tour sur 1™ à 
1",200 et tirent avec une charge de poudre de 2,5 à 3 grammes un projectile pointu de 
19 à 20"" de long sur un diamètre de 0,2 à 0,3'"'" plus fort que le calibre du canon. 
Lorsque la charge de poudre, mesurée soit au moyen de l'embouchure de la poire à 
poudre, soit au moyen d'un entonnoir placé dans l'ouverture de la poire à poudre, a 
été introduite dans le canon, le projectile est placé dans la machine à charger et on le 
recouvre de son enveloppe graissée, après quoi la macTiine à charger est placée avec 
son contenu sur la bouche du canon ; un coup, frappé avec la main sur le refouloir^ 
introduit la balle avec sou enveloppe dans le canon et l'on achève de l'enfoncer avec la 
baguette. 

La tête du refouloir doit être conforme aux contours du projectile, au diamètre 
de l'enveloppe circulaire ainsi qu'à la bouche du canon, pour assurer la charge centrée 
et empêcher la déformation de la pointe délicate du projectile. 



PROJECTILE DE LA CARABLNE AMÉRICAINE DE 1844. 

PI. 16, fig. 111 b. 

On devait aussi veiller à ce que la qualité, l'épaisseur et le graissage de l'en- 
veloppe du projectile fussent conformes aux exigences. 

Cette arme démontra sa supériorité sur le grand calibre à la distance de 150 
à 200 pas, à laquelle il était d'usage de s'exercer dans ce temps-là ; mais à de plus gran- 
des distances, la proportion de la charge et le poids du projectUe (environ 10 grammes) 
étaient trop faibles, en sorte qu'en raison de leur construction et de la manipulation de 
la charge ces armes ne purent être considérées que comme armes de luxe. 

1845. Charrin (Belge) construit un projectile pointu, qui était calculé à produire 
la dilatation de son diamètre au moyen de la compression : 



56 ÀBMXS A FEU. 



PROJECTILE EXPANSIF DE CHARRIN, 4845. 

PI. !•, fig. 103. 

Une bande de papier était enroulée et collée autour du milieu du corps du pit>- 
jectile, qui en était la partie la plus faible; deux évidements en forme d'anneaux ser- 
vaient à recevoir la graisse. Par l'expansion des gaz de la poudre^ le projectile est com- 
primé et le diamètre s'agrandit sans que la pointe en soit déformée, attendu que la 
baguette n'a besoin que d'être légèrement appliquée sur le projectile. 

Nous arrivons à l'époque de l'unité de cartouches, qui est encore actuellement 
l'objet de nombreuses recherches ; nous parlerons ici d'un système breveté en 1845-46, 
et qui, quoiqu'employé pour les armes de salon, rentre dans le cadre de ce travaU. 

n s'agit du mjmêimÊm Ptobert, dont la simplicité du mécanisme fut imitée pour 
les armes de guerre, et dont en particulier < l'unité de cartouche en miniature, > en i-ece- 
vant de plus grandes dimensions, devint un élément principal, auquel on est redevable 
de la réalisation des avantages et de l'introduction générale du chargement par la 
culasse. 

FUSIL DE SALON, SYSTÈME FLOBERT. 

PI. ••. fig. 160. 

Le chien i-emplace la culasse; il a dès lors besoin d!un ressort un peu foi-t et ce 
système de fermeture exige également que la charge de poudre soit réduite à un 
certain minimum. Dans la tête du chien se trouve une petite traverse en acier en 
forme de pince, le bourrelet écrasé de la cartouche est saisi par les deux bras de cette 
pince et la douille vide est extraite du canon après le coup en armant le chien. On peut 
se rendre compte de la simplicité de la fermeture par le dessin. 



LA CARTOUCHE DU FUSIL DE SALON, DE FLOBERT 

PI. %'$, fig. 130. 

se compose d'une douille en cuivre laminé, dont le bourrelet relevé est vide à Tinté- 
rieur. Ce vide est i-empli de fulminate et la balle se fixe sur la charge de poudre. La 
cartouche, retenue par son bourrelet, ne peut pénétrer plus avant dans le canon et le 
choc du chien sur ce bourrelet enflamme le fulminate, qui y ast contenu, et fait ainsi 
partir le coup. 

1846. On adopte en France la carabine Thouvenin avec une balle pointue et 
canndée construite par Tamisier. Cette arme et ce projectile sont également introduits 
quelques années plus tard en Belgique et dans d'autres États. 



DIX-NKUVIËHE SIÈCLE. 57 

Cette carabine Thouvenin, qui s'appelle aussi carabine à tige, est construite 



comme suit : 



SYSTÈME THOUVENIN. 

PI. f s, fig. 97. 

Une tige en acier, correspondant exactement à Taxe du canon, est vissée dans la 
culasse ; cette tige a 7*",5 d'épaisseur et sa longueur est égale au calibre ; c'est-à- 
dire qu'elle dépasse encore la charge de poudre contenue dans le canon; la baUe est 
assujettie sur la tige par 2 ou 3 coups de baguette et elle est pressée dans les rayures 
tandis que la poudre reste intacte. 

La baguette est pourvue d'une cainité correspondante & la pointe de la balle afin 
de ne pas la déformer. 



LA BALLE POINTUE DE TATtflSIER 

PI. 16, fig. 104. 

destinée à la carabine Thouvenin , a 28** de long dont 10"" pour la partie cylin- 
drique. Diamètre normal 17"",5 ; poids 47 grammes ; charge de poudre 4'',2 (charge 
faible). 

Le papier, qui entoure la balle, est graissé pour nettoyer le canon et faciliter la 
charge. 

Quant à la précision de tir, on a encore obtenu environ 40 Vo? ^ I^ distance de 
800 pas et sur une cible de 3",6 de long sur 1",8 de haut 

La hausse avec un tiroir mobile peut être élevée jusqu'à 1300 mètres. 

Ce système a ceci de défectueux que la balle n'est pas totgours placée d'une 
manière uniforme dans le canon, ce qui ne donne pas la même portée de tir ; en outre, 
la pénétration de la tige dans la chambre rend un peu plus difficile le nettoyage du 
canon. 

C'est en 1846 que les professeurs Schœnbein à Bâle et Bœttcher à Francfort sur 
le Main ont inventé le fiilnil<-cotoai» 

Le coton ordinaire a dans son état pur un poids spécifique de 1,47 jusqu'à 1,5 et 
contient 44,45 parties de carbone, 49,38 d'oxygène, 6,17 d'hydrogène. 

Pour préparer le fulmi-coton, on enlève d'abord les nœuds du coton, puis on le 
nettoie à fond. On le place ensuite dans des feuilles de ouate pour le sécher. Gela fait, 
on lui fait prendre un bain dans un vase contenant 100 parties de nitrate de potasse 
sur 79 parties d'acide sulfurique ; on laisse saturer le coton dans ce liquide pendant un 
quart d'heure ; on vide ensuite les acides, on comprime les feuilles de ouate avec des 
baguettes en verre, après quoi on les dessèche sous la presse; on lave ensuite le coton 

8 



58 ABMES A FEU. 

dans de Teau pure jusqu'à ce que du papier de tournesol ne puisse plus être rougi par 
lui. On place celui-ci de nouveau sous la presse pour en extraire l'eau le plus complète- 
ment possible et on le sèche enfin à une température, qui ne doit pas dépasser Sô"* R. 
Le fuîmi-coton est alors terminé. Il contient: 24,54 7o de carbone, 2,737© d'hydrogène, 
47,28 7^ d'oxygène et 23,45 7o d'azote. 

On ne le distingue du coton ordinaire que par la légère crépitation qui se pro- 
duit lorsqu'on le presse dans la main; il s'enflamme par le frottement et par le choc; 
toutefois, dans le premier cas, il faut le frotter longtemps en le pressant sur une surface 
raboteuse; dans le second cas, les couches minces seulement s'enflamment et dans leur 
état naturel (non comprimé), c'est la partie seulement atteinte par le choc qui fait ex- 
plosion, le reste étant chassé de tous les côtés sans s'enflammer. L'inflammation instan- 
tanée ne se produit qu'à la température de 185* R.; on peut se servir pour cela de cap- 
sules, de fusées, etc., et elle a lieu aussi bien qu'avec la poudre à canon, mais toutefois 
avec cette difiFérence que le fulmi-coton s'imprègne beaucoup moins d'humidité que la 
poudre. Employé dans son état comprimé normal pour les cartouches, la tension des 
gaz, et par conséquent l'effet est bien plus important que celui de la poudre à canon 
(suivant les essais français de cette année, 800 grammes de fulmi-coton ont donné les 
mêmes, portées que 2000 gammes de poudre à canon). Avec l'emploi du fiilmi-coton, 
les canons sont moins exposés à s'échaufier ; la proportion est de 18" à 35° R,, avec le 
fusil d'infanterie, sur trente coups tirés rapidement les uns après les autres. D y a, en 
outre moins de recul, peu d'encrassement et pas de fumée. 

Malgré les avantages du fulmi-coton comparés à ceux de la poudre à canon, le 
fait que le fiilmi-coton n'est pas un corps compacte, mais élastique, constitue un désa- 
vantage important en rendant son emploi difficile dans la confection de la munition. 

Ce n'est qu'en le comprimant régulièrement, qu'on peut compter sur un effet 
uniforme ; or, il est difficile de garantir cette compression normale. 

L'armurier et garde-arsenal V. Sauerbrey à Bâle a construit la même année un 
fusil à aiguille très-simple pour l'emploi du fulmi-coton. 



FUSIL A AIGUILLE POUR FULMLCOTON, DE V. SAUERBREY. 

PI. 19, fig. 155. 



CARTOUCHE DE CETTE ARME. 

PI. t», fig. 137. 

Le fiisil est construit comme suit : Au canon Usse du calibre de 18°^,2 est vissée 
la chambre A, qui reçoit une aiguille, entourée d'un ressort en spirale, qui lui sert de 
grand ressort. Une double bande B reliée avec le chien fait armer le grand ressort en 
armant le chien lui-même. Lorsque celui-ci a été retiré en arrière et que l'aiguUle se 
trouve dans la même position, on laisse tomber la cartouche de haut en bas dans le ca- 



DIX-NEUVIEME SIÈCLE. 59 

non, puis le chien est de nouveau replacé en avant en couchant le fusil en joue. Le 
chien, •— avec rainure à vis au renfort C du côté droit du canon, — se ferme herméti- 
quement au tonnerre et le prolongement de la vis, — pénétrant comme broche dans le 
canon, — maintient la cartouche en place, afin d'opposer une résistance suflSsante à un 
départ précipité de l'aiguille chargée de produire l'inflammation. 

Pour retirer la cartouche du canon, on replace le chien en arrière, ce qui fait 
éloigner de la cartouche la broche pressant sur le côté ; la cartouche tombe ensuite 
d'elle-même, en renversant la bouche du canon vers le sol. Ce mécanisme est extrême- 
ment simple ; en revanche, il est clair qu'avec le jeu existant entre la balle et les parois 
de l'ftme du canon, qui permet à la cartouche de descendre sans difficulté aucune jus- 
qu'au fond du canon, et vu le manque absolu de direction et d'expansion du projectile, 
la sûreté du tir ne peut à priori être considérée comme très-satisfaisante. 

Toujours est-il que les dispositions de cette arme ont été éprouvées et essayées 
avec succès, à Bâle même, par M. de Mechel, plus tard général au service napolitain, 
et M. le professeur Schœnbein, et en d'autres lieux encore, comme à Juggenheim par 
l'héritier présomptif du trône impérial de Russie, le prince Alexandre lui-même. 

En 1849, on fit avec cette arme sur le Wylerfeld à'Beme, en présence du géné- 
ral Dufour, des essais qui atteignirent dans un feu de vitesse le résultat de cinq coups 
par minute. 

La cartouche se compose : P de la charge (1",6 de fulmi-coton comprimé, sur 
15"" de diamètre et 20""' de longueur) ; 2" du tampon d'amorce ou capsule, de 16"" 
de diamètre et 17"" de longueur, évidé sur ses deux faces, embrassant la matière in- 
flammable dans sa partie inférieure et le projectile par le haut ; 3*» du projectile, balle 

■ 

de 16"",5 de diamètre. 

Le tout est enveloppé d'un diaphragme en papier. 

Longueur totale de la cartouche 35"". Poids 31 gi-ammes. 

Le fulmi-coton fut bientôt amélioré par le capitaine d'artillerie autrichien Yon 
Lenk, et en divers endroits, plus particulièrement en Autriche, on le soumit à des 
expériences très-étendues et très-approfondies. 

Pour obtenir une compression plus régulière de la matière et un ralentissement 
convenable du procédé de combustion, on se servit de charges creuses, que l'on fabri- 
qua au moyen d'un tissu de fulmi-coton, en forme de mèche, étendu sur de petits cy- 
lindres ou tuyaux de bois ou de carton. 

Un pareil tissu permit aussi d'obtenir une plus ou moins grande densité de la 
matière. 

Néanmoins jamais le fulmi-coton ne parvint à remplacer la poudre à canon. 

L'exactitude, presqu'impossible à atteindre, et les soins minutieux indispensa- 
bles dans la production du fulmi-coton, ainsi que dans celle de la munition pour la- 
quelle il est employé, les dangers d'une explosion prématurée ou produite par une dé- 
composition spontanée, le prix d'environ 20 7o plus élevé que celui de la poudre à ca- 
non, enfin l'inconvénient que le coton n'est pas un produit indigène ; tous ces motifs 
réunis firent toujours donner la préférence à la poudre. 

1848. En Suisse les commissions militaires compétentes furent chargées de faire 
des essais avec une carabine américaine de petit calibre à balle pointue, — 57 à la livre 
= 8'',8 par pièce. 



60 ABME8 A FEU. 

Ces expériences eurent pour effet de faire transformer quelques-unes des cara- 
bines, alors existantes, d'après le système américain, calibi^ 8'^,25 à 9^, rayures 
arrondies 6-8, poids du projectile 8 à 10 grammes selon le calibre. 

Ge système réunissait, il est vrai, la sûreté du tir avec une tension plus grande 
de la trajectoire sur de courtes distances. Cependant Teffet produit parut trop faible 
pour pouvoir utiliser avantageusement cette arme comme arme de guerre. 

1849. Le capitaine français Minié construit un projectile pointu, muni d'une ex- 
cavation d'expansion et d'un culot de chasse (Treibspiegel). 



PROJECTILE MINIE. 

PI. !•, fig. 105. 

La cavité d'expansion, terminée en cône tronqué vers la pointe, est garnie d'un 
culot, en forme d'assiette, qui a pour objet d'empêcher la déchirure de la partie creuse 
du projectile, et de favoriser autant que possible l'expansion par un mouvement de 
chasse en avant, soit en pénétrant plus profondément dans la cavité. Le projectile est 
muni extérieurement de trois cannelures, en forme de scie, pour recevoir un enduit de 
graisse. La pointe en est légèrement tronquée, pour permettre l'emploi de baguettes à 
tète plate sans déformer le projetile. 

Diamètre du projectile 17"",2 pour un calibre de 17"",8. 

Les résultats favorables, qui se produisirent en France, dans les premiers essais 
qu'on fit de l'emploi de ce projectile avec de nouveaux fusils, construits d'après ce sys- 
tème (entre autres l'abandon de la tige de la carabine à tige de 1846), engagèrent l'au- 
torité militaire à poursuivre ces expériences sur une plus vaste échelle, en armant 
quatre régiments de ces armes perfectionnées, qu'on nomma < fusils de précision. > 

Ce système fut aussi plus tard appliqué au fusil d'infanterie en France et il fut 
même introduit dans quelques autres États. 

Cependant on observa que non-seulement il arrivait souvent que le culot ne 
remplissait pas du tout ses fonctions, mais encore qu'il devenait même nuisible en se 
tournant dans la cavité de la balle ; de la sorte, par suite de l'action irrégulière des 
gaz, il imprimait à ce dernier une fausse direction. De plus l'introduction anomale des 
gaz entre le culot et le fond de la cavité d'expansion produisant la rupture vio- 
lente de la pointe dans le canon même, le culot en fer dégradait l'âme, tandis que la 
portion cylindrique de la balle restait dans celle-ci, vigoureusement aplatie contre ses 
parois. 

Tous ces faits donnèrent lieu à de nouvelles recherches, afin de parvenir à une 
meilleure application de l'expansion pour les projectiles pointus. 

1851. Adams et Deane (Amérique) construisirent des revolvers à six coups et 
plus (chambres ou cylindres), où, comme dans le système Mariette, il suffisait de pres- 
ser sur la détente, pour obtenir la rotation du cylindre ou des chambres, et la percus- 
sion du chien, sans qu'il fût nécessaire d'armer exprès chaque fois. 

Après différents essais opérés avec les carabines de petit calibre, le Conseil fédé* 



DIX-NEUVIÈME SIÈCLE. Q^l 

rai suisse décréta, sous date du 13 mai de cette même année, Tarmement des carabi- 
niers arec la 



CARABINE FÉDÉRALE DE CAMPAGNE, modèle 1851. 

PI. 19, fig. 156. 

Canon en fer, soudé autour d'une broche, ou en acier foré. 

Longueur 840" ; calibre minimum 10",2, maximum 11"*",1; 8 rayures arron- 
dies, de même largeur que les champs ou pleins, qui étaient à angles vifs ; profondeur 
des rayures 0",225 ; pas de celles-ci, 1 tour sur 900" de longueur. 



VIS DE CULASSE A CROCHET. 

PI. IS, fig. 91. 



MIRE A CADRAN A FEUILLE DE HAUSSE MOBILE. 

PI. tl, fig. 165. 

Cette mire est encastrée dans une rainure transversale, creusée sur la surface 
supérieure du canon. La joue gauche du pied de mire est subdivisée de cent en cent pas 
jusqu'à une distance maximum de 1000 pas. 



PLATINE A CHAINETTE (actuelle). 

PI. 14, fig. 84. 

Elle se distingue de la platine à griffe parce que le grand ressort ne repose pas 
directement sur la griffe en saillie de la noix, mais parce qu'il est relié avec celle-ci par 
le moyen d'une chaînette. 



DOUBLE DÉTENTE (oRDiNAmE). 

PI. «1, fig. 166. 

Le mécanisme se compose de : 

A. Coffret de détente ; B. double-détente avec son aiguille ; C. frappeur avec 
vis; D. ressort de percussion avec vis; £. ressort d'arrêt avec vis ; F. vis d'arrêt de la 
détente. 



62 ABHE8 A FEU. 

Fonctions : 

En pressant sur la détente le grand ressort est relevé et armé, une saillie de la 
feuille de détente, pressée par le ressort d'arrêt, croche un cran du frappeur, de sorte 
qu'il suffit d'une légère pression sur le faible ressort d'arrêt, pour faire décrocher le 
cran, et le grand ressort en se détendant frappera sur le levier de gâchette et dégagera 
ainsi la gâchette du cran de la noix, en abattant le chien. 

Par le moyen du ressort d'arrêt, on donnera plus ou moins de prise à la feuille 
de détente sur le cran du frappeur, ce qui permettra de régler ainsi le poids de la dé- 
tente. 



BAYONNETTE POUR LA CARABINE FÉDÉRALE SUISSE, mod. 4851 

PI. Il, fig. 64. 

Elle se plante dans une douille en fer forgé, soudée sur un côté du canon. 



CARTOUCHE A BALLE CONIQUE POUR LA CARABINE SUISSE, mod. 1851, 

AVEC ENVELOPPE DU PROJECTILE. 

PI. IV, fig. 138. 

Charge de poudre 3'',8 à 4'',2 dans une douille en papier; baUe conique de 15'',5 
à 18 grammes entourée d'une enveloppe grasse. 

Ce projectile (balle forcée) est déjà, en chargeant, chassé avec effort dans les 
rayures du canon. 

Pour faciliter la charge, la bouche du canon est légèrement évasée. Par un pre- 
mier coup sec et vigoureux sur le projectile avec la baguette, dont la tête est évidée 
pour s'adapter à la pointe du projectUe, on arrive sans trop de difficulté à surmonter 
cette première résistance. 

Un arrêt, disposé convenablement à la baguette, empêche d'écraser la poudre. 

Toute cette manipulation de la charge gêne évidemment beaucoup la rapidité 
du tir, et présente en conséquence un grand inconvénient. Le carabinier devait être en 
outre muni des accessoires suivants : 

1 moule à balles, 1 cuiller à fondre le plomb, 1 tourne-vis avec clef de cheminée, 
1 tire-balle, 1 tire-bourre, 1 lavoir, 1 bouchon de carabine, 1 épinglette avec sa chat- 
nette, 2 cheminées et 1 guidon de rechange; ensuite 1 emporte-pièce pour la fabrica- 
tion des enveloppes du projectile. Ces enveloppes se découpaient par pièces rondes de 
3'" de diamètre dans un morceau de toile de coton, convenablement imbibé de graisse, 
dont V» de porc et Vs de mouton. 

Longueur de l'arme sans bayonnette = 1",250. 
id. id. avec id. = 1",750. 

Poids id, id. id. = 4''S750 à 5^'. 



DHC-NEUVIÈHE SIÈCLE. 63 

L^ordonnance spécifie que chaque carabinier doit être muni de 60 cartouches, 78 
capsules et 60 balles avec leurs enveloppes (Pletz) ; chaque officier et chaque chef de 
section devait être porteur d'un diastimètre. Quoique cette nouvelle carabine suiSise de 
campagne laissât beaucoup à désirer, surtout au point de vue de la simplicité dans le 
maniement, on doit cependant reconnaître que l'introduction de ce système a ouvert 
une période riche en progrès de toutes sortes. 

C'est par là que commença la réorganisation complète de l'armement de toutes 
les troupes suisses d'infanterie. Ce système des armes à feu portatives en général prit 
une direction nouvelle. En effet la carabine fut suivie de très-près du nouveau fusil de 
chasseur et bientôt après du fusil d'infanterie de petit calibre. C'est par le type de la 
carabine de 1851, que les carabiniers furent ramenés peu à peu à leur véritable objec- 
tif, dont ils s'étaient éloignés de plus en plus, à partir du commencement de ce siècle. 
Destinés à former une troupe légère et de véritables tirailleui-s, ils étaient tombés à l'é- 
tat d'infanterie pesante, < d'infanterie de position. > 

Mais sous un autre rapport encore et avant tout,» l'ordonnance de 1851 fut d'une 
immense portée pour la Suisse, et mérite par conséquent d'être mentionnée. C'est de 
cette époque que date l'affranchissement complet de ce pays des États étrangers r.u 
point de vue de l'armement de ses troupes : c'est de ce jour-là qu'il devient vraiment 
indépendant à cet égard. La Suisse est le premier Ëtat de l'Europe et même du monde 
entier (car les progrès antérieurs de l'Amérique ne s'étendaient pas au delà des armes 
privées et de luxe), qui ait su apprécier les avantages du petit calibre vis-à-vis du gros 
calibre jusqu'alors partout en usage, et en tirer profit. Auparavant, on se contentait de 
copier les systèmes des autres nations, et on restait généralement en arrière de celles- 
ci. Le peu d'unité de vues et d'action entre les cantons sur ces questions-là avait été, 
d'ailleurs, pour beaucoup dans cet esprit retardataire. 

La nouvelle constitution fédérale de 1848, en donnant l'union, créa la force. Elle 
permit de marcher franchement et décidément dans la voie du progrès, et les innova- 
tions utiles et avantageuses se firent jour surtout au point de vue de la défense natio- 
nale et des affaires de la guerre parmi les Confédérés. 

La Suisse est particulièrement redevable au colonel Wurstemberger à Berne, in- 
tendant du matériel fédéral des guerres, de l'adoption du petit calibre, car il travailla 
de toutes ses forces en sa faveur. 

Pendant ce temps où adoptait en Belgique le projectile proposé par le colonel belge 
Tinmierhans pour le fusil Minié. 



PROJECTILE POINTU TIMMERHANS. 

PI. 16, fig. 106. 

H est muni d'une cavité en forme de cloche, renforcée par ime paroi intérieure, 
ou tenon pareil à une quille, qui remplace avantageusement le culot et empêche les dé- 
chirures de la balle. 

1852. Charrin (Belgique) avait pris déjà en 1846 un brevet d'invention pour 
son 



64 ABMS8 A VKU. 



PROJECTILE POINTU POUR COMPRESSION ET EXPANSION (CHARRIN). 

PI. i«, fig. 107. 

H a pour but d'abord de maintenir une expansion régulière de la cavité, ensuite 
d'augmenter cette expansion, la balle se comprimant par le fait de rainures angulaires 
extérieures. La justesse de la loi de compression, existant dans ce fait, fut bien démon- 
trée par la suite. 

En 1852 Charrin fit patenter une nouvelle forme de projectile. 



PROJECTILE A CAVITÉ EN FORME D'ENTONNOIR (CHARRIN). 

PI. i«, fig. 108. 

Cette forme d'excavation avait pour but d'utiliser l'action entière des gaz sur 
l'expansion des parois du projectile, sans risquer néanmoins de déchirer ces dernières. 

De son côté, Pritchett, fabricant d'armes à Poultry, présenta à la commission 
anglaise d'examen des armes de guerre, réunie pour ses expériences à Enfield, un pro- 
jectile conique, ne possédant ni culot, ni tenon ou paroi mitoyenne. Les résidtats de tir 
favorables obtenus avec ce projectile le firent adopter pour le fusil d'Enfield, qui, après 
de nombreux essais, eut la préférence sous le nom de fusil Enfield-Pritchett, modèle 
1853, et remplaça dès lors le fusil Minié anglais. 

Calibre H'^fi; 3 rayures à base concentrique; le pas de rayure de gauche à droite; 
' Va tour pour la longueur totale du canon d'environ 990^; inflammation à percussion. 



MIRE ANGLAISE A GRADINS ET ÉCHELONS. 

PI. ti, fig. 167. 

Elle est graduée jusqu'à 750 yards (1 yard = 6-,914). 

Pour les distances de 1 à 4, la feuille de hausse A s'élève graduellement par le 
moyen de la glissière B. 

Pour de plus grandes distances la feuille de hausse est relevée et la glissière sert 
également de cran de mire. 



PROJECTILE CONIQUE DE PRITCHETT. 

PI. i«, fig. 109. 

Wilkinson avait aussi présenté un nouveau modèle de projectile à la commission 
d'examen d'Angleterre. 



DIX-KEUVIÈME SIÈCLE. t)5 



PROJECTILE CONIQUE A COMPRESwSION DE WILKINSON. 

PI. i«, fig. 110. 

Ce projectile est calculé sur le principe de l'expansion de son diamètre par le seul 
effet de la compression. 

Dans ce but la partie cylindrique de la balle est munie de deux profondes rainu- 
res angulaires, dont la fac« plate oblique la plus longue est dirigée en avant vers Taxe 
du projectile. Par l'action des gaz sur la base de ce dernier, celui-ci tend à se rétrécir 
dans le sens de la longueur , tandis que le diamètre s'élargit par l'effet de la com- 
pression. 

Le lieutenant d'artillerie autrichienne Lorenz employa avec avantage des projec- 
tiles, construits sur le même principe, pour la carabine à tige autrichienne. Dans les es- 
sais qui furent faits avec ce projectile, celui-ci traversa, à 1000 pas, C} planches de sa- 
pin d'un pouce d'épaisseur, et à 2000 pas 3 planches semblables. 

Dans le grand-duché de Bade et en Wurtemberg on expérimenta la 

FUSÉE FOSS POUR FUSILS. 

PI. 1», lig. 146. 

En 1834 déjà le commissaire des guerres danois Foss avait entrepris à Berlin des 
essais avec sa fusée. Mais ils n'eurent pas de résultats assez favorables. Plus tard ils 
répondirent mieux à ce qu'on pouvait en espérer. Cette fusée se compose d'une douille 
cylindrique en cuivre d'une longueur égale à trois fois son calibre environ, et remplie 
de matière inflammable. En avant elle est terminée et fermée par un projectile de plomb 
en cône tronqué. Dans le milieu du fond se trouve une ouverture, pratiquée pour pro- 
duire l'inflammation de la charge. 

On tira cette fusée avec des fusils Wild. A une distance de 400 pas sur une cible 
de 1",80 de haut et 2",40 de large on obtint 76 % de coups touchés, dont 95 7^ avec 
inflammation du but. A cette distance le projectile traversa des planches en bois de pin 
de deux pouces d'épaisseur. 

1853. Lefaucheux construit un revolver à cartouche unique qui surpasse tous les 
systèmes précédents. 

REVOLVER LEFAUCHEUX. 

PI. tS, fig. 179. 

A l'avantage de l'unité de cartouche, l'inventeur voulut encore joindre la comme- 
dite incontestable d'armer le chien et de faire tourner le cylindre soit par un mouvement 
spécial directement imprimé au chien lui-même, soit par la seule pression de la détente, 

9 



66 ABIfES A FBU. 



UNITE DE CARTOUCHE DU REVOLVER LEFAUCHEUX. 

PI. 1». fig. U7. 

Elle est construite sur les mêmes bases que celle du fusil de chasse du même in- 
venteur; cependant la douille est faite en tôle métallique étampée. 

1854. Le 14 février de cette année la < Volcanik repeatingarmsCo. à Newhaven 
Conn. > fit patenter le 

PISTOLET AMÉRICAIN A RÉPÉTITION. 

Vu (je gauche pi. tt, fig. 174. 

> de dessus * • 175. 

» de dessous • • 176. 

Coupe, désarmé » » 177. 

Vu de côté, armé, et couvercle de batterie enlevé. > » 178. 

4 

Cette construction constitue réellement un système complètement nouveau, en ce 
que, contrairement à ce qui s'était pratiqué jusqu'alors, la répétition, au lieu de se faire 
par un mouvement de rotation, se produit ici par un mouvement vertical. 

Le canon A est formé de deux tubes tenus ensemble et superposés. Le tube supérieur, 
destiné au tir, est le canon proprement dit. D a un calibre de 10** et 6 rayures en 
spirale. Le tube inférieur sert de magasin à munition. Il a un calibre de 11** et con- 
tient 8 charges dans le modèle décrit ici, de sorte que, avec la cartouche placée dans le 
transporteur et celle introduite dans le canon, Tarme elle-même dispose de 10 charges. 
Le canon, de forme octogone, est séparé en deux parties vers son extrémité et sert de 
tige-pivot à la pièce B, formant bouche, dont la forme' extérieure est semblable à celle 
du canon et du magasin. 

Pour remplir celui-ci, on commence par presser, au moyen du bouton du cylindre 
compresseur C, le ressort à boudin dans l'intérieur de la pièce de bouche, qui peut être 
tournée de côté autour du canon conune axe, et découvrir l'ouverture du magasin, dans 
lequel on introduit alors les projectiles, la pointe en haut. Lorsque le magasin est rem- 
pli, on le referme en ramenant sur l'ouverture la pièce de bouche, formant couvercle, et 
le ressort à boudin, par l'intermédiaire du cylindre-compresseur, serre sur les projecti- 
les, pour les faire descendre successivement dans le transporteur. 

La boîte D est vissée au canon; elle contient le mécanisme d'obturation et de 
percussion, ainsi que le transporteur. 

Fonctions. 

En poussant le pontet coudé E vers la partie antérieure de l'arml, le double le- 
vier F, qui est fixé en arrière à la botte, en avant au cylindre-obturateur, et au milieu 
au pontet, ramènera en arrière le cylindre-obturateur G. Aussitôt que le cran du pon- 
tet a atteint le levier H, celui-ci, en pressant sur le ressort M, chasse le transporteur!. 



DIX-NEUV1£M£ 8IÊCLE. 67 

de telle sorte qu'il présente le projectile (charge) qu'il contient, à Touverture de Tâme 
du canon. En même temps, par le mouvement en arrière du cylindre-obturateur, le 
chien K s'arme. 

Pour refermer le pontet, on observera deux mouvements, soit deux moments. Au 
premier moment, le levier articulé F ne se tendra pas plus loin que le point nécessaire 
pour introduire dans le canon le projectile chargé, pendant que le levier H sera main- 
tenu fixe par un ressort L. 

Au second moment, en fermant complètement le pontet, la tête du ressort M, 
en s'abaissant, ramènera vivement à sa place primitive le transporteur, lequel recevra 
un nouveau projectile, que lui enverra le jeu du ressort du magasin. Ainsi Tarme sera 
prête pour le tir. Le cylindre G, dont la tête pénètre dans Tâme du canon et la ferme 
hermétiquement, forme Tobturation. Celle-ci est rendue encore plus sûre par la ferme- 
ture et la tension du levier coudé articulé. L'axe antérieur de celui-ci, pour plus de sû- 
reté, est allongé et susceptible d'un certain jeu vers l'avant ; c'est une prudente pré- 
caution, qui a été prise contre la possibilité d'une torsion ou d'une courbure des axes 
de leviers. 

La charge — composée de poudre renforcée (muriatique) — est renfermée dans 
la cavité de la base du projectile, et maintenue au moyen d'une petite plaque en laiton 
au centre intérieur de laquelle est fixée la matière inflammable ou l'amorce. La plaque 
de laiton est percée dans le milieu, et l'ouverture est bouchée par une mince fouille de 
liège. 



PROJECTILE CHARGÉ DU PISTOLET AMÉRICAIN A RÉPÉTITION. 

PI. IT, Ag. 148. 

Par le choc du chien sur la queue du cylindre-obturateur, la feuille de liège est 
percée par deux saillies, dont la tête du chien est munie (une pointe et un petit crochet). 
La pointe produit l'inflammation de l'amorce, tandis que le crochet, en retirant l'obtu- 
rateur en arrière, ramène la petite plaque de laiton, qui s'est détachée du projectile, et 
la dépose sur la surface supérieure du transporteur, qui, en se relevant vivement par 
le même mouvement du pontet, la rejette au dehors. 

La platine est très-simple. Elle se compose du chien K, muni d'un cran et relié 
au grand ressort par la chaînette N. 

La détente P est pressée dans le cran du chien par le ressort de détente Q. Le 
mécanisme de cette arme, très-facile à démonter, est enfermé de chaque côté par les 
deux couvercles à glissière R, qui sont fixés par la vis du pontet. 

La partie inférieure de la botte est couverte par deux pièces en bois S, encas- 
trées dans la j^artie antérieure et maintenues par des vis et des goupilles, qui complè- 
tent ainsi la cresse du pistolet. 

Après avoir fait feu, l'arme est de nouveau apprêtée pour le tir par le simple 
mouvement d'ouvrir et de fermer le pontet, aussi longtemps que le magasin contient de 
la munition. 



t^8 ARMES A FEU. 

Comme pistolet, cette arme est moins utile que les revolvers à cylindre tournant, 
vu que son maniement nécessite l'emploi des deux mains. 

Mais elle a été le précurseur des fusils à répétition, dont le système s'est prati- 
quement perfectionné par l'emploi de l'unité de cartouche à douille métallique. Le mé- 
canisme de répétition, l'utilisation du pontet ou sous-garde, comme levier servant à ar- 
mer le chien et à produire la répétition, de même que la simplicité de l'appareil de dé- 
tente, trouvèrent de nombreuses appUcations. 



Dans la même année, le fusil, introduit dans la garde impériale française, reçoit 

le 

PROJECTILE CONIQUE DE MINIÉ SANS TAMPON, BALLE É VIDÉE, 

MODÈLE 1854, 
lM.l«,Ug.ll!2. 



qui fut ensuite remplacé par le 



PROJECTILE A EXPANSION DE NESSLER. 

1>1. 1«, tig. 113. 



1856. Le fusil de chasseur est introduit en Suisse, d'après les principes adoptés 
pour la carabine fédérale, mod. 1851, après avoir subi quelques perfectionnements de- 
puis l'année 1853. 

FUSIL DE CHASSEURS SUISSES, modèle 185G. 

.PI. tS, fig. 180. 

Chargement par la bouche. 

Longueur de l'arme sans bayonnette 132*""; le canon (bronzé) est long de 93"', y 
compris la vis de culasse ; mire à cadran ; longueur de la hgne de mire 804"" ; hauteur 
du guidon au-dessus de l'axe du canon 15"",7 ; hauteurs de la hausse au-dessus du même 
axe : 

A pas: 300 400 500 600 700 800 000 1000 

millimètres : 22., 25., 28.| 31., 34.^ 37., 41.^ 46., 

Calibre normal 10"'",5; 4 rayures à base concentrique et de même largeur que les 
pleins ; profondeur 8"",225; pas de rayure, 1 tour sur 810""; platine à chatnette avec 
un cran; bayonnette triangulaire avec douille et virole; trois anneaux,pour fixer le ca- 
non sur la monture, comme les autres garnitures, en fer forgé. 



DIX-KEUVIEiœ SIECLE. 69 

PROJECTILE DU FUSIL DE CHASSEURS SUISSES. 

PI. !•, fig. 115. 

Ce projectile est une balle forcée pleine du poids de 16 grammes, 24"" de long, 
10*",2 de dian^ètre avec deux profondes rainures extérieures; charge de poudre 4"; 
poudi*e et projectile enveloppés dans une douille en papier. Le papier, qui entoure la 
balle, est enduit d'un mélange d'une partie de cii'e et de quatre parties de graisse de 
mouton. 

Force de percussion à 800 pas : le projectile traverse cinq planches en sapin d'un 
pouce d'épaisseur. 

Charrin construit un nouveau projectile à expansion. 
PROJECTILE A EXPANSION DE CHARRIN (balle allégée saiNs cannelure). 

PI. 1«, fig. 116. 

Ce projectile produisit de bons résultats avec un fusil du calibre de 17"",5. 

Son poids est de 32" ; longueur 27"" et calibre 17-". 

Dans son ouvrage < les carabines de guerre, 1860, > Charrin s'exprime d'une fa- 
çon quelque peu méprisante sur les progrès obtenus en Suisse dans cette matière ; l'au- 
teur de ces lignes se permettra, à une occasion favorable, de lui répondre quelques 
mots à cet égard. 

1857. On introduit en Russie une nouvelle arme, connue sous le nom de fusil de 
tirailleurs russes, ou aussi sous celui de fusil Wintow (voir page 71). 

Avant 1850, on avait fait des essais avec le chargement par la culasse et le fusil 
prussien à aiguille. Ces essais ne produisirent pas les effets qu'on en attendait. D'un 
autre c6té, les Russes^ dans la guerre de Crimée de 1854 à 1856, ayant beaucoup souf- 
i fert du feu des Français, qui tiraient lentement, il est vrai, mais avec des armes rayées, 
attachèrent ultérieurement moins de valeur à la rapidité du tir, et cherchèrent plutôt à 
atteindre la précision à grandes distances. Leurs armes à feu portatives se divisaient en 
fusils d'infanterie et fusils de tirailleurs. 

Le fusil d'infanterie à percussion, modèle 1845, était analogue au fusil français, 
et avait un calibre normal de 18"". 

En 1854, on fit rayer pour essais 20,000 fusils lisses d'infanterie. Les raym-es, en 
forme de scie ou rayures à relief, ont un tour de développement sur une longueur de 
1",5 dans une direction de gauche à droite, avec une profondeur de 0,25"" à l'arête di- 
rectrice, et une largeur égale aux Vs du plein. La transformation ne fiit pas poursuivie. 
En revanche, vers la fin de 1854 déjà, on arrêta la fabrication des fusils à canons lisses, 
et on fixa définitivement le modèle d'un nouveau fusil rayé pour l'infanterie. Celui-ci ne 
différait pas sensiblement, à l'extérieur, du modèle adopté en 1845. La tolérance du ca- 
libre était un peu plus restreinte, et le profil des rayures modifié dans ce sens que la 



70 AUCES A FET. 

profondeur des rayures ne finissait pas par disparaître comidétenient, mais qu'une 
arête de rayure persistait à rester «^iposée à une arftle directrice. 

A la fin de 1855 on abandonna oe modèle, et on adopta le profil à ang)e droit à 
base concentrique, une profondeur de rayure de 0^,25, une largeur égale an Vs du 
plein, et en 1857 on employa avec cette arme le projectile Minié, à cavité arrondie et à 
culot. Pmds du projectfle, culot compris, 45 grammes ; charge de poudre 5^,4. 

A 1000 pas on obtint encore 41,6 */• de coups touchés avec un rayon de 50 pou- 
ces anglais (de la meilleure moitié des coups touchés), comptés du point moyen, déter- 
miné graphiquement L'angle de visée pour 1000 pas était de 3*, 25', 23*. 

Les projectiles de plomb, fabriqués à la presse, présentaient des avantages sen- 
sibles sur les projectiles fondus; une densité absolue, une forme pure et exacte, un poids 
égal et une élasticité uniforme, une surface lisse et unie. 

Pour les fusOs lisses on employa le projectile de Nessto-. C'est une balle denii- 
sphérique, se terminant par un court cylindre, dans la base duquel est réservée une 
cavité annulaire avec un léger bourrelet au c»tre. Diamètre 17*",4; hauteur 16"*,5 ; 
poids 30^; diarge T^jô. 



PROJECTILE NESSLER POUR FUSILS LISSES. 

PI. §•, fig. 113*. 



Les fusils à canons lisses sont aussi munis d'une mire simple, dont la feuflle, 
recourbée à an^ droit, forme deux bras d'inégale longueur et permet, par son mouve- 
ment de charnière, de viser jusqu'à 600 pas. Le petit bras de la feuiUe, servant de pied, 
s'emploie pour une distance de 300 pas. 

A la fin de 1836 les Russes possédaient déjà plus de 100,000 fusils de tirailleurs 
et carabines rayés du calibre 17"*,8 à 18*",3 ; leur nombre jusqu'en 1857 s'âeva à avi- 
ron 250,000. — A ce système d'armes s'appliquait un projectile conique très-pmntu, 
ayant deux petits tenons-directeurs, dans le genre des projectiles pour canons rayés. . 



PROJECTILE CONIQUE RUSSE AVEC TENOxNS-DIRECTEURS. 

PI. i«, fig. 103. 



Les tirailleurs étaient recrutés parmi les meilleurs «hasseurs. Les corps d'offi- 
ciers de toutes les troupes armées de fusils rayés étaient tenus d'assister à des exercices 
routiers de tir à la cible. Les officiers de la garde avaient tous les mois un tir avec prix, 
le plus souvent en présence de l'empereur, et les princes du sang y prenaient fréqu^n- 
ment part. 

Les prix consistaient en armes d'honneur (armes d'ordonnance exclusivement) 
sur lesqueUes étaient gravé l'emblème impérial. 



DIX-NSUVIÈMB SIECLE. 71 

Le modèle, adopté cette même année (1857) pour les bataillons de tirailleurs, est 



le fusil dit : 



FUSIL RUSSE DE TIRAILLEURS (ou aussi fusil wintow). 

PI. tS, fig, 181. 

• 

D a un calibre de 15"^,24; 4 rayures à base concentrique d'une proiondeur de 
0*"',25 avec une largeur égale à celle des pleins; pas, 1 tour sur l"',ô; projectile Minié 
à culot, diamètre 14"^,8, poids 35«',6 ; charge de poudre 4'',9 ; . chaque dizaine de 
cartouches enveloppée dans un papier ciré. Canon bronzé; le guidon sert de tenon 
de bayonnette; platine i^ percussion, tournée à ^envers ou i^en versée d'après le knodèle 
français : 

PLATINE A PERCUSSION RENVERSÉE. 

PI. i4, fig. 85. 

La monture est en partie faite en bois de bouleau; bayonnette triangulaire avec 
douille et virole ; garnitures du canon en fer bleui; la mire à cadran, semblable au mo- 
dèle suisse de 1851, avec vis d'arrêt et divisions sur la joue gauche du pied de mire, 
pour des distances de 200 k 1200 pas. 

Effet utile : rayon de la circonférence de la meilleure moitié des coups touchés à 
1000 pas = 51 pouces anglais avec un angle de visée de 2*, 59', 47' seulement. Après 
100 coups tirés, encrassement insignifiant avec une diminution peu importante dans 
l'effet utile. 

On se proposa d'armer l'infanterie entière de ce fusil, qui servit plus tard de 
base à la transformation pour les armes se chargeant par la culasse, d'après différents 
systèmes. 

W. von Plœnnies, capitaine dans les troupes du grand-duché de Hesse, qui s'est 
acquis une grande réputation par ses études spéciales sur la ballistique des armes à feu 
portatives et qui, par ses travaux et ses écrits, a bien mérité l'estime de tous ceux qui 
s'occupent de science militaire, construit eatre autres des projectiles à expansion avec 
cavité en forme d'étoile. L^un de ses systèmes a été appliqué au nouveau fusil d'infan- 
terie, adopté par la Hesse en 1858. 

' i85S. Calibre 18"",9 (nouveau calibre conventionné de l'Allemagne du Sud) ; 5 
rayures, dont la largeur est égale à celle des pleins, à angles vifs avec une base con- 
centrique et une profondeur constante de 0"",98, pas, 1 tour sur 1431*''; platine à 
griffe, droite ; longueur de l'arme sans la bayonnette 1406"" ; poids 4^" 470*'. 

Le nombre de cinq rayures fut admis seulement afin de faire concorder à cet 
égard le fusil hessois avec les armes badoises et wurtembergeoises, quoiqu'il ne présen- 
tât aucun avantage sur le nombre pair de quatre rayures. La douille renfermant la car- 
touche est graissée. 



72 AMMEM A FEU. 



PROJECTILE HESSOIS A EXPANSION DE PLOEXNIES. 

PI. i«, fig. 114. 



O projec:tile, d*an diamètre de 13™,5, a fourni des r^ultats notaUemeiit sapé- 
lieurK au projectile autrichien i compre^on de Lorenz et à d'antres encore avec et 
%am culot, avec lesquels on Tavait mis en parallèle, et il présentait la plus grande tolé- 
rance rie calibre (jusqu'à 14»»,25), «oit 0~,35. 

Kn ce qui conœme la matière du projectile, une adjonction de 3,5 % d'anti- 
moine pur sur %.5 V« de plomb fin, lui procurait une plus grande force de résistance 
contre la diminution de diamètre produite par les vibrations du canon vers la bouche. 
Néanmoins le plomb fin ou tendre continua d'être la matière réglementaire pour la 
fabricittion des balles. Les carabines hessoises de tirailleurs se distinguent du liisil uni- 
quement par le raccourcissement du canon (1 sur 1218""), qui est plus dense et plus 
compact. FAle» sont munies d'une double détente. 

Le ministère de la guerre du royaume des Pays-Bas ordonna un examen compa- 
ratif des nouveaux modèles de fusils, qui fut exécuté par Técole normale de tir à Gra- 
venhage, et terminé en 1859. 

Ces essais mirent principalement en présence : 

Calibre. Nombre Pas. 

mm. de raynree. 1 tour sor M. Projectile. 

le fusil hollandais de tirailleurs. . . 16,7 4 2 Petrowitsch. 

< < bavarois d'infant., mod. 1858. 13,9 4 1,5 Podewils. 

< < autrichien d'infanterie . . . 18,9 4 2,33 Lorenz. 

< < anglais Enfield 14,7 8 2 Pritchett. 

< < suisse de chasseurs, mod. 1856 10,4 4 . 0,81 Suisse. 

la carabine Whitworth 11,5 0,5 Whitworth cylindrique 

et à 6 pans obliques. 

I^a commission reconnut à l'unanimité le fusil de chasseur suisse comme la meil- 
leure arme de guerre. Munition légère et facile à construire, peu sujette à la déforma- 
tion, 'grande précision alliée à une trajectoire surbaissée et à une bonne force de péné- 
tration du projectile, simplicité de la construction et du maniement, admissibilité d'une 
notable tolérance de calibre de 0""',4, facilité de la charge, faible encrassement du ôa- 
non ; telles sont les qualités principales, qui furent relevées pour cette arme. 

Le fusil d'infanterie bavarois fut mis au second rang, quant à la trajectoire du 
projectile et au troisième au point de vue de la précision du tir. 

Le fusil anglais Enfield vint après, et seulement ensuite le fusil hollandais. Le 
fusil d'infanterie autrichien donna des résultats moindres encore. H faut l'attribuer à la 
faible révolution des rayures et à la compression insufiisante du projectile. ^ 

La carabine Whitivotih ne put être considérée comme une arme militaire prati- 
que, eu égard déjà à sa longueur insuffisante et à sa construction compliquée. Pour la 
précision, elle suivit de près le fusil de chasseur suisse ; mais quant à la force de per- 



/ - V i 

' ï u 



DIX-ITEUVIÈME SIÈCLE. 73 

ciission elle surpassa toutes les autres avec sa balle à six pans. En revanche sa trajec- 
toire offrait- une courbure beaucoup plus prononcée que le fusil de chasseurs suisse. 

Le calibre de cette carabine forme un hexajîone, dont les angles sont arrondis 
sur une largeur de 1"",3, et dont les faces sont convexes vers l'axe; c'est pourquoi on 
lui donne le nom de < foragei)olygonal ; > le plus grand diamètre de Tâme a 12"",5. 



PROJECTILES WHITWORTH. 

a. Â six pans. PI. 16, fig. 117. 
h. Cylindrique. PI. t«, fig. 118. 

La grande longueur du projectile (3,1 fois le calibre), avec un poids de plomb 
d'environ 35 grammes (diamètre 11"",2) ne se trouve pas dans des conditions favora- 
bles pour la charge de poudre. D'un autre côté il se prt)duit un encrassement rapide 
du canon, malgré le petit tampon de graisse, que l'on place entre le projectile et la 
charge; cette graisse elle-même a l'inconvénient grave d'engorger facilement le canal 
de lumière, et d'empêcher par là l'inflammation de la poudre. 

La construction des rayures de la carabine Whitworth, dont l'emploi est tout 
nouveau pour les fusils, conduit naturellement à la comparaison des divers systèmes em- 
ployés jusqu'ici. 



RA\TJRES PROFONDES ET ARRONDIES DES ANCIENNES CARARINES. 

PI. t«, fig. 136. 

Elles permettaient la fuite des gaz, et elles ne servaient guère du reste qu'à 
rendre possible un tir plus continu, de même que les rayures à angles vifs de date plus 
ancienne. 



RAYURES LARGES ET PLATES (au nombre de quatre). 

PI. t«, Pig. 137. 

Leui's angles profonds ne sont pas remplis par le projectile, ni faciles à net- 
toyer. 



RAYURES OVALES DU MAJOR BERNER (et lautmann, 1729). 

PL t«, ng. 138. 

Elles ne conservent pas suffisamment une direction convenable au projectile. 

» 10 



ABMKB A FET. 



RAYLRES A ANGLES VIFS, A BASE COXCEXTRIQUE. 

PI. ••, fig. Iâ9. 

Elles sont au nombre de 4, d'égale largeur avec les pleins et d'une profondeur 
normale de 0— ,2 à 0»-,3. 



RAYURE WTIITWORTH, FORAGE POLYGONAL A SIX PAXS 

PI. •«. fig. 130. 



RAYURES A SCIE OU EX RELIEF 

PI. i«, fig. 131. 
Voir Ru Vite. ifCn^ H Sui^ise, iSdfV. 



Le nouveau fusil bavarois pour l'infanterie, modèle 185'^, du calibre 13— ,9 de 
l'Allemagne du Sud, est muni d'une 



MS DE CULASSE DU SYSTÈME PODEWILS, 

PI. iS, Ag. 98. 

au moyen de laquelle le canal de lumière débouche au centre de la chambre à poudre. 
Ce système a pour but de produire une action plus égale et plus régulière des gaz sur 
la base du projectile. Cette arme, chaînée avec un projectile de forme avantageuse, a 
fourni de bons résultats. (En 1867 elle a été transformée d'après le système Undner). 

Quoique l'Autriche, la Banère, le Wurtemberg, les grands-duchés de Bade et de 
Hesse eussent adopté Tunité de calibre pour l'Allemagne du Sud de 13",9, il ne se pro- 
duisit pas moins beaucoup de divergences dans les conditions d'exécution et dans la 
munition, ainsi que cela ressort du tableau suivant : 



Preseriptions. 

Calibre normal du canon 
Diamètre du projectile . 



AatricLe. 

mm. 

> • • • â»J,î^J 

> . • • 10,'J»! 

Poids du projectile 27,50 

Charge de poudre 4,37 



BiàYiére. 


Wiiriember?. 
et Cmile. 


Hesse. 


mm. 

13,86 
13,60 


mm. 

13,90 
13,50 


mm. 

13,90 
13,50 


29,15 
4,37 


27,30 
4,50 


28,0 
4,0 



DIX-NEUVIEME SIECLE. 75 

i8S8-50. La commission irexamen du royaume de Bavière pour les armes à feu 
portatives détermine les élévations et les plus grandes portées des fusils, et elle obtient 
les i^ultats suivants : 

A = élévation en degrés; B ^ portée en pas de 73 centimètres. 

1. Fusil lisse: 

A. 12 14 16 18 20 21 22 25 26 27,5 28 

B. 1 196-1200-1150-1285-1200-1300-1 15()-1100-130(>-1200-1150 

2. Carabine à tige, modèle 1848 : 

A. 5 6 8 9 10 13 15 17 19 20,5 22,5 24 26,5 31 



B. 1222-1300-1400-1600-1600-1550-1913-2187-2220-2120-2120-1966-1990-1850 

3. Carabine à tige, modèle 1854 : 

A. 4 5 6 8 9 10,5 13 14,5 16 17 18 19 20 23 26 

B. 1050-1100-1100-1430-1650-1700-1900-1700-1900-1940-1970-1960-2070-2033-2060 

A. 26,5 29 31 '33 

B. 2103-2220-2270-2290 

4. Fusil Podewils, modèle 1858 : 

A. 5,5 7 8 10 11 12,5 14,5 15 17 20 22 23 24 

B. 1570-1770-1850-1970-2070-2200-2500-2630-2700-2800-2900-2940-2960 

A. 25 26 27 28 29 30 31 32 35 40 43 



B. 3010-3040-2990-3000-3010-3010-3050-3070-3070-3080-3040 
tévialioi di prtjfclile à droite (direclioi 
drtrijires)--pM 61 77 78 95 100 98 97 95 112 108 110 

Sur 47 coups 36 -= 75 7o tombèrent dans un rectangle de 100 pas de profondeur 
et 80 pas de largeur. D'après ces données la balle atteindra un but à une distance con- 
stante d'environ 3000 pas sous des angles de visée variant de 25" à 40*» (avec le fusil 
Podewils et d'autres armes à feu portatives rayées d'un système analogue). 

W. von Plœnnies dit à cet égard dans ses < Nouvelles études, » vol. II, p. 237 : 

< On ne peut pas déduire entièrement l'explication de ces observations des lois 
de la ballistique sur la diminution de la portée au-dessous et au-dessus de l'élévation 
nécessaire pour atteindre la portée maximum. H semblerait qu'une position de l'arme 
dans un angle toujours plus obtus avec le but devrait avoir pour eflfet de compenser, 
dans une certaine limite et d'une manière spéciale, l'augmentation et les nombreux 
changements de direction de la résistance de l'air avec les variations dans l'élévation. 

Si le phénomène observé devait se confirmer par des expériences plus étendues, 
on ne serait pas éloigné de lui trouver une application d'utilité pratique. On rencontrera 
maintes circonstances, dans lesquelles il pourrait devenir très-important de parvenir à 
concentrer très-rapidement une quantité énonne de petits projectiles, par le moyen des 
feux de masses de l'infanterie, sur un objet de grandes dimensions, se trouvant placé à 
la portée maximum des armés à feu portatives. Cett« pensée, que nous caractériserons 
en l'appliquant de préférence à des points fortifiés, camps, parcs, etc., perdra bientôt 
son apparence quelque peu chimérique, si l'on prend en considération qu'une libre mise 
en joue sous des angles de 25'' à 40'' peut être exécutée sans grandes difficultés par de 



70 ARMES A FEU. 

grosses masses d'infanterie et qu'on i)eut la contrôler sans peine. Les angles passable- 
ment aigus de la plongée des projectiles permettront d'atteindre avec une notable par- 
tie des projectiles un but caché derrière une couverture sur un espace de 100 à 200 pas 
environ de largeur et de profondeur. Lors même aussi qu'on ne parviendrait à faire 
tomber que le 10 7o des projectiles sur la surface en question, on pourrait encore dans 
certains cas obtenir des effets surprenants, car on ne manquera jamais de la force de 
percussion nécessaire, au moins avec les meilleures armes des nouveaux modèles. 

1859. Ensuite d'un décret du Conseil fédéral du 26 janvier de cette année, on 
procède en Suisse au ray âge de bons fusils lisses à percussion de grand calibre (tolérance 
17"",7 jusqu'à 18"",.'3), d'après le système proposé par Prélaz et Bumand. 

4 rayures, les pleins enlevés par une fraise conique; profondeur des rayures 
0"",25; largeur 6"",9; pas, 1 tour sur 160 centimètres. 

PROJECTILE A EXPANSION DE PRÈLAZ-BUKNAND. 

PI. t«, fig. iio. 

Longueur de la ligne de mire 858*". Mire en forme de lyre avec graduation jus- 
qu'à 800 pas. 

MIRE EN FORME DE LYRE DE PRÉLAZ-BURNAND. 

PI. M, fig. 242. 

• 

Ce fusil transformé fournit jusqu'à 500 pas des résultats satisfaisants. 

On nota en cette occasion les prix de la fabrique de Liège, ou l'on payait 
1 fusil militaire d'ordonnance, calibre 17"'"',5, lisse, fr. 28 

1 fusil double Lefaucheux (de chasse) < 80 

1 revolver * i < 46 

1 < Coït < 48 

1 < Adams-Deane c 54 



Dans la fabrique royale d'armes d'Enfield en Angletene, qui construisait comme 
production normale 100,000 fusils par année, l'arme se faisait exclusivement au moyen 
de machines. On produisait ensemble, dans une série de 774 opérations différentes, 61 
parties de l'arme, soit : 3 canons, 4 bayonnettes, 18 ganiitures, 12 platines, 8 mires, 15 
vis, 1 monture. La monture seule se fabriquait en 22 minutes par 12 machines, depuis 
le bois brut jusqu'à la couche d'huile, dont on l'enduit. 

i860. L'Italie adopte un fusil d'infanterie, qui ne diffère guère du modèle précédent 
de 1840. Au lieu de la vis de culasse à chambre du système Delvigne, il est muni d'une 
vis de culasse (Patentschraube) ou masselotte et d'une mire à feuille pour des distances 
de 200 à 600 pas. Calibre 17"",5 jusqu'à 18"",2; 4 rayures de gauche à droite; pas, 1 tour 
sur 2 mètres; diamètre du projectile, à expansion et à culot, 17*" à 17"»,3; poids 33»'; 



DIX-HTEUVIÈME SIÈCLE. 77 

charge de poudre 4^,0 . Les prescrii)tions pour la visée des fusils d'infanterie italiens, 
modèle 1860, dont la méthode est encore employée pour une partie des fusils du modèle 
de 1840, étaient si compliquées, qu'elles entraînaient facilement des erreurs notables. 

Cependant elles n'étaient pas encore aussi embrouillées que celles appliquées au mo- 
dèle de 1840, avec un pied de mire fixe sans hausse mobile. On y lisait par exemple : 
A 100 mètres, viser à 40*" au-dessous du but ou aux genoux de Tennemi; 
< 150 < < 20*" < < au ventre < 

De 180 à 225 m., viser au but ; 



225 à 300 
300 à 375 
375 à 450 
450 à 525 
525 à 600 



au-dessus de Tongle du pouce placé sur Tanneau du bas ; 

< de l'articulation recourbée du même pouce; 

< de l'ongle du pouce redressé ; 

< c < placé un peu plus haut; 
c < c < encore plus haut. 

L'incertitude seule d'une semblable méthode laisse suffisamment prévoir que 
le soldat se montrera assez indifférent quant à l'effet utile de son arme. 

La nouvelle mire présentait encore de nombreuses causes d'errem-, surtout par 
le fait des divers trous, par lesquels on devait viser, et en 1860 on continuait à prescrire 
de prendre en considération la visée aux pieds, à la poitrine et à la tête de l'adversaire 
pour les distances indiquées de 2, 3, 4, 5 et 600 mètres. 

ff 

La Suède adopte également un nouveau modèle de fusil. En 1845 elle avait in- 
troduit le fusil d'infanterie français, calibre 18"",4; diamètre du projectile 17""",6, poids 
30 grammes; charge de poudre 8",3. Poids de l'arme 4*"', 780. 

En 1848 on avait transformé une partie de ces fusils d'après le système Thouve- 
nin,qui donnait au canon un calibre de 19"",2; 8 rayures, pas, 1 tour sur 186'"' ; balle 
conique pleine à rainures d'un diamètre de 19"", avec un poids de 55 grammes; charge 
de poudre 5»',4. 

La carabine à tige, qui marchait de pair avec ce système, pesait 6*"', 375 et 
avait un canon plus court, avec un pas de rayures mesurant 107"" sur 1 tour. Échelle 
de mire jusqu'à 400 mètres. 

En 1855 elle fut suivie d'un nouveau modèle du calibre de 18"",4 avec projec- 
tile Timmerhans ; 4 rayures de profondeur progressive ; charge de poudre 6''. 

En 1857 la Suède avait adopté un petit calibre de 14"", 9; 4 rayures progressi- 
ves; balle forcée avec cavité d'expansion à segment sphérique aplati, d'un diamètre de 
14"",5, et d'un poids de 34",5 ; charge de poudre 3^,4 seulement. 

Le modèle qu'on introduit (1860) a un calibre de 12"",2; 6 rayures d'égale épais- 
seur que celle des pleins et d'une profondeur constante de 0*",3 ; pas 1*,56',20* contre 
l'axe dû canon; projectile plein, semblable à la balle de carabine suisse, modèle de 
1851, du poids de 23^8, d'une longueur de 27-^- et d'un diamètre de 11— ,8; charge 
de poudre 6»',375 dans une douille en papier; le projectile est séparé de la poudre par 
une enveloppe graissée; le guidon en cuivre encastré dans le tenon de la bayonnette; 
mire à échelon, dont la glissière ou hausse, pourvue d'un cran de mire, se meut entre 
les brandhes de la mire, divisées pour des.distances de 400 1 1300 pas ^ 236 à 767 mè- 
tres; jusqu'à 400 pas on se sert de la mire fixe. 



78 ABIOGR A FKT. 



C«tle anne poi»ëde aoe givide vitesse iiiitîaleUMiiièliv>»aveciiiie trajectoire ra- 
sante, corame il est facile de s'y atleodre arec les conditîoDS de calibre et de charge qui 
la distinguent. Par contre la manière de charger est trop détaillée, le recul assez nota- 
ble, et la tolérance de calibre admissible trop £uble. 

La caTalerie soédmse est armée de deux pistolets, dont l'un, du calibre de 2(r", 
reçoit une charge-schrapnd de 6 petites balles: l'antre, à canon rayé, dn calibre de 
U*",5, est chargé à balle conique du poids de 23^/2 avec 'S^A de charge de poudre. 

La Norwége introduit dans son armée le calibre 12~J72 pour les fusils se char- 
geant par la bouche, ainsi que pour les fusils adoptés ensuite, à chargement par la cu- 
lasse, et pour les pistolets. 

Le fusil à chambre, se chargeant par la culasse, est de même construction que 
le modèle de 1842 quant au mode d'obturation. 

Longueur dn fusil avec sabre4>ayonnette l*,siO, poids sans cdui-ci 4^,610 ; orape 
de rame à m coins, cercle intérieur 1 1*",77 dans le canon, 12~,33 dans la chambre de 
culasse avec raccordement conique de la chambre au canon: pas de rayures 1 tour 
sur 838"*; balle cylindrique à expansion, avec cavité sans culot, d'un diamètre de 
1 1"",77 sur 28~ de long, et d'uA poids de 24»',9 : charge de poudre V ,n3. 

Les diets balUstiques de cette arme n'atteignent pas entièrement ceux obtenus 
par le fiisfl suisse de petit calibre ( 10",4), mais ils surpassent ceux des armes de la 
Prusse et de rAllemagne du Sud. 

Le 2 mai de cette même année, le Consefl fédéral suisse ouvre un concours avec 
primes pour un nouveau modèle de fusil et des pièces de fuâl. 

L'auteur de cet ouvrage y prit part avec un fusU du calibre de 11*",4 ; 6 rayures 
en forme de scie, qui allaient en se perdant d'une arête à l'autre, avec une profondeur 
de 0^,3; pas, 1 tour sur 9(r" (rayures voir pi. 16. fig. 131 ): projectile à compression et 
à expansion, d*une longueur de 24** avec un diamètre de 11"* et un poids de 18 gram- 
mes ; charge de poudre 4 grammes. 



PROJECTILE A COMPRESSION ET A EXPANSION de schmidt. 

PI. iu, fig. lâO. 

Malgré les effets remarquables produits par cette arme à toutes les distances 
jusqu'à 1000 pas inclusivement, la commission d'examen ne put se ranger au principe 
des rayures en forme de scie adopté par le constructeur. 

Le projectile, iqipliqué au calibre ll-*,6d'un fusil de chasseurs, c'est-à-dire avec 
un jeu de 0*- ,6, fournit 93,9 V« de coups touchés à 800 pas sur une cible de l-,8 de 
cAté. 

Les rayures à scie ne différent de la construction russe analogue, citée sous la 
rubrique 1857, que par le fait que les rayures russes, au nombre de 4 et de moindre 
largeur, laissent encore entre elles une surface assez grande de la circonférence inté- 
rieure du canon, tandis que les 6 rayures du système Schmidt vont en mourant d'une 
arête à Tautre, ce qui a pour objet de maintenir le projectile dans une bonne direction. 



DIX-NEUVIÈME SIECLE. 79 

On constata pour cette arme un encrassement assez minime. A défaut d'un modèle en- 
tièrement conforme aux désirs de la commission, les essais se renouvelèrent en 1862. 

Le 7 juin de cette année (1860), sous la présidence de M. Rouher, le < Conseil 
supérieur du Commerce > eut à Paris une conférence avec des techniciens français 
et des fabricants d'armes au sujet d'un traité de cx)mmerce avec TAngletârre. Il fut 
constaté que la fabrication des fusils, de même que celle des armes de luxe courantes 
de prix moyens et inférieurs, ne se justifiait et ne pouvait être maintenue qu'autant 
qu'elle serait combinée avec la libre fabrication des armes de guerre; celle-ci seule, en 
effet, pouvait procurer une pratique correcte et une bonne organisation du travail, sus- 
ceptibles d'un développement durable et continu et d'une diffusion croissante dans le 
pays. 

On émit entre autres l'opinion que l'acier fondu devait remplacer le fer dans la 
fabrication des canons de fusils, à cause de la durée de l'acier fondu, qui est à peu près 
trois fois plus grande que celle du fer. Un canon de la fonderie Krupp a soutenu une 
charge de 90 grammes de poudre et 12 balles de gros calibre, charge qui occupait un 
espace de 52*" de longueur. * 

1861 . Le colonel Minié, créateur de la « carabine des chasseurs à pied > et di- 
recteur de l'école de tir de Vincennes, conclut après de longues expériences que la lon- 
gueur superflue du canon agit d'une façon préjudiciable sur la trajectoire du projectile, 
et que par conséquent la longueur de la directrice ne doit pas être supérieure à 35 fois 
le diamètre du canon, ce qui, pour un calibre de 12"* fournissant les meilleurs résul- 
tats, donne au canon une longueur de 42""" seulement. 

Mais pour conserver en même temps la longueur normale de l'anne et ne pas 
raccourcir désavantageusement la ligne de mire, il fallait trouver une construction qui 
répondît à toutes ces conditions. C'est ce qu'il rechercha et exécuta en commun avec 
Cordier, fabricant d'armes à Paris, suivant le type ci-joint. 

CONSTRUCTION MINIÉ ET CORDIER. 

PI. 4; (ig. 330. 

LA MÊME. APPAREIL DK PERCUSSION. 
PI. 4m, Hg. 331. 

A sa partie inférieure renforcée, le canon est muni d'une coq\iille dans laquelle 
est fixée la cheminée. 

Il est vissé à la culasse, qui forme de son côté la tête d'une plaque ou bande en 
fer allongée, à laquelle sont fixés les appareils de percussion et de détente, ainsi que la 
mire. 

La mire, simple hausse à échelons, est subdivisée pour des distances de 300" jus- 
qu'à 1100". 



80 ABlfEB A FEU. 

Entre la culasse et le pontet se trouve le tube du grand ressort, renfermant ce 
dernier, qui est en pirate, ainsi que son boulon ou plutôt sa tige, terminée par une tête 
cylindrique creusée, destinée à frapper sur la cheminée, absolument comme la tête du 
chien dans les fusils ordinaires. A son autre extrémité, la tige du grand ressort est vis- 
sée dans la barre de tension, terminée par une languette à crochet. 

Au pontet est fixée la détente et son ressort. Avec cela les appareils de percus- 
sion et de détente sont au complet. La simplicité de cette construction est remar- 
quable. En tirant en arrière le bouton de la barre de tension, on arme le grand ressort 
et le Crochet de languette de la barre de tension s'engage dans celui de la détente, qui, 
en se décrochant, lâche la tige, dont la tête va frapper sur la capsule, placée sur la che- 
minée au bas du canon. 

Longueur du canon 42*'"; calibre 12*''; 4 rayures à base concentrique de 0"",3 
de profondeur avec un pas d'un tour sur 6(iO"". Point culminant de la trajectoire (flèche) 
sur une distance de 1000" ^ 55 mètres. 

1862. Les essais poursuivis en Hollande d'une manière continue depuis 18(iO sur 
les armes àieu portatives, sont terminés. 

Les expériences faites poi-tent de préférence sur < la question des calibres > et 
par conséquent sur < les projectiles et la charge. > Après avoir mis à Tépreuve des ar- 
mes des calibres 11""",4, 12",5, 13—,4 et 13"",7, on trouve que la palme appartient en 
réalité au calibre suisse de lO-^jé permettant un jeu de 0''",4 avec 4'',25 de charge, et 
un projectile forcé du poids de 22'',5 sur une longueur de 25"», et le centre de gravité 
à IS"" de la pointe. Cette arme présentait évidemment les meilleurs conditions. Cepen- 
dant on réclamait contre le peu de longueur du canon, qui faisait naître des craintes au 
sujet des feux sur deux rangs. On pourrait, du reste, facilement faire disparaître cet in- 
convénient en portant cette longueur à OS**" et en construisant le canon en acier fondu. 
De cette manière, la longueur totale de l'arme, sans la bayonnette, serait de 138'". Sur 
ces entrefaites le gouvernement institua une nouvelle commission, qui proposa l'adop- 
tion du calibre de 12"",6, avec une charge de poudre de 5'',5, un projectile, muni 
d'une cavité à expansion et de rainures pour la compression, du poids de 21",4, ayant 
une vitesse initiale de 466 mètres. 

En Angleterre la commission des armes à feu portatives s'occupait depuis quel- 
ques années déjà de l'examen de différents modèles de fusils se chargeant parla culasse, 
qui lui avaient été soumis, et de ceux de constnictions diverses qui avaient été en usage 
dans la guerre américaine de la sécession. 

Sur le continent on attachait encore peu d'importance à cette modification intro- 
duite dans la manière de charger, quoiqu'elle offrît évidemment des avantages très- 
considérables. Tous les efforts restaient concentrés exclusivement sur les effets ballisti- 
ques de l'arme, le calibre, la nature et la disposition des rayures, le projectile et la 
charge, la mire, etc. 

Ce n'est qu'après les guerres de 1864 et 18G6, dans lesquelles le fusil à aiguille 
prussien prouva d'une manière si incontestable sa supériorité sur les armes se char- 
geant par la bouche, que l'on se vit bien forcé dans les autres États du continent d'ad- 
mettre que la mcthoâ^i de la cliarge par la hotiche avait vécu. 



DIX-NEUVIÈME SIÈCLE. 81 

Néanmoins, avant de passer à l'étude sérieuse des annes se chargeant par la cu- 
lasse, il paraît opportun d'en finir complètement avec les quelques données qui restent 
encore à citer relativement aux fusils se chargeant par la bouche, tout en ajournant de 
peu de temps l'avénement de la charge par la culasse, — qui du reste avait déjà fait à 
cette époque d'importants progrès, surtout en Amérique, — afin de suivre une mé- 
thode systématique, et d'avoir sur la question une vue d'ensemble plus complète. Ce 
léger retard semble d'autant mieux justifié, que le gros des précurseurs de ce nouveau 
système — précédé d'une insignifiante avant-garde et suivi d'une aussi faible arrière- 
garde — se produit en réalité dans le court espace de temps de 1865 à 1870. 

Ajoutons que les dates d'invention n'ont pas toujours pu être exactement détermi- 
nées, par cela seul que la plupart de ces constructions ont été l'objet de petites modifi- 
cations et de légère perfectionnements, ayant pour résultat de reporter fréquemment 
soit en arrière soit en avant l'époque exacte de la construction particulière de telle ou 
telle arme. Il arrive d'ailleurs souvent que les inventions nouvelles ne sont pas toujours 
connues immédiatement. 

1863. Conformément à la décision du Conseirfédéral du 7 février 1862, on avait 
repris en Suisse les essais interrompus sur les fusils d'infanterie. Avec le petit calibre 
de 10— ,4 on mit en parallèle ceux de ll—.i, 12— ,3, 14— ,7 et 15—6. 

Eu égard à ses résultats favorables pour le tir, le fusil d'infanterie, calibre 10'»",4, 
à charge par la bouche avec projectile Buholzer, obtint la préférence, d'après les pro- 
positions de la minorité de la commission. La majorité recommandait le calibre anglais 
de 14— ,7, en se fondant plus particulièrement sur le motif que l'arme de petit calibre 
est trop délicate (comme arme de guerre). C'est l'argument de militaires qui mettent 
plus de confiance dans la bayonnette au bout du fusil que dans le fusil lui-même comme 
arme de tir. 

On fit abstraction de la charge par la culasse, parce qu'on n'avait point foi en 
cette innovation. Le modèle cité plus haut fut adogté par le Conseil fédéral le 24 dé- 
cembre de cette année, sous le nom de : 

FUSIL D'INFANTERIE SUISSE, modèlk J803. 

PI. IS, fig. 182. 

Ce fusil est de 6*^" plus long que le fusil de chasseur, modèle 1^56, et n'en diffère 
que très-peu dans toute» ses autres dispositions. 

Longueur du canon 990""; calibre 10""",4; rayures, au nombre de 4, concentri- 
ques avec le forage et de même largeur que les pleins, à angles vifs ; pas, 1 tour sur 
810""»; hauteur du guidon au-dessus de l'axe du canon 15""»,4; hauteur de la mire au- 
dessus du même axe : 
sur pas 300 400 500 600 700 800 900 1000 

millimètres 21,9 24,3 27,45 30,9 34,8 39 43,8 49,2 

Mire à cadran avec de\ix petits ressorts latéraux, au lieu de vis d'arrêt; la gra- 
duation est faite sur les deux bords des joues de la mire, à gauche pour les centaines 

u 



82 ABMES A FEU. 

paires et à droite pour les impaires ; elle est indiquée en pas: vis de culasse avec crochet 
à bascule; garnitures en fer bleui ; platine à chaînette avec un seul cran. 



BAYOXXETTE Ql ADRAXGULAIRE. 

PI. 1 1, ri<;. 65. 

avec douille et virole de serrage au tenon de l)ayonnette, qui sert de base pour le 
guidon. 



PROJECTILE DE BUHOIJ^ER. 

PI. 1«, fig. 124.- 

Poids 19 grammes ; charge de poudre 4'% le projectile et la poudre placés dans 
la même enveloppe de papier ; le papier entourant la balle est graissé. 

Longueur de Tanne sans bayonnette 1380""". 

Poids id. id. 4^' 650". 

La fourniture de 80,000 fusils de ce modèle fut adjugée à huit entrepreneurs suis- 
ses et livrable dans trois années, au prix de 78 fr. par pièce, y compris la bayonnette 
et les accessoires (tourne-vis, tire-balle et lavoir). Mais avant l'expiration du terme 
fixé, on arrêta la fabrication à 58,507 pièces, pour passer au système du chargement 
par la culasse. 

Les barres brutes pour canons, en acier fondu au creuset, se tiraient de la 
fabrique Berger et C* à Witten. 

Les épreuves de la résistance du canon au tir, Texamen de toutes les pièces de 
Tarme séparément et de Tanne achevée et montée, de même que Tessai de celle-ci pour 
le tir étaient confiés à des contrôleurs fédéraux. 

Jusqu'alors la Suisse avait tiré toute sa provision d'armes des pays étrangers et 
les cantons choisissaient eux-mêmes leurs fournisseurs. 

Par Tintroduction d'une plus grande quantité de fusils de petit calibre, cette in- 
dustrie nouvelle p\it cependant prendre pied dans le pays. D'un c6té un ceii;ain nom- 
bre d'armuriers expérimentés se réunirent en association ; d'un autre côté quelques fa- 
briques d'armes privées se fondèrent, parmi lesquelles celle de Neuhausen est la plus 
importante et la plus active. 

C'est ici le moment de revenir en quelques mots, comme nous l'avions annoncé 
auparavant, sur ces questions posées par Gharrin^ page 68 de son ouvrage (voir 
page 69 du présent recueil) : 

V La Suisse a-t-elle fait usage des armes à feu avant la Belgique? 

2* A-t-elle précédé la Belgique dans les inventions ou les progrès relatifs à ces 
armes ? 

3" Les tireurs suisses sont-ils supérieurs aux tireurs belges V 



DIX-XEUVIÈME SIÈCLE. 83 

4*' Enfin leurs armes sont-elles supérieures aux armes belges en ce qui touche la 
fabrication ou le tir, etc. ? 

Notre ouvrage répond aux deux premiers points en ce sens qu'il démontre que 
les Suisses sont restés longtemps en arrière des auti*es peuples dans la question des ar- 
mes à feu, que c'est avec peine qu'ils sont parvenus à se familiariser avec ces armes et 
surtout avec les armes à feu portatives ; enfin qu'ils leur ont préféré pendant longtemps 
leurs armes à mains et armes de jet, auxquelles ils étaient très-habitués et très-exercés 
(voir 1499). Personne ne songera jamais à prétendre que l'arme à feu soit une invention 

< suisse, > ou que la Suisse à cet égard ait précédé la Belgique. 

Quant à la troisième question, on peut répondre que certainement la Suisse pos- 
sède beaucoup de tireurs et de bons tireurs. Cela tient à la nature même du pays et à 
l'esprit du peuple qui, déjà dans les temps anciens, s'adonnait avec prédilection à l'exer- 
cice de l'arbalète. Cette habitude nationale, cet usage établi se sont étendus plus tard 
aux armes à feu portatives, au maniement desquelles on s'est exercé et on s'exerce 
encore d'une façon tantôt plus, tantôt moins pratiquement utile au point de vue 
militaire. 

Ainsi donc, il serait aussi ridicule de dire que tout Suisse soit un tireur que de 
prétendre que la Belgique ne possède point de bons tireurs. Mais personne ne contes- 
tera le droit de douter que la Belgique, proportionnellement à sa population, compte 
un aussi grand nombre de tireurs expérimentés que la Suisse, à quiconque connaît les 
exercices dans l'art du tir qui se font en l'un et l'autre pays; on ne saurait, à cet égard, 
négliger le fait important qu'en Suisse ce zèle a sa racine dans un sentiment patrioti- 
que, qui porte le citoyen à chercher dans la pi-écision du tir une compensation à la si- 
tuation désavantageuse oh des troupes de milices doivent, à maint autre point de vue, 
se trouver vis-à-vis de troupes peimanentes. 

En ce qui concerne la quatrième question, nous dirons que jusqu'à l'année 1863 
la Suisse a tiré, à très-peu d'exceptions près, toutes ses armes à feu portatives de l'étran- 
ger, et il est probable que Charrin lui-même n'ignore pas le très-fréquent emploi de 
la dénomination < d'armes pour la Suisse > donnée aux produits de la fabrique de Liège 

< qualité n*" 5. > Quant à nous, nous ne pouvons en aucun cas nous vanter d'avoir été 
servis par la Belgique mieux que la Belgique ne l'a été par elle-même. Mais à côté de 
ces armes de gros calibre, il était fabriqué en Suisse par des armuriers suisses des cara- 
bines à gros calibre, et depuis 1844 il y a été fabriqué de même beaucoup de carabines à 
petit calibre ; or là précision de rayure de ces armes, la construction exacte et soignée 
de leurs autres parties ne sont certainement pas restées sans influence sur les progrès 
que la Suisse a faits dans la science du tir. Des tireurs et des armuriers, pour la plupart 
tireurs habiles eux-mêmes, ont discuté ensemble les combinaisons nouvelles, les perfec- 
tionnements possibles, ont fait des essais, etc., d'oii résultèrent, il est vrai, souvent 
trop de bonnes choses qui, militairement, n'étaient point pratiques (voir 1842, carabine 
de 1838), mais souvent aussi des inventions utiles et avantageuses à tous égards. Les 
efforts, qui ont été faits pour améliorer autant que possible nos armes à feu portatives, 
ne sont pas pour une faible part dans ce fait que la fabrication d'une plus grande quan- 
tité de fusils rayés de petit calibre a pu être acquise à l'industrie indigène, et que, dans 
l'exécution, tous les soins furent concentrés sur les éléments dont dépend spécialement 



84 ABME8 A FEU. 

la précision d'une anne rayée. Ainsi, avant que la Suisse n'entreprît elle-même la fabri- 
cation de ses annes militaires, elle ne pouvait, dans la technique armurière, au point 
de vue des inventions et des progrès, ni atteindre le point auquel on n'arrive qu'à Taide 
d'une pratique journalière, ni même soutenir ces inventions et ces progrès. 

Lorsque Gharrin dit (page 73) : < Nous ne connaissons aucune arme portative à 
feu inventée par les Suisses, > nous le renverrons simplement, par exemple, à cette 
vieille invention de 1584, qu'on appelle la < carabine ou le fusil-revolver. > 

En outre, si les premières carabines de petit calibre ne sont pas une invention 
suisse, puisqu'elles procèdent d'armes de luxe américaines, la Suisse sut cependant là 
première en déduire les avantages du petit calibre, pour les appliquer à un but mili- 
taire. 

Partout aujourd'hui les qualités utiles du petit cahbre sont reconnues et admises, 
et l'on peut en dire autant des arm^s à répétition introduites plus tard en Suisse ; or, 
celle-ci a précédé les autres nations par les innovations qu'elle a i4>pliquées à ces ar- 
mes, et l'expérimentation consciencieuse, le perfectionnement opiniâtre, la véritable 
utilisation pratique d'une innovation doivent en bien des cas être appréciés à la même 
valeur que l'invention elle-même. 

Le fusil rayé, calibre 14""" avec projectile à expansion, que Gharrin cite (page 79) 
comme étant de sa propre invention, ne nous est pas connu. 

D'ailleurs, comme nous l'avons déjà fait remarquer, il arrive fréquemment qu'une 
invention surgisse en plusieurs endroits simultanément, mais sans connexion aucune 
entre les inventeurs. C'est surtout le cas lorsqu'il s'agit de la réalisation d'une idée, à la 
recherche de laquelle les esprits tendent à la fois en divers lieux. 

Enfin nous n'aspirons certes pas à l'honneur d'avoir atteint en Suisse ce point 
oh l'on n'a plus besoin de rien apprendre, car nous savons très-bien qu'une telle pré- 
somption est une folie et qu'elle ne peut conduire qu'à une sufl&sance fatale. 

1864. L'introduction du fusil suisse d'infanterie, modèle 1863, fut suivie le 10 
décembre de cette année de l'adoption de la carabine suisse de campagne, modèle 1864, 
qui ne diffère du modèle de 1851 que par la réduction des rayures de 8 à 4, avec 1 tour 
sur 750"* au lieu de 900"". Platine, mire et umnition semblables à celles du fusil d'in- 
fanterie, modèle 1863. 

La bayonnette est remplacée par un 

YATAGAN (SABRE-BAYONNETTE) POUR LA CARABINE SUISSE, mod. 1864. 

PI. i», fig. 70. 

Il s'adapte sur le côté du canon par une embase fixée à la garde et est maintenu 
solidement à l'anneau du haut par un crochet.* Mais ce type devait céder bientôt le pas 
aux nouveaux modèles se chargeant par la culasse. 

W. V. Plœnnies résume comme suit dans ses c Nouvelles études sur les armes à 
feu portatives rayées > (vol. 2) les expériences faites sur les angles d'élévation pour dif- 
férentes espèces d'armes à une distance normale de 1000 pas à 0",75, soit 750 mètres : 



DIX-NEUVIÈME SIÈCLE. 85 



Diaiuôtie. 


Projectile. 

l'uids. 


Charge 
do iwiidie. 


Élévatiun 
pour 750 m. 


mtii. 

isil de r Allemagne du Sud . . . 13,5 




28 à 29 


gf- 

4 


2»,42' 


> russe à obturateur . . . . 13,96 




33,4 


4,26 


2',55' 


> à aiguille prussien .... 13,3 




31 


4,8 


3«,1'J' 


> suisse d'infanterie, mod. 1863. 10,2 




18,25 


4,1 


2», 15' 



On peut conclui'e de ce tableau le raug de ces quatre espèces d'armes relative- 
ment à la tension de la trajectoire du projectile. 



Avant de pousser aux armes se chargeant pai* la culasse, il faut encoi^ mention- 
ner les objets suivants : 



MIRE HESSOISE A FOURCHETTE du lieutenant colonel MÙLLiiR. 



PI. tl, fig. 168. 



La construction de la feuille de mire elle-même remplace tout ressort ou tout 
autre appareil de serrage de la feuille. La mire se compose donc de trois i)arties : le 
pied, la feuille et la vis de charnière. — 



MIRE AUTRICHIENNE ARQUÉE (d'afhès mimé, 1855). 

PI. tl, lig. 100. 

La feuille est recourbée en arc de cercle, mobile et à glissière ; elle se fixe par 
le moyen d'une vis d'arrêt. Elle s'encrasse et se rouille facilement, et on peut à peine 
la placer exactement sans se servir des deux mains. — 



MIRE-CHEVALET DANOISE. 

La feuille bombée est reliée au pied de mire par une articulation. Elle embrasse 
par une sorte de fourchette l'échelle divisée soudée avec le pied, et peut glisser sur elle ; 
elle est fixée au moyen d'une vis d'arrêt. 

Cette mire est insensible à l'encrassement; Ioi*squ'elIe est baissée, elle se trouve 
bien garantie contre la poussière, etc. Elle n'est pas gênante et facile à manier, quoi- 
qu'elle paraisse un peu compliquée. — 



86 AB1Œ8 A FEU. 



DOUBLE DÉTENTE FRANÇAISE A UNE SEULE QUEUE. 

iM. »i< «g. ira. 

La queue de la détente a un double mouvement. Par la pi-emière piiession,Ie cro- 
chet, dont le pied touche à la lame de détente, se croche, — pressé par le ressort 
d'arrêt, — au bord de la lame, pendant que le grand ressort s'arme en se relevant. 

Une double détente à deux queues ou deux détentes est un système plus sûr. 



RAPIDE COUP D'ŒIL RÉTROSPECTIF. 

De môme que la bombardelle céda la place à l'arquebuse, celle-ci au mousquet 
et ce dernier au fusil, de même que le serpentin ou chien à mèche remplaça rinflamma- 
tion à la main de l'amorce, et que ce système fut suivi successivement de la platine à 
mèche, de la platine à percussion et à mèche, de la platine à percussion et à silex (che- 
napan), de la platine à batterie ou à silex, enfin de la platine à percussion proprement 
dite, et en partie de l'appareil de percussion avec ressort en spirale, de même aussi se 
succédèrent progressivement les perfectionnements des armes à feu portatives au point 
de vue de la commodité de leur maniement, de leur allégement et des accessoires, qui 
leur donnaient le caractère d'armes de choc et de taUle. 

A tous ces progrès est venu s'ajouter en dernier lieu un puissant facteur, < la 
Ballistique. > 

Les comparaisons et les essais de diverses armes à feu portatives conduisirent à 
des obsei*vations plus approfondies de la trajectoire et à la découverte des eflFets pro- 
duits sur elle. On en déduisit des lois mathématiques, qui ouvrirent un champ nouveau 
à l'étude et à l'application des armes à feu portatives, et qui, entre autres, firent décou- 
vrir leur vraie valeur, quoi qu'en disent encore les < sabreurs, > les partisans de la tac- 
tique, certainement plus simple, de la guerre d'estoc et de taille. 

Le major hessols WOh. von Plœnnies en particulier a rendu, nous le répétons, 
les sei*vices les plus éminents à la ballistique des armes à feu portatives. Non-seulement 
il fut un travailleur infatigable dans ses recherches, et les aptitudes naturelles qu'il 
réunissait aux connaissances techniques d'une manière singulièrement heureuse, lui ou- 
vrirent toutes les branches d'investigations, mais encore il fut un excellent écrivain mi- 
litaire, en sorte que le fruit de ses études et de ses découvertes est conservé pour les 
générations suivantes dans les précieux ouvrages qui lui survivent, et marquent dès à 
présent de la manière la plus honorable sa place dans l'histoire de la science militaire. 

Les progrès de hi ballistique entraînèrent naturellement une meUleure construc- 
tion de la mire, basée sur des principes plus certains et plus solides, et une exécution 



DIX-KEUVièME SIÈCLE. 87 

plas rationnelle du canon, établie sur des observations sûres et des calculs exacts en ce 
qui concerne le calibre, les rayures et le pas de rayure, en corrélation soit avec la forme 
et le poids du projectile, soit avec le poids de la charge de poudre. 

n y a une vingtaine d'années, Tarmurier portait encore sur lui, en grand secret, 
une échelle qu'il utilisait pour déterminer les hauteurs de mire à différentes distances 
(calculées au-dessus de la surface supérieure du canon). Il lui importait peu que le gui- 
don fût plus ou moins haut, le canon plus ou moins fort, la ligne de mire plus ou moins 
longue, le projectile plus ou moins lourd, la charge de poudre plus ou moins grande. De 
là ce fait fréquent que deux armes sortant des mains du même ouvrier, de construction 
tout à fait semblable dans son opinion, n'en étaient pas moins bien différentes au point 
de vue des lois de la ballistique, qui lui étaient inconnues , produisaient des résultats 
fort disparates et donnèrent naissance à maintes idées superstitieuses parmi les tireurs 
et les armuriers. 

A tous les progrès obtenus quant à l'exécution des armes à feu portatives par la mé- 
canique et la ballistique travaillant de concert à leur perfectionnement, vint enfin se 
joindre la substitution au chargement par la bouche du chargement par la culasse^ qui 
permit de réunir à une pliis grande précision une notable augmentation dans la rapidité 
du tir. 

Les < armes à feu portatives d" aujourd'hui > ne sont plus les < raquettes à feu, > 
comme on se plaisait souvent à les surnommer sareastiquement, il n'y a pas fort long- 
temps encore. Elles sont devenues un instrament de défense d'une grande puissance et 
d'une haute efficacité. Nous reviendrons plus tard sur ce sujet. — 

L'histoire enseigne comment de tous temps on a recherché et étudié les moyens 
de charger les armes à feu portatives par la culasse plutôt que par la bouche, et ces es- 
sais furent tentés même dès la première apparition des armes à feu. 

Durant cinq siècles les constants efforts restèrent sans résultats heureux, malgré 
les constructions de fermeture les plus intelligentes et les plus variées. 

Le manque absolu d'une obturation convenable, empêchant l'échappement des 
gaz de la poudre, restreignit en fait l'emploi de ce mode de charger à peu près exclusi- 
vement aux fusifs de rempart, ceux-K^i n'exigeant pas le voisinage immédiat du visage 
de l'homme chargé de mettre le feu à l'amorce. 

Le chargement par la partie postérieure de l'arme, combiné avec l'inflammation 
à percussion par la capsule, devait rester une invention incomplète, sans parler de la 
faible augmentation obtenue ainsi dans la rapidité du tir. 

Seule l'unité de cartouche, réunissant dans une même enveloppe le projectile, la 
poudre et la matière inflammable ou l'amorce, était propre, en se combinant avec une 
bonne fermeture du canon, à rendre une arme à feu portative utile, avantageuse et 
propre à répondre aux besoins de la guerre. 

C'est à Dreyse qu'on doit cette importante découverte. Si elle fut relativement 
tardive, elle ne demeura pas. du moins longtemps stationnaire. Flobert transforma la 
petite capsule de percussion, en la munissant d'une bordure ou bourrelet, dans la péri- 
phérie duquel il renferma sa matière combustible. Ce bourrelet avait encore pour but 
de retenir la cartouche à l'extrémité postérieure du canon, ce qui rendait possible l'é- 
crasement du bourrelet pour produire' l'inflammation, et permettait en même temps de 



ft8 ARMK8 A FEH. 

retirer la douille de la cartouche, une fois le coup parti. Flobert garnissait sa douille 
d'une faible charge de poudre et d'un petit projectile, et réalisait ainsi < Vunité de car- 
touche à douille métallique > et la < cartouche obturatrice, > puisque la douille métalli- 
que elle-même rendait hennétique la fermeture du canon. 

Cette cartouche, il est vrai, n'était applicable que pour de faibles charges, telles 
que les comportait d'ailleurs l'emploi assigné à son invention par Flobert, qui l'utilisa 
seulement pour des armes de salon et de luxe. Néanmoins l'idée fondamentale d'une 
solide unité de cartouche une fois éclose, son application s'étendit bientôt jusqu'aux 
grosses cartouches de mitrailleuses, à douilles de cuivre de lOô"" de longueur sur 30"" 
de diamètre au bourrelet, et même à de plus grandes encore (OaUing). 

Dans une autre direction ce furent les constructions de cartouches de Lefaucheux, 
qui donnèrent à cette étude la plus forte impulsion dans la voie du progrès. Lefaucheux 
avait dans le principe, d'après la figure 135, employé la petite capsule ou amorcé pour 
les cartouches de ses fusils de chasse, en la plaçant au centre du fond de la cartouche. 
Il se servit également plus tard des douilles de métal par lesqueUes il remplaça ses 
douilles en papier à fond métallique, et il procura ainsi une plus grande solidité à ses 
cartouches, comme le prouvent celles d'un revolver, qu'il construisit dans ce système* 

Lancaster poursuivit ce principe avec cette modification, qu'il fabrique la car- 
touche en Mie d'une inflammation produite par un choc horizontal et non plus vertical 
sur le fond (voir fig. 273). Ce système, perfectionné et appliqué à des douilles métalli- 
ques entières, conduisit aux meilleurs types de cartouches obturatrices pour un but mi- 
litaire. 

La transition au mode de chargement par la culasse, appelé aussi chargement par 
la chambre, ou charge par l'arrière, devint l'objet de l'attention sérieuse de tous les États, 
car cette méthode avait réuni dès lors toutes les conditions de sécurité nécessaires. 

Depuis 1861 déjà la commission anglaise d'examen des armes de guerre avait 
discuté sur divers modèles de ce genre de charge. FiU 1864, le Hanovre fit des essais 
avec un fusil transformé d'après le système Lindner. Le 25 Août 1864, l'Angleterre an- 
nonça un concoure pour la transformation du fusil Enfield au chargement par la culasse 
avec les conditions suivantes : P les frais de transformation ne dépasseront pas 25 fr. 
par fusil; 2* l'arme ne perdra rien de sa précision. 

Sur environ 50 modèles de diverses constructions qui furent présentés, il en fut 
admis huit à un examen préalable. De ces huit trois fiirent ensuite éliminés. Des cinq 
modèles restants : Stonn, Wilson, Green, Westley Richards et Snider, ce dernier seul 
était nouveau pour la commission. C'était le seul aussi qui fût pourvu d'une munition 
au système de l'unité de cartouche. 

Après les essais de 1865, la commission déclara que le modèle de Snider encou- 
rageait beaucoup la continuation des expériences, et elle proposa de faire procéder pro- 
visoirement à la transformation de 1000 fusils. En même temps elle fit annoncer un deu- 
xième concours pour la fabrication d'un nouveau modèle de fusil qui devait remplir ces 
conditions-ci : calibre 11"",43; longueur du canon OOO""; poids du canon 2*'»,041 À 
2^^,268; poids maximum de l'arme sans bayonnette 4»',820; poids du projectile SI**,! ; 
charge - au plus 4'',53 de poudre d'ordonnance anglaise: l'unité de cartouche devait 
avoir la préfth-ence. 



DIX-NÈUVIÈMÊ SIÈOLE. 89 

D^autres Etats ouvrirent aussi des concours publics, par exemple la Suisse, à la 
date du 29 mai 1865, sous les conditions suivantes : calibre 10*',4; longueur de Tarme 
1*,380, comme celle du modèle de 1863; poids maximum de Tarme 5*"'; la construc- 
tion établie de telle manière qu'on puisse utiliser en tous cas le canon et autant que 
possible la monture et les autres parties du fusil d'infanterie, modèle 1863 ; mire et gui- 
don d'après le modèle de 1863; 4 rayures à base concentrique avec le forage et d'égale 
largeur avec les pleins ; pas, 1 tour sur 810""°; le canon solidement relié à la monture et 
UQ pouvant nullement se désajuster; unité de cartouche avec garanties pour la durée de 
la munition; poudre fédérale suisse; tolérance du calibre 0"',6; formes extérieures de 
l'arme telles qu'il n'en pût résulter ni inconvénients ni gène dans son maniement; in- 
flammation complète, régulière et sûre; jeu du mécanisme aisé et sans risque de déran- 
gement pendant un tir long et continu; entretien et nettoyage faciles; terme 1'' octo- 
bre 1862; prix 20,000 fr., avec réserve de le payer intégralement ou seulement en par- 
tie dans le cas où il ne serait présenté aucun modèle remplissant entièrement toutes les 
conditions du programme. 

Le terme fixé d'abord fut prolongé jusqu'au 1" novembre, et à cette époque un 
certain nombre de modèles étaient arrivés; d'autres, vu leur provenance lointaine, 
étaient encore en route. 

L'auteur de cet ouvrage prit part à ce concours avec un modèle répondant tota- 
lement aux conditions du concours, sans qu'il eût copié un autre système ou qu'il se fût 
approprié les idées d' autrui (voir fig. 228). 

L'examen de ces différents modèles fut ajourné en raison d'autres préoccupations 
suscitées par le conflit austro-prussien. La guerre de 1866 démontra sur une si yaste 
échelle et d'une façon si catégorique les avantages des armes se chargeant par la cu- 
lasse, qu'elle engagea les autorités fédérales à reprendre avec énergie et sans retard les 
épreuves suspendues par les événements récents. Les Chambres fédérales, dès le 20 
juillet 1866, avaient décrété l'introduction des armes se chargeant par la culasse pour 
toutes les troupes de l'armée suisse portant le fusil ou la carabine. 

La commission d'examen continua ses travaux au mois d'août de la même année. 
Outre les modèles de Chabot, Nichols Durango, Peabody, Remington, Martini, Bach- 
mann, Pfyffer, Milbank, Keller, Schmidt, Gamma, Vetterli, Snider, Chassepot, Henry, 
Tschan2,Lindner, Hûgel, Howard, Cochrane, Spencer, Mérian-Joslin-, Martini-Peabody, 
Keller-Chabot, Amsler-Milbank, il s'en présenta encore d'autres, dont le rapport de la 
commission ne fait pas mention, soit à cause de leurs imperfections, soit parce qu'ils 
manquaient de munition. C'est avec raison que la commission attacha une grande im- 
portance à la munitioi>, et qu'elle en fit des essais sérieux et approfondis, surtout au 
point de vue de la sécurité et de la solidité. La douille américaine en cuivre estampé 
eut la préférence sur toutes les autres, comme la plus conforme aux conditions exi- 
gées. 

D'un autre côté, la commission fut amenée à la conviction que la question de la 
transformation des armes existantes se chargeant par la bouche devait être complète- 
ment indépendante de celle de l'introduction d'un nouveau modèle de fiisil se chargeant 
par la culasse, toujours en prenant en considération l'uniformité de la munition. Lors- 
qu'on eut résolu la question de principe de savoir si l'on adopterait pour les nouvelles 

12 



90 ABME8 A FEU. 

armes le système de la- charge simple ou celui de la charge à répétition, et que ce der- 
nier eut obtenu la préférence, la commission posséda ainsi un nouveau point d'appui 
fondamental, aussi bien pour le choix de la cartouche que pour celui du modèle de 
transformation. 



En 1841 la Prusse et en 1842 la Norwége possédaient déjà deux systèmes d'ar- 
mes se chargeant par la culasse : le système de fermeture à cylindre de Dreyse, et le 
système de fermeture à chambre du fusil de rempart français, modèle 1831. Mais à côté 
de ceux-là 11 en existait encore un certain nombre d'autres pour fusils de rempart, tels 
que le système à bloc, à mouvement vertical, et diverses autres dispositions, qui four- 
nirent le point de départ de maintes combinaisons ingénieuses et utiles. 

Disons ici que dorénavant dans cette exposition nous ne désignerons plus chaque 
modification par le nom de t système. > Nous réserverons autant que possible cette dé- 
nomination à des types réellement spéciaux. Les productions, qui dériveront de ces ty- 
pes, seront caractérisées par le nom de < construction. > D va sans dire que le terme 
employé pour désigner un produit ne saurait en aucune façon préjuger sa valeur rela- 
tive, car une combinaison dérivée quelconque devient très-souvent le bras de levier né- 
cessaire pour donner toute sa valeur réelle à un système, à une invention proprement 
dite, soit en en modifiant l'application, soit en y apportant un changement utile. 

Il serait trop long de décrire tous les modèles qui ont été portés à la connais- 
sance du public; mais, à côté des constructions qui ont véritablement été exécutées et 
introduites dans la pratique, il se trouvera encore certains modèles d'essai qui, intéres- 
sant la science militaire ou présentant une originalité digne de remarque, seront très- 
bien à leur place dans ce recueil, — 

Les systèmes et constructions de chargement par la culasse pour les armes à feu 
portatives peuvent se subdiviser de la manière suivante : 

9 

L SYSTÈME SANS UNITÉ DE CARTOUCHE, avec fiiawtim de V amorce à pernissim. 

a. Fermeture à ehambre, se relevant ou s'avançant latéralement pour per- 

mettre la charge. 

b. Femtetvre par la ealaese pour canons mobiles , se déplaçant horizonta- 

lement ou à charnière (Lefaucheux). 

c. Fermeture à elapet eu à M«e, vertical ou à charnière. 

d. Fermeture à cylindre «u à mntalr, se mouvant horizontalement. 



II. SYSTEME POUR UNITÉ DE CARTOUCHE NON OBTURATRICE (percussion à 

aiguille)» 

e. Fermeture à eyllndre. Mouvement horizontal. 



DIX-KEUVIEHE SIÈCLE. 91 

m. SYSTÈME POUR UNITE DE CARTOUCHE OBTURATRICE 

(ou imperméable aux gaz). 

1. Charge simple. 

f. Femteture à clai^t. 

g. Fermeture à M«e. 

h. Fermeture à eyllnilre. 

2. Répétition, 
i. Fermeture à Uee et à eyllndre. 



I. LES SYSTEMES SANS UNITÉ DE CARTOUCHE, avec maintien de 
Tamorce à percussion, constituent seulement la transition entre les anciennes et les nou- 
velles armes, parce que la condition de Tunité de cartouche leur a coupé la voie pour 
une utilisation ultérieure plus étendue. Leur apparition est d'autant plus compréhen- 
sible que la possibilité *d'une transformation rapide et économique des armes se char- 
geant par la bouche y a grandement coopéré. 

* 

a. Fermeture à ehambre. 



Ici se range d'abord le fusil de rempart français (voir page 48, fig. 76). 
Celui-ci est suivi en 1842 déjà du 

FUSIL A CHAMBRE NORWÉGIEN, modèle 1842. 

PI. »4, fig. 183. 

La chambre de fermeture A est traversée par un fort axe excentrique, qui est 
relié à la manivelle B. Par un mouvemeùt rotatoire en arrière de celle-ci, la bouche de 
la chambre sort du canon et la chambre se relève. L'arme est prête à charger. 

Après avoir placé Tamorce, introduit la charge de poudre et le projectile dans 
la chambre, on ramène la manivelle en avant ; la chambre redescend dans sa position 
normale, et la bouche est poussée dans l'ouverture du canon au tonnerre. 

Le chien C fait partie d'un mécanisme de percussion très-simple, fixé au pontet, 
et dans lequel la pièce D exerce les foutions de grand ressort. 

En pressant sur la crête du chien, celui-ci est abaissé et armé. Lorsqu'on appuie 
sur la détente, le chien vient frapper sur l'amorce placée sur la cheminée , qui se 
tourne en dessous quand on rabat la chambre de fermeture. 

Pour garantir l'amorce d'un choc prématuré ou précipité on introduit une pe- 
tite broche dans le tenon E. 

Calibre 16"",89 ; 6 rayures d'une profondeur deO^,5 et faisant un tour sur 1050" ; 
charge de poudre 6 gr. ; poids du projectile 40 gr. 



92 AB1IE8 A FEU. 

PROJECTILE CONIQUE PLEIN DU FUSIL NORWÉGIEN A CHAMBRE. 

PI. i«, fig. 111. 

Le projectile a un diamètre de 17"",26, soit 0^,37 de plus que le canon, dans le- 
quel il est forcé non-seulement par cette augmentation de diamètre, mais encore par sa 
compression. 



La construction de Charles Abegg à Zurich, en Tannée 1861, est établie sur le 
même principe de fermeture, mais avec un mouvement latéral. 



CARABINE SE CHARGEANT PAR LA CHAMBRE, d'abegg, 1851. 

PI. 94, ûg. 184. 

Au canon est vissée une botte de culasse à ouverture latérale. Dans cette botte 
de culasse se meut la pièce formant la chambre, autour d'im solide pivot excentrique, 
aussi loin en avant et en arrière que cela est nécessaire pour sortir la bouche de la 
chambre hors de Touverture postérieure du canon et la fermer hermétiquement, lors- 
qu'on la ramène en avant. 

Un ressort, fixé sur la joue gauche de la botte de culasse, presse sur la chambre, 
provoque la sortie de celle-ci à droite et la maintient fixe pour la charge. Le mouve- 
ment est imprimé au pivot par la rotation du pontet double, auquel il est relié. Une 
rotation d'un quart de tour à gauche ouvre la chambre, qui se referme en ramenant le 
pontet à sa place. Une platine à percussion reversée produit le choc du chien sur 
Tamorce. 



Une nouvelle application de ce principe a été exécutée par TAmâ-icain Lindner. 
FUSIL A CHAMBRE DE LINDNER (embrayage). 

PI. »4, fig. 185. 

En tournant vers la gauche le manchon d'embrayage ou de couplement A, qui 
est en même temps ramené en avant par un pas de vis intérieur fixe, la chambre de 



DIX-KEUVIÈUB «ifeCLE. ^3 

fermeture B se trouve dégagée de l'ouverture postérieure du manchon, et rejetée en 
haut par un ressort pressant sur sa fjtce postérieure, qui tourne autour d'une char- 
nière. 

La charge terminée, on appuie sur la chambre, on retourne à droite le manchon 
qui recule autour de son pas de vis et s'embraye dans la rainure du bout de la chambre. 
La clôture hermétique est alors ainsi opérée. 

Dans la guerre d'Amérique on employa des carabines de cette construction, dont 
la fermeture fut reconnue solide. 

La cartouche originale de Lindner est conique ; le fond opposé au projectile est 
fermé par un tampon de coton tordu, qui s'enlève pour la charge et permet ainsi 
de vider plus rapidement la poudre dans la chambre. 

La fermeture Lindner se comporta très-bien aussi dans les épreuves auxquelles 
elle fut soumise en Hanovre (1864). 

En revanche, le temps nécessaire pour charge et le manque d'unité de cartou- 
che ne permirent pas de considérer cette construction comme assez satisfaisante. — 

Une bonne construction dans ce genre est celle de Mont-Storm, que la commis- 
sion anglaise a désignée comme la meilleure de toutes celles qui employaient encore 
Pamorce. 

FUSIL A CHAMBRE, de storm, 1860. 

PI. tft, fig. 18ft. 

Au canon est vissée la botte de culasse A, qui tient la place qu'occupait la vis de 
culasse et le bout coupé du canon. La tête de la botte est renforcée vers le haut pour 
recevoir une charnière, autour de laquelle la chambre de fermeture B peut se mouvoir, 
en se rabattant en avant. Lorsqu'on a introduit la cartouche (le projectile la pointe en 
arrière) dans la chambre, celle-ci est rabattue dans la botte de culasse pour fermer. 

Une petite languette ou tige mobile G, en communication avec les mouvements 
de la noix et du chien, se transporte parallèlement à l'axe du canon aussitôt qua le chien 
s'abat et vient s'encastrer dans une petite niche, ménagée à cet effet dans la joue posr 
térieure de la chambre. De cette manière la solidité de la fermeture est assurée. 

Un petit ressort, dont la tête D dépasse la joue intérieure de la botte de culasse, 
empêche l'ouverture spontanée de la chambre lorsque le chien est armé. 

Un bouton, fixé contre le cône de la cheminée vers le trou de lumière, sert à ou- 
vrir et à fermer la chambre. 



CARTOUCHE POUR FUSIL STORM 

PI. tir, fig. 140. 

se compose d'une balle conique avec sa charge de poudre, enfermée dans un dia- 
. phragme en membrane animale (membrane intestine transparente), entouré par un fil 
de soie. — 



94 ARMES A FEU. 

La construction de Benkin est analogue à celle de Storm. 
CONSTRUCTION DE FERMETURE A CHAMBRE, de benkin, 

PI. tft, fig. 187. 

Si l'on décroche le fermoir B, maintenu par le ressort C, la pièce de chambre A, 
liée au canon au moyen d'une charnière, s\ouvre et se rabat en avant. La cartouche 
étant introduite dans la chambre, la pointe du projectile en anîère, la chambre est ra- 
battue et le fermoir, pressé par son ressort, se croche et se ferm«. Après avoir placé 
Tamorce, Tarme est prête pour le tir. 

Les deux constructions de Storm et de Benkin ont le désavantage commun d'exi- 
ger l'introduction du projectile dans l'ftme de la chambre la pointe en arrière, ce qui 
peut souvent produire de graves erreurs. — 

Lardenois construisit une fermeture à chambre basée sur le principe du fusil 
norwégien, fig, 183, en y appliquant l'embrayage ou couplement de Lindner, fig. 185. 
La fermeture de la bouche conique de la .construction norwégienne procure évidemment 
une obturation plus hermétique du canon. — 

Hubbel emploie une chambre de fermeture se mouvant latéralement. 

La goupille A a pour objet d'assurer une bonne clôture. Elle s'encastre dans un 
trou ménagé à cet efiet dans la chambre. Le défaut d'herméticité contre l'échappement 
des gaz est visible dans cette construction. 

FUSIL A CHAMBRE, de. hubbel. 

PI. t», fig. 188. 

Le mouvement latéral, appliqué à la chambre dans cette construction, est un 
précurseur de celles de Snider, etc. 



h. Fermeture |Mir la euliieee. 

Le mouvement horizontal imprimé au canon, afin de ménager un espace ou ou- 
verture suflisante pour l'introduction de la cartouche par derrière, n'est pas un mode 
pratique au point de vue militaire. Ce procédé cependant mérite d'être cité. En 1860 
déjà, l'armurier Heinlein, à Bamberg, construisit un fusil d'après ce système. 

Par la rotation d'un anneau, muni d'une poignée et de pas de vis, le canon se 
meut en avant et en arrière dans une botte en fer et vient s'appliquer contre la chambre 
de culasse, dont la bouche conique pénètre légèrement dans l'âme du canon lorsqu'il 
est fermé. — 



DIX-NEUVIÈM£ SIÈCLE. 95 

Un autre moyen de faire mouvoir le canon, basé sur le même principe, se ren- 
contre dans la 

CONSTRUCTION GHAYE, 
PI. ta, fig. 189. 

dans laquelle un levier coudé, articulé avec le canon, pousse celui-ci en avant et en ar- 
rière. 

Ce système rencontre aussi son application dans les revolvers (Ghaye , Galand). 

c. V e v mk m tuwe m clapet et m Mac. 



L'idée de clore l'extrémité postérieure du canon au moyen d'un coin se mouvant 
dans un plan vertical n'est pas neuve. On la trouve déjà, vers la fin du XVI"" siècle, 
appliquée aux fusils de rempart et à des armes plus petites, telles que fusils à coins, 
serpentines, etc. En l'année 1848, C. Sharps, à Hartfort (Gonnecticut, Amérique), se sert 
pour la première fois de cette fermeture dans la construction de fusils. En 1852 et en 
1859, de concert avec Lawrence, il prend im brevet d'invention pour la construction 
plus perfectionnée de la 

FERMETURE A COIN VERTICAL, de c. sharps. 

PI. ••, fig. 100. 

Une botte de culasse en fer A est vissée au canon. La botte est percée d'une ou- 
verture verticale, munie de coulisses dans lesquelles le coin B glisse du haut en bas et 
dii bas en haut par le mouvement du pontet, transformé en levier, qui y est articulé. 
Sharps chercha non-seulement à donner à la fermeture de la paitie postérieure du ca- 
non par le coin un effet aussi hermétique que possible, mais encore à diminuer la fuite 
des gaz de la poudre par une excavation qu'il pratiqua dans le coin dans le prolonge- 
ment de l'ftme du canon. 



COIN DE FERMETURE SHARPS AVEC CAVITE D EXPANSION 

ou CHAMBRE A GAZ. 
P). ••, fig. 191. 

La cavité aboutit exactement contre la surface postérieure du canon. L'expan- 
sion des gaz, entrant dans cette chambre à air à développement légèrement conique, 
devait opérer une fermeture hermétique en pressant la petite saillie circulaire D contre 
le canon. 

La gerbe de feu, produite par l'explosion de l'amorce, aboutit au centre du ca- 
non, et le coin est disposé de telle manière qu'en se fermant il arrache le fond de la 
douille en papier de la cartouche. 

Calibre 13"'",2; 6 rayures. 



96 A1KME8 A FEU. 

Charge en cinq mouvements : 

1) Armez chien; 2) ouvrez coin; 3) mettez cartouche; 4) fermez coin; 
5) amorcez. 

L'Angleterre introduisit en 1857 la carabine Sharps pour la cavalerie, de même 
que le Portugal. Aujourd'hui encore (1875) une partie de la cavalerie des Indes est ar- 
mée de cette carabine, quoique la fermeture n'en soit pas hermétique. — 

Westley Richards utilisa la fermeture à clapet de la manière suivante : 

FERMETURE A CLAPET, de westley richards. 

PI. ta, fîg. 162. 

Une botte de culasse A, à laquelle le levier B est relié par une charnière, est vis- 
sée au canon. 

Dans une glissière du levier se meut l'obturateur C. Son court mouvement de 
va-et-vient en avant et en arrière est limité par une goupille verticale. A la partie an- 
térieure de l'obturateur est fixée la tête D de celui-ci, qui se meut en demi-cercle au- 
tour d'un axe et est munie d'un crochet (extracteur), ayant pour but de saisir, après le 
coup, le tampon de feutre, qui forme le fond de la cartouche, et de le retirer du canon 
avec les restes du papier de l'enveloppe, en ouvrant le clapet pour charger. 

La forme en coin de la partie postérieure de l'obturateur sert à pousser celui-ci 
en avant, lorsqu'on ferme, et à produire ainsi une exacte fermeture du canon. La 

CARTOUCHE WESTLEY RICHARDS 

PI. t«, fig. 141. 

se compose d'une douille en papier, qui renferme le projectile conique massif, la charge 
de poudre et le tampon de feutre (garniture). 

d. Fermeture à eyllM^re et à amtolr. 



Cette construction trouve déjà ses précurseurs dans les fusils de rempart et de 
plus petites armes (voir page 22), pour lesquels la fermeture s'opère par le moyen de 
vis ou de coins transversaux (comme chez Wilson), ou par des tenons ou ailettes 
(comme chez Terry, Vetterli, etc.). 

Wilson présenta en 1860 à la commission d'examen d'Angleterre une modifica- 
tion ou transformation de la fermeture à cylindre avec coin de sûreté. 

CONSTRUCTION WILSON, 1860. 

PI. t», fig. 193. 

Au canon est vissée la botte de culasse A, ouverte dans sa partie supérieure, et 
dans laquelle glisse le cylindre-obturateur B. Celui-ci est maintenu fixe et fermé par un 
coin transversal C. 



DIX-HSDVIEME SISCLE. 97 

Pour consei*ver le cylindre dans une bonne direction et le garantir des influences 
extérieures on a fixé au cylindre-obturateur un couvercle D. 

Afin d'obtenir une fermeture plus hermétique contre la fuite des gaz, la tête du 
cylindre est munie d'une garniture en gutta-percha. 

Platine à percussion ; opération de la charge lente. — 

Le premier modèle de Chassepot à fermeture à cylindre et inflammation à per- 
cussion (capsule) se range aussi dans ce genre de fermetures; 

TÊTE DU CYLINDRE-OBTURATEUR CHASSEPOT. 

PI. tl. Og. 104. 

La clôture hermétique s'obtient au moyen d'une tête en acier, légèrement mo- 
bile, fixée à la tige du cylindre par une vis, et pressant sur une rondelle en caoutchouc. 
L'eqMwsion des gaz, en comprimant cette rondelle, procure par le fait de son augmen- 
tation de diamètre une fermeture hermétique. — 

Lindner et Timmerhans se servent d'une obturation à cylindre, muni de pas de 
vis discontinus, remplaçant les tenons de fermeture. Ce mode trouva plus tard son ap- 
plication en Bavière pour le fusil d'infanterie, modèle 1867. -— 

Une fermeture à cylindre, présentant un mode tout particulier d'herméticité 
contre la fuite des gaz, a été exécutée en Russie pour le fusil-obturateur, modèle 1860, 
dans lequel l'obturation est produite par le projectile même, qui doit servir à charger le 
coup suivant. 

FUSIL-OBTURATEUR RUSSE, modèle 1860. 

PI. tV, Ûg. 195. 

SYSTÈME DE KERMETURE DE CE FUSIL. 

PI. •*, fig. 196. 

Au canon se visse la boite de culasse A, munie d'une ouverture latérale pour in- 
troduire la cartouche dans le tonnerre et loger l'appareil de fermeture. 

Le cylindre-obturateur B est limité dans son mouvement par une bande ou ner- 
vure G, venue au cylindre, qui se loge dans une encoche de la botte de culasse. Un te- 
non de cette bande forme charnière avec le levier. 

Le cylindre-obturateur est foré et reçoit une broche avec tête de fermeture en 
avant. La partie postérieure de cette broche dépasse un peu le disque D, fixé au cylin- 
dre pour en fermer le trou. La moitié postérieure du forage de la broche a un dia- 
mètre un peu plus grand que la partie antérieure, afin qu'on puisse y loger un petit 
ressort-spiral, qui entoure la broche et la presse en arrière. 

Le calibre du canon est de 13"",2 avec 4 rayures; celles-ci se perdent vers le bas 

13 



98 ABHS8 A FKU. 

dans une chambre à cartouche ou tonnerre, dont le diamèti-e, de 14'"',4 en avant, se ré- 
trécit insensiblement en arrière jusqu'à 14"",2. 

Cet élargissement vers le canon a pour but de faciliter l'introduction plus .pro- 
fonde du projectile ayant servi d'obturateur, et qui doit, le coup suivant, faire partie 
de la charge. 

La cartouche nouvelle, par la pression du cylindre ramené en avant, pousse de- 
vant elle ce projectile-obturateur, resté à l'arrière du canon et comprimé, par l'action 
répulsive des gaz, jusqu'au fond postérieur du tonnerre, tout en ayant subi une petite 
augmentation de diamètre. Le projectile de la nouvelle cartouche, qui est placé derrière 
la poudre, sert dès lors d'obturateur. L'élargissement conique du tonnerre vers l'avant 
favorise l'avancement du projectile-obturateur. Si celui-ci, trop comprimé, tenait for- 
tement en place après le coup, on peut facilement le remuer et le pousser dans le ton- 
nerre au moyen de la broche mobile à tête de fermeture logée dans le cylindre, et 
contre laquelle le projectile est venu s'appuyer. 

PROJECTILE POUR LE FUSIL-OBTURATEUR RUSSE, modèle 1800. 

Avant son emploi comme obtumteiir. . PI. fl9, fig. 121. 
Après > ii . . > > » 123. 
Après le tir > » » 123. 

Le canal de lumière débouche sur le milieu de la charge de poudre. Amorce for- 
tement chargée. 

Au point de vue de la rapidité du tir, le rapport entre le fusil se chargeant par 
la bouche, modèle 1856, ot le fusil-obturateur, modèle 1860, se trouve comme 2 est à 3,3 
par minute, en suivant les règles de campagne. Avec un approvisionnement rapide de 
cartouches et d'amorces, — le tireur étant servi par un aide placé à ses côtés, ou pou- 
vant saisir promptement sa munition toute préparée à sa proximité, — on a obtenu une 
vitesse de 6,5 coups par minute avec le fusil-obturateur. 

sur pas 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000 1100 1200 



Résultats du tir : 



7o touchés 100 99 87 94 94 84 84 75 65 54 44 37 



Green (Angleterre) construisit deux fusils se chargeant par la culasse, dont l'un 
ressemble au fusil Wilson, et l'autre est analogue au fusil de chasseurs badois. Tête de 
cyhndre avec garniture en gutta-percha. — 

Une fermeture de cylindre au moyen de deux tenons ou ailettes se rencontre dans 
la 

CONSTRUCTION TERRY, 

Ph «1, fig. 197. 

qui est semblable au 

FUSIL DE CHASSEURS BADOIS, modèle 180.1. 

PI. t8, fig. 198. 

Une botte de culasse A, ouverte dans le haut pour permettre l'introduction de 



DIX-NEUVIÈME 8IÈCLE. 99 

la cartoache, est vissée au canon. Elle a deux excavations, qui servent de logement aux 
deux tenons de fermeture du cylindi'e. 

Le cylindre-obtm*ateur B est muni d'un levier avec lequel on le glisse et on le 
tourne dans la botte. 

Les deux tenons sont venus passablement en avant du cylindre, afin d'obtenir 
âne fermeture plus solide et d'empêcher les vibrations et la brûlure partielle de la pièce. 
Une rainure directrice, dans laquelle entre une vis, limite le mouvement en arrière du 
cylindre. 

Un ressort, reposant sur la détente, empêche de pouvoir décharger l'arme trop 
tôt. La détente ne peut agir sur la gâchette que lorsque l'obturateur est en place et que 
la vis directrice, en communication avec le ressort de sûreté, est rentrée dans l'encoche 
qui lai est réservée dans le corps du cylindre. 

Calibre 13"*,9; 5 rayures d'égale largeur que les pleins et d'une profondeur de 
0**,25 ; pas, 1 tour sur un mètre. 

La 
MIRE A QUART DE CERCLE OU CADRAN pour les fusils badois et 

WUHTEMBEUGKOIS 
PI. t8, fig. 199. 

démontre l'utilité de la méthode (du capitaine Dom.) de placer le cadran ou quart de 
cercle sur la joue gauche du pied de mire et de la tourner vers le bas, de telle manière 
que tout l'appareil de mire soit ^usté à cheval sur le canon, sans gêner en rien le ma- 
niement de l'arme. 

L'aiguille (d'oU cette mire se nomme aussi < mire à aiguille >), fixée au moyen 
de la vis de charnière, est composée de deux bras, dont le bras supérieur sert de ressort 
d'arrêt, pour maintenir la feuille de mire dans la position voulue. 

La 

CARTOUCHE POUR LE FUSIL DE CHASSEURS BADOIS 

PI. t4, fig. U4. 

se compose d'un projectile pointu à culot d'expansion, pesant 27'',6, d'une charge de 
poudre de 4 grammes, d'un tampon de feutre comme garniture. Elle est renfermée dans 
une douille en papier, qui se brûle assez aisément par le feu de l'amorce pour mettre le 
feu à la poudre, par le fait que la cheminée est placée directement sur l'axe du canon 
et que l'amorce est fortement chargée. 

Cette cartouche est en outre munie d'une double enveloppe (douille de trans- 
port) en papier plus fort, liée en mèche sous le fond de la cartouche, et que l'on 
enlève très-rapidement et sans effort pendant la charge. 

On peut aussi employer, pour le fusil de chasseurs badois, la munition ordinaû'e 
de l'Allemagne du Sud, mais avant de charger par la bouche, il faut d'abord introduire 



100 ASMES A FEC. 

du haut en bas un petit tampon de feotre, afin d^opérer une fermeture phi8 hermétique. 
Poids de Tarme sans yatagan 4^,875. 



Le fusil baYanris de Podewils m été tnmafbrmé d'après la constractioB lindso* 
(fermeture i cylindre et i vis). 

FUSIL BAVAROIS SE CHARGEANT PAR LA CULASSE, modèle 1867. 

n. 19, fig. 900. 

CONSTRUCTION DE LA FERMETURE DE CE FUSIL. 

PI. 19, fig. «M. 

COUPE DE LA TÊTE DE L'OBTURATEUR. 

PI. 19, fig. 901 

Au canon est vissée la botte de culasse A, dont la tète octogme contient la co- 
quille avec canal de lumière et cheminée. 

A rintérieur de la tête de la botte, et s'appliquant exactement contre Forifioe de 
la chambre à cartouches, s'embotte un anneau de soupape en acier. 

Le cylindre-obturateur C, qui peut pisser et tourner dans la boite au moyen du 
levier, est muni de pas de vis discontinus dans le sens de la longueur. 

Des pas de vis, s'engrenant dans leurs écrous respectif ménagés dans la botte 
de culasse, produisent la fermeture du cylindre-obturateur. 

L'obturation du canon est établie par une tête de soupq^e en ader D, qui s'on- 
botte exactement, par sa partie conique, dans Panneau ou siège de soupape. En outre 
la forme en cul-de-bouteiUe de la face antérieure de la tête au corps de soupape pro- 
cure, par Faction des gaz, une expansion qui augmente encore Pherméticité de la fer- 
meture. 

La cheville d'arrêt E, en communication directe avec la détente, empêche une 
décharge prématurée ; c'est-à-dire qu'il n'est pas possible de Ucher la détente avant 
que la fermeture soit complète. Alors seulement la cheville peut se loger dans l'encoche 
respective de hi botte de allasse et Isl détente agir sur la gâchette. 

La 
CARTOUCHE POUR LE FUSIL BAVAROIS, se ciiargkakt par u culasse, 

MODELE 1867, 

PI. tV, fig. 145. 

est construite de la manière suivante : 



DIX-VEUVIEICE SIECLE. 101 

Projectile à compression et expansion ; douille eu papier avec fond renforcé et 
cage d'amorce; Tamorce est retenue par un fil ; Tenveloppe est également attachée par 
un fil aux rainures du projectile. 

Des détails ultérieurs se trouvent dans le tableau des dimensions. 



Falisse et Trapmann appliquent la fermeture à cylindre de la manière suivante 



CONSTRUCTION FALISSE ET TRAPMANN. 

PI. 1», flg. 903. 



COUPE DE CETTE CONSTRUCTION. 

PI. 1», fig. S04. 

Au canon est vissée la boite de culasse A, ouverte par le haut pour Tintroduction 
de la cartouche. Le cylindre-obturateur glisse horizontalement dans la botte par le 
moyen du levier B, dont le disque C va se loger dans une rainure, ménagée pour la fer- 
meture dans la tôte légèrement renflée de la botte. Une rainure directrice et une vis 
d'arrêt limi^nt le mouvement rectUigne du cylindre en arrière. La tête mobile en acier 
du cylindre-obturateur recouvre un disque en caoutchouc placé sur le bout antérieur de 
ce dernier. Celui-ci est fixé par une vis, dont la tête est munie de deux broches tran- 
chantes, ayant pour but de déchirer ou de couper le fond de la douille en papier de la 
cartouche, afin de produire une meilleure inflammation. La vis D sert à compléter 
Tobturation hermétique du canon et i:!emplace ici les surfaces coniques de fermeture. 



Manceau emploie une autre méthode pour assurer la fermeture du cylindre-obtu- 
rateur. 

CONSTRUCTION MANCEAU. 

PI. t», ftg. 306. 

Pour ouvrir la botte de culasse, on relève la petite plaque à charnière ou cou- 
vercle A, qui sert en même temps de levier pour faire glisser ou tourner le cylindre- 
obturateur dans la botte. On tourne le cylindre à droite, de sorte que l'embase B 
quitte son encoche, ménagée dans la botte, puis on le retire en arrière. La petite sou- 
pape conique C, fixée sur le bout antérieur du cylindre, produit Tobturation du canon. 



102 ARMES A FEU. 

CARTOUCHE POUR LA CONSTRUCTION MANCEAU. 

PI. t», fig. U2. 

Le projectile plein repose sui* un disque en carton, placé sur la poudre et fixé à 
un fil de laiton, qui traverse la charge de poudre et la douille en papier, et s'enroule 
autour du fond de cette dernière. Le disque en carton, lancé hors du canon, entraîne 
avec lui toute la douille en papier. — 

Une méthode analogue pour assurer la fermeture du cylindre, a été employée par 
Benjamin. 

CONSTRUCTION BENJAMIN. 

PI. M, fig. S06. 

Le cylindre-obturateur A est muni d*une charnière qui le relie au couvercle B, 
lequel se croche à la tête de la botte de culasse près du point C, lorsque Tobturateur 
est fermé, et est maintenu en place par un petit ressort, fi&é sur le côté droit du cou- 
vercle. Si l'on décroche ce ressort d'arrêt, le couvercle se relève et, s'en servant comme 
de levier, on ramène le cylindre en arrière. Cartouche à fond garni, — 

Une construction nouvelle et originale est la 

CONSTRUCTION MARSTON. 

PI. a; fig. 307. 

ARTICULATION DE FERMETURE. 

PI. SO, Hg. 208. 

Le cylindi*e-obturateur A, en forme de tampon ou matoir, glisse dans une botte 
de culasse en fer, vissée au canon. Ce cylindre est articulé à chatnette avec le bras du 
pontet ou sous-garde, qui pivote autour d'un fort axe. Lorsque l'obturateur est fermé, 
les deux faces, coupées en biseau, de la tige du matoir A et du bras supérieur du 
pontet B, faisant levier, s'appuient exactement et fortement l'une contre l'autre et con- 
solident la fermeture. 

La cartouche se compose d'un projectile pointu, de la charge de poudre et d'un 
fond formé par un disque en cuir, percé dans le centre d'un trou rempli de -matière ex-' 
plosible. 

Le canal de lumière, foré au centre de la tête de l'obturateur, dirige le feu de 
l'amorce sur le milieu du disque de la cartouche et enflamme la charge. 



DIX-NEUVIÈME SIÈCLE. 103 

CARTOUCHE POUR LA CONSTRUCTION MARSTON. 

PI. i», flg. 143. 

Il n'y a que peu de modèles, parmi les constructions qui viennent d'être décrites 
et beaucoup d'autres encore, qui leur sont semblables et qui ont introduit la charge par 
la culasse, tout en conservant la platine à percussion pour amorces, qui aient été mis à 
exécution et seulement pour im temps relativement court. 



n. LE SYSTÈME POUR UNITÉ DE CARTOUCHE NON OBTURATRICE 

(percussion à aiguille) 

fait sa première apparition pratique dans le fusil àr aiguille prussien de Dreyse, dont les 
embranchements futurs laissent toujours reconnaître la source. Ces embranchements se 
basent sur la 

En avril 1861 une commission militaire procéda à Echternach, en Luxembourg, 
à des expériences sur un fusil à aiguille, construit par Dœrsch et von Baumgarten à 
Suhl. C'est dans son ensemble la construction de Dreyse avec peu de changements de 
détails. La prolongation du canon sert elle-même de botte de culasse. A son extré- 
mité postérieure (anneau de renfort) est fixée la vis directrice du cylindre-obturateur. 
La fermeture se fait au moyen de deux tenons (ailettes), qui vont se loger dans des rai- 
nures ou encoches qui leur sont ménagées dans les parois de la botte de culasse. 

Dans la tête du cylindre-obturateur est ménagée une courte chambre à air ou à 
gaz. 

La platine, ou mécanisme de percussion, se réduit à un petit tube, qui sert en 
même temps à tendre et à détendre le ressort-spiral. Lorsqu'on veut armer, on presse 
sur le bouton cannelé, puis on le tourne à droite pour l'arrêter. Un ressort d'arrêt 
sert de gâchette. 

CONSTRUCTION DŒRSCH ET VON RAUMGARTEN. 

PI. SO, flg. 209. 

Les essais, faits avec des projectiles à expansion et à forme ovoïde, furent tout 
à l'avantage de ce dernier. — 

U.-Chr. Schilling à Suhl applique le système de Dreyse à un calibre de 10"'',5. Il 
cherche à parer aux inconvénients et aux difficultés que lui procurent l'emploi de 
plus longues cartouches, en construisant l'âme de son canon d'après le système Whith- 
worth, toutefois avec une section à huit coins et* une spirale plus serrée (1 tour sur 
470""), et en adoptant une charge de poudre plus faible. Les résultats ne répondirent 
pas à son attente. — 



104 ABMXfl A FBU. 

Lenders-Lambin utilise la fermeture à cylindre et rinflammation à aiguille d'une 
autre façon. Le cylindre-obturateur est muni, comme dans la construction Manceau, 
d'une embase A, qui consolide la fermeture en allant se loger dans Tentaille qui lui est 
réservée dans la douille de culasse. Dans ce moment la tête de Tobturateur pénètre 
légèrement dans Touverture du canon, sans qu'il ait été ménagé d'antre disposition, 
pour provoquer l'expansion. 

En tournant à gauche et en ramenant en arrière le cylindre, on découvre l'en- 
trée du canon et on introduit la cartouche ; puis en repoussant le cylindre et le tour- 
nant à droite, on opère l'obturation. Alors on arme le chien de la platine de percussion, 
de sorte que l'arme est prête au tir avec quatre mouvements seulement, si l'on exécute 
sans interruption le double mouvement latéral et horizontal, nécessaire pour ouvrir et 
fermer le cylindre-obturateur, et qu'ainsi ce double mouvement ne soit compté que 
pour un seul. 

CONSTRUCTION LENDERS-LAMBIN. ♦ 

PI. tm, fig. 2io. 

Le fond de la cartouche (douille en papier) est muni d'une garniture, contenant 
au centre une petite amorce, pareille à la cartouche de chasse Lefaucheux. 

Sur la surface du canon est vissé un ressort dans la tête duquel l'aiguille est 
fixée. Cette aiguille pénètre dans le canal de lumière. et, par le choc du chien sur la 
tête du ressort, elle frappe sur l'amorce qui fait explosion. 

MÉTHODE D'INFLAMMATION LÉNDERS-LAMBIN. 

PI. t#, fig. 2M. 

Obturation défectueuse, dégradation rapide de l'aiguille, fond de cartouche res- 
tant en arrièœ dans le canon et chassé par le projectile du coup suivant, tout en nui- 
sant à la précision de celui-ci ; telles sont les imperfections de cette construction. — 

Une nouvelle application du principe de l'inflammation à aiguille se trouve 
dans la 

■ 

CONSTRUCTION VAN DER POPPENBURG'S. 

PI. SI, fig. 211 

Au canon est vissée la botte de culasse A, renfermant en avant la chambre de 
fermeture B et en arrière les appareils de détente et de percussion. 

La chambre de fermeture s'ouvre latéralement et à droite ; elle est reliée à la 
botte de culasse par une charnière, qui, pressée par un ressort, permet l'ouverture 
spontanée, aussitôt que les deux baguettes de fermeture qui maintiennent la chambre 
en place sont ramenées en arrière. Ce mouvement se produit en même temps que le 
retrait du petit mécanisme de percussion C, en appuyant sur le ressort à encoche D. — 



DrX-KEUyiÈlf£ SIECLE. 105 

Le petit mécanisaie de percussion C contient un ressort-hélice à ruban E, qui exige 
otoins de place et doit être plus durable qu'une simple spirale ordinaire, ainsi qu'un 
percuteur et une courte aiguille. 

En ramenant la botte de platine en arrière, la chambre s'ouvre d'elle-même. 
On y introduit la cartouche, la pointe du projectile en arrière, et la chambre est refer- 
mée, maintenue provisoirement en place par une petite tête de ressort. 

En repoussant la botte de platine en avant, le ressort-hélice s'arme, les deux 
baguettes de fermeture vont se loger dans les petites rainui-es de la chambre, et le 
tube de l'aiguille, au centre du fond de la chambre, s'ajuste maintenant exactement en 
prolongement du canal percé dajûs la botte de culasse, avec la pointe de l'aiguille, et 
permet ainsi f inflammation, lorsqu'on presse sur la détente. La charge se réduit à 
quatre mouvements. H est douteux que la bouche de la chambre feime asseK hermé- 
tiquement pour empêcher la fuite des gaz et que la charge réitérée n'offre pas d'em- 
p&;hements. — 

Spangenbei*g et Sauer, à Shul, construisirent un fiisil à aiguille, qui diffère de 
celui de Dreyse dans les points suivants : fermeture à tenons, semblable à celle de 
Terry; tension du ressort-spiral et retrait du percuteur muni de l'aiguille au moyen d'un 
ressort-hélice et d'un mouvement de rotation ; direction normale du projectile, sans 
culot; pilule d'amorce dans un disque en carton, derrière lequel s'adaptent d^x autres 
disques en feutre enduits de suif, formant ainsi la garniture du fond de la cartouche. 



CONSTRUCTION SPANGENBERG ET SAUER. 

PI. Si, fig. 213. 

CARTOUCHE pour cette construction. 

Pî. 1*. fig. 143». 

Le défaut d'une bouche de chambre et d'une chambre à air, ainsi que le peu de 
qualités pratiques de la cartouche' présentent des inconvénients réels. Par contre, le 
mode d'armer par le moyen de ressort-hélice est une simplification. La cartouche à 
douille métallique rend ainsi cette construction utilisable. — 

Un perfectionnement de la fermeture à cylindre, avec percussion ou inflamma- 
tion à aiguillé, a été obtenu par Chassepot, contrôleur d'une fabrique d'armes en 
France. C'est lui déjà qui, précédemment, avait découvert une bonne obturation her- 
métique du canon (voir pi. 27, fig. 194) contre la fuite des gaz. Mais il conserva encore 
la percussion à capsule , et c'est pour ce motif que s^ arme n'était pas sensiblement 
supérieure aux fusils se chargeant par la bouche, quant à la rapidité du tir. 

Mais sa nouvelle construction utilise la percussion à aiguille, elle exige un mou- 
vement de moins. pour la charge que celle de Dreyse, et elle passède une obturation 
plus hermétique. 

14 



106 ABME8 A FEU. 

On peut mettre en corrélation avec Tadoption de cette arme en France, les ri- 
ches expériences que la < Commission de tir > avait faites au point de vue de la ballisti- 
que durant deux années d'essais consécutifs sur cette matière. 



• 



FUSIL D'INFANTERIE FRANÇAIS, modèle 4866 (chassepot). 

Armé, Tobturateur ouvert à moitié PI. St, fig. 316. 

Appareil de percussion » » fig. 2t7. 

Tôte-obturatrice > » lig. 218. 

Yatagan PI. it, Ag. 71. 

• 

Au canon est vissée la botte de culasse Â, qui renferme le cylindre^bturateur 
avec son levier B et sa tête-obturatrice, ainsi que l'appareil de percussion. A la face 
inférieure extérieure de la botte sont fixés le ressort de détente et la détente. 

Le tenon du ressort de détente, dont le bec pénUre dans la cavité de la botte de 
culasse fait l'office de gâchette. La tête-obturatrice, avec sa garniture en caoutchouc, 
possède un certain jeu dans le cylindre et elle est liée avec celui-ci par la vis C. Le 
mouvement du cylindre lui-même est limité par la vis D. Un rouleau £ facilite ce mou- 
vement. 

La partie postérieure du cylindre a trois encoches; la plus courte F sert de cran 
d'arrêt au percuteur armé; celle du milieu G est un cran de repos, et la plus longue 
permet au percuteur d'avancer à fond. La bande directrice du cylindre consolide en 
même temps la fermeture. • 

Fondions : En armant le chien ou percuteur, l'aiguille est ramenée en arrière et 
le ressort-spiral tendu ; le levier est tourné verticalement, et on retire le cylindre-obtu- 
rateur jusqu'à ce que le bout de sa rainure vienne butter contre la vis d'arrêt D. Après 
avoir introduit la cartouche, on repousse le cylindre en avant, et tournant le levier à 
droite, la bande se place dans son logement de la botte. A ce moment le percuteur 
s'applique contre le bec du tenon du ressort de détente, et reste armé. 

Pour rendre l'arme prête au tir, il faudra donc quatre mouvements : 

P Armer ; 2^ tourner à gauche et ramener le cylindre en arrière ; 3" introduire 
la cartouche ; 4*» pousser le cylindre en avant et tourner à droite. 

En relevant la vis D et en pressant sur la détente on peut sortir \qê cylindre- 
obturateur de la botte de culasse, et en dévissant la vis C on peut enlever la tête du 
cylindre. Après avoir dévissé ensuite, et au moyen de la clef, la vis de fond du cylindre, 
on peut en détacher le percuteur et le démonter. De plus amples détails sont foumis 
par le tableau des dimensions. 

La 
CARTOUCHE POUR LE FUSIL CHASSEPOT, modèle I8fi6, 

PI. 4S, ng. 270. 

est une unité de cartouche non obturatrice. La douille en papier, renfermant la charge 
de poudre, est repliée en haut et en bas sur un disque en carton. 



DIX-NEUVIEME SIÈCLE. 107 

Le disque inférieur renferme en sou milieu une petite amorce, dont l'ouverture 
est recouverte d'une petite feuille de papier. La douille en papier a aussi été recouverte 
en partie d'un mince tissu de soie, pour mieux entraîner les fragments de la douille. 
Le disque supérieur sert de base au projectile, qui est entouré de papier graissé, dont 
le prolongement enveloppe la première douille, à laquelle il est lié par un fil. 

La construction de cette cartouche peut avoir été inspirée par des considérations 
d'économie ; mais en tout cas elle nuit notablement à la valeur militaire de l'arme qui, 
par elle-même, possède d'excellentes qualités. 

La douille métallique, à percussion centrale, aurait avantageusement remplacé 
la garniture en caoutchouc, et sensiblement augmenté les bonnes qualités de l'arme et 
de la munition. 

Au commencement de la guerre de 1870-71, la France possédait environ 1,037,000 
de ces fusils Ghassepot. 

Les modifications ci-dessus indiquées du fusil Ghassepot, pour l'emploi de la car- 
touche métallique à percussion centrale, ont conduit l'auteur de cet ouvrage à con- 
struire cette arme en 1869 de la manière suivante : 



FUSIL GHASSEPOT, modifié pah sch.\udt en 1869. 

PI. SS, fig. 319a. 



COUPE. 

PI. St, fig. 2I9B. 

La modification consiste dans Talésage de la chambre ; le remplacement du petit 
tenon dans la bande du levier par un ressort d'arrêt A ; le remplacement de l'aiguille 
de percu)ssion par une broche B; l'introduction de l'extracteur G avec un logement 
convenable dans la bande du levier, qui sera sujffisamment prolongée en avant pour 
empêcher la percussion prématurée. 

Fondions^ 

Par le mouvement de rotation du levier, le ressort d'arrêt se relève et sort de 
l'encoche, qui lui est ménagée dans le cylindre, l'extracteur rentre dans sa cage dans 
la bande du levier et est ramené en arrière avec le cylindre, en entraînant la douille 
de cartouche, qui est, selon la position de l'arme, < rejetée en arrière hors de la boîte 
de culasse. > En repoussant le cylindre-obturateur en avant, après l'introduction de la 
cartouche dans le canon, le ressort d'arrêt, en rentrant en fonction, a pour premier 
eflFet de laisser en arrière le chien ou percuteur aver, broche et ressort. Par le fait même 
ce dernier est armé. Le tenon du ressort de détente se présente en même temps devant 
le percuteur, et maintient ainsi l'appareil de percussion armé jusqu'à ce qu'on presse 
sur la détente. De son côté, le ressort d'arrêt, quand le levier et le cylindre tour- 
nent à droite, vient se loger dans son encoche respective, de sorte que le percuteur 



108 ARMES A FEU. 

devient libre et peut se décocher en avant pour opérer la percussion de Tamorce. Cette 
modification permet à ce fusil d'être armé séparément, ou d'être armé conjointement 
aux autres opérations de la charge, ce qui réduit les mouvements à trois, pour rendre 
l'arme prête au tir : V ouvrir et extraire la douille ; 2* introduire la cartouche ; 3" fer- 
mer et en même temps armer l'appareil de percussion. L'embase de la bande du levier 
empêche toute possibilité d'une percussion prématurée. 

Douille de cartouche en laiton étampé ; percussion centrale. 

Prix de la modification fr. 8 par fusil. 

Les résultats furent en tous points très-favorables, et la construction Chassepot, 
ainsi modifiée, pourrait marcher de pair avec toute autre arme à fermeture à cylindre, 
n'ayant que trois mouvements pour la charge. — 

En Russie, on adopta en 1867 une construction de fusil à aiguille de Carié et 
fils, qui doit déjà avoir été établie, au moins quanta ses parties principales, en 1846 par 
S. Krnka, fabricant de pistolets à Wolin (Bohême), et qui tirait alors un projectile 
pointu en fer à manteau de plomb. 



FUSIL A AIGUILLE RUSSE, modèle 1867, construction de carlé et fils. 

Ouvert. . . PI. SI, fig. 214. 
Ferme* . . > » fig./ iiS. 

La fermeture s'opère, comme chez Terry et d'auti-es, au moyen de deux tenons. 
Cinq mouvements pour la charge : V Redresser le levier ; 2*» touraer à gauche et rame- 
ner en arrière le cylindre-obturateur ; 3* introduire la cartouche ; 4° repousser le cylin- 
dre et le tourner à droite ; 5* baisser le levier. Ce dernier mouvement a aussi pour objet 
de comprimer le ressort-spiraL II manque un cran de sûreté. 



CARTOUCHE POUR LE FUSIL A AIGUILLE RUSSE, modèle I8&7. 

PI. 49, iig. 271. 

Cette cartouche, construite pai* le colonel Weltischtschew, est une unité de car- 
touche non obturatrice, dont la garniture du fond renferme au centiie l'amorce; pro- 
jectile à culot Minié, 

Au commencement de 1872, la Russie possédait 214,000 fusils de ce modèle, ré- 
partis dans l'armée du Caucase et dans les districts militaires éloignés. 

On indique comme rapidité de son tir cinq coups par minute dans les feux de 
rangs et de files et huit à neuf coups dans le tir individuel. — 

L'Italie adopta en 1868, pour la transformation de ses fi^sils à gros cafibre se 
chargeant parla bouche, une construction à aiguille, qui est analogue à celle de Dreyse'. 



DCC-NEUVriSMB SIÈCLE. 109 



FUSIL A AIGUILLE ITALIEN, modèle 1868 (carcaxo). 

PI. SS, %. i21. 

Cylindre PI. SS, fig. i». 

Broche ou percuteur. . . » » ûg. 233. 

Le canon est entaillé dans sa partie postérieure, et on y adapte une bande de 
tôle recourbée dans sa partie inférieure. A cette bande est fixée la bascule de détente. 
Le cylindre-obturateur A glisse, conduit par son levier, dans cette cage entaillée. Sur 
le côté drmt se trouve une entaille pour loger la bande du Iievier et procurer ainsi une 
femetnre solide. Le cylindre renferme le tube d'aiguille B avec son bout4;)n, la tige de 
Taiguille G avec sa poignée et son aiguille, le ressort-spiral et le ressort d'arrôt D. 

La bascule de la détente sert en même temps de cran de repos et de gftchette. 
Le mouvement de recul du cylindre-obturateur est limité par un piton, muni d'une 
pointe et d'un ressort et fixé à Técusson de sous-garde. 

Quatre mouvements de charge : P Armer en ramenant la tige d'aiguille en ar- 
rière par le moyen de sa poignée ; 2* tourner à gauche et retirer le cylindre-obturateur ; 
3° introduire la cartouche; 4* repousser l'obturateur et le tourner à droite. 

On peut désarmer en tournant à gauche le bouton du tube d'aiguille et en rame- 
nant en arrière ce dernier. On arme de nouveau par le mouvement contraire. On peut 
placer l'arme au repos en lâchant en avant, par la pression sur la détente, la tige d'ai- 
guille, jusqu'à ce que la tête s'applique contre le cran saillant de la bascule de la dé- 
tente. 

CARTOUCHE POUR LE FUSIL A AIGUILLE ITALIEN, modèle 1868. 

PI. «s, ûg. 273. 

Elle se compose d'une douille en papier, sur le fond intérieur de laquelle repose 
un fort disque en caoutchouc ou en toile, légèrement recourbé en dedans sur les bords. 
Là-dessus vient la charge de poudre, sur laquelle repose le tampon d'amorce en papier 
comprimé, au centre intérieur duquel la matière explosible trouve sa place, dans une 
petite cavité, qui lui est ménagée. Le projectile recouvre le tampon d'amorce; la douQle, 
ramenée par-dessus la pointe tronquée du projectile, y est liée et graissée. L'aiguille 
traverse complètement la pilule d'amorce et ouvre ainsi un chemin aux gaz jusque dans 
la cavité du projectile pour produire l'expansion de ce dernier. 

Projectile à expansion avec une large cavité à base carrée ; diamètre 17"",2 ; 
poids 36»'; charge de poudre 4»',5; calibre normal du canon 17"",6. 

L'aiguUle se nettoie en traversant le disque de toile du fond de la cartouche, et 
les bords recourbés de ce disque produisent une meilleure obturation contre la fuite de^ 
gaz. Ce disque peut être extrait du canon après chaque coup, on bien être chassé dehors 
par le coup suivant. Dans ce dernier cas, il s'apphque souvent contre les parois du canon, 



110 ARMES A FEU. 

et dérange ainsi la iirécision du tir, s'il ne provoque pas un gonflement du canon. 
Cette transformation a coûté 15 fr. par fusU. — 

Peu de temps avant la guerre franco-allemande, une modification du fusil à ai- 
guille, proposée par Beck, avait été adoptée en Prusse. Mais comme elle n'avait encore 
été appliquée qu'à un nombre minime d'armes, toutes celles qui avaient été transfor- 
mées furent retirées à l'ouverture de la guerre et renti*ées dans les dépôts, afin de ne 
pas troubler l'unité d'armes et de munitions. Cette modification consistait dans l'intro- 
duction d'une tête d'obturateur à garniture en caoutchouc, d'après Chassepot, pour 
augmenter l'herméticité de l'obturation. 

La chambre à air fut utilisée dans ce but. 

Le fusil ainsi modifié fut nommé fusil à aiguille transformé. 

Mais la transformation ne fut pas poursuivie après la guen-e, dans la prévision 
d'un nouvel armement de petit calibre et de précision plus grande, exigé par les cir- 
constances. 

L'armée allemande, à l'ouverture de la gueri-e, était en possession de 950,000 fu- 
sils Dreyse. 



IIL LES SYSTEMES A UNITÉ DE CARTOUCHES IMPERMÉABLES AUX GAZ 

(ou cartouches obturatrices) 

se trouvent déjà utilisés en partie dans la transformation des fusils se chargeant par 
la bouche, mais en principe elles constituent plus spécialement la base fondamentale 
de toutes les nouvelles constructions (Voir page 87). Les Américains les premiers ont su 
confectionner des cartouches de ce genre applicables à un but militaire, et déjà dans la 
guerre de la sécession 1861/65 elles furent employées fréquemment, sous diverses for- 
mes et avec avantage. Les produits en question sont de préférence renfermés dans des 
douilles de cuivre avec percussion périphérique (perfectionnement du système Flobert). 
Les Anglais par contre s'occupèrent plutôt d'améliorer le système Lefaucheux, 
et de Lancaster, à percussion , centrale. De sorte qu'on peut nommer, pour simplifier, 
le système américain c percussion périphérique,» et le système anglais c percussion 
centrale. > 

Le système de percussion périphérique a l'avantage d'offrir une notable éco- 
nomie dans les frais de fabrication, à cause de sa plus grande simplicité. La matière 
explosible est déposée simplement dans la périphérie du fond, soit dans le bourrelet, 
et l'inflammation se produit par l'écrasement de ce bourrelet. Il est vrai que ce mode 
exige une limite déterminée pour la force ou la ténacité du métal du fond, tandis que, 
d'un autre côté, l'écrasement du bourrelet nécessite une construction plus délicate de 
l'appareil de percussion. 

La percussion centrale est mécaniquement la plus juste et la plus rationnelle. 
Elle permet une ténacité quelconque du métal du fond de la douille, et elle présente 



DIX-NEUVIEME SIECLE. 111 

toute la sécurité désirable, comme aussi elle favorise l'emploi de la même douille plu- 
sieurs fois répété. Par contre le prix de la douille à percussion centrale est plus élevé 
que celui de la douille de caitouche à percussion périphérique, car Tutilisation réitérée 
de la douille ne peut être prise en considération que dans les tirs d'exercice seuls, et 
non plus dans des cas sérieux. La fabrication des douilles de cartouches à percussion 
centrale a donné lieu à une foule de constructions transitoires, dans lesquelles la con- 
servation de la douille en papier ou en carton avec fond métallique seulement a été 

< 

maintes fois recherchée. A la fin cependant elle dut céder entièrement la place à la 
douille métallique. ' 



« 

En 1861 et 1862, Joslin (Amérique) fait breveter un fusil de sa construction, 
se chargeant par la culasse, qui mérite d'être mentionné ici, eu égard à la remarquable 
simplicité de sa fermeture à clapet. 



CONSTRUCTION JOSUN, amiîrique, 1861-1802. 

PI. %4, ng. 227. 

Au canon se visse un anneau A, muni d'une bande et d'une charnière. Le 
clapet de fermeture B est relié à cette dernière ; il s'ouvre sur le côté gauche. Une 
broche avec ressort-spiral est fixée dans le fond du clapet. 

L'extraction de la douille vide s'opère par le moyen d'un excentrique, ajusté à la 
charnière, et qui, lorsqu'on ouvre la botte, saisit la douille et la retire, de manière à 
pouvoir la saisir et l'enlever. 

En fermant la botte, le fond du clapet vient se loger dans une cavité de la 
bande C, et est maintenu en place par le moyen d'un fermoir ou veiTOu. 

Pour ouvrir le clapet, on tire le bouton D qui comprime un ressort-spiral y ren- 
fermé, et le verrou sort de son cran. 

Calibre IS"" ; 3 rayures ; cinq mouvements pour la charge : armer ; ouvrir ; en- 
lever la douille ; introduire la cartouche ; fermer. 

Douilles de cartouche en tôle de cuivre étampée ; percussion périphérique. — 

Questienne se sert d'un massif clapet de fermeture, s'ouvrant sur le côté gau- 
che ; cependant il emploie une douille de cartouche Lefaucheux (à goupille) et conserve 
la platine de percussion. — 

Schmidt et Jung construisent, pour le concours ouvert en Suisse, un fusil se 
chargeant par la culasse, établi d'après les prescriptions posées dans le programme du 
29 mai 1865. Cette arme, à fermeture à clapet, répond à toutas les conditions deman- 
dées. Elle réunit la solidité et la simplicité à un maniement facile et agréable. 



112 AAMfiS A FSIT. 

Cette construction n'est pas une copie ; elle est simplement le produit des efforts, 
tentés pour exécuter convenablement les conditions du programme, qui, par contre, ne 
furent pas maintenues. 



CONSTRUCTION SCHMIDT ET JUNG, 1805. 

PI. S4. fig. MB. ' 



COUPE DU CLAPET DE FERMETURE. 

PI. S4, Hg. 3^. 

A la place de la culasse et du bout du canon enlevé s'ajuste une botte de 
culasse A, fixée solidement à la monture et à Técusson de soùs-garde par trois vis. 
Dans le fond de la botte sont ménagés les logements du crochet de bascule et de la cla- 
vette d'attache du canon, par lesquelles — et non plus au moyen d'un pas de vis — 
celui-ci est réuni à la boite de culasse ; de sorte qu'on peut aussi l'enlever séparément 
sans déranger celle-ci. 

Le clapet de fermeture B est relié à la botte par une charnière, et il s'ouvre du 
côté gauche. Un axe traverse un renflement du clapet. Sur cet axe sont articulés le 
levier C et le crochet D, qui servent à armer l'appareil de percussion. Le clapet ren- 
fenne en outre le percuteur E avec son ressort-spiral et son écrou. Le ressort de dé- 
tente est aussi fixé par une vis à la paroi extérieure du clapet. Ces quelques pièces 
solides forment tout le mécanisme de fermeture et de percussion de cette arme. 

Fondions : En ramenant le levier en arrière, le crochet D presse sur l'embase 
du percuteur, qui se recule et vient crocher son encoche au bec du ressort de détente, 
tout en comprimant le ressort-spiral, et l'appareil de percussion est armé. En même 
temps le clapet se dégage du tenon F et sort de la botte de culasse en se relevant k 
gauche. Après avoir introduit la cartouche, on referme le clapet, qui est maintenu dans 
cette position par le tenon F. Après avoir ramené dans l'encoche de la clavette G le 
levier C, l'arme est prête pour le tir. En appuyant sur la détente, la griffe de celle-ci 
appuie sur le ressort de détente, qui dégage son bec de l'encoche du percuteur; ce 
dernier, lancé par le ressort-spiral, provoque l'explosion de l'amorce. 

Quatre mouvements de charge : 1° ramener le levier en arrière (armer) et ouvrir; 
2^ extraire la douille vide, au moyen de la goupille, qu'elle porte latéralement fixée 
dans le fond et qui dépasse la surface du canon ; S"* introduire la cartouche ; 4** fermer. 

La 

CARTOUCHE POUR FUSIL SCHMIDT ET JUNG, modklk 1865, 

PI. 4S, ng. 273. 

se compose d'une douille en carton, dont l'extrémité postérieure est feimée par une 



DIX-NEUVIKME SIÈCLE. 113 

capsule ou écuelle en laiton, consolidée intérieurement par un fort disque en papier 
comprimé, percé au centre pour loger la cavité contenant la clochette, l'amorce et sa 
languette (système Lancaster). Une goupille, sortant latéralement du fond et dépassant 
la surface supérieure du canon par l'entaille H, sert à extraire et à enlever la douille 
vide après le coup, ou bien — au besoin — la cartouche entière. 

Charge de poudre 4 grammes ; projectile à compression du poids de 19 grammes 
avec un diamètre de 10""",8 pour un calibre de canon de 10""",4. 

Nature du canon. selon Tordonnance ou le programme (identique au motlèle 
1863). On reproche à ce fusil, dont la construction s'est du reste présentée et mainte- 
nue comme très-bonne, le défaut d'une cartouche k douille métallique, dont l'extraction 
soit opérée par le mécanisme liii-même. — 

Chabot fournit, pour la transformation, une construction dont le clapet se relève 
en avant. 



CONSTRUCTION CHABOT. I8()5. 

m 

PI. S4, ri<<. 230. 

■ 

A la place de la vis de culasse et de la partie enlevée du canon se trouve une 
boîte de culasse A, \issée eau canon. Un clapet de fermeture B se meut à la boîte, 
au moyen de ses deux bras qui y sont lixés par deux vis d'axe. Le clapet est 
terminé en arrière par une queue recourbée, qui sert de levier et il est muni d'une 
broche, qui reçoit le choc du chien, et va frapper sur le rebord de la cartouche (douille 
en cuivre à percussion périphérique). La forme excentrique du bras droit du clapet, 
pourvu d'une embase convenable, agit, lorsqu'on ouyre la boîte, sur l'extracteur C en 
forme de baguette, qui saisit la douille et la retire du canon. On peut alors la saisir et 
l'enlever. — 

Pour transformer le fusil anglais Enfield en arme se chargeant par la culasse, on 
choisit définitivement, en 18G6, le modèle de Snider. 



TRANSFORMATION ANGLAISE DE 'I8(>5, SNIDER. 

PI. SS, fig. 331. 

FERMETURE, vue de dessus. 

PI. SS, iig. 232. 

Au canon est. vissée la boîte de culasse A. Sur le côté droit de celle-ci dans deux 
oreilles est ajustée une tige, qui sert d'axe à la charnière du clapet de fermeture B, 
qui peut se relever et s'ouvrir à droite. A cette tige se trouve adapté l'extracteur avec 
son conducteur et son ressort-spiral. 

15 



114 ARMES À PEU. 

Le clapet ouvert sert lui-même de levier pour ramener en arrière l'extracteur C, 
qui retire la douille vide hors du canon, afin qu'on puisse l'enlever. Le ressort-spiral re- 
pousse le clapet dans sa position normale, tandis que le conducteur remet en place l'ex- 
tracteur. 'Une petite goupille, sortant du fond de la botte de culasse par l'action d'un 
ressort-spiral, pénètre dans une petite mortaise ménagée dans le clapet et consolide 
ainsi la fermeture de celui-ci. La percussion se produit par le choc d'un chien sur une 
broche D, entourée d'un ressort-spiral et logée dans un canal, percé dans le clapet. 
Elle dépasse un peu le haut de la cheminée E, vissée dans le cône du clapet. 

Cinq mouvements de charge : 1° armer le chien ; 2" ouvrir; 3* enlever la douille 
vide ; 4" introduire la caiiouche ; 5« fermer. 



CARTOUCHE BOXER pour lk fusil snidkr, modèle 1805. 

IM. 4S. fig. in. 

Dans une écuelle en laiton estampée, formant fond, se trouve, fixée par un 
disque de papier comprimé, la douille, comi>osée de minces feuilles de laiton en- 
roulées, remplaçant l'enveloppe en papier, et formant ainsi un seul tout. Le fond 
renferme dans son milieu la clochette avec l'amorce et sa languette ou goupille. 
Le procédé Daw, consistant, dans le principe, à souder les feuilles de laiton de 
la douille, est modifié par Boxer, qui emploie les feuilles de laiton simplement 
enroulées et enveloppées de papier. Plus tard le bourrelet estampé de l'écuelle 
est remplacé par un disque en fer, pouV obtenir une extraction plus sûre de la douille. 
Projectile à expansion avec culot. — 

Le colonel américain Berdan présente une construction de transform^ition, qui 
est appHquée au fusil Springfiehl (se chargeant par la bouche) : 



CONSTRUCTION BERDAN, TnANSFORMAXioN AMhiRicAîNK i86fi. 

Ouvert pour la charge. . PL SS, fig. 233. 
Fermé PL »», «g. 23i. 

La partie postérieure du canon, y compris le canal de lumière, est entaillée, de 
manière à former une boîte, dans laquelle vient se loger un clapet de feimeture A, qui 
bascule autour d'une charnière dont la plaque de support est soudée et vissée sur le 
canon. 

Le clapet peut se relever en avant. Sa fermeture est assurée d'un côté par un 
petit coin C ou verrou, qu'un ressort-spiral presse dans une petite cavité ou gâche, 
ménagée à cet effet dans le fond de culasse, et d'un auti-e côté par le chien, qui en s'a- 
battant vient se poser sur la tête du levier, servant à dégager le coin. 

La percussion se produit par le choc du chien sur la tête d'une broche, entourée 
d'un ressort-spiral, et ajustée dans l'intérieur même du clapet. L'extraction de la douille 



DIX-NEUVIÈME SIÈCLE. 115 

vide est produite par Taction de deux ressorts d'extraction D et E, en communication 
Tun avec une languette en saillie sur le fond de la botte et l'autre avec un petit crochet 
fixé à la charnière. Les deux ressorts sont placés extérieurement au canon, le premier 
D à gauche, le second E au-dessous, et les deux têtes seules ressortent sur le fond de 
la boîte à clapet. 

Percussion centrale. Quatre mouvements de charge : 1" armer le chien ; 2* ouvrir 
et extraire la douille ; 3* introduire la cartouche ; 4^* fermer. — 

J.-L. Milbank (Amérique) emploie pour la transformation de fusils, se chargeant 
par la bouche, une fermeture à clapet avec coin de sûreté. Cette idée a été utilisée par 
le professeur Amsler à Schaflfhouse, et appliquée avec une exécution perfectionnée pour 
la transformation des fusils suisses, se chargeant par la bouche. 



CONSTRUCTION MILBANK, 1866. 

Ouvert .... Pi. S«, fig. 236. 
Fermé .... PI. S«, fig. 237. 

A la place de la vis de culasse se trouve une botte de culasse A, vissée au canon. 
Cette boîte supporte une charnière , autour de laquelle bascule en avant un clapet 
de fermeture B. Le clapet est fermé par un coin de sûreté C, qui pénètre jusque dans 
le fond de la botte. Le coin est retiré par une patte articulée sur sa tète. Le chien ra- 
battu couvre la patte du coin et le maintient ainsi dans sa cage. Le mécanisme de per- 
cussion et d'extraction de la douille est imparfait. 

Douille de cartouche en cuivre (percussion périphérique). 



CONSTRUCTION AMSLER, 1866-1867. 

POUR LA TRANSFORMATION DU FUSIL SUISSE DE PETIT CAUBRE. 

Ouvert .... PI. %%, fig. 238. 
Ferraé . . . . PI. »•, fig. 239. 



POUR LA TRANSFORMATION V DU FUSIL SUISSE DE GROîS CALIBRE. 

Fermé PI. »•, flg. 240. 

Vue de 1^ fermeture par devant . . . .PI. Stt, fig. 241. 
Mire à lyre de Prélaz-Burnaiid . . . .PI. Stt, fig. 242. 

La vis de la culasse et le bout coupé du canon sont remplacés par une boîte de 
culasse A, vissée au canon. Le clapet ou obturateur B s'articule à chaniière avec la 
boite et peut s'ouvrir en basculant en avant. Le coin C consolide l'obturation, en 
venant se loger, avec un mouvement circulaire, dans les angles du fond de la boîte de 
culasse. 



116 ARMES A FEU. 

Pour ouvrir il faut d'abord dégager le coin C eh le retirant au moyen de la patte 
qui y est fixée, et qui, par le même mouvement, relève l'obturateur hors de la botte. Un 
ressort d'arrêt ou frein l'empêche de retomber. Un extracteur E, auquel la vis de char- 
nière sert d'axe et dont la tête est pressée par l'obturateur, croche la douille vide, la 
retire du canon, la rejette rapidement hors de la botte par suite de l'action du ressort 
d'extracteur. 

Le mouvement de la broche dans le canal, fixé à l'obturateur, est limité par une 
embase et une vis. La tête du chien rabattu couvre la patte du coin. 

La transformation des fusils à gros calibre est basée sur le même principe. La 
patte du coin est remplacée ici par un bouton, qui sert au même but. 

Eu égard à la faible longueur des douilles, le ressort de l'extracteur a été jugé 
inutile. Douilles de cartouches pour les deux calibres en cuivre estampé avec percussion 
périphérique. 

CARTOUCHE pour le fusil suisse transformé, de petit calibre. 

PI. 4IS« fig. Î75». 

CARTOUCHE pour le fusil suisse transpoilmé, de gros calibre. 

PI. 4S, fig. 276. 

Les proportions des mélanges pour la cartouche suisse sont : 

Potidre à fusU, 

• Salpêtre 75 7o 

Soufre 11 Vo 

Charbon, grain rond N° 4 . 14 Vo 

Amorce, 

Mercure explosible ou fulminate de mercure hydraté (environ 15 % 

d'eau pour la fabrication) 400 

Chlorate de potasse , 50 

Solution de gomme (2 d'eau pour 1 de gomtne) 30 

Verre pulvérisé 200 

La solution de gomme empêche le grenage de la matière ; le verre pulvérisé ac- 
tive la combustion et Tinflammation. Le tableau des mesures donne des détails ulté- 
rieurs. 

£!omme les premières douilles de cuivre estampé à percussion périphérique, fa- 
briquées en Suisse, laissaient beaucoup à désirer, l'auteur du présent ouvrage proposa 
l'adoption du mode de percussion centrale, et pour en faciliter Tapplication il apporta 
à la fermeture Amsler les très-simples modifications nécessaires suivantes : 



DIX-NEUVIÈME SIECLE. 117 



FERMETURE AMSLER a percussion centrale de schmidt, 1867. 

PI. S«, fig. 243. 

Un canal, percé au centre de l'obturateur, renferme une broche de percussion 
à tête conique avec une embase, entourée d'un petit ressort-spiral et fixée par une 
vis. La broche, employée jusqu'à ce moment pour la percussion périphérique, est rac- 
courcie et frappe obliquement sur la tête conique de la nouvelle broche horizontale. 

Dans les fermetures neuves, on fait simplement aboutir la bi-oche au centre de la 
cartouche au lieu de la diriger sur le bord. Un ressort, fixé latéralement et d(mt la tête 
est en saillie dans l'intérieur de la botte de culasse, lu-rête le bourrelet et favorise le 
rejet des douilles, d'un métal plus tenace et d'un fond renforcé. — 



DOUILLE DE CARTOUCHE a percussion centrale. 

PI. 4IS, ng. 277. 

C'est la même construction que celle à percussion périphérique avec logement 
dans le centre du fond : de la clochette, de la goupille et de l'amorce. Le fond de la 
douille est renforcé par une doublure métaUique. Pour ne pas diminuer l'espace réservé 
à la poudre, il a fallu préférer le métal à un disque en papier comprimé. 

Malgré les résultats favorables de cette construction, il fut décidé de conserver 
la percussion périphérique, déjà adoptée et introduite, et de faire tous les efforts possi- 
bles pour la perfectionner. 

Les fermetures Amsler -exigent quatre mouvements décharge : P armer le chien ; 
2* ouvrir et extraire la douille ; 3^ introduire la cartouche ; 4* fermer. — 

La construction du colonel Berdan pour la transformation des fusils espagnols, 
se chargeant par la bouche, est tout à fait analogue à celle d'Amsler. 



TRANSFORiMATION ESPAGNOLE BERDAN, 1867. 

PI. SS, fig. 235. 

La charnière A est fixée au canon par le moyen de deux vis. Elle est articulée au 
clai>etrobturateur B qui s'ouvre en basculant en avant. Le clapet renferme la broche de 
percussion, divisée en deux parties. La partie antérieure de la broche est maintenue en 
arrière par un ressort-spiral, qui l'empêche de provoquer une percussion prématurée. 
La fermeture est opérée par un coin G, pivotant dans le clapet, et dont la tête est cou- 
verte par le chien, frappant sur la broche. Un ressort , placé dans le coin lui-même, 
provoque la fermeture, en faisant entrer celui-ci dans son encoche. Percussion centrale. 



118 ABHE8 A FEU. 

La 
DOUILLE DE CARTOUCHE pour le fusil espagnol berdas 

PI. 4», fig. 278. 

est construite en cuivre estampé, avec un fond plus solide que pour la percussion péri- 
phérique. Le fond est construit de manière à servir en même temps de clochette et de 
goupille d^amorce. 

On fabrique aussi des douilles de cette construction dans les établissements pri- 
vés de Gosselin à Charenton, Uttendôrfer à Nuremberg, Bachmann à Etterbeek, H. 
Ehrmann et C'f k Carlsnihe, Gevelot à Paris, Eley frères à Londres, Knyoch et C^* à 
Birmingham, etc. 

La douille à percussion centrale en métal estampé atteint par cette construc- 
tion la simplification considérable de ne plus exiger que deux parties : la douille et 
Tamorce. 

Arrivée à ce point de simplicité et de solidité ses avantages sui-passent de beau- 
coup les qualités de la percussion périphérique. — 

Dans les constructions neuves, le colonel Bei-dan remplace la platine ordinaire à 
percussion par un simple mécanisme à ressort-spiral. 

Ce fiisil obtiiît en Russie la préférence sur le modèle Carié. 

CONSTRUCTION BERDAN, modèle russe n" 1, 1867. 

PI. i», fig. 244. 

Au canon est vissée la botte de culasse A, séparée en deux parties, dont celle, 
qui est entaillée par le haut, sert de logement à Tobturateur B, pouvant basculer en 
avant au moyen d'une charnière, fixée à la tète de la boite, afin de dégager l'ouver- 
ture du tonnerre. 

L'obturateur renferme le percuteur et contient un extracteur, monté sur la 
charnière et dont la tête (analogue à la construction Amsler) est pressée par l'obtura- 
teur lorsqu'on l'ouvre. Par ce mouvement le crochet saisit le bourrelet de la douille de 
cartouche et la retire du canon. 

La partie postérieure de la boite de culasse contient le frappeur C avec sa tète 
en crête de chien et le ressort-spiral de percussion. 

Le frappeur, en se décrochant, pénètre dans l'obturateur et produit ainsi la fer- 
meture solide de la botte de culasse, en même temps que l'explosion de l'amorce par le 
choc sur le percuteur. 

La nécessité d'armer par un mouvement spécial et l'imperfection de l'extraction 
de la douille nuisent à la vitesse du tir. Aussi ce modèle a-t-il été remplaiîé en Russie 
en 1869, après la fabrication de 30,000 pièces, par la construction Krnka, qui elle-même 
céda le pas, en 1871, à la construction Berdan N* 2. 



DIX-NEUVIEME SIEGLE. 119 

En Autriche on ordonna, sur décret de l'empereur du 5 janvier 1867, la trans- 
formation des fusils, se chargeant par la bouche, en fusils à chargement par la culasse, 
d'après le modèle présenté par le fabricant d'armes Wftnzl. 

CONSTRUCTION WÀNZL pour la transfokmation autrichienne de 1867. 

Ouvert PI. »•», fig. 245. 

fermé PI. »■», fig UQ. 

Platine et tige de fermeture . . . PI. S9, tig. 247. 

Appareil de percussion PI. SV, fig. 248. 

t 

Au canon est vissée la botte de culasse Â, dont la charnière est articulée à Tob- 
turateur B, qui s'ouvre en se rabattant en avant. Sur Foreille gauche C de la char- 
nière, de forme excentrique, agit un ressort D, qui a pour but d'activer l'ouverture et 
la fermeture de l'obturateur, ainsi qUe le mouvement de l'extracteur E, qui, — en com- 
munication avec l'oreille excentrique de la charnière, — transmet ce mouvement accé- 
léré à la douille vide, en la retirant du canon. 

L'obturation est consolidée par une tige F, qui est crochée au bras de la noix et 
pénètre dans l'obturateur, lorsque le chien se rabat (comme dans la construction 
Storm). 

L'appareil de percussion, renfermé dans l'obturateur, . se compose d'un percu- 
teur avec un ressort-spiral G, d'une l)oîte H sur laquelle est vissé un couvercle I, qui 
protège la broche dans les exercices. 

Quatre mouvements pour la charge : 1" armer le chien ; 2" ouvrir ; 3" introduire 
la cartouche ; 4° fermer. 

En abattant l'obturateur, la cartouche doit être avancée à l'aide du pouce jus- 
qu'à ce que le bourrelet appuie contre le tonnerre. 

Douille de cartouche en cuivre estampé ; i)ercussion périphérique. Détails dans 
le tableau des dimensions. — 

Le fusil d'infanterie belge, modèle 18(57, est construit d'une manière analogue : 
CONSTRUCTION ALBINI-BRÀNDLIN , 1867. 

PI. »», fig. 249. 

COUPE DE L'OBTURATEUR. 

PI. Sif, Tig. 250. 

La partie postérieure du canon est entaillée, et on y ajuste une courte boîte de 
culasse A, qui est vissée au canon. L'obturateur B est articulé à charnière à la boîte et 
remplit l'entaille du cahon, lorsqu'il est fermé, et on ouvre en le rabattant en avant. 

La fermeture est consolidée par une tige C, reliée à la tête du chien, et que ce- 



120 ARMES A FEU. 

lui-ci, en se rabattant, fait pénétrer dans une ouverture de l'obturateur et frapper sur 
le percuteur. L'obturateur est maintenu pi-ovisoii-ement en place par une goupille ou 
piton à ressort D. 

Un extracteur E, sur lequel presse l'obturateur en s'ouvrant, est fixé sur les deux 
oreilles de la chaniière, et retire la douille vide, qu'on peut alors enlever. 

Par suite de l'imperfection de l'extracteur, qui ne rejette pas de lui-même la 
douille vide hors de la boîte, la charge exige cinq mouvements : 1" armer le chien ; T 
ouvrir; 3"* enlever la douille; 4" introduire la cartouche; 5" fermer. 

La 
CARTOUCHE POUR LE FUSIL ALRIMRRÀXDLIN, modèle. 1807, 

PI. -iS, lig. 279. 

se compose d'une douille en feuilles de laiton enroulées (d'après Boxer), dont le fond 
est garni d'une écuelle en laiton estampé, percée d'un trou au centre. 

Une mince enveloppe de laiton contient le fulminate ; elle est recouverte d'une 
petite plaque en laiton plus épaisse dont les bords s'étendent jusque dans le bourrelet et 
retiennent ainsi solidement les feuilles de laiton eni-oulées. 

La petite plaque antérieure est percée de trous, pour communiquer Tinfiamma- 
tion à la poudre. Cette cartouche, sortant de la fabrique Bachmann à Etterbeek, est 
très-pratique et très-sûre. Cependant elle ne peut servir qu'une seule fois. 

Pour empêcher le contact direct de la poudre avec le métal, la douille reçoit une 
doublure intérieure en papier mince. 

Détails dans le tableau des dimensions. 



Pour la transformation des fusils français de gros calibre se chargeant par la 
bouche, on adopte la construction anglaise Snider, avec quelques légères modifications, 
visible.s dans le dessin, apportées par l'armurier français Schneider. 

TR.\NSFOBMATION FRANÇAISE D'APRÈS SNIDER, mooélk 1868. 

PI. st, fig. ââo. 

C'est ce qu'on appelle proprement le < fusil à t<éatière, > 

La 

CARTOUCHE pour ce fusil 

PI. 4IS, fig. 380. 

est une cartouche à percussion centrale, construite, dans le principe, en fort papier (car- 
ton), et plus tard en laiton estampé avec une écuelle de fond ; au centre la clochette, 



DIX-NEUVIÈME SIÈCLE. 121 

avec amorce et languette ; un disque en papier comprimé relie entre elles toutes les 
parties de la douille. 

Projectile à expansion, sans culot. 



Une fermeture à clapet plus pratique est celle du lieutenant-colonal belge Ters- 
sen, appliquée aux fusils des carabiniers belges (carabines) : 

CONSTRUCTION TERSSEN, modèle belge 1868. 

PI. S8, fig. 251. 

FERMETURE, vue de dessus. 

PI. S8, fig. 252. 

Elle se distingue essentiellement de la fermeture Âlbini-Brândlin dans les points 
suivants : une plus longue boîte de culasse A est vissée au canon; le percuteur, d'une 

4 

seule pièce, débouche directement sur le centre du fond de la cartouche ; une forte tige 
de fermetures, entourée d'un ressort-spiral, se meut au centre de l'obturateur et pénè- 
tre, en fermant, dans une cavité, qui lui est ménagée dans le fond de la boîte de culasse 
et dans laquelle elle est maintenue par son ressort. Pour ouvrir l'obturateur, on tourne 
d'abord légèrement le bouton, dégageant ainsi la tige B de sa gâche, et par le même 
mouvement on rabat complètement Tobturateur en avant sur la surface clu canon. 



Reilly-Comblain (Angleterre) construit en 1868 une fermeture à clapet pour la 
transformation des fusUs se chargeant par la bouche. 

Dans ce modèle, la percussion de l'amorce se produit au moyen du choc du chien 
d'une platine ordinaire à percussion. La nécessité d'un mouvement spécial pour armer 
le chien n'existe plus, vu qu'il est réuni au mouvement qu'on exécute pour ouvrir. 

CONSTRUCTION REILLY-COMBLAIN, modèle 1808. 

PI. S8, fig. 253. 

Une boîte de culasse A est vissée au canon. Dans cette boîte se loge l'obtura- 
teur B, dont la partie antérieure est embrassée par la tête de la boîte, lorsqu'elle 
eat fermée. 

• 16 



122 ABME8 A FEU. 

La partie postérieure de l'obturateur est reliée à la boîte et au levier D par 
une solide articulation G et un axe. 

. En relevant le levier, le chien est ramené en arrière et armé, l'obturateur se 
recule d'abord un peu et se dégage de la tête de la botte (au moyen du bras de l'arti- 
culation et d'une pression de ressort), puis il se dresse hors de la botte. 

Un extracteur semi-circulaire, ajusté verticalement et faisant ressort, se dégage 
de sa position tendue, aussitôt que l'obturateur est ouvert par l'action d'une petite 
. tige de bielle, mobile dans le fond de la boîte, et rejette au dehors la douille vide. 
L'obturateur renferme le percuteur et son ressort-spiral. — 

Après une suite d'expériences relatives à la transformation, aussi bien qu'à une 
nouvelle fourniture dé fusils d'infanterie, on adopta, en 1869, en Russie, la construction 
de l'Autrichien Kmka. 

CONSTRUCTION KRNKA, modèle russe 1869. 

PI. 4IS, fig. 297. 

FERMETURE, vue de dessus. 

PI. 4S, fig. 298. 

Une boîte de culasse A (en bronze) est vissée au canon. L'obturateur B s'ouvre 
sur le côté gauche ; il est légèrement conique, pour en faciliter l'ouverture, et il ren- 
ferme le percuteur. La platine ordinaire à percussion est conservée. 

Cette construction présente l'avantage d'une très-courte boîte d'obturateur en 
faveur de la longueur du canon. 

La cartouche, appliquée à ce modèle, est la 

CARTOUCHE A PERCUSSION CENTRALE DE BERDAN. 

PI. 4S, Pig. 281. 

Douille en laiton estampé avec un double fond (d'après Gosselin et Uttendôrffer). 
Projectile d'expansion sans culot. Détails dans le tableau des dimensions. — 

En l'année 1868, l'Autriche adopta hussi, pour un nouvel armement de l'infante- 
rie, une obturation à bloc tournant, tout en conservant la platine ordinaire ii percussion. 

CONSTRUCTION WERNDL, modèle autrichien de 1868. 

PI. S9, fig. 256. 
Vue de dessus. — PI. S9, fig. 357. 

Une botte de culasse A est vissée au canon ; elle renferme le bloc-obturateur B, 
mobile autour d'un axe et fixé dans sa mortaise pratiquée dans la plaque de fond G, 



DIX-KEUVIÈME SIÈCLE. 123 

Tobturateur et la plaque sont taillés légèrement en cône, de sorte qu'en tournant Tob- 
turateur, celui-ci s'écarte de Torifice du canon. 

Le ressort D, placé sur la queue de culasse, agit sur la tête excentrique de Taxe 
de l'obturateur, et accélère les mouvements d'ouverture et de fermeture de la botte. 
En ouvrant, l'extracteur à deux bras F retire la douille vide et la rejette au dehors. 

Le chien de la platine renversée à percussion frappe sur le percuteur qui est 
logé dans l'obturateur, entouré d'un ressort-spiral et dont le mouvement de recul est 
limité par une vis d'arrêt. 

Quatre mouvements pour la charge: 1* armer le chien; 2* tourner l'obturateur et 
extraire la douille vide ; 3* introduire la cartouche ; 4° tourner en arrière l'obturateur. 
Mire à gradins et à échelons. Les angles de visée sont : 

sur pas: 100 200 300 400 500 600 700 ,800 900 1000 1100 1200 
0, I, II : 0,!«,24 «,29,5 0,39,35 0,31,41 1,S,23 1,20,37 1,37,261,55,51 2.15,49 2J7,!1 3,e,29, 3,25,11- 

Détails ultérieurs dans le tableau des dimensions. 

La 

CARTOUCHE POUR LE FUSIL WERNDL 

« 

PI. 43, fig. 2S2. 

est composée d'une douille de cuivre estampée à percussion centrale. La capsule 
d'amorce est en deux parties; l'amorce proprement dite, en forme d'entonnoir, renfer- 
mant V le fulminate, et dont le petit tube entre exactement dans le canal de lumière, 
dans la cavité du fond de la douille ; 2'' la doublure, qui entoure et recouvre en arrière 
le fulminate de l'amorce. 



g. Fannetiire m bl#c«« 

Dans le système de fermeture à blocs on distingue les constructions à bloc verti- 
cal et à Uoc^bascule, et on peut aussi considérer comme faisant partie de ce système 
les fermetures à disques de chien ; car dans ce cas la pièce de fermeture est bien une 
espèce de bloc qui produit l'obturation du canon, mais seulement dans une autre 
position que d'ordinaire, et dont la fermeture est consolidée d'une manière différente 
que dans la plupart des cas. 

L'emploi de ce système, et plus particulièrement celui du mouvement vertical 
du bloc, se retrouve déjà dans les temps reculés ; ainsi au XVP" siècle on l'appliquait de 
divei-ses façons k de petits canons et à des fusils de rempart (voir page 95). 

Sharps (Amérique) prit déjà en 1842 un brevet d'invention pour une fermeture à 
bloc vertical (fig. 190-191), qui plus tard, par la découverte de l'unité de cartouche 



124 ARME8 A FEU. 

obturatrice, parut essentiellement pratique et fut utilisée de diverses parts, entre 
autres en 1867 par Freuler, armurier à Glaris, avec quelques simples modifications 
dans la percussion. 

Les fermetures à bloc-bascule et à disque de chien sont des inventions plus 

nouvelles. 

Ici encore les Américains marchent en avant dans les perfectionnements de la 
mécanique, et ils devancent les habitants du continent par leurs constructions ingé- 
nieuses et si mécaniquement pratiques jusque dans leur application aux armes à feu por- 
tatives. — 

Starr, Yonkers N. Y. fait patenter en 1858 une fermeture à bloc d'une construc- 
tion très-simple et très-solide. 



COiNSTRUCTIOX STARR (Amérique), 1858. 

Ouvert PI. 4%, fig. 358. 

Fermé .... PI. #•, fig. 259. 
Fermeture. PI. 4By fig. 260. 

Une botte de culasse A, vissée au canon, sert de logement au bloc-obturateur 
B et relie les deux parties de la monture (Le fui et la crosse),- la platine à percussion et 
les garnitures, de manière à en former un seul tout convenablement solide. 

Le bloc-obturateur est en deux morceaux, et par le moyen de la longue branche 
G du pontet il peut glisser verticalement dans la botte. La partie antérieure, qui 
sert d'obturateur au canon, pivote autour de la vis de sous-garde, pendant que la partie 
postérieure suit le mouvement, reliée qu'elle est par une articulation, et lorsqu'on 
ferme, elle vient s'appuyer comme un coin derrière la partie antérieure. De cette façon 
le percuteur doit aussi être composé de deux parties. Un extracteur, embrassant le tiers 
de la périphérie de la douille, est entraîné, lorsqu'on ouvre, par le mouvement circu- 
laire de la partie antérieure du bloc, retire la douille vide et, par Teflfet d'un ressort- 
spiral agissant sur lui, reprend sa place dans le plan du fond de la douille. 

Quatre mouvements pour la charge : 1* armer le chien ; 2* ouvrir ; 3* introduire 
la cartouche ; 4* fermer. Comme la douille vide n'est pas toujours tout à fait rejetée au 
dehors, il arrive en conséquence qu'un cinquième mouvement est souvent nécessaire. 

Douille de cartouche en cuivre estampé (percussion périphérique) ; calibre de 
l'arme 13"'",2 ; 5 rayures à base concentrique, largeur 4"" profondeur 0"",2, pas, 1 tour 
sur'llOO' 



Peabody (Amérique), fait patenter sa fermeture à bloc-bascule, le 22 juillet 
1862, 



DIX-NEUVIÈBIE SIÈCLE. 125 



CONSTRUCTION PEABODY, 1862. 

Fermé PI. 4t, fig. 265. 

Ouvert PI. 4t, fig. 266. 

Vu de dessus. PI. 4t, fig. 267. 



La botte de culasse A, vissée au canon, sert de logement au bloc-obturateur, 
qui glisse entre ses parois. Les deux parties de la monture sont reliées solidement à 
la botte, le fût au moyen de tenons, la crosse au moyen de tenon et de la tige taraudée 
de crosse; Técusson de sous-garde, la platine et la contre-platine complètent la liaison 
solide de ces diverses parties. 

Le bloc-bascule B (obturateur) est évidé dans sa partie supérieure en une sur- 
face concave ; il bascule de haut en bas et de bas en haut autour d^une vis comme axe 
sous l'impulsion du pontet coudé G, dont la petite branche vient se crocher dans les 
deux griffes du bloc. Sur la joue droite de celui-ci, dans une rainure ménagée à cet ef- 
fet, se loge et glisse le percuteur D, dont le mouvement est liinité par une goupiUe 
d'arrêt, gUssant dans une cavité ovale ou fraisure. 

Une pièce d'arrêt E est fixée au bloc par une vis et pressée sur un rouleau G 
par le ressort d'arrêt F. Les deux cavités de la pièce d'arrêt accélèrent le mouvement 
du bloc. 

L'extracteur H en levier coiidé pivote autour de sa vis comme axe, fixée dans 
son angle ; la grande branche s'applique devant le bourrelet de la cartouche. En rabat- 
tant le coin, celui-ci frappe fortement sur la petite branche de l'extracteur, qui retire 
vivement la douille de la cartouche, et la rejette au dehors. 

La platine à percussion renversée est séparée de l'appareil de fermeture et en- 
castrée dans la crosse (poignée). 

Quatre mouvements pour la charge : armer le chien, ouvrir, introduire la car- 
touche, fermer. 

Détails ultérieurs dans le tableau des dimensions. 

Douille en cuivre à percussion périphérique. 

Cette arme, si simplement et si ingénieusement construite, constitua, pendant la 
guerre d'Amérique (1861-1865), l'armement très-estimé de quelques corps de troupes 
et fut introduite dans plusieurs États (au moins d'une façon transitoire). Sur le rapport 
du capitaine d'état-major vonMechel, qui fut envoyé dans l'Amérique du Nord au prin- 
temps de 1867 avec le mandat de chercher à acquérir une provision de fusils se char- 
geant par la culasse, le Conseil fédéral suisse décréta l'acquisition de 15,000 fusils Pea- 
body, dont le contrôle- fut confié à M. von Mechel lui-même, ainsi que l'achat de deux 
mitrailleuses Gatling et d'une série de machines pour la fabrication des douilles de 
cartouches métalliques. — 

I 

Les fusils américains Peabody de la < Providence Tool Company > ont un calibre 



126 ÂBME8 A FEU. 

de 12'"'",8, 3 rayures à base concentrique, deux fois aussi larges que les pleins, d'une 
profondeur de 0"'',25, et avec un pas d'un tour sur 750"" ; poids du projectile 25"; 
charge 3",8 de poudre comprimée. Longueur de l'arme 1",310 ; poids 4*',400 sans 
yatagan.— 

Charrin (Belgique) établit en 1865 une fermeture à bloc à mouvement vertical. 



CONSTRUCTION CHARRIN (Belgique), 1865. 

PI. as, fig. 254. 

Dans la botte de culasse A, vissée au canon, se meut verticalement un bloc- 
obturateur B. Dans la charnière du bloc pivote le pontet coudé G avec ses deux bras. 
Le bloc est retenu dans sa position supérieure par la tête du ressort D, relié par une 
vis à la botte. Cette position est du reste solidement garantie par la surface du levier. 

Un second ressort E facilite également la descente verticale régulière du bloc et 
le maintient dans cette position. Eii rabaissant le pontet, qui relève un de ses bras F, 
le bloc descend ; en même temps le second bras G du levier ramène en arrière la 
branche H du percuteur avec le ressort de détente (ressort-spiral) et la griffe de 
détente I se croche dans le cran de la branche du percuteur. 

Douille de cartouche d'après Lancaster avec goupille d'extraction, semblable à 
la fig. 273, 

MIRE A COULISSE DE CHARRIN 

PI. ZH, fig. 255. 

embrasse comme un ressort les deux faces latérales du canon et peut se glisser le long 
de ses flancs. 



Une fermeture à bloc, pour laquelle ce dernier se relève au lieu de s'abaisser, 
lorsqu'on ouvre, a été construite par Cochrans (Amérique). 

CONSTRUCTION COCHRANS (Amérique), 1866. 

Ouvert.... PI. 41, fig. 263. 
Fermé.... PI. 41, fig. 264. 

Le bloc et le pontet, formés d'une seule pièce B, pivotent dans la boîte A. 
En rabaissant le pontet, on relève le bloc et l'on ouvre. 
La douille vide est extraite par un mouvement spécial, que Ton imprime sur le 
bout du levier C. La bielle D, articulée à l'extracteur E, est ramenée en arrière par le 



DIX-XEirVTKME SIÈCLE. 127 

mouvement rotatoire imprimé au levier C, et la douille de cartouche, retirée du canon, 
tombe par l'ouverture du bas. 

La queue de la bielle, qui fait ressort, agit sur le levier G, et le ramenant en 
avant, pousse Textracteur dans le plan de la cartouche. Le mouvement du pontet est 
limité par sa queue, qui fait ressort et glisse dans la rainure E. 

Platine à percussion d'après Flobert. Percuteur avec ressort-spiral et vis d'arrêt 
renfermée dans le coin. 

Dans le principe on employait avec cette arme des cartouches à percussion péri- 
phérique (douille de cuivre) ; mais plus tard on se servit des douilles métalliques à 
percussion centrale de Daw. 

Le jugement, porté sur cette construction par les généraux Grant et Hancock, 
était favorable. Néanmoins l'extraction spéciale de la cartouche exige un quatrième 
mouvement de charge. 



p"'^ ^— "^^^ *i • 



Remington à New- York prit un brevet d'invention, en 1864 et 1866, pour sa fer- 
meture à double chien. 

CONSTRUCTION REMINGTON , N. Y. U. S. 

PI. 4t, fig. 368. 
Fermé. — PI. 4t, fig. 269. 

Dans la botte de culasse A, vissée au canon, se meuvent deux chiens, placés l'un 
derrière l'autre autour de deux axes très-solides. Le chien antérieur B sert d'obtura- 
teur au canon et renferme le percuteur. Le chien postérieur C s'appuye contre le pre- 
mier et complète l'obturation par le fait que son disque se glisse au-dessous de lui. Le 
chien C frappe sur le percuteur, qui produit l'explosion de l'amprce. 

Lorsqu'on arme le chien et que par conséquent on ouvre le canon, l'extracteur 
D en retire la cartouche ou la douille vide, de*sorte qu'on peut l'enlever facilement. 

Le fusil Remington trouva son emploi dans la guerre d'Amérique, et U fut aussi, 
avec de légères modifications, introduit en Suède, en Norwége, en Danemark, en Es- 
pagne et en Grèce, pays dans lesquels la cartouche à percussion centrale eut plus tard 
la préférence sur celle à percussion périphérique, eu égard à la garantie plus durable 
d'une bonne fermeture. 

La Suède possédait en 1872 110,400 fusils Remington, qui, à l'exception de 
10,000 pièces et de 20,000 appareils de fermeture achetés en Amérique, sortaient tous 
des fabriques suédoises d'armes d'Eskilstuna et de Husqvama. 

L^ montures américaines sont en noyer et celles de Suède en bois de bouleau. 

CARTOUCHE POUR LE FUSIL SUÉDOIS REMINGTON. 

PI. 4a, fig. 283. 

Douille en cuivre à percussion périphérique ; projectile plein avec trois rainures à 
graisse. 



128 ASMKB A FEU. 

De même que celui-ci le fusil norwégien Remington est du calibre de 12*". 

Les modèles danois et espagnols par contre sont du calibre de 11""; douilles d'a- 
près Boxer à percussion centrale ; projectile plein avec trois rainures à graisse, diamè- 
tre 11"",5, poids 22'',3; charge de poudre 4''; poids de la cartouche entière 36'%5; 
entre la base du projectile et la poudre un disque en carton. 

Pendant le cours de la guerre franco-allemande, la garde-mobile française fut 
aussi armée en partie de fusils Remington du calibre de 11"". 

Douilles en laiton estampé ; percussion centrale ; projectile Chassepot. 



Yenks (Amérique) utilise la fermeture à chien d'une autre façon. 

CONSTRUCTION YENKS, 1867. 

Ouvert PI. 44, fig. 292. 

Fermé PI. 44, fig. 293. 

Vuedede<«sus. PI. 44, fig. 294. 

Le chien est divisé en trois parties, dont deux avec crêtes cannelées. 

Autour du fort axe-cylindre, fixé dans la botte de culasse A, vissée au canon, 
pivotent le chien de percussion B et le chien C, muni de la tête d'obturateur et 
du percuteur ; dans le chien C se meut autour d'une vis comme axe le chien d'arrêt 
D, qui assure et consolide la fermeture, par le fait que, lorsque le mécanisme 
est fermé, il s'appuie, pressé par un ressort-spiral, contre le fond postérieur de la 
botte de culasse. On peut armer le chien de percussion par le même mouvement, qui 
ouvre la boîte, parce que le chien de percussion, reposant derrière la tête d'obturateur, 
sera ramené en arrière en même temps que celle-ci, ce qui épargne un mouvement 
spécial. 

En ouvrant, l'extracteur E retire la douille hors du canon, et, comme le mouve- 
ment imprimé est rapide, il la rejette au dehors. 

Sans mouvement spécial (ce qui rend l'ouverture un peu plus difficile), ce fiisil 
n'exige que trois mouvements pour la charge : 1° ouvrir, armer et extraire ; 2** intro- 
duire la cartouche ; 3" fermer (le chien de percussion restant armé). 

Dans les essais faits en Suisse, l'Américain qui présenta cette arme obtint, par 
une certaine habitude acquise, une assez grande rapidité de tir. 

La surface d'obturation paraît être d'une durée trop faible, surtout avec l'emploi 
des délicates cartouches à percussion périphérique pour cette construction-là. 



Au concours d'armes suisses, en 1866, les frères Pfyffer à Luceme fournirent un 
modèle très-original pour la transformation en fusils, se chargeant par la culasse, des 
anciens fusils à charge par la bouche. 



DIX-NEUVXRME SIÈCLE. 129 

CONSTRUCTION PFYFFER, i866. 

Ouvert. . . PI. 41, fig. 261. 
Fermé. . . PI. 41, fig. 262. 

Une pièce de culasse A remplace la vis de culasse avec le canal de lumière et est 
reliée à crochet à la queue de culasse B, qui tient lieu de bascule. 

Un obturateur vertical C, glissant dans les rainures directrices de la pièce de 
fond, et empêché par cçlles-là de tout mouvement de recul, ouvre et ferme l'entrée du 
canon. Cet obturateur est en communication avec le chien au moyen du levier D et de 
l'excentrique E ; de plus il se relève par la pression du ressort de levier F. 

En armant le chien, le levier D fait descendre l'obturateur, et, en continuant le 
mouvement, il appuie sur l'extracteur G, qui retire la douille vide (cartouche) hors du 
canon, et, si le mouvement s'exécute vivement, la rejette au dehors. 

Lorsqu'on a introduit la cartouche, le chien, en se rabattant, fait remonter 
l'obturateur, qui ferme ainsi Touverture du canon et le percuteur à crochet H frappe 
avec sa pointe contre le bourrelet de la cartouche, aussitôt que l'obturateur est tout 
à fait remis en place et que la fermeture est complètement rétablie. 

Le mouvement spécial pour fermer est ainsi épargné, et cette construction n'e- 
xige que trois mouvements pour charger et rendre l'arme prête au tir. Il manque un 
cran de |ûreté, qu'il serait facile d'établir. 

Le danger d'une explosion prématurée, dans le cas oii la cartouche à percussion 
périphérique ne serait pas complètement introduite à sa place' dans la chambre peut 
être évité par l'emploi d'une percussion centrale. 



Henry à Edimbourg utilise la construction de son fusil à répétition pour des ar- 
mes à charge simple avec obturation verticale d'une disposition très-peu compliquée. 

Ce fusil fut présenté à l'Exposition universelle de Paris en 1867, et plus tard il 
fut encore notablement amélioré et. simplifié par l'abandon de la platine à percussion 
ordinaire, remplacée par un appareil de percussion très-simple, par lequel le mouve- 
ment spécial pour armer le chien est supprimé. 

CONSTRUCTION HENRY A EDIMBOURG (charge simple), modèle 18.70. 

PI. 44, fig. 295. 

Dans la boite de culasse A, vissée au canon, glisse un bloc-obturateur vertical B. 
En abaissant le levier de pontet C, le chien et le ressort de percussion se trouvent armés; 
en continuant le mouvement, le levier D du bloc et, du même coup, le bloc lui-même sont 
rapidement descendus. En même temps le coin frappe fortement sur le petit bras de 
l'extracteur E, disposé en levier coudé, et la douille vide est retirée et rejetée au dehors. 

Une fois la cartouche introduite, le levier de pontet est relevé et fermé. 

Cette construction n'exige donc que trois mouvements pour la charge. — 

17 



1.% ARMC8 A FEU. 

Burton (Angleterre) construit en 1868 un fusil à charge simple avec obturateur 
à bascule (vers le bas). 

Eu égard à sa ressemblance avec la fermeture du fusil à répétition Spencer, nous 
nous abstiendrons d'en donner ici une description détaillée. — 

Comblain (Belgique) construit une fermeture à bloc-obturateur vertical d'une 
disposition très-simple. Cette construction est adoptée en Belgique en 1870 pour l'arme- 
ment de la < garde civique. > 

CONSTRUCTION COMBLAIN, 1870. 

Ouvert PI. 45, Hg. 299. 

Ouvert, vue de dessus. PI. 4&, fig. 300. 
Fermé PI. 4S, fig. 301. 

Une botte de culasse A, réunit ensemble le canon, le furet la crosse, et renferme 
l'obturateur et le mécanisme de percussion, qui ne sont fixés dans la boite que par une 
seule vis B. 

En abaissant le levier de pontet C le chien et le ressort de percussion, — logés dans 
la rainure D, — sont armés, le bloc-obturateur E ramené vers le bas, et, à la fin de ce 
mouvement, l'extracteur semi-circulaire retiré en arrière, ce qui a pour objet, si le mou- 
vement est rapidement et vivement exécuté, de rejeter hors de la boîte la docile vide. 

Aprfes Tintroduction de la cartouche, on relève le levier et alors l'obturation du 
canon est rétablie. L'arme est prête au tir avec trois mouvements de charge. 

Cette construction est très-simple et solide. 

Les pièces de la fermeture qui, dans le principe, étaient faites en bronze, furent 
par la suite construites en fer. 

Détails dans le tableau des dimensions. — 

L. Kœstli, armurier à Altstaetten (Suisse), réunit l'obturation verticale à un ap- 
pareil de percussion en spirale, qui s'arme par le moyen de plans inclinés. 

CONSTRUCTION KvESTLI, 1871. 

PI. S4, Ag. 351. 
Vue de dessu». — PI. S4, fig. 352. 

La boîte de fermeture A, ayant la forme d'une queue de culasse à bascule, est 
vissée au canon et reçoit sur le côté droit la boîte, contenant l'appareil de percussion, 
le percuteur et le ressort, maintenus en place par le couvercle à vis et tête d'écrou. 

Le bloc-obturateur B glisse verticalement dans la tête de la boîte sous l'impulsion 
du levier de pontet C, dont la vis D se fixe dans un trou ovale du pied de l'obturateur. 

Fonctiom, 

En abaissant le levier de pontet C, l'obturateur B descend ; le percuteur E et 
sop ressort sont repoussés en aiTière et aimés par le fait de la pression du plan incliné 



DIX-NEUVIEME SIECLE. 131 

de la tête de l'obturateur sur le percuteur, et la gâchette F croche dans le cran de ce 
dernier. Lorsqu'on a exécuté ce premier mouvement, nécessaire pour armer, on le ter- 
mine plus vivement, et l'extracteur G, dont la queue coudée glisse dans une rainure de 
l'obturateur, reçoit un choc qui produit le rejet de la douille hors de la botte. Un grain 
de percussion H, ou pointe mobile du percuteur,, glisse librement dans l'obturateur et 
reçoit le choc du percuteur, qui produit l'explosion. — 

Werder, J.-L., directeur de l'établissement v. Kramer-Klett à Nuremberg, con- 
struisit en 1868, un fusil à bloc-obturateur à bascule, qui fut introduit en 1869 en 
Bavière sous le nom de fusil d'infanterie bavarois, modèle 1869. 

CONSTRUCTION WERDER, modèle i869. 

Ouvert PI. 46, «g. 303. 

Boite de culasse. . PI. 46, fig. 304. 

Platine désarmée. PI. 46, Ag. 305. 

Platine armée. . . PI. 46, fig. 306. 

Au canon est vissée la boite (fig. 304), qui renferme la platine (obturateur et mé- 
canisme de percussion), fig. 305/6. 

La plaque ou joue gauche de la platine, contient tous les pivots autour desquels 
les diverses pièces du mécanisme se meuvent, tandis que la plaque de droite sert de 
contre-platine. 

On fait descendre le bloc pour ouvrir en pressant sur la petite languette B, et 
on le fait remonter pour fermer en armant le chien G. 

F(yi\d\ons, 

Après une décharge, le doigt fixé à la détente opère un léger mouvement en 
avant, et lorsqu'on presse sur la languette B l'appui du bloc-obturateur se dérobe sous 
lui, et le bloc, pressé par son ressort D, s'abaisse rapidement, en frappant contre l'ex- 
tracteur coudé E, qui retire la douille vide et la rejette au dehors. 

Après avoir introduit la caiix)uche, on arme le chien, qui, par le moyen du rou- 
leau articulé F, remonte l'obturateur, ferme la tranche du canon et arme le ressort de 
percussion G. 

Le bec de détente, pressé par le ressort de détente H — (qui sert en même 
temps de ressort d'extracteur) — se croche dans le cran du chien, dont il se dégage par 
la pression sur la détente I, pour abattre le chien ; celui-ci frappe sur un percuteur K, 
qui est logé dans l'obturateur avec son ressort-spiral et qui vient frapper sur l'amorce, 
placée au centre du fond de la cartouche. 

En dévissant la vis du pontet, en reculant et enlevant l'écusson de sous-garde L, 
on peut très-aisément retirer par le haut tout le mécanisme, en ayant soin de retirer 
un peu l'extracteur en arrière, et toutes les pièces de la platine se démontent sans au- 
cun instrument. 

Trois mouvements pour la charge : ouvrir, introduire la cartouche, fermer 

Détails dans le tableau des dimensions. 



132 ARME8 A FEU. 



CARTOUCHE POUR LE FUSIL BAVAROIS WERDER. 

PI. 49, iig. ^4. 

Douille en laiton estampé ; percussion centrale. La construction du fond de la 
douille présente le logement et la pointe pour Tamorce. Une petite plaque de laiton 
renforce le fond. 

L'excellente exécution de ces douilles de la fabrique de cartouches d'Uttendœrf- 
fer à Nuremberg permet T usage réitéré de la même douille par le seul et facile rempla- 
cement de Tamorce. L'auteur de cet ouvrage s'est servi jusqu'à cinquante fois de la 
même douille, sans que celle-ci eût encore été mise hors d'usage. 

Pendant la guerre franco-allemande quatre bataUlons bavarois furent armés de 
ce fusil (les autres troupes avaient le fusil transformé Fodewils, modèle 1867), et cette 
arme s'est toujours admirablement bien comportée. 



Une construction analogue fut confectionnée par l'armurier R. Stahl à Amberg, 
en 1869. 

CONSTRUCTION STAHL, 1869. 

PI. 4», fig. 307. 

Ici encore les pièces de la platine pivotent autour des petits axes du corps de 

platine. 

La queue de l'obturateur A s'étend vers le bas jusque dans le pontet. 

En appuyant sur la languette B, le pousseur G relève d'abord le chien D, et le 
percuteur E, dégagé de la pression de la tête du chien, est ramené en arrière par la 
glissière F, dont le bras est relié à la languette, et qui est pressée par la surface 
courbe de l'obturateur. En continuant le mouvement un peu plus vivement, le bloc-ob- 
turateur descendra tout à fait, et la partie saillante heurtant sur la grande branche de 
l'extracteur coudé G, celui-ci descellera d'abord la douille, et le renflement b de l'obtu- 
rateur, en frappant sur l'extracteur, fera lancer la douille vide hors de la botte. Pen- 
dant ce temps, le chien sera tout à fait armé et le bec de la détente H crochera dans le 
cran de la noix ou du chien. 

Le ressort I du pousseur règle l'engrenage du pousseur dans le cran du chien. 



L'obturation à bloc-bascule a été utilisée d'une manière aussi simple que 
pratique dans la construction de Martini de Hongrie, établi à Frauenfeld (Suisse). Au 



DIX-NEUVIEME SIÈCLE. 133 

concours suisse de 1865, il fournit déjà un fusil qui, combiné avec le système Peabody, 
fut modifié en une construction Martini-Peabody. Dans cette construction, le levier du 
bloc est rendu indépendant du pontet ; ensuite le simple appai-eil de percussion à res- 
sort-spiral, renfermé dans Tobturateur lui-même (ce qui fit abolir la platine à percus- 
sion), conduisit à la construction Martini. 

En appliquant à cette arme les dispositions du canon et le projectile Henry, on 
rintroduisit en Angleterre sous la dénomination de fusil Henry-Martini, modèle 1871. 

Le Portugal et la Turquie adoptèrent aussi ce fusil pour le nouvel armement de 
rinfanterie. 

CONSTRUCTION MARTINI-HENRY, modèle anglais de 1871. 

PL 41, 6g. 308. 
Bloc- obturateur et mécanisme de percussion . PI. 4V, flg. 300 et 310. 
Coupe de Tobturateur PI. 4V, fig. 311. 

Une botte de culasse  réunit ensemble le canon, le fût et la crosse et contient 
le bloc-obturateur et le mécanisme de percussion. 

En abaissant le levier C les deux bras de support quittent les surfaces d'appui 1 
de l'obturateur B et s'encastrent dans les encoches 2 de celui-ci. Cela a pour effet la 
bascule rapide de l'obturateur autour de son axe et sa chute dans la botte, oii il vient 
frapper sur la pédale de l'extracteur D, dont la fourchette retire la douille et la rejette 
hors de la botte. 

En même temps le bras de la noix E pousse en arrière le percuteur F avec son 
ressort-spiral et le ressort de détente G, pressant sur celle-ci, fera crocher le bec de la 
détente dans le cran de la noix, de sorte que l'appareil restera ainsi armé jusqu'à ce 
qu'on appuie sur la détente. 

Après l'introduction de la cartouche on relève le levier, le percuteur reste armé 
et les bras de support du levier se replaceront sous les surfaces d'appui de l'obtura- 
teur pour assurer l'obturation. 

L'aiguille I, reliée avec le crochet de tension de la noix, indique, selon sa posi- 
tion, si l'appareil de percussion est armé ou non. 

Le bouton K, en communication avec un ressort d'arrêt, glissant à l'intérieur 
du fond de la botte, et dont la tête le pousse dans une encoche de la détente, sert de 
cran de sûreté. 

La crosse est reliée à la botte au moyen d'une forte vis. Le fût dont le tenon pé- 
nètre dans la botte de culasse, est garanti contre un mouvement en avant par un autre 
tenon soudé au canon. 

L'anneau du haut est muni d'un crochet pour maintenir solidement le yatagan^ 

YATAGAN POUR LE FUSIL ANGLAIS, modèle 1871 (martini-henry). 

PI. It, fig. 72. 

La disposition des rayures du fusil Henry présente une coupe polygonale. 



134 ABMES A FEU. 



CONSTRUCTION DES RAYURES HENRY. 

PI. 16, iig. 13â. 

La cartouche avait, dans le principe, une longueur de 97"", ce qui rendait la 
charge et l'extraction de la douille assez difficiles. Elle fut réduite à 80-", et reçut alors 
par Taugmentation de diamètre du corps de la cartouche, la forme d'une bouteille. 

CARTOUCHE BOXER POUR LE FUSIL ANGLAIS, modèle 1871. 

PI. 4a, fig. 285. 

Percussion centrale ; douille en feuilles de laiton enroulées ; fond renforcé avec 
doublure en laiton estampé et garni de papier comprimé ; disque en fer pour l'extrac- 
tion, recouvert d'une couche de laque. 

Le fusil Martini-Henry est prêt pour le tir avec trois mouvements de charge. 

Ce modèle anglais paraît peu maniable comme arme d'estoc et de taille, avec 
son lourd yatagan, planté au bout du canon et sa mire embarrassante. 

Détails ultérieurs dans, le tableau des dimensions. 



R. Stahl, armurier à Suhl, construisit en 1873, une fermeture à bloc-bascule, 
dans laquelle il utilise la prolongation du bloc comme levier, dans le genre de Gochrans 
1866 (PI. 41, fig. 263/64) et de Walker Money 1869. 

Tandis que Cochrans «e seit du bloc prolongé comme d'un levier et en même 
temps de pontet, et que le bloc-obturateur, en ouvrant, se relève au-dessus du plan 
d'obturation, Walker Money, par contre, emploie le prolongement de l'obturateur pour 
abaisser celui-ci au-dessous du plan d'obturation, lorsqu^on ouvre, de manière que le 
levier se trouve en haut et se ferme en s'appliquant sur la surface supérieure de la 
crosse. 

Dans la construction Stahl la queue du bloc-obturateur, servant de levier, vient 
se crocher sur le côté droit de la crosse. 

CONSTRUCTION R. STAHL. 

PI. 44, fig. 307». 

La boîte de culasse est semblable à celle de la construction Werder, ainsi que le 
ressort de percussion et la disposition générale des pièces du mécanisme. 

Fotidions : 

En relevant le levier A, on abaisse l'obturateur B au-dessous de l'ouverture du 
canon, tout en frappant sur l'extracteur coudé C, à levier coudé, qui rejette la douille 



DlX-NEîIVIÈMR StECLE. 135 

vide hors de la boîte, pour autant que le mouvement soit opéré vivement et vigoureuse- 
ment. Le tenon du percuteur D glisse sur le crochet E delà détente; celui-ci, pressé par 
le ressort de détente F, qui sert en même temps pour l'extracteur, croche le tenon du 
percuteur, de telle sorte, qu'en fermant l'obturateur, le percuteur doit rester en 
arrière, et armer ainsi le ressort de percussion G. Après avoir fermé, le bout du levier 
de l'obturateur vient se placer dans le crochet H. — 

Dodge, Amérique, améliore en 1871 la fermeture Remington, qui laissait à dési- 
rer, surtout dans la partie supérieure du fond de l'a cartouche, quant à la durée d'une 
bonne obturation à cause de son appui indirect et trop bas. 

CONSTRUCTION DODGE, amériquk, 1871. 

PI. 48, fig. 296. 
Vue de dessus. — PI. 4H, fig. 296». 

t 

Le chien-obturateur, au lieu de s'appuyer sur le disque du chien de percussion, se 
subdivise en deux parties, dont l'une, la pièce d'appui A, s'étaie, lorsque le mécanisme 
est fermé, sur les deux côtés de la botte de culasse. Le ressort de la pièce d'appui B 
presse cette pièce contre les embases de la boîte, aussitôt qu'elle a place pour s'y re- 
poser. Si l'on baisse la pièce d'appui, qui possède une crête cannelée, elle se dégagera 
d'abord de ses points d'appui, entraînera avec elle le chien-obturateur et découvrira le 
canon, afin de pouvoir y introduire la cartouche. 

Par cette translation du point d'appui de l'axe du chien de percussion sur les 
embases de la boîte, on a rendu celui-ci indépendant de la fermeture et conséquemment 
on a procuré une plus longue durée à l'obturation. 



'Fermeture h eyllndrr. 

Cette méthode de fermeture a aussi, comme on l'a déjà mentionné aux pages 
26 et 96, ses précurseurs dans les temps anciens panni les fusils de rempart, etc. (voir 
1589); la première application pratique de la fermeture à cylindre pour les armes à feu 
portatives fut faite par Dreyse, dont la construction a déjà été décrite à la page 49 et 
représentée dans les fig. 149 et suivantes. 

n est évident que ce système de fermeture ne pouvait que gagner à l'emploi de 
l'unité de cartouche obturatrice, comme cela ressort du reste des constructions sui- 
vantes. 

Le colonel wurtembergeois H. von Htigel constniit en 1866 un fusil à broche, 
semblable au fiisil à aiguille de Dreyse, mais avec les modifications nécessaires pour 
l'emploi d'une unité de cartouche obturatrice. 



136 AB1IE8 A. FEU. 

CONSTRUCTION HÙGEL, 1866. 

CylinJre-obturateur PI. 48, fig. 31i. 

Broche de percussion et son ressort. . PI. 48, fig. 313. 

Le ressort-spiral en fil d'acier est remplacé par un ressort-hélice à ruban A, et 
l'aiguille par une solide broche de percussion B. 

La douille de cartouche en papier est enveloppée dans sa partie postérieure, sur 
Vs de sa longueur, d'une douille en cuivre estampé, et le fond recouvert intérieurement 
d'un tampon de bois. Au centre de ce tampon ou disque est un canal de lumière, qui se 
termine vers le fond métallique par une petite cavité, qui reçoit le fulminate, facile- 
ment explosible, qui éclate par le choc de la broche contre le fond de la cartouche. 

La modicité du prix de la cartouche, recherchée depuis si longtemps, était ainsi 
obtenue, en revanche l'emploi du bois comme renfort intérieur du fond n'était pas con- 
venable. 

D'un autre côté, les douilles, ainsi combinées, ne réunissent pas tous les avanta- 
ges des douilles entièrement métalliques (éviter les effets de l'humidité, la déformation, 
etc.). — 

Une autre modification du fusil à aiguille de Dreyse, pour l'emploi de l'unité de 
cartouche obturatrice, se rencontre dans la 

CONSTRUCTION NORIS, Wurtemberg, 1868. 

PI. 48, fig. 314. 

TÊTE-OBTURATRICE de cette construction. 

PI. 48, fig. 315. 

L'aiguillé est remplacée par une broche, le cylindre-obturateur est muni d'une 
tête-obturatrice mobile (fig. 315), et sur celle-ci est placé l'extracteur. A la poignée de 
l'obturateur est fixé un ressort de percussion A, qui s'arme en tournant la poignée, 
par l'action de surfaces ou plans inclinés. Le tenon, qui en est pourvu, est légèrement 
en saillie dans la botte de culasse et en communication avec la détente. En pressant 
sur celle-ci, le tenon descend et le ressort de percussion se détend. Le ressort-spiral, 
entourant la broche, provoque le retrait de celle-ci dans la concavité de la tête du res- 
sort de percussion. (Au repos.) 

Cartouche : Douille en cuivre à percussion centrale. 



En passant à la construction de < Vetterli, > nous devons faire d'abord remar- 
quer que son fusil à charge simple dérive du fusil à répétition, qu'il a en premier lieu 



DIX-NEUVIEME SIÈCLE. 137 

exécuté, et que, par conséquent, les premiers produits de ce constructeur doivent être 
mentionnés dans le chapitre concernant les < fusils à répétition. > 

Lorsqu'il eut réussi à établir un fusil à répétition relativement simple, à cylin- 
dre-obturateur et ressort-spiral, il utilisa les mêmes dispositions, en enlevant seule- 
ment les pièces de la répétition, pour les adapter à un fusil à charge simple d'excellente 
qualité. L'auteur de cet ouvrage appliqua cette construction (en transposant sur le 
coté droit l'ouverture pour la charge, qui se trouvait en dessus et en y introduisant en- 
core plusieurs simplifications) à un fusil, destiné à la jeunesse suisse (cadets), dont les 
exercices avec le fusil se chargeant par la bouche, n'avaient plus aucun but utile. 

Cette arme fut adoptée, le 22 novembre 1870, par le Département militaire fédé- 
ral comme modèle pour l'armement du corps des cadets suisses. 



FUSIL SUISSE POUR LES CADETS, modèle 1870. 

PI. 48, fig. 31G. 
Mécanisme d'obturation et détente. . . PI. 48, fig. 317. 
Coupe de la boite de culasse PI. 48, fig. 318. 

La boîte de culasse A, vissée au canon et reposant dans la bande supérieure ex- 
cavée de la poignée de crosse, à laquelle elle est fixée par un crochet, renferme le cylin- 
dre-obturateur. 

Dans celtii-ci s'emboîtent les autres pièces de fenneture et de percussion, qui 
sont maintenues en place par Técrou. 

Après avoir enlevé le coin transversal B, on peut retirer le cylindre K, et, après 
avoir dévissé l'écrou C, toutes les autres pièces se démontent dans Tordre suivant : la 
coquille D, le ressort de percussion E, la broche de percussion F, la fourchette de per- 
cussion G, la noix avec son levier H, l'extracteur L On opère le remontage en procé- 
dant dans l'ordre inverse. 

Fonctions : 

En redressant le levier, dont le mouvement de rotation est limité par l'embase 
de l'anneau, on fait tourner la noix, fixée au levier, ce qui a pour effet de retirer en ar- 
rière la broche, dont les ailettes glissent sur les plans inclinés (hélice) de la noix, et en 
même temps de comprimer le ressort de percussion ; la partie postérieure de l'extrac- 
teur, servant ici de ressort d'arrêt, s'engage dans la rainure de la noix et tient armées 
toutes les pièces de percussion. 

Les tenons de la noix glissent dans les ouvertures, qui leur sont ménagées entre 
les saillies de la boîte, et le cylindre-obturateur peut être retiré en arrière, jusqu'à ce 
que l'embase antérieure de l'extracteur vienne butter contre le coin. 

La douille vide, retirée par l'extracteur, est rejetée Su dehors en buttant 
contre la vis d'extraction faisant saillie dans l'intérieur de la boîte. 

La cartouche, déposée dans l'ouverture de la boîte, est poussée en avant et in- 
troduite dans la chambre à cartouche en repoussant le cylindre. A cause des plans in- 
clinés (hélice) de l'embase du cylindre et de la noix, l'obturateur ne peut pas être 
poussé à fond par ce mouvement, et on évite ainsi une explosion prématurée. H faut 

18 



138 ARMES A FEU. 

encore une dernière pression qui est produite par la rotation du levier en rabais- 
sant pour fermer. 

Ce mouvement suit instantanément et sans interruption le glissement du cy- 
lindre-obturateur en avant, et s'exécute aussitôt que le cylindre est poussé assez loin 
pour que le ressort d'arrêt, pressé par le coin, puisse se décrocher du cran d'arrêt de 
la noix et permettre à celle-ci de tourner. 

Au même instant les tenons de fermeture de la noix viennent butter contre les 
saillies de la boîte et procurent une obturation solide. Les ailettes de la broche sont 
placées vis-à-vis des encoches les plus profondes de l'hélice de la noix. Le bec de la 
gâchette, qui dépasse un peu la surface intérieure du fond de la bande supérieure, 
arrête l'ailette inférieure de la broche, et, remplaçant ainsi le ressort d'arrêt, elle 
retient la broche. 

En appuyant sur la détente, la gâchette, qui y est reliée par une articulation 
double, s'abaisse, le ressort de percussion se détend, la broche se décoche en avant, et 
par le double choc des deux branches de la fourchette sur le bourrelet de la cartouche, 
rempli de fulminate, celle-ci fait explosion. 

La cartouche, empêchée par le bourrelet d'avancer dans la chambre à car- 
touche, est ainsi frappée en deux points de sa bordure à la fois, ce qui provoque son 
inflammation. 

Lorsque la tête de la broche dépasse l'écrou en arrière, on est assuré que le mé- 
canisme de percussion est armé. 

On peut < désarmer, > en retenant le levier, lorsqu'on l'abaisse, tout en pressant 
sur la détente. Pour armer de nouveau, il suflSt de relever et de rabaisser le levier 
(sans retirer le cylindre-obturateur). 

Trois mouvements pour la charge : 1» Relever le levier et retirer l'obturateur en 
arrière (ouvrir) ; 2° introduire la cartouche ; 3* repousser le cylindre-obturateur et ra- 
battre le levier (fermer). 

La cartouche est celle d'ordonnance suisse ; cependant, pour les exercices des 
cadets, on a réduit la charge de poudre à 3 grammes. 

Calibre 10"",4; 4 rayures à base concentrique, largeur 4'*",5, profondeur 0"»,25, 
pas, l tour sur 660"" ; longueur du canon 680*"" ; longueur de la ligne de mii-e 625»'» ; 
hauteur du guidon au-dessus de l'axe du canon 1.5""",2 ; 
Hauteur de mire : sur distance, mètres 225 .300 400 500 600 

au-dessus de l'axe de l'âme, mm. 24,1 26,6 30,1 33,9 38 

pour une charge de poudre d'ordonnance de 3^',6 et un projectile du poids de 20'f',4. 
Longueur de l'arme 1150"""; poids 3*'»,200. 

On peut aussi se servir de cartouches à percussion centrale, en remplaçant seu- 
lement la fourchette d# percussion par une seconde broche de rechange à pointe plus 
longue. 

Des 43 pièces différentes composant l'arme entière, il n'y en a que 16 qui puis- 
sent se démonter dans un démontage complet. 

Comme les dispositions de fermeture et de percussion, ainsi que les mouvements 
pour la charge, sont identiques h ceux du fusil suisse à répétition, cette arme est d'une 



DIX-NEUVIEME BIECLE. 139 

grande utilité pour les exercices préliminaires de la jeunesse, et en outre elle forme une 
réserve pour les cas sérieux. 

Quant à la vitesse du tir, on peut atteindre 15 coups visés et plus par minute. 

Le démontage, de même que le remontage peut s'exécuter en moins d'une minute. 



L'Italie introduit, en 1871, le fusil Vetterli à charge simple pour le nouvel ar- 
mement de l'infanterie en y adaptant une autre mire et un cran de sûreté. 

FUSIL D1NFANTER1E ITALIEN, modèle 187! (vetteru). 

PI. SS, fig. ±u. 
Mécanisme d*obtu ration et de percussion . . PI. S9» fig. 2^. 
Détente avec cran de sûreté PI. S3, fig. 226. 

La botte de culasse A, vissée au canon, est fixée par un crochet à la bande B, 
encastrée dans la poignée de crosse. Elle contient le cylindre*obturateur avec l'appa- 
reil de percussion. 

En relevant par un mouvement de rotation le levier C de la noix, la broche D, 
glissant sur l'hélice de celle-ci, est ramenée en arrière avec le ressort de percussion, 
qui se comprime ; l'extrémité postérieure de l'extracteur E, faisant ressort d'arrêt, 
maintient le ressort comprimé, tandis que les tenons de fermeture, quittant leurs 
appuis dans l'intérieur de la boîte, permettent de faire glisser l'obturateur en arrière, 
jusqu'à ce que l'embase antérieure de l'extracteur vienne butter contre le coin F. 

En rabattant le levier de la noix, après avoir repoussé le cylindre en avant, les 
tenons de la noix reprennent leurs points d'appui contre les saillies de la boîte, et con- 
solident la fermeture. En même temps l'ailette inférieure de la broche se repose contre 
le bec de la gâchette G, qui dépasse un peu le fond de la bande supérieure, jusqu'à 
ce que la pression sur la détente, l&che la broche en dégageant le ressort de percussion, 
et produise l'explosion. 

En ramenant le cylindre en arrière, l'extracteur retire la douille vide, qui vient 
butter contre une petite goupille d'extraction, en saillie sur le calibre de la boîte de 
culasse, et est rejetée hors de celle-ci, si l'on ne préfère pas la retirer à la main (pour 
un nouvel emploi). 

Sur la droite de la bande se trouve un cran de sûreté H, qui est relié avec la 
gâchette. 

La 

MIRE, CONSTRUCTION CARCANO, 

PI. 99, fig. 224b. 

pour le fusil italien, mod. 1871, présente la nouveauté que la pression d'un ressort pro- 
duit l'arrêt de la feuille de mire dans les divisions des distances, un peu plus profondé- 



140 ARMES A FS0. 

ment gravées que d'ordinaire, -— ce qui a bien réellement pour effet une certaine halte 
de la feuille de mire dans les petits crans en question, mais Tempêche en même temps 
de s'arrêter aux distances intermédiaires. 

CARTOUCHE POUR LE FUSIL ITAUEN, modèle 1871. 

Douille en cuivre estampé ; percussion centrale. 

Le fond de la douUle sert de logement à la capsule, mais ne forme pas enclume 
à Tamorce, de sorte qu'il faut encore une languette spéciale en laiton. La douille se 
compose ainsi de trois parties : la douille proprement dite, Tamorce et sa languette. 

Détails ultérieurs dans le tableau des dimensions. 



En 1871, on introduisit en Russie pour le nouvel armement de l'infanterie un 
fusil, construit par le colonel Berdan, nommé Berdan N* 2, pour le distinguer du précé- 
dent modèle du même constructeur. 



FUSIL D'INFANTERIE RUSSE, modèle 1871 (berdan îT 2). 

PI. 49, fig. 319. 
Coupe du mécanisme d'obturation et de percussion. — PI. 49, flg. 3!20. 

En relevant le levier, le cylindre-obturateur B, glissant sur le plan incliné de 
Tentaille de la botte de culasse A, se reculera légèrement et la douille vide sera quelque 
peu dégagée de la chambre à cartouche. La broche G, — retenue par une vis, — ne 
peut pas tourner avec le cylindre et est en même temps ramenée en arrière par Thélice 
de la tête d'obturateur D. 

En cet instant le cylindre est tiré en arrière, et les deux crans de la pièce de 
percussion dépassent le tenon de la détente E. 

Enfin le cylindre sera limité dans son mouvement de recul par un arrêt F, se 
crochant dans un cran du cylindre, tandis que la douille vide est rejetée hors de la 
boîte par le mouvement rapide du crochet d'arrêt, qui la relève vivement. Après avoir 
introduit la cartouche, on repousse le cylindre en avant et le bec du tenon de la détente 
entre dans le cran de la pièce de tension I, qui reste en arrière, en armant le ressort 
de percussion. (Ainsi la tension du ressort de percussion ne s'opère qu'en repoussant 
le cylindre en avant pour fermer). En fermant le crochet de l'extracteur, G se place 
devant le bourrelet de la cartouche, pendant qu'un ressort H, fixé au fond de la botte, 
vient presser la douille contre l'extracteur. 

En pressant sur la détente, le tenon se dégage du cran de tension. Pour repla- 



À 



DIX-NBUVrÈME SIÈCLE. 141 

cet la pièce de percussion au repos, il suffit de la tirer en arrière par son bouton can- 
nelé. 

CARTOUCHE POUR LE FUSIL BERDAN N" 2. 

PI. 4», ag. 287. 

Percussion centrale. Douille, y compris la doublure intérieure et l'amorce, en 
tôle de laiton estampée. Tampon de graisse derrière le projectile; tous deux sont réunis 
dans une enveloppe en papier. 

Détails ultérieurs dans le tableau des dimensions. 



En 1871 on adopta en Hollande, pour le nouvel armement de Tinfanterie, un 
fusil à cylindre-obturateur de Beaumont. 

CONSTRUCTION BEAUMONT, hollande, 1871. 

PI. 4», fig. 321. 
Mécanisme d'obturation et de percussion, coupe. . . PI. 49, fig. 322. 
Tête d'obturateur avec extracteur PI. 49, fig. 323. 

La botte de culasse A, vissée au canon, renferme le cylindre-obturateur. Celui-ci 
est entaillé du côté droit, pour consolider la fermeture et pour introduire la cartouche, 
aussi bien que pour extraire la douille vide. 

Le prolongement supérieur de cette entaille vers Tarrière, forme rainure pour 
diriger le cylindre dans son mouvement rectiligne rétrograde. Sur la face gauche inté- 
rieure de la boîte se meut l'extracteur. Extérieurement, sous la boîte est fixé l'appareil 
de détente, dont la tête du ressort pénètre en saillie dans la raie du cylindre. 

Ce dernier se subdivise en trois parties C| à C, , dont la pièce de tension seule, 
avec son levier, est soumise à un mouvement de rotation. 

A la tête d'obturation C, est vissé l'extracteur E, qui glisse dans sa rainure, 
tandis que l'embase de la pièce de percussion C, se meut dans l'entaille supérieure de 
la boîte de culasse, de sorte que la rotation de ces deux pièces du cylindre se trouve 
ainsi empêchée, et la pièce de tension seule peut opérer ce mouvement. 

Cette pièce de tension C, , munie d'une embase et d'un levier, contient dans 
celui-ci le ressort de percussion F et possède à son extrémité postérieure une hélice H. 

La pièce de percussion C, renferme la broche de percussion B, une embase, 
en corrélation avec l'hélice, pourvue des surfaces de tension H Hj et les crans R. (La 
broche est fixée à la pièce de percussion au moyen d'une vis.) 

Fonctions : 
Par le mouvement rotatoire ascendant du levier, la pièce de percussion est près- 



142 ARMES A FEU. 

sée en arrière par l'héfice, et le ressort de percussion s'arme ; un petit cran, placé au- 
dessus de rhélice, maintient tendues les pièces de percussion* 

Tout le cylindre-obturateur est ramené en arrière, la douille vide est entraînée 
et rejetée au dehors, ou bien on peut Tenlever avec la main. Ce mouvement de recul 
est limité par la tige de Textracteur, qui vient butter à Textrémité de sa rainure. 

Après rintroduction de la cartouche, celle-ci est poussée dans la chambre à car- 
touche du canon par le mouvement en avant du cylindre. Mais elle ne peut être poussée 
à fond que lorsqu'on rabat le levier, qui, en glissant sur les surfaces arrondies et incli- 
nées de Tentaille de la boîte de culasse, porte le cylindre à l'extrémité de sa course, ce 
qui prévient une explosion prématurée. L'embase de la pièce de tension, en s'appuyant 
contre l'entaille de la boîte, consolide la fermeture. 

En abattant le levier, le maintien de la tension des pièces de percussion se re- 
porte sur la tète du ressort de détente, qui, en se retirant par la pression sur la dé- 
tente, dégage le cran de la broche et fait partir celle-ci pour produh*e l'explosion de 
l'amorce. 

Un tenon, fixé sur la face droite de la boîte de culasse, et muni d'un ressort, 
tient lieu de cran de sûreté. 

Trois mouvements pour la charge. 

La construction Beaumont est simple et solide et par cela même militairement 
pratique, qualité spéciale aussi de la mire de cette arme. 

Pour démonter le mécanisme, il suffit de dévisser quelques pas de la vis N, re- 
liant les deux pièces Cj et Cj du cylindre ; alors la pièce de tension avec la pièce de 
percussion peuvent sortir en amère, et la tête d'obturateur par l'entaille de la boîte. 
Pour démonter la pièce de tension Cj, il faut enlever la vis du levier, ce qui a pour effet 
de séparer celui-ci en deux parties et de rendre libre le ressort de percussion. Les an- 
tiques pièces de garaiture, qui sont, de même que le canon, encore conservées blan- 
chies, ne paraissent pas appropriées au but de ce fusil (comme arme de précision). Le 
cran de sûreté aurait pu être plus convenablement établi. 



CARTOUCHE POUR LE FUSIL REAUMONT, modèlk 1871. 

PI. 49, fig. 288. 

Percussion centrale. Douille avec renfort intérieur du fond , amorce et goupille 
en laiton estampé. Tampon-disque de graisse entre le projectile et la charge de poudre. 
Détails ultérieurs dans le tableau des dimensions. 



En Allemagne on fut conduit, en 1871, à adopter pour le nouveau fusil de l'em- 
pire allemand une fermeture à cylindre construite par les frères Mauser. 



DIX-NEUVIEME SIÈCLE. 143 



CONSTRUCTION DU NOUVEAU FUSIL DE L'EMPIRE ALLEMAND (mauskr). 

Ouvert PI. B©, fig. 32i. 

Fermé, au repos PI. 50, fig. ^itî. 

Cylindre-obturateur PI. 5©, fig. 336. 

Pièce de tension {h au repos) . . .PI. 50, fig. 327. 

Autres pièces PI. SU, fig. 328. 

Mire PI. 50, fig. 329. 

Au canon est vissée la boite de culasse A, qui renferme le cylindre-obturateur. 
EUe est entaillée sur le côté droit pour consolider la fermeture, introduire la cartouche, 
et retirer la douille vide. L'entaille supérieure de la botte offre un passage au cylindre 
dans son mouvement rétrograde. Sur la face gauche intérieure de la botte est creusée 
la rainure directrice de l'extracteur. Extérieurement, sous la botte, est disposé l'appa- 
reil de détente B, dont la tête du ressort pénètre en saillie dans l'intérieur de la botte, 
et sert d'arrêt (cran) à la pièce de percussion. 

Le recul du cylindre est limité par un disqUe, vissé sur l'embase, et qui va but- 
ter contre le bourrelet (entaillé circulairement) de l'extrémité post-érîeure de la boîte. 

Le cylindre-obturateur est subdivisé en plusieurs pièces C, à C4 ; C| forme tête 
d'obturateur ; C, est le cylindre-obturateur proprement dit, avec son embase et son 
levier; C3 est la pièce qui effectue la tension de l'appareil de percussion; C^ est l'écrou. 

La tête d'obturateur Cj est forée d'une ouverture étroite, coiTespondant exac- 
tement avec la pointe de la broche. Son extrémité postérieure est entaillée pour don- 
ner passage à la languette de la broche. Elle possède enfin une demièi'e encoche en 
queue-d'aigle, dans laquelle s'ajuste l'extracteur D. La surface inférieure antérieure 
de l'embase du cylindre est entaillée en griffe et enserre exactement les saillies de la 
tête d'obturateur, de sorte que celle-ci, lorsque le levier est relevé, doit suivre nécessai- 
rement le cylindre dans son mouvement rétrograde. 

Le diamètre de l'ouverture du cylindre-obturateur Cg répond à la largeur de la 
languette de la broche ; cependant à son extrémité postérieure il est réduit au diamè- 
tre de la pointe de la broche, afin que l'embase, qui en résulte, serve de point d'appui 
au ressort-spiral F, entourant la broche E. 

Sous le cylindre se trouvent la rainure pour le tenon ou la tête du ressort de 
détente, et à l'extrémité postérieure le plan incliné et le cran de sûreté. 

L'embase du levier, en tournant le cylindre à droite (pour fermer), se loge dans 
l'entaille de la boîte de culasse, la remplit complètement et consolide ainsi la ferme- 
ture. Comme de part et d'autres les bords ont des plans légèrement inclinés, le cylin- 
dre ne peut arriver à fond de course que par le mouvement de rotation qu'on lui im- 
prime en l'abaissant. 

La pièce de tension C3 possède en dessous, pour loger la tête du ressort de dé- 
tente, une rainure dont la profondeur diminue en avant vers le plan de tension, et 
foime ainsi cran de tension ; tandis que le nez (plan incliné ou hélice) produit la tension 
du ressort de percussion. 

Dans l'embase de la pièce de tension est placée une petite tige ou goupille, mu- 



144 A1UIE8 A FEU. 

nie d'un bouton ou patte, et mobUe circulairemrat. La partie antérieure de cette tige, 
qui est demi-cylindrique (fig. 327 a et &), empêche, lorsqu'elle est tournée, la pièce de 
tension de se mouvoir en avant, et cette disposition forme ainsi le < cran de sûreté > G. 

Une pointe, fixée à Tembase H de la pièce de tension, pénètre dans l'ouverture 
de la broche. 

La broche, arrêtée par la languette dans Fentaille de la tête d'obturateur en 
avant et en arrière par une partie plate buttant contre une goupille intérieure, ne 
peut tourner avec le cylindre, et comme celui-ci opérera seul son mouvement de ro- 
tation, il doit, par l'action de l'hélice (plans inclinés), pousser la broche en arrière et 
armer le ressort de percussion. L'écrou C^ fixe la broche à la pièce de tension, et par 
l'effet d'une petite embase pénétrant dans une entaille de la pièce de tension, il est 

empêché de tourner. 

Fondions : 

En relevant le levier, on arme par le recul de la pièce de tension, de la broche 
et du ressort de percussion. Le cylindre étant ramené lui-même en arrière, la douille 
est retirée du canon, et on peut la saisir ou bien la faire tomber au dehors par un ra- 
pide mouvement tournant du fusil. 

Après avoir introduit la cartouche, on repousse et on retourne le cylindre-obtura- 
teur pour fermer; la pièce de tension vient butter contre la tête du ressort de détente, 
qui apparaît en saillie dans la boîte, et qui retient en arrière la pièce de tension, la 
broche et le ressort de percussion, les maintenant armés jusqu'à ce que la pression sur 
la détente fasse descendre la tête du ressort de détente et partir la broche. 

La mire est une mire à charnière et à glissière, avec cinq crans (entailles), dont 
le premier (jusqu'à 300 mètres) est taillé dans l'embase du pied de mire, le second (jus- 
qu'à 400 mètres) dans le petit cadre à charnière et les trois autres dans le cadre à glis- 
sière ; ces deux cadres que l'on redresse verticalement pour viser, contiennent les divi- 
sions des distances de 500 jusqu'à 1600 mètres. 

Les subdivisions de 50 eu 50 mètres sont marquées en traits', et en chiffres pour 
chaque centaine, sur le bord de gauche de 500 à 1050, distances pour lesquelles on se 
sert du cran inférieur de la glissière. De 1100 à 1200 mètres on emploie les deux 
entailles supérieures (crans), après avoir baissé la glissière jusque sur le pied de mire. 

Pour de plus grandes distances on remonte de nouveau le cadre à glissière, en 
lisant sur le bras droit du cadre à chai-nière les divisions de 1250 à IGOO mètres, et en 
visant par le cran ou encoche supérieure de la glissière. 

CARTOUCHE POUR LE FUSIL IMPÉRIAL ALLEMAND, modèle 1871. 

PI. 4S, fig. 389. 

Douille en laiton estampé, vernie à l'intérieur; percussion centrale. (Construc- 
tion Nitzke.) 

Composition du fulminate : 

Mercure explosible (ou fulminate de mercure hydraté). . . . 4,— 

Chlorate de potasse 2,j 

Antimoine 1,» 

Verre pulvérisé 2,— 



DIX-NKUVTÈME SIÈCLE. 145 

Douille de laiton estampé, veinie à l'intérieur. Percussion centrale. 
(Construction Nitzke.) 

Fulminate: 
Mercure explosible 4,0 
Chlorate de potasse 2,5 
Antimoine 1,5 

Verre pulvérisé 2,0 
Le nouveau fusil impérial allemand appartient aux systèmes à charge simple 
avec trois mouvements pour charger, il est d'une construction généralement solide. 

Ce que Ton peut critiquer, au point de vue technique des petits détails, ce sont 
les angles vifs et les arêtes, facilement endommageables, qui sont laissées partout à la 
mire, aux garnitures et à la fermeture; la diminution de Tépaisseur du canon aux arê- 
tes (précisément aux endroits où elle devrait être le plus soigneusement renforcée) ; 
enfin la mire avec ses prescriptions par trop compliquées. 

Le démontage de ce fusil est simple; après avoir enlevé la vis de Tembase du 
levier avec son disque d'arrêt, on peut, en appuyant sur la détente, retirer le cylindre- 
obturateur par derrière et le démonter complètement sans instruments, comme suit : 

1" Détendre ou désarmer le ressort de percussion ; 2** enlever la tête d'obtura- 
teur et l'extracteur ; 3® presser en arrière la broche (en abaissant le levier et eu ap- 
puyant sur la broche) et dévisser l'écrou, ce qui a pour effet de disjoindre la pièce de 
tension, la broche et le ressort de percussion. 

Le remontage se fait dans l'ordre inverse ; en armant on doit appuyer sur la tête 
d'obturateur, afin qu'elle ne se sépare pas du cylindre. 
Détails ultérieurs dans le tableau des dimensions. 

La fabrication du nouveau fusil impérial allemand s'exécute en partie d'après le 
principe de la division du travail. Les diverses pièces de l'arme sont remises à des en- 
trepreneurs privés et elles sont ensuite montées dans le^ fabriques de l'État en un fusil 
complet, de sorte que l'exactitude des différentes parties de l'arme, de même que l'u- 
niformité de celle-ci faite et finie peuvent être convenablement et facilement obtenues. 



La guerre franco-allemande en 1870-71 ayant constaté les bonnes qualités aussi 
bien que les défectuosités du fusil Chassepot, modèle 1866, on procéda immédiatement 
après la campagne à son perfectionnement. 

La cartouche, modèle 1866, offre des inconvénients sérieux au double point de 
vue du transport des munitions et du service de l'arme. En campagne, los munitions 
ne sont pas suffisamment solides, et en particulier les cartouches restées libres dans 
la cartouchière se détériorent rapidement. De plus, daiis le service de l'arme, les débris 
non expulsés finissent par s'accumuler dans la chambre, par donner lieu à des diffi- 
cultés de chargement et, enfin, par limiter le tir de l'arme à un nombre de coups rela- 
tivement restreint. 

D'autres inconvénients quoique bien moins sérieux pourraient être reprochés au 
modèle 1866. 

19 



146 ARMC8 A FEr. 

Les études de perfectionnement, organisées par ordre mimstériel, se portèrent 
d'abord sur la cartouche d'avenir, qui, après des expériences minutieuses, fut établie 
à Vincennes par la Commission d'examen. 

Le résultat ne pouvait être qu'une cartouche à douille (étui) métallique et in- 
tlammation centrale. Suivant les expériences, on donna à cet étui une longueur de 60*" 
et un diamètre à la base de 13* ',8, afin qu'il puisse renfermer une charge de poudre 
F/1 de 5'',25, demandée pour le projectile d'un poids de 25 grammes. 

D'un autre côté, la Commission, après avoir fixé la base des perfectionnements 
(la cartouche), procéda aux modifications nécessaires à l'arme, soit : tubage du canon, 
modification de l'appareil de percussion (percuteur-broche à la place de l'aiguille), 
introduction d'un extracteur, et en même temps elle prit en considération la réduction 
— de quatre à trois — des mouvements pour la charge ( voir page 107 de cet 
ouvrage). 

Parmi de nombreuses propositions de transformation du modèle 1866 pour l'em- 
ploi de la nouvelle cartouche, deux furent soumLs au choix définitif, surtout eu égard à 
la préférence que la Commission donna à une rônstruction qui permet l'unité de l'ar- 
mement, soit des armes transformées du modèle 1866, soit pour les provisions futures 
d'armes neuves. 

Ce sont les constructions de Beaumont (voir PL 49, fig. 321-23) et du capitaine 
(Iras qui furent destinées à des épreuves ultérieures, quoique celle de Beaumont eût 
demandé un changement pour les carabines de cavalerie et les mousquetons d'artillerie, 
ces deux armes ayant, — pour des raisons de senice, — le levier recourbé, qui ne 
pouvait donc renfenner le ressort de percussion ; la construction Gras, par contre, 
conserve le ressort à boudin du modèle 1866. 

De ces deux constructions furent établis à St-Étienne, ensuite d'oixlre ministériel, 
un nombre suflisant deiîisils, soit transformés du modèle 1866, soit neufs pour les essais 
en grand dans trois régiments d'infanterie, un régiment de cavalerie et un régiment 
d'artillerie. Ces essais devaient, suivant le programme, représenter l'équivalent de plu- 
sieurs années d'un service courant et correspondre le mieux possible aux circonstances 
qui peuvent se présenter peg^ant une campagne. 

Indépendamment des épreuves de tir, les cartouches furent également l'objet 
d'épreuves spéciales de transport dans les caissons et dans les cailouchières des hom- 
mes. A la suite de ces expériences, chaque coips adressa au ministre de la guerre un 
rapport d'ensemble, et ces divers rapports, avec les pièces à l'appui, furent soumis d'a- 
1)ord au Comité de l'artillerie, puis à une haute Commission, présidée par le maréchal 
Canrobert. Sur la proposition du ministre de la guerre, M. le Président de la Républi- 
que, par une décision du 7 juillet 1874, approuva les conclusions de cett-e haute Com- 
mission et adopta : 

P La construction Gras pour le fusil, la carabine et le mousqueton ; 
2* L'épée-bayonnette pour l'infanterie. 

Les armes neuves de la construction Gras reçurent la dénomination de fusik^ 
carabines^ moî4squetons fnodèle 1874, et les annes modèle 1866 transformées d'après la 
même construction, celle de modèle 1866-74, 



DIX-NEUVIÈMK SIÈCLE. 147 

La constiiiction Gras, modèle 1874, se distingue du modèle 1866 principalement 
par l'obturation, la hausse ou mire, Tarme accessoire (épée-bayonnette) et la car- 
touche. 



FUSIL FRANÇAIS, modèle 1874 (construction ghas). 

Armé ot ouvert PI. ai, fig. 363 

Coupe PI. KK, fig. 364 

Cylindre-obtui'ateur complet (eulusse mobile) fermé et désarme . . PI. S9, fig. 365 

Hausse ou mire PI. 5t, fig. 306 

bouille (étui) de cartouche PI. •!, fig. 367 

Projectile '. PI. SK, fig. 368 

Épée-bayonnette PI. •», fig. 3159 

{i/enciHplion et cxprcKnions techniques en rapport avec la « Hevvc fniiitah'e d'artillerie » de France.) 



• 



La chambre du canon, modèle 1866, est remplacée par une chambre réduite, 
analogue à la fonne de la cartouche. 

La boîte de culasse A, vissée au canon, renferme la culasse mobile ; le rempart 
l^erpen^liculaire, qui donne appui au renfort dû cylindre, présente à son coin gauche un 
raccord hélicoïdal, afin d'arrêter le cvlindre à hauteur de ce raccord et d'achever la 
fermeture seulement en rabattant le levier pour empêcher une explosion prématurée et 
achever en même temps de bander le ressort à boudin. L'ouverture rectangulaire au- 
dessus de rentrée de la chambre à cartouche sert de logement aux extrémités des bran- 
ches de Textrac'teur. La tête de la 

Vis'éjccteur B provoque le rejet de l'étui de la cartouche extraite, eu ce que ce- 
lui-ci butte contre la tête de la vis en saillie dans le fond de là boîte de culasvse. A la 
partie inférieure de la botte se trouve fixé l'appareil de détente, conforme à celui du 
modèle 1866. 

La culasse mobile^ fig. 365 
se compose des parties suivantes : 

C cylindre, avec poignée et renfort ; 

D tête mobile, avec renfort ; 

E extracteur; 

F percuteur; 

G ressort à boudin (de percussion, spiral) ; 

H chien, avec renfort ; 

.1 manchon. 

Le cylitidre C, avec poignée de manœuvre et renfort, est la pièce de fermeture 
proprement dite ; son mouvement horizontal est guidé par le renfort glissant dans la 
fént« longitudinale de la botte et limité par 



148 ARMES A FEU. 

La vis d'arrêt K. Le cylindre C seul suit le mouvement touniant du levier, tan- 
dis que ses autres parties i*estent dans leur position perpendiculaire ; il est muni à Tex- 
térieur d'un bouton en saillie qui doit engrener dans le'logement qui lui correspond 
sous la queue du renfort de la tête mobile, de manière à rendre ces deux pièces solidai- 
res dans le mouvement de translation. Entre le renfort et le bouton règne une nervure 
se prolongeant en avant, pour empêcher toutdéversement du cylindre, ramené en ar- 
rière. On remarque ensuite la rainure de la vis-arrètoir et la rainure donnant passage 
à la tête de gâchette (ressort de détente) ; cette rainure se coude à angle droit, suivant 
tme surface hélicoïdale du rempart de la botte de culasse. Les deux rainures sont mises 
en communication par une fente transversale qui sert de passage à la vis-éjecteur. A la 
partie postérieure du cylindre se trouve une 'entaille dans laquelle s'engage le coin 
d'arrêt du chien lorsqu'il se porte en avant pour produire la percussion. 

Le côté droit de cette entaille a la form^ d'une rampe hélicoïdale qui, en s'ap- 
puyant sur une rampe semblable du coin d'arrêt, fait reculer le chien lorsqu'on tourne 
le levier de droite à gauche, pour ouvrir la culasse, ce qui produit automatiquement 
l'anné du chien. L'évidement arrondi à l'extrémité antérieure de cette rampe est exi- 
gée pour la fabrication mécanique de cette pièce. A côté et à droite de l'entaille de dé- 
part se trouve, sur la tranche postérieure du cylindre, un cran dit < cran de l'armé, > 
dans lequel pénètre la pointe du coin d'arrêt et qui a pour objet de maintenir le chien 
au bandé. Le cylindre est foré pour le passage du percuteur, le logement du ressort 
à boudin qui l'entoure, et pour l'entrée du collet de la tête mobile. 

La tête mobile D termine en avant la longueur nécessaire du cylindre; sa tranche 
antérieure, évidée conformément au culot de la cartouche, appuie contre celle-ci ; le 
renfort à sa partie supérieure est prolongé en arrière et contient le logement de l'ex- 
tracteur avec évidement pour son bouton. Sur le côté droit du prolongement se trouve 
une mortaise destinée à recevoir le bouton du cylindre pour relier ces deux pièces en 
ouvrant la culasse. On remarque sur le pourtour du corps cylindrique de la tête mobile 
la rainure inférieure pour le passage de la vis-éjecteur, le bout antérieur arrondi de la 
rainure latérale pour la vis-arrêtoir et un évidement transversal ou rigole, destiné à 
servir, à l'occasion, d'issue aux gaz qui proviendraient de la rupture d'un culot de car- 
touche et se seraient engagés dans la rainure inférieure. Le collet sert d'axe. Le forage 
de la tête mobile est ovale vers son arrière et conformément à la forme du percuteur, 
afin d'éviter la rotation de la tête mobile avec le cylindre; il se resserre circulairement 
en avant, conformément à la pointe du percuteur. 

L'adracleur E se compose de deux branches formant ressort ; la branche supé- 
rieure porte, — en arrière, — le bouton par lequel l'extracteur se relie à la tête mobile 
et se tenuine en avant par un renfort incliné qui, dans le mouvement de fenneture du 
tonnerre, vient glisser sur un plan incliné correspondant de la boîte de culasse. La 
branche inférieure porte une griflfe, pour saisir le bourrelet de cartouche. 

Cette double disposition facilite à la griffe de passer par-dessus le bourrelet de 
cartouche en fermant, empêche tout ballottement de la culasse mobile et assure l'ex- 
traction de l'étui vide. 



DIX-NEUVIÈME SIÈCLE. 149 

L'extracteur est maintenu fixe dans ]a tête mobile par son bouton et Tappui de 
la surface du cylindre ; il suit tous les mouvements horizontaux du cylindre et retire 
donc aussi Tétui vide, tandis que l'entrée de ses deux branches dans Touverture de la 
botte empêche tout mouvement de rotation de la tête mobile. 

Le percuteur F se termine par deux entailles formant un T, qui reçoit le man- 
chon pour le réunir au chien ; son épaulement et sa pointe sont raccordés par un 
méplat ovale qui pénètre dans le logement correspondant de la tête mobile, d'oU il ré- 
sulte que le percuteur se trouve maintenu dans le sens transvei*sal et qu'il n'est suscep- 
tible d'aucun mouvement de rotation, la tête mobile n'ayant elle-même, dans la ma- 
nœuvre, qu'un mouvement de translation. 

• 

Le ressort à boudin (de percussion) O, en fil d'acier de l*'^fi de diamètre, enroulé 
en hélice et faisant 20 tours sur TS""" de longueur, se comprime (au bandé) de 1 1'"',5 et 
exerce un effort de 13 Jcg. environ. 

Le chien H, de forme analogue au modèle 1866, porte au-dessus de la partie cy- 
lindrique le renfort qui la dépasse en avant et qui doit guider le chien dans les divers 
mouvements que la culasse mobile peut prendre dans la botte de culasse; ce renfort se 
termine en arrière par une gorge et par une crête quadrillée. Sous le coude du renfort 
se trouve le coin d'arrêt, qui s'engage dans l'entaille correspondante du cylindre lors- 
qu'on met le chien à l'abattu, et dont l'un des côtés est taôlé en rampe hélicoïdale, à 
la demande de celle de l'entaille du cylindre ; un léger évidement demi-cylindrique à 
l'extrémité de cette rampe facilite la fabrication mécanique et n'a pas d'autre but. A la 
partie inférieure on a pratiqué le cran de sûreté ou de repos et le cran de l'abattu ou 
^e départ avec plans inclinés sur lesquels glisse la tête de gâchette. Le forage du chien 
pour le percuteur se termine par le logement du manchon, soit deux cloisons transver- 
sales, fixant le manchon, et deux coulisses croisées, formant une ouverture normale aux 
cloisons, permettant au contraire de dégager le manchon. La fente de repère à l'arrière 
de la crête se met en correspondance avec la fente du manchon. 

Le mandion I relie le percuteur au chien au moyen du raccord en forme de T, et 
parle fait que les deux ailettes du manchon s'emboîtent dans les cloisons du chien. La 
manière dont le manchon est fixé au percuteur et la forme ovale du percuteur et de son 
logement dans la tête mobile empêchent le manchon de se tourner, soit de se dégager 
du chien, ce qui ne peut avoir Keu qu'après avoir séparé la tête mobile du cylindre. 

Le démontwfe s'opère de la manière suivante : 

Après avoir dévissé la vis-arrêtoir de trois filets, retirer Ja culasse mobile de la 
boite de culasse, conduire le chien à l'abattu, enlever la tête mobile et en séparer l'ex- 
tracteur qui se dégage facilement. Puis, après avoir placé les deux fentes de repère du 
chien et du manchon dans le prolongement l'une de l'autre, appuyer fortement la pointe 
du percuteur sur un corps dur, pour faire sortir les ailettes du manchon de leur loge- 
ment et les dégager du T du percuteur. Laisser le ressort se détendre librement et sé- 
parer ensuite le cylindre, le ressort et le percuteur. 



150 ÀRHES A FEU. 



Fo)ictionnei)ient du fnécanisme. Ma/nœuvre de Varmt. 

En tournant le levier de droite à gauche, le cylindre tounie indépendamment 
des autres pièces et oblige par sa rampe hélicoïdale le chien de reculer et le coin d'ar- 
rêt tombe dans le cran de Tarmé ; les trois renforts se trouvent alors dans le prolonge- 
ment Tun de Tautre. 

Ce mouvement de recul du chien a été suivi du percuteur relié au chien par .le 
manchon et le percuteur en reculant a comprimé le i-essort de percussion. En même 
temps le bouton du cylindre est entré dans son logement dans le renfort de la tête mo- 
bile, de sorte que, en retirant le cylindre en arrière pour ouvrir la culasse, l'étui de car- 
touche est également retiré, et — en buttant contre la tête en saillie de la vis-éjecteur, 
— rejeté au dehors, si l'on ne préfère paa de le saisir pour un emploi réitéré. 

Après avoir introduit une cartouche, on avance le cylindre et abaisse le levier ; 
par ce dernier mouvement le coin d'arrêt se dégage du cran de l'armé et le chien est 
d'abord retenu par le cran de sûreté ; en terminant le mouvement de rotation du cy- 
lindre, la tête mobile avance à fond d'obturation et le chien avec manchon et percuteur 
est forcé à un mouvement final de recul, en comprimant davantage le ressort à boudin, 
et la tête de gâchette s'engage dans le cran de l'abattu ou de départ. 

Une pression sur la détente dégage la tête de gâchette du cran de l'abattu, le 
ressort devenu libre se détend et entraîne bnisquement le percuteur avec chien et man- 
chon ; la pointe du percuteur dépassant à l'abattu la tranche de la tête mobile et frap- 
pant sur l'amorce logée dans le centre du culot de cartouche, détermine l'inflammation 
de celle-ci. 

Le cran de sûreté du chien doit remplacer un appareil spécial pour le cas où l'on 
voudrait conserver Tanne chargée sans faire feu tout de suite. A cet effet, il suffit (le 
chien se trouvant à l'abattu, de relever le levier jusqu'à ce que l'on entende la tête du 
ressort de détente tomber dans le premier cran. Si par contre le chien était au bandé, il 
faudrait amener le renfort du cylindre dans le prolongement du pan dmit de la botte de 
culasse, puis placer la main gauche sous la botte de culasse, les doigts sous le levier 
pour Tempêcher de se rabattre complètement ; appuyer légèrement sur la détente et 
accompagner le chien en le retenant avec le pouce, de manière qu'en abandonnant la 
détente la tête de gâchette tombe dans le premier cran et y soit arrêtée. L'arme au 
repos, le percuteur ne se trouve que de 1""',5 éloigné de l'amorce (11"",5 lorsqu'il est 
au bandé), distance insuffisante pour provoquer la percussion en. cas de départ involon- 
taire. Pour rendre l'arme de nouveau prête au tir (mettre le chien au cran du bandé), 
on relève et rabaisse le levier. 

Iai hausse ou mire, fig. 306, est une hausse à cui*seur ; elle se compose : du pied 
de hausse qui est brasé sur le canon et dans lequel est encastré un ressort plat ; de la 
planche de hausse graduée, fixée à charnière sur le pied, et d'un cureeur mobile à ral- 
longe qui glisse sur la planche. Un petit ressort interposé entre la planche et le curseur 
règle le frottement doux et le maintien du curseur en place. Un arrêtoir placé à la par- 



DIX-HElTVlfcMli: SiÈCLK. 151 

tie supérieure de la planche guide le curseur et en limite le mouvement. La planche 
dé hausse, munie de son curseur, peut être soit levée soit rabattue en avant ou en ar- 
rière ; le ressort du pied de hausse, en agissant sur le talon à trois carnes de la planche, 
la fixe dans chacune des trois positions. 

Le talon de la planche porte le cran de mire de 200 mètres (la planche étant 
rabattue en avant) ; dans la pièce-arrêtoir se trouve le cran de mire de BOO mètres (la 
planche rabattue en arrière) ; à partir de cette distance on se sert de la planche levée 
qui porte les crans de mire de 350 mètres (cran inférieur) et de- 1300 mètres (cran su- 
périeur). Sur les deux côtés de la planche sont marqués les traits indicateurs du tir 
pour les distances variant de 25 en 25 mètres. 

La graduation va de 400 à 1200 mètres sur le côté gauche, et de 1400 à 1800 
mètres sur le côté droit de la planche, et elle est marquée en traits et chiffres pour les 
centaines de mètres, en demi-traits pour les 50 et en points pour les 25 mètres. 

La ligne de mire de l'arme varie donc à 200, 800, 350, 400-1200, 1300 et 1400 S 
1800 mètres, soit de 6 points <le mire. 

L'épée-bayonnette, fig. 369, comprend la lame, la monture et le fourreau. La 
monture se subdivise elle-même en deux parties : la poignée et la croisière. Sur la poi- 
gnée qui est ganiie de deux plaquettes en noyer, se trouvent fixés le poussoir et son 
ressort, qui servent à maintenir Tépée-bayonnette au bout du canon. La croisière porte 
d'un côté la douille dans laquelle on engage le bout du canon et le quillon qui sert à 
former les faisceaux. 

Le fourreau, en tôle d'acier, est bronzé; deux battes rivées à l'intérieur du corps 
maintiennent la lame. Le pontet sert à fixer Tépée-bayonnette au ceinturon du soldat. 

Les accessoires sont : 

1 nécessaire d'annes et 1 lavoir en laiton. Le nécessaire d'armes se compose de 
5 pièces : la boîte (tôle de fer), l'huilier (couvercle de la botte), la lame de tourne-vis, 
la spatule-curette, la trousse en drap ; la botte sert de manche au tourne-vis. 

En outre, et indépendamment de ces pièces, le soldat doit être pourvu des objets 
ordinairement employés i)our le nettoyage et le graissage des annes. 



LA CARTOUCHE, modklk I87i 

se compose'de l'étui (douille), de l'amorce, de la charge de poudre, du lubriticateur et 
du projectile. 

Uétui^ fig. 307, de laiton estampé et à bourrelet massif, porte au centre du fond 
le logement (formant enclume) de l'amorce, percé de deux trous de hunière. 

L'amorce comprend la capsule en cuivre rouge, chargée de fulminate, et le cou- 
vre-amorce en laiton, destiné à maintenir l'amorce dans son logement. 



152 ARMES A FKU. 

Le lubrificateur, qui sépare, dans rétui, le projectile et la poudre, se compose 
d'une rondelle en feutre gras, comprise entre deux rondelles de carton mince. 

Le projectile est enveloppé (de gauche à droite) de papier parcheminé. 

La provenance de Tétui de la cartouche ainsi que Tépoque de sa fabrication et 
r Indication des diverses réfections de Tétui, sont poinçonnées sur le culot de la cartoi^ 
che. Les cartouches sont empaquetées par paquets de G, les projectiles alternant avec 
les bourrelets, les cartouches isolées les unes des autres par une feuille de papier les 
entourant successivement. 

L'enveloppe consiste en papier fort, lié d'une ficelle. 

La construction du fusil français, modèle 1874, est une combinaison pratique, 
surtout au point de vue de l'unité de construction des armes à feu portatives en géné- 
ral, transformées du modèle 1866 ou neuves, pour l'armement de l'infanterie, de la ca- 
valerie et de l'artillerie. Les armes pour la cavalerie et l'artillerie ne diffèrent de celles 
de l'infanterie qu'en dimension des garnitures et du levier recourbé pour raisons de 
service. 

La cartouche est de construction solide et pratique. 

Détails ultérieurs dans le tableau des dimensions. 



La trmsforniaimi du modèle 1866 (^Chassepot) ei/ modèle 1806-74^ 
comprend : 

r Le tubage du canon ; 

2"* Le remplacement de la culasse mobile modèle 1866 par une culasse neuve du 
modèle 1874; 

3* La modification de la hausse, d'après le modèle 1874 : 

4*" Quelques légères modifications à la botte de culasse et aux garnitures. 

P Pour diminuer les dimensions de la chambre suivarft l'exigence de la cartou- 
che modèle 1874, le canon est pourvu à son extrémité postérieure d'un tube cx)nique, 
dont les dimensions correspondent exactement à celles de la chambre alésée pour le re- 
cevoir. Le tube d'une longueur de 10 centimètres, foré au calibre de 11"", présente un 
diamètre de 16'"",1 à sa partie antérieure et de 19"",1 à sa partie postérieure; k c^tte 
dernière il est muni de deux ailettes, correspondant à deux entailles du canon. Chassé 
dans son logement, l'extrémité antérieure du Mibe buttant contre le fond du logement, 
les ailettes affleurant la tranche postérieure du bouton fileté du canon et la botte de eu- ' 
lasse s'appliquant contre les ailettes, le tube n'est susceptible d'aucun mouvement, soit 
horizontal, soit de rotation. 

Après le tubage on raccorde le calibre du tube exactement avec l'âme du canon 
et on y établit la chambre à cartouche. 

De nombreuses expériences ont constaté que, sans altérer la précision du tir, on 
pouvait se dispenser de prolonger les rayures dans le tube, en donnant à la partie lisse 
qui sépare le projectile de l'entrée des rayures un diamètre de 11"", 15. 



DIX-SrEUyi£ME SIECLE. 



153 



2^ L'emploi de la cartouche métallique, modèle 1874, aurait exigé moins de 
changements dans la construction de Tarme modèle 1866, mais afin de rendre Tarme 
transformée aussi identique que possible avec le nouveau modèle 1874 , on a préféré 
VadopHon d'une adosse mobile complète et neuve du modèie 1874. 

S"" Le tir du modèle 1866 répondant, avec emploi de la cartouche modèle 1874, au 
tir du nouveau modèle, la hausse est également rendue identique. A cet effet elle est 
munie d'un curseur à ralonge avec ressort et vis d'arrêt ; les gradins sott enlevés et 
les parois du pied ne servent plus qu'à protéger la planche de hausse rabattue sur lui. 
La graduation de la planche a subi le changement exigé par la nouvelle trajectoire du 
projectile. Cependant, la planche mobile de la hausse modèle 1866 étant plus courte, 
le cran de mire de son sommet sert à la distance de 1200 (au lieu de 1300) mètres, et 
celui du sommet du curseur à 1700 (au lieu de 1800) mètres, limita de graduation. 

4° Les modifications ultérieures sont : 

a) Aléser la botte de culasse et retailler les différentes faces de la fente supérieure 
et de l'entaille, pratiquer le logement de l'extracteur et fixer la vis-éjecteur. 

b) Reculer le ressort-gftchette de 9"", afin de lui donner la même position que 
dans le fnsil modèle 1874. 

c) Donner à la détente le même profil qu'à la détente du modèle 1874. 

d) Ajustera queue d'aronde et braser un taquet-écrou vei'S l'extrémité delà 
feuille antérieure du pontet pour fixer la baguettç. 

e) Pratiquer dans la tête de la baguette une fente transversale pour permettre 
l'introduction d'une lame de tourne-vis, et fraiser un trou (sur la tête) pour servir au 
démontage et au remontage de la culasse mobile. 

Il reste à observer qu'une correction de la déviation angulaire initiale, compen- 
sée en partie déjà par le rayage de droite à gauche, est plus complètement corrigée par 
le déplacement des crans de mire seulement au modèle 1874, et des crans de mire et du 
guidon au modèle 1866-74, la largeur inférieure de la planche de hausse, modèle 1866, 
n'ayant pas permis d'appliquer cette correction sur elle seule. 



Déplacement dd : 


GUIDON. 


Cru 4h pied 
de la Planche. 


Cru 

de PArrêtoir. 


Cru isférieur 
de la Planche. 


Cru iaférieir 
du Curseur. 


Fusil modèle 1874 
> > 1866-74 


mm. 0,— 
> 0,8 D 


mm. 1,7 G 
> 0,9 G- 


mm. 1,3 G 
> 0,5 G 


mm. 1,3 6 
> 0,5 G 


mm. 0,8 G 
> 0,- 



Comme le fusil modèle 1866 offre incontestablement de bonnes qualités, il justi- 
fie une transformation plus coûteuse, le portant après Texécution de celle-ci sur le 
même rang que le nouveau modèle. 

D^un c6té les armes à feu portatives neuves et transformées de la République 
française remplissent les conditions des meilleures armes de guerre de ce genre, de 
Tautre côté on a dignement reconnu Timmense valeur que l'uniformité de construction 
de r armement d'une nation représente. 



20 



154 ABME8 A FEU. 

n fut présenté en Italie, en 

1875, et soumis à la Commission royale technique-militaire un fusil, construction 
Pieri, qui, quoiqu'il ne put obtenir la supériorité vis-à-vis du modèle adopté en 1871 
(Vetterli), sera mentionné ici pour cause d'originalité. Le constructeur en prétendait 
les qualités supérieures suivantes : 

1. Simplicité et solidité de Tarme en général ; 

IL Petit nombre de pièces de Tanne et modicité de son prix; 

m. Démontage et remontage facile et rapide ; 

IV. Translation de la détente à la partie supérieure de Tarme ; 

V. Augmentation de la vitesse des feux à 12-14 coups par minute ; 

VI. Qualités ballistiques i*emarquables. 

Nous reviendrons, — après une courte description de Tarme, — sur ces points. 



CONSTRUCTION PIERI, 1875 

Femié et désarmé PI. S8, fig. 370. 

Coupe PI. ««, fig. 371. 

Front des rayures PI. S8, fig. 372. 

Une boîte de culasse A, renfermant la culasse mobile, est vissée au canon ; les 
tranches hélicoïdales d'obturation empêchent une explosion prématurée ; l'entaille du 
renfort postérieur est élargie circulairement et conformément à la vis-arrêtoir D, qui y 
limite le recul de la culasse mobile. 

Le cylindre-obturateur B réunit toutes les pièces du mécanisme d'obturation, de- 
percussion et de détente, et forme ainsi la culasse mobile. 

Après avoir introduit dans le forage du cylindre le percuteur E, avec le ressort 
de percussion F, on y fixe le ressort de détente H, puis après la tête mobile C avec 
l'extracteur G. 

Le cylindre ainsi garni et introduit dans la botte de culasse, la vis-arrêtoir em- 
pêche le détachement des pièces dont la culasse mobile est composée. 

Fonction : 

En dressant le levier, le cylindre fait un mouvement rotatoire qui cependant 
n'est pas suivi de la tête mobile, aiTêtée par l'extracteur et son logement dans la botte. 
Le collet de la tête mobile étant entaillé en forme hélicoïdale et conformément à la 
rampe pareille du percuteur, ce dernier est obligé de reculer et comprime le ressort ; 
la tête de gâchette s'engage dans le cran du percuteur. En retirant la culasse mobile, 
l'étui de cartouche est également retiré par l'extracteur et peut être saisi ou rejeté au 
dehoi*s. 

Après l'introduction d'une cartouche on avance la culasse mobile, qui termine 
l'obturation loi'squ'on abaisse le levier, la languette du ressort de détente (surface en 
crête) est ramenée dans le fond de l'excavation de la botte de culasse et ainsi garantie 
contre un attouchement accidentel. 

Une pression sur la languette du ressort de détente (qui doit s'exercer au moyen 



! 



DIX-NEUVIÈME SIÈCLE. 155 

du pouce), dégage la tète-gâchette du cran du percuteur, dont la pointe frappe sur Ta- 
morce logée dans le centre du culot de la cartouche. 

Le ressort de percussion à coupe rectangulaire doit pennettre une réduction de 
longueur tout en conservant la môme élasticité qu'un ressort de coupe circulaire. 

Nous revenons sur les points de supériorité énumérés ci-dessus. 

I. La construction de Tarme Pieri est simple et solide, soit dans son ensemble, 
soit dans 

II. Ses détails d'un nombre réduit ; il en résulte une fabrication peu coûteuse 
ainsi que 

UI. Un démontage et remontage facile et rapide. 

La réduction du nombre des pièces composant l'arme provient presque exclusi- 
vement de la translation de l'appareil de détente ; ainsi par exemple le fusil suisse 
de cadets (d'après la construction Vetterli à simple charge) compte 41 pièces, le fusil 
Pieri 34 ; de la différence de 7 pièces, 6 se portent sur la détente et 1 sur la manière 
d'arrêter la culasse mobile dans sa course. 

IV. La translation de la détente dans l'excavation de la botte de culasse, donc à 
la partie supérieure de l'arme, n'est par contre non-seulement pas un avantage, mais 
plutôt un inconvénient assez grave j)Our rejeter entièrement son application. L'emploi du 
pouce pour provoquer le départ est inadmissible, le pouce n'étant pas assez indépen- 
dant pour permettre un mouvement exempt de toute influence sur la position de l'arme 
en joue, du visé, condition indispensable à la précision du tir. Des détentes semblables 
se trouvent déjà parmi les anciens fusils à mèche (voir PI. 4, fig. 16), et on en voit de 
temps en temps employées dans les armes de luxe, mais une application aux armes 
militaires de précision peut difficilement leur être réservée. 

V. Il ne peut être dérivé de la construction Pieri une augmentation de la vitesse 
du tir, vu que cette arme se range dans les constructions à cylindre-obturateur avec 
trois mouvements pour la charge, et n'offre point de supériorité .vis-à-vis de cette classe 
d'armes nouvelles en général, dont la vitesse normale des tirs est taxée à 8 coups par 
minute; d'arriver à 12-14 n'est pas une exception propre à l'arme Pieri. 

VI. Des qualités supérieures au point de vue de la ballistique proviennent, pré- 
tend-on, du rayage du canon, fig. 372 ; l'expérience a suffisamment constaté, que des 
rayages de forme artificielle ne rendent que plus difficile la fabrication et l'entretien 
de l'arme, sans aucun équivalent avantageux. 



U. RÉPÉTITION. 



FeriNeture k blo« ci k cylladre. 



Le système de la répétition consiste à pouvoir tirer plusieurs coups de suite sans 
interruption et sans être obligé d'introduire tout exprès la cartouche dans le canon à 
chaque fois. Il n'est pas nouveau pour les armes à feu portatives (voir 1584), et il a été 
appliqué aussi bien aux fusils que plus particulièrement aux pistolets depuis un temps 



156 ABME8 A FEU. 

assez long. La provision de cartouches se loge ou bien dans un cylindre, mobile autour 
d'un axe (Revolvers), ou bien dans la monture (crosse ou fût). 

L'idée, de placer la réserve des cartouches dans le fût où Ton peut en introduire 
le plus grand nombre (au modèle Henry 15 pièces), a été réalisée pour la première fois 
dans le pistolet américain à répétition (voir 1854), et au commencement des années 
1860, avec l'emploi de cartouches métalliques à percussion périphérique qui, comme 
on Ta vu, eurent pour souche la cartouche de salon Flobert ; on appliqua aussi la répé- 
tition aux fusils, dont on a pour échantillon le fusil à répétition Henry, qui conserve 
sans modification le mécanisme du pistolet sus-indiqué, mais qui remplace les moyens 
propulsifs introduits dans le projectile par une douille métallique renfermant la charge 
et l'amorce. 

FUSIL A RÉPÉTITION HENRY (Amérique). 

PI. 4B, fig. 302. 

CARTOUCHE pour ce fusil. 

PI. -iS, Ûg. «75*. 

La matière explosible est renfermée dans la périphérie (le bourrelet), qui a pour 
but en outre d'empêcher la douille de la cartouche de pénétrer en avant dans le ton- 
nerre, tout en offrant Tappui nécessaire pour l'écrasement du bourrelet. 

Comme là douille vide doit être extraite du canon après chaque coup tiré, le 
bourrelet sert encore de prise au crochet de l'extracteur, qui est en communication 
avec les mouvements de l'obturateur, et retire la douille au moyen du mouvement pour 
ouvrir. 

Détails dans le tableau des dimensions. 



Le fusil à répétition Henry rendit déjà de bons services pendant la guerre d'A- 
mérique où il fut employé par quelques corps, et il fit sensation dans les essais exécutés 
en Suisse en 1866/67. 

En raison de quelques défectuosités, entre autres de l'impossibilité de compléter 
successivement la provision du magasin, le fusil Henry fut perfectionné et présenté de 
nouveau sous le nom de fusil à répétition Winchester. 

Dans ce modèle, les cartouches pouvaient être introduites par une ouverture, 
pratiquée sur le côté droit de la botte, dans le transporteur d'abord, puis de là dans le 
magasin. A cet effet, il n'était pas nécessaire de placer l'arme dans un état autre que 
la position ordinaire pour la charge ; la provision des cartouches dans le magasin pou- 
vait être complétée après chaque coup ou bien après un nombre quelconque de coups, 
et le fusil pouvait être chargé séparément (charge simple) ou à l'aide du magasin. 



DIX-NEUVIÈME SIÈCLE. 157 

La vitesse du tir comporta avec charge simple ou séparée 10,2 coups par minute 
et en utilisant le magasin garni, puis en continuant à charger à part, 21,9 coups par 
minute. 

Charge 3'',75 de poudre fédérale suisse ; poids du projectile 14 grammes. 



Une autre construction brevetée est celle de Spencer (Boston) en mars 1860. 
CONSTRUCTION SPENCER (boston). 1860. 

PI. Si, fig. 333. 

FERMETURE de ce fusil. 

PI. Si, Og. 333. 

' Dans ce fusil le magasin, contenant 7 cartouches, est placé dans la crosse, et 
celle-ci est reliée (vissée) avec la boîte de culasse A (dans laquelle aussi se visse le 
canon) par un fort tube. Celui-ci renferme le tube-réservoir proprement dit, dans le- 
quel se trouvent un ressort-spiral et son dé (repoussoir). 

La fermeture mobile se compose de trois parties principales : la pièce de ferme- 
ture ou obturateur B| ; la pièce mitoyenne B, et le levier B3. 

La pièce de fermeture Bj forme, lorsqu'elle est fermée, l'obturateur proprement 
dit. Sur sa face droite est fixé le percuteur C glissant à plat dans une rainure, et 
aboutissant contre le bourrelet de la cartouche. 

B| glisse verticalement à angle droit dans une entaille de B, , qui porte sur sa 
face gauche Textracteur mobile D, en forme de lame de couteau. Un ressort-spiral E, 
fixé à ces deux parties B| et B^, les écarte l'une de l'autre. 

Le levier B, se relie à la pièce mitoyenne par une charnière, tandis qu'un tenon 
cylindrique F le réunit à l'obturateur B^. 

Une vis, traversant la pièce mitoyenne et la boîte de culasse, sert d'axe de rota- 
tion à l'obturateur. 

Un conducteur G, pressant constamment sur B^ , a pour objet de diriger la 
cartouche. H est fixé avec son ressort contre la boîte de culasse. Platine de percussion 
renversée. 

Fondions : 

En ramenant le levier en avant, l'obturateur B| vient s'appliquer contre la pièce 
mitoyenne B,, puis les deux parties B| et B, achèvent ensemble le mouvement de rota- 
tion, imprimé par le levier. Le tube-réservoir est dégagé de la fermeture, et la douille 
vide, entraînée par l'extracteur D, vient se déposer sur le conducteur G, En même 
temps la cartouche suivante, pressée par le ressort-spiral et le dé, sort du magasin 
et se place entre le conducteur et l'obturateur. Lorsqu'on ferme, celui-ci la saisit et 
la transporte jusque dans la chambre à cartouche. L'obturateur B^ , poussé par son 



158 ARME8 A FEIT. 

reiîsort-spiral, se relève, et sa surface intérieure va s'appliquer contre le canon, tandis 
que sa surface postérieure s'appuie contre la paroi du fond de la botte. La fermeture se 
trouve ainsi consolidée. 

Pai; le mouvement ascendant de l'obturateur Bj, le conducteur de la cartouche 
est relevé vivement et la douille vide rejetée hors de la botte. 

Abstraction faite de l'approvisionnement du magasin, pour lequel il faut sortir le 
tube hors de la crosse et le remettre en place après l'avoir rempli de cartouches, la 
charge exige trois mouvements : armer le chien, ouvrir, fermer. 

Si le magasin est vide, on peut aussi introduire la cartouche dans le canon par 
la partie supérieure de la botte. Cependant il faut veiller dans ce cas à ce que l'extrac- 
teur aille se placer devant le bourrelet de la cartouche, sinon il ne sera pas possible de 
fermer. 

Douille de cartouche en cuivre estampé, percussion périphérique. 

Le démontage de ce fusil est d'une grande simplicité. Après avoir enlevé la vis 
servant d'axe de charnière, on peut retirer toute la fermeture, dont les diverses parties 
sont elles-mêmes très-faciles à démonter. , 

La platine à percussion, tout à fait indépendante de la feiineture, n'a aucune 
influence fâcheuse ou incommode. 

Détails dans le tableau des dimensions. 

Vers la fin de la guerre américaine, l'armée unioniste possédait environ 50,000 
fusils Spencer, ea majeure partie carabines de cavalerie. 



Bail (Windsor) fit breveter, le 23 juin 1863, un fusil à répétition, avec emploi de 
douilles métalliques à percussion périphérique. 

CONSTRUCTION BALL (WINDSOR), 1863. 

Fermé PI. Ki, fig. 334. 

Demi-ouvei*t, la douille vide en partie extraite, la nouvelle cartouche sort du ipagasin. PI. Si, fig. 335. 
Platine PI. Kl, fig. 336. 

La botte de culasse A, vissée au canon, relie aussi entre elles les autres parties 
de l'arme, le fût, la crosse et la platine à percussion. 

Le magasin à cartouches (le tube, le dé et le ressort-spiral) est renfermé dans 
le fût, et il peut être fermé par une goupille demi-cylindrique à mouvement circulaire. 
L'ouverture du magasin, servant aussi pour la charge simple, se trouve sur le côté 
droit. 

En armant le chien, la pièce de fermeture B, reliée par articulation à l'obtura- 
teur, se détache de la plaque de choc, par l'action d'un crochet C, fixé à la noix et 
glissant dans la plaque de platine, qui ramène en bas la pièce de fermeture. D résulte 
de ce mouvement que l'obturateur D, articulé sur le levier, s'abat en arrière circulai- 
rement et dégage l'ouverture du canon pour la charge. 



DIX-NKUVIÈME SIÈCLE. 159 

Le bourrelet de la Cartouche repose, en sa partie inférieure, dans une petite rai- 
nure de Tobturateur, de sorte qu'en ouvrant, la douille vide est extraite du canon. 

Aussitôt que Touverture est suffisante, le ressort d'extraction E, fixé sur la face 
gauche de la botte, rejette vivement la douille hors de la botte, et la cartouche suivante 
sortant du magasin, est reténue par Textracteur et, lorsqu'on ferme, transportée dans 
la chambre du canon. 

Un ressort de fermeture F, fixé à la plaque de la platine, presse la pièce de fer- 
meture jusque derrière la plaque de choc, de telle sorte que l'obturateur ne peut plus 
revenir en arrière. Lorsqu'on abat le chien, cette pièce reste encore soutenue dans sa 
position par le bras G, qui, par le mouvement de i'otation de la noix, vient s'appuyer 
sous la pièce de fermeture. 

Cette construction, quoiqu'assez ingénieuse, exige une douille de cartouche de 
première qualité ; l'introduction de la caitouche est peu commode et le ressort de fer- 
meture ainsi que le crochet sont trop délicats. 



Fr. Vetterli, directeur de la fabrique d'armes de Neuhausen (Suisse), présenta 
en 1867 une construction à répétition, se rattachant à la fermeture à cylindre de Terry 
et à la platine à percussion de Flobert. 

Cette arme soutint très-bien les expériences et les essais de résistance auxquels 
elle fut soumise, et la Commission fédérale d'essai pour les fusils la proposa comme 
modèle pour les 80,000 fusils à répétition, qui devaient être construits. Ce modèle fut 
adopté, le 27 février 1867, par le Gouvernement fédéral suisse. 

Jusqu'à la fin de 1871, ce modèle subit encore de nombreuses modifications, dont 
la principale fut le remplacement de la platine à percussion et du chien par le ressort- 
spiral. 

Les dispositions définitives sont les suivantes : 

CONSTRUCTION VETTERLI, fusil suisse a nhiPÉTiTiox, modèle 1867-71. 

Demi-ouvert . PI. 5t, fig. 337. 

» Vue de dessus . PI. «t, fig. 338. 

Double détente de la carabine à répétition. . . PI. St, fig. 339. 
Accessoires, a,heXc PI. St, fig. 3i0. 

La bofte de culasse A, vissée au canon, renferme le cylindre-obturateur et les 
appareils de répétition et de détente. Le fût et la crosse s'y emboîtent et y sont soUde- 
ment fixés. 

La partie supérieure de la botte de culasse, en forme de douille, dirige l'obtura- 
teur daiis son mouvement horizontal, et contient dans sa partie postérieure renforcée 
les saillies pour la fermeture, en haut la rainure de Textracteur, et le coin B, qui tra- 
verse la botte, et qui limite le mouvement de recul du cylindre-obturateur. 

Après avoir enlevé ce coin, on peut retirer complètement le cylindre, et en dé- 
vissant Técrou C, on enlèvera facilement toutes les autres pièces de fermeture et de 
percussion contenues dans l'obturateur, soit : la coquille 1), le ressort de percussion E, 



160 ARMES A FEU. 

la broche F, la fourchette de' percussion G, la noix avec son levier H, Textracteur I, qui 
sortiront du cylindre K sans autre difficulté. 

On remonte le mécanisme dans Tordre inverse. 

La partie en forme de coffret, glissant verticalement dans la botte, est le trans- 
porteur L, dont le mouvement ascendant et descendant est produit par le levier coudé 
N, pivotant autour de son axe M, fixé dans le pied du levier. Le grand bras pénètre 
sous le transporteur, et le petit bras du levier entre dans une rainure ou entaille du 
cylindre-obturateur, et opère ainsi le mouvement du transporteur. 

La botte de culasse se termine en arrière par deux bandes ; dans la rainure 
directrice de la bande supérieure pénètre en saillie la gftchette, qui — relevée par 
son ressort, — sert d'arrêt à Tailette inférieure de la broche ; dans la bande infé- 
rieure ou écusson de sous-garde, pivote la détente, articulée avec la gâchette, et le 
pontet, s'appuyant en biseau contre le pied du levier coudé, y est fixé par un crochet 
et une goupille. 

Le tube-réservoir muni de son ressort-spiral, de son dé et de sa virole, contient 
onze cartouches et. est placé dans le fût. Il est garanti contre Técrasement ou une 
pression quelconque par la baguette, qui est vissée dans sa partie inférieure. 

Fandions: 

En relevant le levier, dont le mouvement est limité par la saillie de Tanneau, la 
noix, reliée au levier, tourne sur elle-même, et par Teffet de ses plans inclinés (hélice), 
sur lesquels glisse Tailetto de la broche (voir fig. 844), elle entraîne en arrière la broche 
et le ressort de percussion ; la partie postérieure de Textracteur, agissant comme res- 
sort d'arrêt, entre dans Tentaille de la noix et maintient armées les pièces de percussion. 

Les tenons de la noix ont quitté leurs points d'appui dans la botte, et Ton peut 
retirer le cylindre-obturateur en arrière jusqu'à ce que l'embase anterieure de l'extrac- 
teur butte contre le coin. 

La douille vide, extraite du canon, est déposée sur le transporteur et rejetée au 
dehors par le vif mouvement ascendant de celui-ci qui, au dernier moment du recul du 
cylindre, est relevé par le levier coudé, dont le petit bras, en saillie dans la rainure du 
cylindre, est poussé en arrière par l'extrémite de cette dernière, ce qui a pour effet de 
relever le grand bras et le transporteur. 

Ce mouvement est encore accéléré par l'action du ressort d'extraction sur le le-, 
vier coudé. 

La cartouche, sortie du magasin, a pénétré dans le transporteur, et elle se 
trouve actuellement devant l'ouverture de la chambre du canon, dans laquelle elle est 
poussée par le retour en avant de l'obturateur. Au dernier moment le levier coudé, re- 
poussé par l'extrémite postérieure de la rainure du cylindre, ramène vivement le trans- 
porteur dans sa position inférieure, où il reçoit une nouvelle cartouche du magasin. 

En raison des surfaces obliques à l'embase du cylindre et à la noix, l'obturateur 
n'est pas encore arrivé à fond de course (pour prévenir une explosion prématurée) ; il 
n'y parviendra qu'en tournant le levier et en le rabaissant tout contre la monture (en 
fermant). 

Ce dernier mouvement suit immédiatement le retour en avant du cylindre ; ans- 



DIX-NEUVIÈME SIÈCLE. 161 

sitôt que celui-ci est arrivé au bout de sa course horizontale rectiligne, le ressort d'ar- 
rêt, pressé par le coin, sort de l'entaille de la noix, et celle-ci peut alors se tourner à 
droite. En même temps les tenons de fermeture de la noix viennent s'appuyer contre 
les saillies de la botte de culasse et consolident la fermeture. Les ailettes de la broche 
sont placées en face des plus profondes entailles de l'hélice de la noix, et la gâchette, 
qui dépasse verticalement la rainure de la bande supérieure de la botte, empêche alors, 
au lieu du ressort-d'arrêt, la l^roche de partir en avant. 

En appuyant sur la détente, la gâchette, qui y est articulée, s'abaisse, le ressort 
de percussion se détend et la broche se décoche pour aller frapper par un double choc 
de la fourchette contre la périphérie (bourrelet) de la cartouche, qui est remplie de ful- 
minate, et fait explosion par écrasement. 

L'extrémité postérieure de la broche, ressortant derrière l'écrou, indique si l'ap- 
pareil de percussion est armé ou non. 

On peut < désarmer > au repos en retenant le levier dans son mouvement de 
rotation descendant et en pressant sur la détente. Pour armer de nouveau il suffit de 
relever et d'abaisser le levier, sans retirer le cylindre. 

On remplit le magasin en introduisant les -cartouches par l'ouverture entaillée 
sur la face droite de la botte, et on peut compléter la provision à un moment quelcon- 
que, de même qu'il est loisible de charger chaque coup séparément soit par l'ouverture 
du magasin, soit par l'ouverture supérieure de la botte de culasse et directement dans 
la chambre. 

n suffit de deux mouvements pour charger, lorsque le magasin est en activité : 
ouvrir et fermer. Avec la charge directe, il faut encore ajouter, comme troisième mou- 
vement, l'introduction de la cartouche. 

Le fusil à répétition contient 13 cartouches, à savoir une dans le canon, une dans 
le transporteur et 11 dans le magasin, que l'on peut tirer en moins d'une demi-minute. 

La cartouche est représentée fig. 275 B. 

Cependant, depuis" 1871, elle a été munie du projectile N** 2 (représenté fig. 125) 
que l'auteur du présent recueil a proposée en modification du projectile antérieur, après 
que les essais auxquels on le soumit et qui précédèrent l'adoption du mousqueton pour 
la cavalerie, eurent démontré que le projectile d'ordonnance subissait une déforma- 
tion des parois trop faibles dé la cavité d'expansion. Ce projectile modifié obtint aussi 
avec le fusil et la carabine à répétition de meilleurs résultats que le précédent et fut 
en conséquence adopté, de même que la cartouche uniforme, pour toutes les armes ci- 
dessus désignées, sous le nom de : 

PROJECTILE UNIQUE POUR TOUS LES FUSILS SUISSES DE PETIT 

CALIBRE. 

PI. §•,. fig. iâ5. 

En fait de fusils Vetterli à répétition, la Suisse possède (fin 1874) 114,000 pièces, 
ainsi que 10,000 carabines pour carabiniers et 2,500 mousquetons pour la cavalerie. 

21 



1G2 ABUEB A FEÛ. 

La carabine à répétition, introduite le 27 février 1871, diflfëre du fusil à répétition 
par les points suivants : P son canon est plus court de 60»", le fftt, le tube-réservoir et 
la baguette proportionnellement plus courts; 2! elle a deux anneaux seulement (l'an- 
neau du haut et celui du milieu) ; .S*" la plaque de couche est cintrée ; 4" la feuille de 
mire est plus courte et mieux repliée ; 5"* elle possède une double détente (construction 
Thury). 

Fondiotis de la davMe ééêmntm (fig. 339). 

En pressant sur la languette de la double détente du frappeur A, le ressort de 
double détente B se relève et se comprime ; une petite embase de la détente G, pressée 
par le ressort D, se croche au bec du frappeur et maintient ainsi la double détente ar- 
mée, n suffira de vaincre la faible résistance du petit ressort d'arrêt, en appuyant très- 
légèrement sur la détente, pour dégager le frappeur de son cran. Gela aura pour effet 
d'abaisser la pièce de détente crochant d'un côté le frappeur et d'un autre côté la gâ- 
chette, qui sera vivement retirée en dessous de la rainure de la bande supérieure. La 
vis d'arrêt de la double détente G règle le plus ou moins de prise du cran de double dé- 
tente, et par conséquent le poids de la détente, qui doit être de 100 à 150 grammes. 

Le magasin contient 10 cartouches, l'anne entière 12. 

Le mousqueton à répétition, adopté le 20 février 1871, est du même type mais 
encore plus court que la carabine ci-dessus ; il a un seul anneau pourvu de deux joues 
protégeant le guidon, le pontet sans crochet, un anneau remplaçant la boucle, un fer- 
moir pour empêcher les cartouches de sortir hors du magasin, une vis d'arrêt empê- 
chant l'écrou de se dévisser. Il suffit de détourner cette vis d'un demi-tour pour per- 
mettre de dévisser l'écrou. Mire à feuille mobile verticale pour des distances de 225 h 
300 mètres (fig. 171). 

Le magasin renferme 6 cartouches, et l'arme entière 8. 

Détails ultérieurs dans le tableau des dimensions. 



Gamma et Infanger à Altorf (Suisse) cherchèrent à réunir la fermeture à cylin- 
dre avec un levier de pontet mobile, et ils y réussirent dans le modèle suivant. 



CONSTRUCTION GAMMA ET INFANGER, 1808. 

PI. SS, fig. 347. 

La fermeture et le mécanisme de percussion sont renfermés dans une boîte de 
culasse A (analogue à celle du Vetterli), qui relie en même temps le canon, le fût et la 
crosse en un seul tout. 

En abaissant le levier de pontet B on relève tout d'abord le coin de ferme- 
ture C, et en continuant le mouvement on fait glisser en arrière le cylindre obturateur D, 



DIX-KEUVIÈME SIÈCLE. 163 

et remonter, par la pression du levier £, le transporteur F, qui amène derrière Tou- 
verture de la chambre du canon la cartouche que le magasin, placé dans le fût, lui a 
fournie, et qui rejette vivement hors de la boite la douille vide, retirée par Textrac- 
teur, au moment ob le recul du cylindre-obturateur se termine. . 

Lorsqu'on repousse en avant le cylindre-obturateur, en «levant le levier de pon- 
tet, le coin, de fermeture est abaissé, et par ces deux mouvements en arrière et en 
avant Tarme est prête pour le tir. 

Par une disposition convenable de la détente et de la vis du levier, on peut tirer 
aussi en même temps qu'on ferme celui-ci. 

La construction est simple, la fermeture solide ; mais le mouvement du levier (1/4 
de tour) est trop étendu et par conséquent peu pratique. 

La petite poignée G a pour objet de mettre Tarme au repos et d'armer de nou- 
veau l'appareil de percussion. 



Fr. Yetterli apporta à sa construction à répétition plusieurs modifications, pour 
la plupart des perfectionnements, qui sont réalisées dans le modèle de l'année 1874, que 
Ton désignera ici sous le nom de Vetterli N* 2. 

CONSTRUCTION VETTERLI N" 2. 

Ouvert PI. Kt, fig. 341. 

Fermé, vu de dessus PI. St, Ag. 342. 

Levier coudé avec son support . . . PI. S9, fig. 343. 
Levier et rainure (dirttctrice) . ... PL S9, fig. 344.* 

Transporteur (coupe) PL S9, fig. 345. 

Tête du cylindre-obturateur .... PL S9, fig. 346. 

Le système et les fonctions sont en général analogues au modèlç de 1871 ; ils en 
offrent, dans quelques détails, les divergences suivantes : 

La botte de culasse A est d'une disposition plus simple et munie d'une seule 
bande (supérieure), dont la rainure avec ses parois a été prolongée, pour conserver au 
cylindre une meilleure direction. Le coin d'arrêt de l'obturateur est supprimé et rem- 
placé par la construction plus solide du levier coudé N, qui limite le recul du cylin- 
dre, et qui, pour cela, apparaît en saillie dans le fond de la botte. Le pontet et le mé- 
canisme, de détente améliorés s'ajustent à la botte et à la crosse, et forment une liaison 
plus solide. 

Le cylindre-obturateur K est raccourci de la largeur du coin d'arrêt et sa sec- 
tion est renforcée par la suppression de la rainure de l'extracteur et par la réduction 
de la profondeur de la rainure du levier coudé. Le coin est remplacé par la petite em- 
base (crochet) venue sous la tête de l'obturateur (fig. 346). 

Le bourrelet cylindrique ou annulaire est renforcé et ses surfaces de friction 
construites plus solidement. 

La noix et son levier H, qui étaient faites en deux pièces, forment un seul tout ; 



164 ARMES A FEU. 

les tenons de fermeture présentent une surface notablement plus étendue et sont par 
conséquent sujets à une usure plus faible. 

Le renfort annulaire ou bounelet du cylindre est muni d'une entaille ou enco- 
che, par le moyen de laquelle il conserve une direction normale dans la rainure de la 
botte de culasse (iig. 3M). 

Le levier coudé et son pied ou support sont plus forts, ses fonctions pjus réguliè- 
res ; le ressort du levier coudé agit, — de bas en haut, — d'une façon plus intense 
sur ce dernier, tandis que celui-ci aura, venu à angle^droit avec lui paf sa têiminaison 
en rouleau, une action plus efficace sur le transporteur, et l'élëvera en même temps sur 
toute sa largeur (et non plus seulement d'un côté) fig. 343. 

Le tube-réservoir est disposé plus simplement ; l'embouchure et ses pas de vis, 
ainsi que l'écrou de la baguette sont supprimés. En enlevant l'anneau du haut, on peut 
retirer le tube-réservoir par la partie supérieure du fût. 

La monture, au lieu d'être divisée en deux parties, ne forme plus qu'un seul tout 
et la baguette, au lieu d'être fixée sous le canon, est placée sur le côté gauche. — 

La plupart de ces modifications peuvent être considérées comme utiles et conve- 
nables ; en revanche, la monture d'une seide pièce oflfre plus d'inconvénients que d'a- 
vantages ; en outre, les fonctions du magasin et la monture elle-même doivent souffrir 
par le transfert de la baguette (de dessous le canon sur le côté gauche). Ce modèle, 
présenté pour remplacement futur du modèle 1869-71, n'a pu être admis vu les incon- 
vénients cités et autres (comme par exemple la multiplication dangereuse de différents 
modèles d'armes). 



A. Thury, contrôleur fédéral d'armes à. Berne, établit en 1874 un fusil à répéti- 
.tion d'une construction très-simple. 



CONSTRUCTION THURY, 1874. 

PI. SS, fig. 348. 

Mécanisme de répétition PI. SS, fig. 349. 

Cylindre-obturateur et pièce d'engrenage. . PI. SS, fig. 350. 

Au canon est vissée la botte de culasse A. Elle est fixée à la monture par sa 
queue et une douille carrée, dans laquelle s'engage une clavette. Dans la monture, 
d'une seule pièce, s'encastre un petit coffret, placé sous la boîte de culasse ; il est relié 
à celle-ci par la clavette, et à la plaque-support du levier par une vis. La pièce d'ep- 
grenage pivote autour d'une goupille fixée sur la face gauche du tenon de la botte; une 
petite embase du cylindre-obturateur s'engage dans l'entaille arrondie de sa face supé- 
rieure (fig. 350). Le mécanisme de répétition, — levier double avec transporteur et 
ressort, — est relié à la plaque du levier G et celle-ci est fixée par deux vis (en avant, 
au coffret, et en arrière, à la plaque de queue). 

La goupille du bras supérieiu* D du double levier se croche dans l'entaille de la 



DIX-NEUVrf»lK 8IÈCLE. 165 

pièce d'engrenage et se visse en avant au transporteur E ; le bras inférieur F pénètre 
dans le transporteur et règle son mouvement vertical ascendant, tandis qu'un ressort 
G, agissant sur le bras du levier D, active le mouvement. 

Fondims : 

En retirant le cylindre, on extrait d'abord la douille vide qui, en buttant contre 
deux petites saillies de la directrice du cylindre, est rejetée hoi*s de la botte. 

Au dernier moment du recul, la pièce d'engrenage, en agissant sur le levier D, 
fait descendre le transporteur dans lequel une nouvelle cartouche, sortant du magasin, 
viendra se placer. 

En repoussant le cylindre-obturateur en avant, le transporteur se relève et pré- 
sente la cartouche derrière l'ouverture du canon. 



La question de l'emploi des cartouches à percussion centrale, même pour les fu- 
sils à répétition, a souvent déjà et de diverses manières été discutée et prise en consi- 
dération, et elle concerne tout particulièrement la Suisse, qui a introduit la répétition 
pour toutes ses armes à feu portatives. 

A l'époque où le système à répétition fut adopté, il n'existait pas encore de 
douille métallique pour la percussion centrale, qui eût pu répondre en tous points aux 
conditions exigées, entre autres garantir l'impossibilité d'une explosion dans le maga- 
sin, sans parler du prix élevé des cartouches à percussion centrale à cette époque. Mais 
le principe une fois établi que la cartouche à percussion centrale est la plus juste et la 
plus rationnelle au point de vue mécanique, et qu'elle offre la plus grande sécurité 
contre la destruction du fond de la douille, les autorités militaires suisses chargèrent 
l'auteur de cet ouvrage de ne pas perdre de vue cette question. 

Des essais avec diverses constructions de douilles que l'auteur du présent recueil 
fit exécuter, produisirent finalement des résultats favorables, entre autres pour les 
douilles suivantes : 

DOUILLE DE CARTOUCHE A PERCUSSION CENTRALE POUR FUSILS 

A RÉPÉTITION, A. 

PL -IS, fig. 390. 

Douille en laiton, estampée d'une seule pièce, fond solide sans renfort intérieur; 
Amorce basse avec logement plus profond. Par cette position de l'amorce en dessous 
du niveau du fond de la cartouche, on arrive à obtenir que le projectile d'une cartou- 
che, placée dans le magasin, ne peut pas aniver en contact avec l'amorce de la car- 
touche précédente. 

Des douilles de cette construction présentent une sécurité complète et peuvenft 
être employées 50 fois et plus, avant que les trous de lumière soient notablement brû- 
lés, c'est-à-dire agrandis. 



166 ARMES A FEU. 

Mais, comme un allongement de la cartouche n'est pas admissible dans Fappli- 
cation de ces douilles aux fusils à répétition qu'on possède déjà ; comme, en outre, d'un 
côté la disposition et la pâture du fond pour la percussion centrale diminue l'espace de 
la charge de poudre, et que, d'un autre côté, le plus grand volume de fulminate dans 
les douilles à percussion périphérique remplace environ '/« de gramme de poudre, en 
sorte que la charge de poudre d'une cartouche équivalente à percussion centrale doit 
être portée à 4 grammes au moins, la douille, dont il s'agit, ne pouvait atteindre son 
but. 

C'est pourquoi l'auteur de cet ouvrage a été amené à rechercher une autre con- 
struction qui, par une augmentation du corps de la cartouche, puisse renfermer aussi 
la charge de poudre nécessaire. 

DOUILLE DE CARTOUCHE A PERCUSSION CENTRALE POUR FUSILS 

A RÉPÉTITION, B. 

■ 

PI. -iS, fig. 291. 

Les expériences sur cette construction de douille ne sont pas encore terminées. 
Elles sont liées à des essais sur l'amélioration de la poudre, de la méthode de grais- 
sage et sur les moyens d'empôcher les débris de plomb de s'attacher aux rayures (plom- 
bage des rayures), lorsqu'on tire longtemps d'une manière continue. 

Si l'on pouvait obtenir une douille à percussion centrale, qui fût, au point de vue 
des frais de fabrication, à peu près sur le même pied que celle à percussion périphé- 
rique, tout en joignant une plus grande solidité du fond à des avantages mécaniques, 
son application ne présenterait point de difficultés techniques ; en effet, on pourrait 
l'employer sans peine pour les fusils à répétition actuels, en supprimant simplement la 
fourchette de percussion et en allongeant la broche. 



Les revolvera (pistolets à plusieurs coups) ont fait, depuis 1863, de grands 
progrès, qui les rendent de plus en plus propres à être utilisés comme armes de guerre. 

En Autriche on a introduit (1871) un revolver pour l'armée, construction Gasser, 
qui ne diffère sensiblement de celui de Lefaucheux que par la modification, apportée 
à son mode de percussion ou d'inflammation. Le chien frappe sur le centre du fond de 

la cartouche. 

La douille, estampée de tôle de laiton, à percussion centrale, est la même que 
celle pour Tes carabines Werndl. L'espace que la charge réduite de poudre laisse entre 
celle-ci et le projectile, est rempli par un tampon de papier. 

Calibre 11""; 6 rayures, largeur 3"",84, profondeur 0"",18, pas, 1 tour sur 
420""; longueur du canon 184""; poids de l'arme l''»,350; charge de poudre l'',5; 
poids du projectile 20'^ 3 ; longueur de la cartouche 46»', 6 ; poids de la cartouche 28 
grammes. 



DIX-NEUVIÈME SIÈCLE. 167 

Outre ce revolver pour Tannée, il existe un autre modèle réduit, quant aux pro- 
portions et au poids, du capitaine v. Kropatschek, sous le nom de < revolver pour offi- 
ciers. > Calibre O"""; 6 rayures, largeur 3"^, profondeur 0"", 18, pas, 1 tour sur 420"" ; 
longueur du canon 106""" ; poids de Tarme O^^'jTTO ; charge de poudre 1 gramme ; poids 
du projectile 10»',2; longueur de la cartouche 32"'" ; poids de la cartouche 14 grammes. 

Dans la plupart des revolvers, les pièces de répétition et de platine sont à peu 
près semblables, quant aux fonctions à remplir. Par contre la solidité des pièces, prises 
séparément, le maniement et la commodité extérieure de Tarme, la facilité du démon- 
tage et d'un bon entretien, Taugmentation de rapidité dans le renouvellement de la 
charge, et surtout la sûreté du tir présentent des différences notables. 

REVOLVER SMITH ET WESSON. 

PI. S4, fig. 353. 

En 1865 et 1866 déjà, Drivon et Biron à St-Étienne, firent breveter une con- 
struction de revolver, dans laquelle un extracteur enlevait lui-même les douilles vides, 
aussitôt que le canon, mobile autour d'une charnière, était décroché et renversé pour 
la charge. 

Dans le revolver Smith et Wesson, le canon se relève, le cylindre A est enlevé 
et on chasse hors de leurs chambres les douilles vides au moyen de la petite baguette B. 
Mais, comme cette manipulation coûte beaucoup de temps, on préfère garder en ré- 
serve un cylindre tout chargé, qu'on remet à la place du cylindre déchargé. 

L'enlèvement du cylindre (division de l'arme) reste néanmoins toujours très-peu 
pratique pour un usage militaire. 

Les mêmes constructeurs (Smith et Wesson) fabriquèrent aussi un revolver à 
extracteur-étoile. Lorsqu'on décroche le canon et qu'on le replie, une roue dentée, 
fixée à la charnière, Sgit sur l'étoile et enlève les douilles vides, puis pressée par un 
ressort-spiral, l'étoile se retire vivement en arrière. — 



Spirlet emploie cet extracteur-étoile sans le relier à la charnière. 

REVOLVER SPIRLET, 1869 (uége). 

PI. titi, fig. 355. 

Au lieu de la disposition toujours assez délicate qui consiste à relier l'étoile à la 
charnière* on a modifié cette construction de telle façon qu'en donnant un coup sur le 
bouton de l'extracteur, lorsque le canon a été relevé, l'extracteur étoile sort du cylindre 
en entraînant les douilles vides, puis il rentre à sa place par l'effet d'un ressort-spiral. 

En relevant le canon, le chien est mis au cran de repos par un excentrique, fixé 
à la charnière. — ^ 



168 ARMK8 A PEU. 

Le capitaine belge Tackels utilise l'extracteur-étoile en rabattant le canon. 

REVOLVER. TACKELS (a nnaLE), 1871. 

PI. S5, Hg. 356. 

La bielle est articulée à la charnière et elle agit sur l'extracteur à étoile pour le 
pousser hors du cylindre et pour le faire rentrer. — 

Lors des essais, faits en Suisse en 1871, sur des revolvers, trois modèles entre 
autres restèrent en concurrence : V le revolver Smith et Wesson, avec extracteur à 
étoile ; 2* le revolver Galand à disque extracteur, et 3* le revolver Chamelot-Delvigne à 
baguette tournante. La simplicité et la solidité de ce dernier parurent prépondérantes 
à la commission, vis-à-vis des délicates dispositions d'extraction das deux autres mo- 
dèles. 

REVOi-VER GALAND, 1870. 

PI. S4, fig. 354. 

Outre la disposition délicate d,e l'extracteur, il faut aussi prendre en considéra- 
tion que tout le poids du canon, du cylindre et du levier repose uniquement sur la vis 
de Taxe, — lorsque l'arme est ouverte pour charger, — ce qui peut facilement entraîner 
une courbure ou une rupture de cette pièce. 

La construction Chamelot-Delvigne promit, après quelques modifications relati- 
ves à l'augmentation de là justesse de tir, de la commodité dans le maniement de Tarme 
et de la solidité, de pouvoir remplir toutes les conditions exigées, et l'auteur de cet ou- 
vrage entreprit d'y apporter les perfectionnements nécessaires. 



REVOLVER CHAMELOT, DELVIGNE ET SCHMIDT, modèle 1871. 

PI. SS, fig. 357. 
Vu de droite. — PI. ftS, fig. 358. 

Ce nouveau modèle fut soumis à l'examen d'une commission qui, après l'avoir 
encore une fois comparé avec les deux autres, et avec des modèles récemment arrivés, 
lui donna la préférence, et recommanda son adoption à l'autorité fédérale suisse, qui 
décida la question en ce sens par décret du 24 avril 1872. 
Cartouche à percussion périphérique. 

Les 800 premières pièces furent conimandées aux propriétaires du bfevet Cha- 
melot-Delvigne, les fabricants d'armes Pirlot frères à Liège, qui organisèrent un outil- 
lage mécanique dans ce but et qui livrèrent un produit entièrement satisfaisant. Ils 
fournirent le même modèle en Italie, où le revolver Chamelot, Delvigne et Schmidt fut 
également adopté avec une cartouche à percussion centrale. 

Une commission suisse ultérieure, composée d'autres membres que la précédente, 



DIX-NEUVIKME 8I£CLE. 169 

a trouvé des avantages à i^introduction d'un extracteur avec l'emploi d'une cartouche 
à percussion centrale. La transformation des revolvers existants, pour la percussion 
centrale, est très-facile et peu coûteuse. Avec la question de la percussion centrale on 
doit aussi résoudre en même temps et à nouveau celle de l'introduction d'un extrac- 
teur. 

Le ployement à charnière du canon pour charger, utilisé d'une manière solide, 
présente un moyen très-propre à l'extraction des douilles, de même que l'extracteur à 

étoile. 

« 

Les méthodes, employées jusqu'aujourd'hui, replient le cylindre soit en haut, soit 
en bas, et exigent pour charger un mouvement de l'arme désagréable et mal commode 
dans la main. 

Pour remédier à ces inconvénients, — et en même temps pour obtenir quelques 
nouveaux avantages, — l'auteur de ce recueil construisit le modèle suivant : 



REVOLVER SCHMIDT, breveté, 1874. 

PI. »S, fig. 359. 

La botte, ou carcasse, est munie en avant sur le côté droit d'un renfort, dans 
lequel le canon et le cylindre peuvent pivoter à droite pour opérer l'extraction et la 
charge. Lorsqu'on referme le canon, il est solidement relié à la botte et maintenu par 
le fermoir A. Après avoir tiré, on relève le fermoir dans une position horizontale, ce 
qui a pour effet de placer le chien au cran de repos. Là-dessus le canon et le cyUndre 
sont poussés à droite, et par un coup donné sur la tête ou bouton B de l'extracteur à 
étoile, toutes les douilles vides sont enlevées d'une seule fois. Un ressort-spiral fait ren- 
trer l'extracteur dans le cylindre. 

Pour les cartouches à percussion centrale, le cylindre n'a pas besoin de logements 
pour les bourrelets, et ainsi on évite tout frottement de la tête du chien. Si le fermoir 
n'est pas abaissé, le revolver n'est pas prêt pour le tir, et le chien arrêté par la gou- 
pille du fermoir, ne peut pas s'abattre sur la cartouche. 

Ces mouvements permettent une extraction et une charge entièrement tranquil- 
les, en même temps que .rapides, et un remplacement facile de tout ou partie seule- 
ment des charges du cylindre. Pour le reste cette construction est analogue à celle de 
la fig. 358. 

La bride peut s'enlever sans instrument. 

Cette arme très-aisée et très-commode à manier a été réduite en un modèle plus 
petit, quant aux dimensions et aux poids, du calibre de 9"", et a été proposé comme 
revolver pour les officiers non montés. 

A ces constructions de revolvers se joint encore celle d'un nouveau fusil, con- 
struit en 1873 par l'auteur de cet ouvrage. 

Jusqu'ici les mouvements, appliqués aux fusils à charge simple pour ouvrir, 
extraire la douille et fermer, sont — au nombre de trois seulement — pour les sys- 

22 



170 ARMES A FEU. 

tëmes à cylindre, un double mouvement (tourner et retirer en arrière); pour les 
systèmes à bloc, mouvement de levier-pontet, ou aussi armer le chien (Werder). 

L'auteur de ce recueil se donna pour t&che de simplifier encore davantage ces 
fonctions, et il y parvint avec son < mouvement de verrou^ > qui, combiné avec sa ferme- 
ture, à savoir son appareil de percussion fig. 228/29, permit de construire un fusil .solide 
à charge successive d'une simplicité extraordinaire. 

CONSTRUCTION SCHMIDT, brevetée, 1873. 

Coupe PI. S«, fig. 360. 

Vue de droite PI. S«, fig. 361. 

Vue de dessus Pi. &•, fig. 362. 

Une botte de culasse A est vissée au canon et renferme l'axe pour le bloc à bas- 
cule B ; le ressort d'arrêt C, l'extracteur D et le fermoir antérieur E sont mobiles et 
fixés à la botte. 

Le bloc-obturateur B contient les pièces de percussion, soit : la broche F, le* res- 
sort de percussion G, l'écrou H, l'indicateur I^(ou miroir) et le ressort de détente K. 

La détente L pivote dans le chevalet de l'écusson de sous-garde. 

La paroi droite ou bride de la boîte M peut s'enlever de ses rainures, oîi elle est 
fixée par les deux fermoirs E et N. Dans la douille directrice de la bride se meut hori- 

■ 

zontalement le verrou pressé par son ressort P. 

Fonctions : 

En ramenant en arrière le verrou, dont l'embase glisse dans la rainure en forme 
d'angles du bloc et se croche devant le disque de la broche, celle-ci est pressée en ar- 
rière en comprimant le i*essort de percussion, la griffe du ressort de détente entre dans 
le cran de la broche, et le bloc, basculant rapidement, frappe sur l'extracteur et la 
douille vide est rejetée au dehors. 

Après avoir introduit la cartouche et repoussé le verrou, l'arme est prête pour le 
tir. L'indicateur ou miroir indique si l'appareil de percussion est armé ou non. 

On désarme, pour mettre le fusil au repos, en retenant le verrou, tout en pres- 
sant sur la détente. 

Si le fusil est chargé et désarmé, et qu'on veuille armer de nouveau, il suflit de 
presser sur le ressort d'arrêt, qui empêche alors le bloc de basculer, et ensuite d'opé- 
rer le mouvement pour armer le ressort de percussion. 

Pour nettoyer l'arme, il n'y a qu'à tourner les deux fermoirs vers le haut (après 
avoir armé). On peut alors enlever la bride et retirer le bloc sans le secours d'aucun 
instrument. Si l'on veut sortir la broche et le ressort de percussion, il faudra d'abord 
dévisser l'écrou, ce qui nécessite l'emploi d'un tourne-vis. 

Pour replacer le bloc dans la botte de culasse, il faudra armer le ressort de per- 
cussion, dans le cas où il serait désarmé. Pour cela on peut se servir du verrou. 

Comme dans cette construction les mouvements pour ouvrir et fermer peuvent 
très-bien s'exécuter tout en tenant l'arme en joue, de même que pour charger, on at- 



DIX-NEUVIEME SIÈCLE. 171 

teint alors une vitesse de tir considérablement plus rapide. D'un autre côté, sa simpli- 
cité aussi grande que possible permet de la fabriquer à très-bas prix, et elle ne laisse 
rien à désirer quant à la durée, à la solidité et à la facilité de Tentretien. 

La mire, adaptée à ce fusil : 



MIRE A CADRAN DE SCHMIDT 1873, 

PI. ti, fig. 172. 

est semblable à celle du lieutenant-colonel hessois MuUer, que W. v. Plœnnies, à la 
page 236 de ses < Nouvelles études, > désigne comme excellente. A la fig. 172 les bras 
et les entailles de la feuille de mire — au lieu de ressorts — permettent un mouve- 
ment absolument tranquille et un arrêt sûr. 

La feuille s'emploie pour des distances de 225 à 1200 mètres, tandis que pour 
des distances inférieures à 225 mètres on se sert d'une encoche taillée dans le pied de 
la mire. 

A propos des constructions de mire, on peut encore en mentionner une que Fau- 
teur de ce recueil à construite pour le mousqueton de cavalei;ie, arme qui demande une 
mire aussi peu volumineuse que possible, facile à manier, bien à couvert et solide. 



MIRE DE MOUSQUETON DE SCHMIDT, 1873. 

PI. t4, Ûg. 171. 

Au milieu de Tembase de la mire, arrondie de tous côtés, glisse verticalement 
la feuille de mire mobile, munie de Tentaille. 

Les côtés de la feuille sont cannelés, pour mieux les saisir, et ils servent en 
même temps de ressorts d'arrêt. La feuille de mire rabattue donne la hauteur de la 
distance normale 225 mètres, et relevée celle de 300 mètres. On peut la mouvoir aisé- 
ment et rapidement et elle est à l'abri de toute dégrad9.tion, de même aussi qu'elle ne 
provoque aucune blessure, quelle que soit la manière de porter l'arme à cheval. 



Quant au < moyen de proptdsion^ > pour les armes à feu, la poudre de tir ordi- 
naire n'a pas encore été surpassée, quoique, pour les mines, aient surgi des moyens plus 
énergiques et agissant d'une façon beaucoup plus intense. La 'p<mdre de Schulze, fabri- 
quée à Potsdam depuis 1864 par l'inventeur de ce nom, paratt avoir réuni, entre au- 
tres préparations, les propriétés qui se rapprochent le plus de celles exigées pour le tir ; 
aussi en plusieurs endroits la soumit-on à des essais, par exemple en Suisse en 1867. 

La substance principale de la poudre de Schulze est le bois. Du bois dur est d'a- 
bord coupé en minces feuilles, dont on fabrique, au moyen d'emporte-pièces, de petites 



172 ARMES A FEU. 

tiges cylindriques d'une section égale à celle du grain que Ton désire. Ge bois est ^- 
suite soumis à une cuisson dans une solution de soude, puis lavé et séché, après quoi 
on lui fait subir une nitrification dans 100 parties d'acide sulfurique et 40 parties d V 
cide nitrique. Les grains de bois nitrifiés sont ensuite imbibés d'une solution de nitrate 
de potasse et de sel ammoniaque jusqu'à 40 Vo^ P^^^ ^^^ de nouveau séchés. 

Les expériences comparatives, faites en 1867, à Thoune (Suisse) avec un fusil ou 
carabine, se chargeant par la bouche, constatèrent les avantages de cette poudre rela- 
tivement au recul, à l'encrassement et à la fumée insignifiante produite. Par contre le 
projectile perdit déjà sa direction normale dans le canon avec la faible charge de 1,^ 
gramme seulement, qui correspondait au volume de 5 grammes de poudre ordinaire; et 
avec une charge plus forte, la majeure partie des projectiles fut chassée hors du canon 
sans subir de rotation. Avec la minime charge de 1»',2 les rapports d'élévation et de 
sûreté de tir se présentèrent déjà très-défavorablement. La poudre de Schulze doit avonr 
l'avantage de se fabriquer sans aucun danger, de ne développer toute l'étendue de sa 
force que dans des espaces solidement fermés de toutes parts, et aussi de coûter un tiers 
de moins que la poudi^e de tir orfinaire. Comme moyen de propulsion pour armes à feu 
elle n'est pas pratique, car même pour des différences de charge très-minimes die est 
trop délicate et trop sensible, tandis que pour produire le même effet eUe exige un vo- 
lume une fois et demie plus grand. 

Elle contient 50 7o de carbone, 44 Vo d'acide et 6 Vo d'eau. Quant à une des 
conditions principales, à savoir la diminution du volume, la poudre de Schulze. est tout 
l'opposé d'un excellent moyen de propulsion pour les armes à feu. Or une pareille dimi- 
nution de volume serait de la plus haute importance pour les armes actuelles à feu de 
vitesse, et surtout pour les < armes à répétition. > 

4875. En Suisse la provision d'armes à feu portatives fut fournie, depuis 1863, 
par divers établissements privés indigènes, qui livraient chacun des * fusils complets. > 

En 1874, l'approvisionnement extraordinaire d'armes à répétition a été achevé; 
dès lors aussi les besoins annuels normaux, pour tenir au complet l'approvisionnement 
nécessaire, se couvrent de la manière suivante : la fabrique fédérale d'armes occupe, 
autant que la qualité exigée et d'autres conditions le justifient, l'industrie privée pour 
la fourniture de diverses pièces de l'arme, tandis qu'elle effectue elle-même le montage 
et le finissage de toutes les armes portatives. 

Ce mode de fabrication remplit le but de l'augmentation voulue et nécessaire 
ainsi que de l'uniformité des produits. En même temps cet établissement fédéral con- 
stitue le dépôt central pour tous les besoins d'armes à feu portatives. 



DIX- NEUVIÈME fifÈCLE. 173 



COUP D'ŒIL RÉTROSPECTIF ET CONSIDÉRATIONS FINALES. 



De même que la bombardelle fut remplacée par l'arquebuse, et celle-ci par le 
mousquet, qui lui-même fit place au fusil, de même aussi dans la seconde moitié du 
XIX"' siècle, et, dans un laps restreint de quelques annéesXl865/1875), le fusil, se char- 
geant par la bouche, — le plus souvent de gros calibre (17,5 jusqu'à 18"") — a dû céder 
le terrain au fusil de petit calibre se chargeant par la culasse. 

Les avantages, obtenus avec armes à feu de précision et de vitesse, sont en sub- 
stance les suivants : 

1. Charge rendue plus facile, dans une position quelconque du tireur; 

2. Certitude de l'emploi de la charge entière ; impossibilité de charger plusieurs 
cartouches dans le canon ; 

3. Rapidité dans la charge et les feux par la simplification des opérations de la 
charge ; 

4. Disposition non interrompue de la défense pendant la charge ; 

5. Diminution du nombre des accessoires de l'arme ; 

6. Augmentation de la tolérance pour le calibre ; 

7. Facilité obtenue pour le démontage, le nettoyage et l'entretien, ainsi que 
poui* l'inspection de l'arme ; 

8. Meilleure conservation de la munition et diminution des dangers d'explosion ; 

9. Inflammation plus assurée. 

Ainsi les mousquetaires (voir 1638) pouvaient tirer sept fois en huit heures; avec 
•les fusils rayés, se chargeant par la bouche, du siècle actuel, on parvint à fournir deux 
à trois coups par minute, tandis que le chiffre de 7 à 8 coups par minute avec un laps 
de temps bien suffisant pour viser représente l'effet normal que l'arme de notre époque 
peut produire ; ainsi le fusil est devenu aujourd'hui 480 fois plus apte à remplir son but 
qu'il ne l'était au XYII*" siècle. 

En 1851 encore le carabinier suisse avait besoin, d'après l'ordonnance, pour le 
service de sa carabine de : 1 moule à balle, 1 cuiller pour fondre le plomb, 1 tourne-vis 
avec clef de cheminée, 1 tire-balle, 1 tire-bourre, 1 lavoir, 1 bouchon de canon, 1 épin- 
glette avec sa chaînette, 2 cheminées et 1 guidon de rechange, plus 60 cartouches à 
poudre, 60 balles ou projectiles coniques, entourées de leur enveloppe graissée et 78 
amorces. 

Le fusil à répétition actuel exige les objets suivants : 1 tourne-vis, 1 lavoir, 
1 brosse et 80 cartouches. Le carabinier peut démonter son arme pour la nettoyer dans 
moins d'une minute, et tirer dix coups visés par minute ne constitue pas une vitesse de 
tir extraordinaire. La sûreté du tir des fusils lisses à percussion est à la distance de 
200 nçiètres analogue à celle de l'arme actuelle à 800 mètres et plus. 

La portée du projectile surtout et son efficacité sont trois ou quatre fois plus 
considérables que celles de la balle d'un canon lisse. 

Des expériences comparatives sur les ratés annoncent (1871) 6,6o Vo P^ur les 



174 AEBOSS A FEU. 

fusils à pierre, 0,40 7o pour T inflammation à percussion et 0,„ï 7o POur les cartouches 
métalliques à percussion périphérique. 

Il y a de plus à considérer que la cartouche nouvelle est insensible à Thumidité 
et aux autres influences extérieures. Les craintes, souvent formulées à l'égard du gas- 
pillage des munitions et du danger de voir celles-ci faire défaut en temps utile, ne se 
sont pas confirmées avec une troupe disciplinée et bien instruite, et un soldat, ayant 
quelque école et quelque intelligence, se laissera diflicilement mettre ainsi au dépourvu. 

L'augmentation énorme de l'efficacité de l'arme à feu portative actuelle comme 
< arme de tir, > ressort des quelques exemples suivants, sur la cause des blessures. 

Année Guerre Blessures causées par • Pr oject iles Sabre Bayonnette 

d'infanterie | d'ailillerie 

0/ 0/ 0/ 0/ 

/o /o /o /o 

1856 d'Amérique, de part et d'autre, 99,7 0,3 

1864 de Schleswig-Holstein, les Danois, 84 10 4 ' 2 

1866 Austro-prussienne, les Prussiens, 79 16 4,6 0,4 

1870-71 Franco-allemande, les Allemands près 

Gravelotte-St-Privat, 94 5 1 

En ce qui concerne l'effet de la plus grande rapidité des feux, nous en avons un 
exemple dans le rapport sur les morts et les blessés à la bataille près de Kôniggrâtz 
(1866) : 

Du côté des Prussiens, 9,153 ) _ 

Du côté des Autrichiens, 24,400 j — ^ • ^'^ 

Beaucoup d'autres considérations viennent encore affirmer ces divergences entre 
le passé et le présent. 

n n'y a pas bien longtemps que le fusil français d'infanterie, modèle 1777/1822 
était considéré comme type dans tous les États, et l'armement de l'infanterie, au point 
de vue du calibre, des dispositions intérieures et extérieures et de la munition, était 
d'une uniformité presque européenne. 

Le nouvel armement se trouve en pleine contradiction avec ce principe. Chaque 
État se procure une arme particulière, le plus souvent en grand secret, et lors même 
que la construction générale de cette arme est identique avec d'autres, il faut qu'on y 
introduise des différences dans les détails d'exécution, soit dans le calibre, soit dans 
la munition. Enfin chaque Etat vante son arme comme la meilleure, ce qui tout natu- 
i*eUement doit aussi être admis par lui pour en justifier l'adoption et pour affermir 
la confiance de la troupe dans son annement. 

En conséquence si, d'un côté, les perfectionnements apportés à l'arme de l'in- 
fanterie, ont eu pour effet une suite de simplifications, cette arme, d'un autre côté, ré- 
clame aussi un degré plus considérable d'intelligence et de soins dans son emploi. 

Les armes à feu portatives de notre époque ne sont plus (comme on l'a déjà dit 
à la page 87) des raquettes à feu, des pinces (pieds de bœuf) ou des bâtons de tir, so- 
briquets méprisants appliqués aux fusils des temps passés, mais elles constituent une 



DIX-NEUVIÈME SIECLE. 175 

machine de guerre d*une grande valeur et capable àe, rendre d'éminents'services. Le 
fantassin a cessé d'être un < bélier mobile; > car il possède aujourd'hui une arme de 
premier ordre, dont remploi intelligent peut être d'une importance considérable. Mais 
aussi ces conditions nouvelles exigent du soldat d'infanterie de plus grandes qualités 
qu'autrefois. îlon-seulement, pour mieux tirer parti de son arme, il doit en avoir une 
connaissance exacte et une habitude pratique convenable, mais encore il faut qu'il ait 
des notions suffisantes sur le:S armes en usage chez les autres peuples, afin de pouvoir 
apprécier la juste valeur de son adversaire, sans l'exagérer ni la méconnaître. — 

Nos lecteurs ne manqueront pas sans doute de se poser maintenant, eux aussi, 
la question suivante : 

Qudle est donc la meilleure parmi les nouvelles constructions? 

Pour l'élucider, il faut d'abord définir, quels sont les effets, les services que l'on 
est en droit d'exiger d'un fusil d'infanterie de notre époque. On peut les résumer comme 
suit. 

Le fusU dHnfanterie âe Vépoqm actudle doit être : 

I. Une arme de tir de précision, dont l'efficacité réponde à la puissance de la vue 
et de la tranquillité du tireur, dont le projectile décrive une trajectoire aussi rasante que 
possible et s'écarte le moins possible de la direction du but ; 

• IL Une arme à feu de vitesse, de la construction la plus simple, d'une grande so- 
lidité, d'une longue durée, d'un maniement commode, d'un facile entretien, et qui 
puisse être utilisée comme 

IIL Une arme à inain (d'estoc et de taille). 

L 

La première condition dépend : 

a) de la disposition du canon ; 

b) des proportions de la charge;. 

c) de la disposition de la mire. 

a) Le camion. La matière, employée aujourd'hui à la fabrication des canons de 
fusils, est l'acier fondu au creuset. Il est préparé spécialement dans ce but et travaillé 
en barres ou tiges. Celles-ci sont forées, tournées, etc. D'une grande ténacité et d'une 
pureté remarquable, cette matière ne laisse. guère à désirer. 

Calibre. Le calibre doit être assez grand, pour que le projectile, qui lui est des- 
tiné, conserve encore une capacité destructive suffisante, pour mettre hors de combat, 
au moins momentanément, en cas de guerre, les hommes et les chevaux. D'un autre 
côté il ne doit pas être plus grand que cela n'est nécessaire, afin de pouvoir projeter ce 
corps destructeur à de grandes distances avec une précision certaine sans moyen de 
propulsion disproportionné, ce qui aurait pour effet un recul incommode, et augmente- 
rait d'une façon démesurée le poids en arme et en munition à porter par le tireur. 

Un calibre de 10"" à 12""" répond le mieux à ces exigences, et celui de 12"" peut 



\ ^..' 



\ 

\ 



176 ABHE8 A FEU. 

être considéré comme le maumi^m compatible avec Tidée qu'on doit se faire du petit 
calibre. > 

Ce petit calibre présente encore Tavantage de rendre inutiles toutes les formes 
compliquées de projectiles à compression et expansion. Il a été prouvé qu'un projectile 
oblong, plein, en plomb, d'un poids suffisant, dont la base est du même diamètre que 
le calibre, se comprime suffisamment pour suivre sûrement les rayures et qu'on peut 
accorder sans inconvénient au calibre une tolérance, assez notable, ce qui n'est plus le 
cas pour de plus gros calibres. 

Dispositions des rayures. Le résultat des expériences faites en a déterminé la 
largeur, la profondeur, la forme et le pas, et ici aussi il est prouvé que les formes sim- 
ples, par exemple quatre rayuœs à arêtes vives et à base concentriques, de même lar- 
geur que les pleins et d'une profondeur constante de 0„5 à O,,"" (selon le rapport entre 
le diamètre du projectile et le calibre), donnaient d'aussi bons résultats que les con- 
structions plus artistiques polygonales, progressives, etc. , qui en fin de compte en ren- 
dent inutilement plus difficiles la fabrication et l'enti^etien. Le pas des rayures se règle 
aussi normalement entre 1 tour et 1 Vj tour sur la longueur de l'âme (75 à 80 cm.) 
d'un canon de fusil normal ayant une longueur totale de 80 à 90 cm. Cette longueur 
n'est pas indispensable pour le développement complet des gaz d'une bonne poudre 
de tir ; mais elle a pour but de ne pas amoiodrir le caractère d'arme de choc du fusil, 
surtout eu égard à son emploi au second rang. 

b) Proportions de la cJuirge, Pour un calibre de 10 à 12"" et une longueur de 
projectile (plein) d'environ 2 Vi fois le calibre, le '/s du poids du projectile représente 
assez exactement la charge normale de poudre ordinaire pour fusils. L'étendue de l'es- 
pace occupé par la charge (cartouche en forme de bouteille) est favorable à une bonne 
combustion. 11 y a aussi un notable avantage à donner un faible jeu à la charge de pou- 
dre, par exemple en intercalant un petit disque en carton entre le projectile et la pou- 
dre, et laissant un léger espace vide au-dessus de celle-ci; le mode de faire contraire, 
c'est-à-dire une poudre serrée et comprimée, diminue la sûreté du tir. La découverte 
des proportions les plus avantageuses pour la charge dépend essentiellement d'expé- 
riences exactes et minutieuses sur chaque espèce différente d'arme et de munition. 

Ces proportions sont traitées théoriquement d'une manière approfondie par la 
balistique. 

Mire. La mire mobile doit être construite et disposée de telle manière qu'elle 
puisse aussi être employée aisément, rapidement et sûrement même dans des moments 
oîi le tireur ne possède pas tout son sang-froid et sa tranquillité ordinaires, et qu'elle ne 
donne pas matière à erreur. 

IL 



La deuxième condition (arme à feu de vitesse) a pour objet de ne pas être infé- 
rieur à l'adversaire^ quant à l'emploi du temps, en répondant à son feu, mais au con- 
traire de tacher de le surpasser. 



DDC-NEUVIÈMB SIÈCLE. 177 

Plas la manipulation de la charge peut s'exécuter promptement, plus il reste 
de temps ap tireur pour viser, pendant l'intervalle entre chaque coup. 

L'arme doit être peu sujette au dérangement des fonctions de ses diverses pièces, 
et chacune de celles-ci prise séparément, ne doit être ni délicate ni fragile. Elle ne pré- 
sentera jamais rien qui puisse en gêner le maniement, et.il 'faut, autant que possible, 
la construire de telle sorte que son entretien soit rendu facile pour le soldat. 



m. 



La troisième condition (arme de choc) perd de plus en plus de son importance, au 
fur et à mesure que la vitesse des feux en acquiert davantage. La bayonnette n'est plus 
que rarement utilisée, dans des cas extrêmes, lorsque les munitions font défaut, par exem- 
ple ; vis-à-vis d'une arme à feu de vitesse, elle aura toujours le dessous, si l'ennemi lui- 
même n'est pas aussi dépourvu de munition ; cette éventualité, qui peut toujours se 
présenter justifie le maintien de la bayonnette, comme arme accessoire, mais à un degré 
inférieur. — 

Dans queUe mesure les diverses construdians nouvelles répondent-dles à ces 
eandiiionsy 

Canon. Dans tous les fusils de construction nouvelle le canon est en acier, d'un 
calibre de 10,5 jusqu'à 11"" et < rayé > selon des modes très-peu différents les uns des 
autres. 

Les proportions de la charge présentent de plus grandes différences que le canon. 
En effet les uns mettent une plus grande importance que les autres à obtenir à une 
longue distance quelques avantages dans le feu de leurs armes, ce qui a pour consé- 
quence nécessaire une charge relativement plus fortt. Mais celle-ci a aussi son mauvais 
côté, par l'augmentation du recul et du poids de la munition. Ainsi, la cartouche pour 
le fusil Martini-Henry pèse 50,5 grammes, tandis que la cartouche suisse n'atteint que 
le poids de 30,5 grammes, de sorte que pour une charge de 2,500 kilog., portée par le 
soldat, celui-ci aura 82 cartouches suisses vis-à-vis de 49,5 cartouches anglaises. Un 
jugement positif sur la justesse de ces différentes manières de voir ne peut guère res- 
sortir que de la pratique. La Suisse, par exemple, est partie du principe que l'effet 
utile normal d'un feu d'infanterie se produit jusqu'à une distance de 800 mètres, et que 
l'effet < au delà > devait être considéré comme une exception. En conséquence sans 
perdre de vue l'exception, elle voulût cependant que la règle servît de base. 

Jusqu'à la distance de 800 mètres l'efficacité des proportions de charge du fusil 
suisse n'est pas inférieure à des proportions plus fortes, et à de grandes distances elle 
n'en diffère que très-peu. Cette différence même perd encore de son importance, si l'on 
prend en considération le fait qu'avec l'augmentation de la distance l'espace dangereux 
diminue progressivement et que les erreurs augmentent dans l'estimation des distances. 
Un angle de mire, un peu moindre seulement, ne donne pas, comparativement aux 
difficultés de la mise en joue et du visé, qui augmentent avec la distance, des diffé- 
rences sensiblement avantageuses aux plus fortes charges. 

23 



178 ABMBS À FEU. 

D'un autre côté la précision perd aussi dans les fortes charges par Tinconvénient 
d'un plus fort recul, auquel le tireur n'est nullement insensible. Ce recul se fera d'au- 
tant plus sentir qu'on ne visera pas avec autant de sang-froid et de sûreté, inconvénient 
croissant avec la distance. 

Mire. Pour pouvoir atteindre un but éloigné avec une justesse aussi grande que 
possible, on a besoin d'un appareil de mire convenable, qui donne la hauteur de mire 
(hausse) exacte. 

Le cran de mire (entaille) doit se trouver à une distance de l'œil suffisante pour 
permettre de voir distinctement le but. La mire mobile des nouvelles armes à feu por- 
tatives est ou bien une mire à gradins et à.échelons, ou bien une mire à cadran, ou bien 
enfin une mire à clapet et à glissière soit mire à curseur. 

L'une comme l'autre de ces mires peut remplir le but principal, quoique les avis 
soient partagés sur les mérites respectifs de ces différentes constructions. 

La mire à gradins et à échelons est avantageuse, aussi longtemps qu'on n'utilise 
que les gradins, mais aussitôt qu'on devra se servir de la glissière de l'échelle, elle de- 
vient mal commode. 

La mire à cadran est la plus simple et la plus aisée à manier ; elle peut se régler 
facilement et rapidement avec une seule main et elle ne donne lieu à aucune erreur. 

Ce sont les mires à clapet et à glissière (curseur à rallonge) des nouveaux fiisQs 
allemands (Mauser) et français (Gras), qui sont les plus compliquées avec leurs cinq (6) 
crans différents de mire et le double emploi du curseur. 

La plus grande étendue, donnée à l'échelle, n'est pas une conséquence de qua- 
lités balistiques supérieures dans cette arme relativement aux autres fusils de construc- 
tion nouvelle ; en effet, il est reconnu que les nouvelles armes de petit calibre ont en 
général, à une distance de 2500 mètres et au delà, une efficacité encore bien suffisante, 
pour mettre hors de combat hommes et chevaux. (Le fusil suisse à répétition, par exem- 
ple, atteignait encore, dans les expériences dirigées par le colonel fédéral Siegfried, une 
force de pénétration de 6 centim. d'épaisseur de bois de sapin à des distances de 2500 à 
2800 mètres). Mais on estime, d'après les expériences de 1870/71, que la grande portée 
des armes à feu portatives de notre époque, doit pouvoir, autant que possible, s'utiliser. 
Aussi, dans ce but, ne craint-on pas les complications inhérentes à leur nouvelle mire, 
et compte-t-on empêcher, par une discipline sévère, une application superflue et inutile 
du tir à grandes distances. ' 

Pendant la guerre de 1870-71 de nombreux exemples ont prouvé que le fusil 
Chassepot pouvait s'employer utilement et avantageusement à des distances dépassant 
1000 mètres. Il est vrai qu'à un tel éloignement il ne s'agit que de feux exécutés sur 
des buts d'une assez grande étendue (batteries, grandes masses compactes d'infanterie 
ou de cavalerie, en colonnes serrées, etc.), oh, dans la plupart des cas, l'observation 
de l'effet produit doit être faite exactement et prise en considération, afin de ne pas 
brûler inutilement la munition. Il peut aussi se présenter des circonstances exception- 
nelles, ou l'échelle de mire n'est pas divisée pour les distances nécessaires ; alors on re- 
courra à des procédés spéciaux ; on fera, par exemple, viser sur un point plus élevé ou 
plus éloigné. 

Une échelle de hauteurs de mire pour des distances jusqu'à 1200 mètres semble 



DIX -NEUVIÈME SIÈCLE. 179 

donc devoir répondre amplement aux besoins les plus nécessaires, si Ton ne veut pas 
faire souffrir la règle par des complications calculées seulement en vue des exceptions. — 

Les armes à feu portatives plus courtes pour la cavalerie sont le plus souvent 
munies d'une embase ou hausse fixe, qui contient quelquefois encore un petit clapet 
mobile donnant la hauteur de mii'e pour jme seconde distance. 

Les déviations latérales naturelles, provenant de la direction des rayures et de 
la rotation du projectile, sont si minimes dans les nouveaux fusils, qu'on peut parfaite- 
ment se passer de les cx)rriger soit en déplaçant le cran de la mire de Taxe de Tâme, 
soit en donnant un mouvement oblique à la feuille de mire, ainsi qu'on Ta proposé et 
même appliqué. 

Quant à ce qui concerne l'exécution du travail, on a en mains aujourd'hui les 
moyens nécessaires pour travailler le canon intérieurement et extérieurement avec toute 
l'exactitude désirable même avec une trës-faible tolérance. L'ajustage du guidon, de la 
mire, la division des hauteurs de mire pour les différentes distances, les dispositions de 
l'ftme du canon, en un mot tous les facteurs ayant de l'influence sur les effets balisti- 
ques du canon et de la mire, peuvent être étabUs et vérifiés d'une façon si exacte, que 
le connaisseur peut déjà juger de la justesse du tir, dont une arme est capable, avant 
de l'avoir essayée. 

Les perfectionnements et les conquêtes de la mécaniqjué et de la technique ne 
sont un secret pour personne, et ils n'appartiennent pas à quelques hommes seulement; 
ils sont pour la plupart la propriété commune de l'industrie de la fabrication d'armes, 
de sorte que l'exécution technique et mécanique de ces dernières ne présente dans au- 
cun État de différences sensibles. 

En continuant ce parallèle, et en considérant que les divergences mêmes des 
proportions de la charge sont aussi des éléments de comparaison, — comme par exem- 
ple un plus petit calibre avec une charge plus faible, l'augmentation des gaz d'expan- 
sion avec une portion plus forte de fulminate dans les cartouches à percussion périphé- 
rique, etc.— on arrive à conclure que les nouvelles armes du calibre de 10,4 à 11"^ sont 
toutes à peu près semblables comme armes à feu de précision. 

Gomme armes à feu de vitesse les constructions nouvelles des fusils à charge sim- 
ple exigent trois mouvements, et les fusils à répétition deux mouvements pour la charge, 
en utilisant le magasin. 

Pour les fusils à charge simple à trois mouvements, il faut considérer que chez 
les uns ces mouvements peuvent être plus courts et plus commodes que chez les autres, 
et par conséquent il y aurait une différence dans le temps réel employé. Sous ce rap- 
port on devra donc donner la préférence aux constructions dans lesquelles ces mouve- 
ments s'exécuteront le plus promptement. Cependant la différence n'est en réalité pas 
aussi grande, qu'on a souvent voulu partialement la représenter; car, tandis que pour 
certaines constructions (à bloc) les mouvements de la charge sont par eux-mêmes plus 
courts, pour d'autres, au contraire (à cylindre) il faudra donner une moins grande 
attention, donc moins de temps, à l'introduction de la cartouche, etc. (Des détails ulté- 
rieurs sur ce point sont consignés sous la rubrique A; pièces de fermeture et de per- 
cussion). 

Les fusils à répétition offrent l'avantage de pouvoir introduire successivement ' 



180 ABME6 A FEU. 

dans le canon un certain nombre de cartouches (en Suisse, par exemple 13) avec deux 
mouvements de charge seulement pour chaque coup, en* économisant le temps perdu 
nécessaire pour saisir chaque fois la cartouche et Tintroduire dans le canon pour ce 
même nombre de coups avec les fusils à charge simple. 

Les fusils à répétition présentent donc yis-à-vis de ces derniers une notable aug- 
mentation dans la vitesse des feux. Le nombre des cartouches brûlées peut à chaque 
instant être remplacé dans le magasin par un nouvel approvisionnement, et d'un autre 
côté le fusil à répétition peut à volonté être utilisé comme fusil à charge simple. Dans 
ce dernier cas la charge exige à peu près le même temps que pour les autres fusils à 
charge simple, avec trois mouvements. 

L'arme à magasin prime donc le fusil à charge simple, quant à la vitesse du tir, 
et rinfluence morale qu'exerce sur le tireur le sentiment qu'il est en possession d'une 
provision de cartouches dans le fusil même, constitue assurément un autre avantage 
considérable. Les services, que peut rendre le magasin, seront en certains moments 
d'une très-grande importance. 

A propos de la condition II, nous avons dit que le fusil moderne doit être < une 
arme à feu de vitesse de la construction la, plus simple, d'une grande solidité, d'une 
longue durée, d'un maniement commode et d'un fac^ile entretien. > 

Le fusil à répétition, qui est supérieur au fusil simple eu égard à la vitesse des 
feux et à un maniement plus commode dans le tir, ne lui est pas sensiblement inférieur 
au point de vue de l'entretien ; mais cette supériorité ne peut pas s'étendre à la Simpli- 
cité de la construction, ni à la solidité et à la durée. La répétition augmente le nombre 
des pièces de l'arme, et les fonctions qui en résultent pour quelques pièces doivent 
nécessairement être aussi plus étendues. 

On peut avoir des opinions bien divergentes sur la question de savoir si, après cet 
exposé, on devra accorder plus de valeur aux avantages du magasin ou À ceux d'une plus 
grande simplicité de construction, d'une plus grande solidité et d'une plus longue durée 
de l'arme. Toujours est-il que le fusil à répétition parait devoir être l'arme de l'avenir. 

Maintenant déjà son mécanisme est passablement simple et solide, et son démon- 
tage, par exemple pour le fusil suisse à répétition, plus facile et moins compliqué que 
celui de beaucoup de fusils simples. L'époque d'activité et de création, dans laquelle 
nous vivons, peut encore y apporter de nouvelles simplifications et augmenter la durée 
de quelques pièces, de sorte que le fusil à répétition pourra aussi à ce point de vue se 
perfectionner. 

Si par exemple le fusil suisse à répétition employait la cartouche à percussion 
centrale au lieu de la percussion périphérique, il en résulterait déjà un surcroît de 
solidité et de durée (entre autres par la suppression de la fourchette de percussion). 

La condition III : Le fusil d'infanterie de l'époque actuelle doit pouvoir servir 
aussi d' < arme à main, > est remplie par l'adjonction de l'arme accessoire, consistant 
dans la bayonnette ou le yatagan (sabre-bayonnett«). L'avantage est certainement tout 
à fait du côté de ce dernier, quoique l'antique < perce-cuirasses, > aussi nommé < perce- 
crapauds, y compte encore beaucoup de partisans, surtout parmi ceux qui ne savent pas 



.DIX-NEUVIÈME SIECLE. 18^ 

comprendre les avantages d'une arme à tir précis et rapide ou qui ne les veulent pas 
comprendre, parce qu'ils déi-angent leur routine et leur quiétude. 

Un yatagan léger, avec une lame solide et un mode pratique de consolidation au 
fusil est une arme de choc (d'estoc) tout aussi bonne que la bayonnette, et elle est en 
même temps une arme de masse (de taille). Tandis que la bayonnette, une' fois le fusil 
brisé, ou prise simplement en main, ne possède aucune propriété utile au service, le 
yatagan peut s'^nployer seul, à la main, et son utilité, principalement dans la tactique 
modifiée de rinfanterie, dans le service de chasseurs, de tirailleurs pour éclaircir des 
broussailles, former des abris, etc., ne doit pas être perdue dé vue. 

Une arme accessoire a beaucoup plus de raison d'être aujourd'hui pour un tout 
autre usage que pour figurer à l'extrémité du fusil, où elle remplit de jour en jour un 
rôle plus subalterne, la bayonnette est donc < impratique, > car elle est destinée uni- 
quement àêtre employée plantép au bout du fusil. 



Si l'on veut entrer dans d'autres considérations particulières à la nature des- 
fusils d'infanterie de l'époque actuelle, on devra encore mentionner : 

A. Les pièces de fermeture et de percussion ; 
'B. La monture; 

C. Les garnitures; 

D. HjCS pièces accessoires; 

E. La munition. 



A. Les pièces de fermeture et de percussion. 

Parmi les fermetures, on en rencontre spécialement deux sortes, qui sont appli- 
quées aux modèles les plus récents, à savoû* l'obturateur à bloc et l'obturateur à 
cylindre. 

L'obturateur à bloc, soit vertical soit à bascule, n'exige, comme on l'a déjà vu, 
qu'un seul mouvement très-simple pour armer, ouvrir et fermer; tandis que l'obtura- 
teur à cylindre demande le plus souvent un double mouvement, et quoique l'obturateur 
se tourne et se ramène en arrière d'une manière non interrompue, il ne possède cepen- 
dant pas la même simplicité que l'obturateur à bloc. 

En revanche, avec une fermeture à bloc, il est nécessaire que la cartouche soit 
introduite complètement dans sa chambre, si l'on veut pouvoir fermer. En outre, 
la fermeture à bloc ne produit pas une obturation aussi hermétique de la cartouche, ce 
qui n'a d'influence réelle, il est vrai, que sur tes cartouches à percussion périphérique. 
Enfin l'ouverture, après le feu, est — pour le bloc-obturateur — souvent rendue plus 
difficile par le gonflement du fond de la cartouche. 



182 ARMKS A PEU. 

L'extraction de la douille vide exige une plus grande force avec la fermeture à 
bloc que par Tobturation à cylindre. Dans cette dernière construction on peut même, 
en modérant le mouvement d'extraction, saisir facilement la douOle, ce qui constitue 
un avantage réel, lorsqu'on veut la conserver après le tir pour remployer de nouveau. 
Cette drconstance n'a de valeur que pour les exercices en temps de paix; mais comme 
l'emploi le plus considérable de cartouches a lieu précisément en temps de paix, la 
prise en considération de cette économie sur la munition est parfaitement justifiée. 

En temps de guerre, la conservation de la douille vide, en Tenlevant à la main 
au lieu de la rejeter au dehors ou de la faire tomber sur le sol en retournant Tarme, 
présenterait une entrave à la rapidité des feux et conséquemment un inconvénient 
grave. Mais l'arme peut être disposée de telle manière que l'on puisse facilement saisir 
la douiUe vide et la mettre de côté dans les exercices en ;temps de paix, tandis que dans 
les moments sérieux cette douille serait rejetée, en allant butter contre une vis d'ex- 
traction, dont la tète dépasserait à l'intérieur les parois de la boîte de culasse; cette 
vis pourrait simplement être enlevée en temps de paix. 

Le système à cylindre exige, pour une même longueur d'arme, un plus grand 
espace empiétant sur la longueur du canon. Ce n'est pas un désavantage, vu que le ca- 
.non d'un fusil d'infanterie est toiyours plus long que cela n'est nécessaire pour l'expan- 
sion complète des gaz de la poudre. En revanche, pour des armes plus courtes, par 
exemple pour les mousquetons de cavalerie, le système à bloc est plus favorable, parce 
qu'il permet d'obtenir plus aisément la longueur de canon nécessaire avec une plus 
faible longueur du fusil tout entier. 

Quant aux pièces de percussion il y a à remarquer qu^un petit nombre seulement 
des nouvelles constructions de fiisil ont conservé la platine à percussion renversée, la 
plupart avec plus de trois mouvements pour la charge (Peabody, Wemdl), tandis que. 
toutes les autres réunissent le mouvement pour armer au mouvement pour ouvrir ou 
pour fermer. 

Le ressort-spiral, aussi bien que le ressort-hélice ou à ruban (Beaumont) pour la 
percussion peut être rendu solide et très-durable, et ce mécanisme de percussion est en 
général beaucoup plus simple que les précédents. 



B. Monture. La monture est construite en deux pièces ou d'une seule pièce. La 
construction en deux pièces est préférable pour des motifs de fabrication, lorsque toutes 
les parties sont solidement et convenablement reliées. 

Les matériaux employés sont le noyer ordinaire et aussi le bouleau dans le Nord, 
et le noyer-géant en Amérique. 

L'inclinaison de la crosse (centre d'épaulement) au-dessous du prolongement de 
l'axe du canon varie de 10 à 11«", et la longueur d'épaulement (de la détente au 
centre d'épaulement) va de 31 à SSc". 



DIX-HXUVIÈMB BliCLB.. 18B 

C. Garnitures. La matière, employée pour leË garnitures, est habituellement le 
fer. Le laiton ne s'utUise plus que rarement, quoiqu'il mériterait encore la préférence 
pour le pontet et les anneaux. 

Dans les derniers tonps on a vu apparaître le bronze phosphore; mais il n'a pas 
pu s'implanter solidement pour la fabrication de pièces de fusils, principalement à cause 
de rinégalité de sa composition. 

Vm matitee, d'une ténacité k peu près égale à celle du fer et non siyette à la 
rouille, deviendrait très-précieuse pdur la technique des armes ; mais le bron2e phos- 
phore, au lieu de se rouiller, se couvre de ver^de-gris, ce qui est encore beaucoup plus 
fftcheux. 

Les garnitures en fer sont ou bien cémentées (d'une couleur grise) ou bleuies ; 
de sorte qu'une arme (avec son canon bronzé ou bruni) présente une teinte sombre 
sans aucune partie brillante. 



D. Accessoires. Us se composent le plus souvent d'un tourne-vis et d'un lavoir 
ou d'une brosse, celle-ci étant considérée comme très-pratique pour le nettoyage du 
canon. 



£. Munitùm. Dans \gL munition il y a à considérer : P la douille de la cartouche, 
la matière qui la compose et l'inflammation ; 2^ la charge de poudre en qualité et en 
quantité; S"" le projectile, la matière employée, la forme et le poids; 4? le graissage. 

1. DauHlede la cartouche. On emploie exclusivement des douilles métalliques, 
faites de préférence en cuivre pour la percussion périphérique et en laiton pour la per- 
cussion centrale. On se sert du cuivre pour la percussion périphérique, parce que le 
fond de la douille, ayant une plus faible épaisseur exige une ténacité plus régulière et 
plus uniforme. 

Les douilles destinées à la percussion centrale sont estampées ou composées de 
feuilles de laiton enroulées. Ces dernières reviennent plus cher et sont moins convena- 
bles pour un usage répété. Mais comme elles sont plus expansives, elles offrent l'avan- 
tage de produire une meilleure obturation. 

Les douilles de cuivre estampées pour la percussion périphérique sont plus sim- 
ples à fabriquer et elles sont moins coûteuses que les autres, en ne calculant qu'un 
-seul emploi. 

La valeur du cuivre des douilles vides réduit d'un huitième jusqu'à un sixième 
le prix de revient de la cartouche entière (le prix de la cartouche suisse est de six cen- 
times ; la valeur de la douille après le tir 0,8 centimes). 

Les douilles à percussion périphérique sont en revanche plus susceptibles d'une 
explosion prématurée ou accidentelle. En outre la plus grande quantité de matière in- 



184 ARMES A FEU. 

flânunable offre une irrégularité plus considérable dans la pose de Tamorce, et la 
vigueur de celle-ci exerce une influence sur la charge. 

La matière explosible est en contact direct avec la poudre, et elle ne se conserve 
pas aussi bien que dans les cartouches à percussion centrale, qui présentent encore le 
grand avantage de pouvoir conserver la munition sans amorce. Cela a pour effet de 
diminuer notablement les dangers d'explosion dans Temmagasinage et le transport des 
munitions. L'introduction de la capsule d'amorce exige une perte de temps peu sensible. 
La possibilité de l'emploi réitéré des douilles déjà servies, avec la percussion centrale, 
a été relevée dans beaucoup d'endroits comme très-avantageuse et eUe mérite en effet 
d'être prise en sérieuse considération. La preuve a été fournie (par exemple en Bavière) 
que l'utilisation plusieurs fois répétée d'une seule et même douille de cartoudie peut 
très-bien être mise en pratique dans la troupe. 

L'avantage de la percussion centrale, au point de vue mécanique et relativement 
à la solidité et à la durée de la construction du fusil, a déjà été démontré dans d'autres 
passages de ce livre. — 

2. La charge de poudre^ en ce qui concerne la quantité, a déjà été traitée lors- 
qu'il s'est agi des proportions de la charge. 

Quant à la qualité, les proportions du mélange sont : ou 75 de salpêtre, 11 de 
soufre et 14 de charbon, ou bien 75 de salpêtre, 10 de soufre et 15 de charbon. Les pre- 
mières quantités sont en usage en Allemagne, en Bavière et en Suisse, les dernières en 
Angleterre, en France (nouvellement), en Russie et en Amérique. 

En place du grain rond on a de part et d'autre employé dans ces derniers temps 
un grain anguleux; prismatique. Il paratt que les Anglais notamment sont parvenus à 
produire une excellente poudre de fusil de forme anguleuse.— 

3. Projectile. On a déjà lu à la page 166 qu'une forme artistique, tout ingénieuse 
qu'elle puisse être, est parfaitement inutile pour la bonne direction du projectile. Les 
rainures ou entailles, dont celui-ci est pourvu, n'ont plus d'autre but que de maintenir 
et retenir la graisse, dont le projectile est enduit extérieurement. Quant à son poids, 
voir les proportions de la charge. La matière le plus généralement employée pour la 
fabrication des projectiles, est le plomb pur ou c plomb doux. > 

En Angleterre on y ajoute Vn de zinc et ce mélange se nomme le < plomb dur. > 
L'effet produit par les nouveaux projectiles ressort des résultats des expériences du 
D' Kûster, à l'école de tir militaire à Spandau, oîi il a été expérimenté sur des corps 
d'animaux. On en conclut que : < P les dimensions des dégftts sont en rapport direct 
avec la vitesse initiale du projectile. Le modèle de fusil de 1871 (Mauser) produisit 
des perturbations terribles, dans ce sens que les os et les parties molles étaient frac- 
turés et écrasés sur une étendue considérable ; 2^" la blessure est aggravée par le fait 
que le plomb se réchauffe par le choc et par là perd de sa force de cohésion, mais sans 
se fondre. En traversant les chairs le projectile laisse en arrière des fragments de plomb 
à tous les angles et à toutes les arêtes du canal de la balle, et il sort finalement du 
corps en plusieurs morceaux entraînant avec lui des fragments d'os brisés. S"* Les blés- 



DIX-K£UV£ÈM£ SIÈCLE. 185 

sures, qui Tiennent d'être décrites, ne sont produites dans ces dimensions que par 
des projectiles en plomb doux. 

Les blessures, faites avec le projectile du fusil Henry-Martini, dont la vitesse 
initiale est à peu près la méîne, .sont loin d'être aussi considérables. Selon les circon- 
stances ce projectile en plomb dur ne pratique ordinairement qu'un simple trou, dont 
l'ouverture d'entrée est plus ou moins arrondie et celle de sortie aussi, mais un peu 
plus grande, sans causer de perturbations internes. 

Le projectile du Ghassepot et plus encore celui du fusil Mauser présentent une 
puissance dévastatrice épouvantable, surtout à leur sortie. 

Ces particularités furent aussi, comme chacun le sait, observées durant la guerre 
. franco-allemande de 1870/71 et plus spécialement chez les blessés allemands. C'est 
pourquoi l'on adressait aux Français le reproche d'avoir violé les lois du droit interna- 
tional, en faisant usage de projectiles explosibles, tandis que le vrai motif de ce fait re- 
posait uniquement dans la composition du projectile Ghassepot en plomb doux et dans 
sa grande vitesse initiale. 

A cent pas de distance des projectiles en plomb dur traversent encore le corps 
d'un cheval dans sa plus grande dimension; tandis que des balles en plomb doux restent 
le plus souvent cachées dans le corps, sans le traverser, et produisent ainsi des blessures 
beaucoup plus dangereuses. Des expériences faites concurremment sur le degi'é de pré- 
cision ont été à l'avantage des projectiles en plomb dur. 

4. Ghmssage.' Le graissage est nécessaire pour empêcher l'endurcissement de la 
crasse de la poudre, restant dans }e fusil, de même aussi que la suspension de frag- 
ments de plomb dans les rayures et sur les pleins (plombage des rayures). 

Le graissage de la cartouche se fait extérieurement ou intérieurement. Le grais- 
sage extérieur a aussi pour effet de venir en aide à l'obturation de la partie postérieure 
de la chambre contre l'échappement des gaz de la poudre, et il est surtout nécessaire 
lorsque la douille de la cartouche n'a pas assez d'élasticité et d'expansibilité pour s'ap- 
pliquer fortement contre les parois de l'âme du canon. 

Le graissage extérieur a, en revanche, l'inconvénient de se fondre à la chaleur, 
et de se briser à une température refroidie, ou lorsqu'on conserve pendant un certain 
temps de la munition graissée. En outre il a le désavantage d'encrasser et de sâUr les 
mains et les effets. 

Le graissage intérieur (disque ou tampon de graisse placé entre le projectile et 
la charge de poudre) remplit très-bien son but avec une matière facilement expansible 
pour la douille, comme par exemple les feuilles de laiton enroulées. 

La graisse, qu'on emploie à cet usage, est habituellement un mélange de graisse 
de mouton et une légère adjonction de cire-vierge. 



Après avoir coordonné et discuté ces différents points, si l'on revient ^ à la 
question : Quelle est la meilleure parmi totUes ces nouvelles constructions de fu>siis qui 07i^ 
pris naissance récemment ? on deyra répondre que toutes ces nouvelles constructions, 

24 



166- ABHBS A FEU. 

introduites dans les derniers temps, répondent aux conditions exigées pour le fusil d'in- 
fanterie de r époque actuelle, les unes présentant des avantages plus marquants dans 
un sens, les autres dans un autre. 

L'Impossibilité de réunir dans une seule construction toutes les qualités supé- 
rieures, permettra naturellement d'avoir diverses opinions sur « l'arme par excellence, > 
selon que l'on donnera plus de valeur à tel avantage qu'à tel autre. 

n ne faut pas attribuer trop d'importance, comme on Ta fait souvent, à certaines 
données qui, par exemple, admettent pour la vitesse du tir d^un fusil se chargeant en 
trois mouvements vingt et plus de coups par minute (le fusQ suisse à répétition a 
atteint 34 coups par minute). En effet il y a au service de chaque construction des gens 
très-*exercés au maniement de leur fusil, qui atteindront un maximum. Gomme base 
on prendra toujours Veffet normal. > Celui-ci dépend du nombre et du mode des mouve- 
ments de la charge et, à nombre égal la vitesse des tirs se balance à peu près; de même 
aussi qu'en ce qui concerne la précision du tir, des canons rayés appreximativement 
uniformes au point de vue du calibre et de la charge n'offrent point de différences ex- 
traordinaires. 

m 

Mats on peut admettre en toute sûreté que le fusil qui remplira le 
mieux les services qu'on est en droit d'en attendre^ sera te fusil porté par 
un homme connaissant à fond les propriétés d'une arme à feu de précision 
et de vitesse de tir^ et qui comprendra le plus complètement la manière de 
les utiliser. 



m 



FIX, 



StJPPLÉMEISrT 



1793. On introduisit en France, comme essai, la c carabine de Versailles. >L'âme 
renfermait 7 rayures progressives spiriformes et le projectile était enveloppé dans un 
morceau de peau graissée (calepin). Pour charger, il fallait se servir d'un maillet. On 
abandonna cette arme en 1805, à cause de la trop grande perte de temps nécessitée par 
la charge. 



1815. Pendant les guerres de Napoléon ?^ le rapport entre le nombre d'hom- 
mes tués par les balles de fusils et celui des cartouches tirées se présentait comme 
1 : 9000, proportion qui avait sa cause dans le grand jeu {V/^'k V/^ millimètres), néces- 
saire avec les armes de ce temps pour pouvoir tirer successivement et sans entraves un 
nombre suffisant de coups de feu. 



1874. < Correction à la page 110. > 

La transformation du fusil à aiguille de Dreyse fut continuée en Prusse après la 
guerre de 1870-71 ; ce fusil transformé sert aujourd'hui à l'armement de la landwehr, 
depuis que, — fin 1874, — la ligne est munie du fusil Mauser, modèle 1871, et jusqu'à 
i^ que la landwehr elle-même puisse être armée du nouveau modèle. 

Il fut adopté, en Autriche-Hongrie, une cartouche à charge difiërente du modèle 
1868. 

Cartouche 1868 charge de poudre gr. 4. — poids du projectile gr. 20,3 

> 1873-74 > > .5. — > > 24. 

La hausse ou mire à gradins et échelons porte une graduation jusqu'à 1200 mè* 
très. 



A.]^r]^rEXES 



SOURCES AUXQUELLES ON A PUISÉ DES RENSEIGNEMENTS 

Les données les plus anciennes sont fournies par les chroniques et les ouvrages 
historiques et militaires, reconnus comme authentiques et bien renseignés, de : Justin- 
ger, Schilling, Wurstisen, Tschudi, MttUer, Th. de Morla, Rothe, Valturius, Hoyer, L. 
Fronsperger, Roger Bacon, Furttenbach, Joinville, Glutz, Haller, Stettler, Gruner, etc. 
En outre les archives publiques, des documents divers et les arsenaux et collections 
d'armes ont été d'un grand secours pour l'élaboration de ce recueil. 



OUVRAGES PRINCIPAUX DU XIX>°e SIÈCLE 

BsHHECK, R.-G. V., major royal prussien, WéUin Waffen (le monde en armes), Leipzig 

et Berlin. 1869—1871 

Cenni, SuUe armiporiatiîi (les armes portatives), Turin. 1869 

Chabbin, chevalier d'ordres militaires, Les carabines de guerre, Paris. 1860 

EusoiB, y., Charles, major fédéral suisse, Kriegstoesen der Eidgenoaaen (l'art de la 

guerre chez les Confédérés), Lucerne. 1873 

Fbuherie, Gnst., lieutenant de l'artillerie royale suédoise, Les modèles des armes à feu 

portatives, Stockholm. 1874 

Hbntsch, F., capitaine, 1. d. I., Die Entuncklungsgeschichte der Hinteriadungsgetoekre 

(histoire du développement des fusite se chargeant par la culasse), Leipzig. 1878— 

LiiuouLLE, N., Les nouvelles armes à feu, Paris. 1872 

MusÉB NATIONAL GEBMAiK, à Nuremberg, ÇiieUen eur OesehiehU der Feuerwcffen (sour- 
ces pour l'histoire des armes à feu), lieipzig. 1872— 

Ma&etsch, Otto, capitaine d'artillerie impér.-royale autrichienne. Moderne Handfeuer- 

waffen (armes à feu portatives modernes). Vienne. 1873 

Mattenheimeb, a., capitaine d'infanterie royale bavaroise, Die Buckladungsgeioehre 

(les fuBils se chargeant par la culasse), Leipzig. 1869 

Meteb, m., capitaine royal prussien, Handbuchder Creschichte der Feuertocffen (manuel 

sur l'histoire des armes à feu), Berlin. 1835 

Plœnmibs, W. V., major hessois, Sàmmtliche Werke ûber Handfeuerwaffen (Collection 

. d'ouvrages sur les armes à feu portatives), Leipzig. 1861—1872 

Polain, Alph., Die Probe der Feuerwaffen (l'épreuve des armes à feu), Liège. 1862 

Populaire Waffenhunde (Science populaire des armes), C. v. H. et H. W., Leipzig. 1870 

Reiteb, J., lieutenant de l'art, imp. -royale autrichienne, Etementar-WqS^ehlehre (Étu- 
des élémentaires sur les armes), Trieste. 1870 

RoDT, Emmanuel, capitaine d'artillerie suisse, GescMcMe des hemerischen Eriegstoesens 

(Histoire militaire du canton de Berne), Berne. 1831 

RusTow, W., Militàr-Wôrterhuch (Dictionnaire militaire), Zurich. 1858 

Saubb, Charles-Théodore, de, lieutenant-colonel royal bavarois, GHrundriss der Waffen- 

lehre (Bases fondamentales de l'étude des armes), Munich. 1869—1874 

ScHM^)T, Rod. (auteur de cet ouvrage), Le développement des armes àfeu, Schaffhouse. 1870 



{'■ 



ANNEXES. 



189 



ScHOH, J., capitaine saxon, Qeschichie der Fsuerwc^en (iCstoirc des armes à feu), 
Dresde. 

ScHOTT, J«, migor impérial royal pnissien, Chrundriss der Wcffenlehre (Bases fondamen- 
tales de rétude des armes), Berlin. 

ScHMŒusL, J., capitaine d'artillerie royale bararoise, Ergànzungawaffenîehre (Complé- 
ment à l'étude des armes), Munich. 

Spbcht, ▼., lieutenant-général, Geachichie der Waffen (Histoire des armes), Leipzig. 

SvsAVB, le général, Histoire de VarUUerie française^ Paris. 

Tackbls, capitaine belge, Ouvrages divers sur les airmes à feu portatives^ Anvers, Bru- 
xelles, Paris^ 

ÏÏFMAXH, D', Dos SeMestptdver (la poudre de tir), Braunschweig. 

Wbtoavo, Herm., major hessois, Deutsche Oewékrfrage^ Moderne Pràzisionswaffen (La 
question du fusil allemand, les armes de précision modernes), Leipzig. 
Brochures spéciales sur les constructions de fusils et communications originales de : Del vigne, 

Wild, Coït, Pritchett, Dreyse, Spencer, Yetterli, Stahl, etc., etc. Publications militaires périodiques. 



1858 

1876 

1851 
1870 
1874 

1868—1873 
1874 

1872—1875 



Pour compléter le tableau des dimensions de détails des constructions transfor- 
mées et nouvelles, qui sont parvenues à leur exécution, il est utile de le faire précéder 
du tableau suivant : 



TAMetiii des constructleiis de fusils se eli»r||e»nt p»r I» eulmsse, 

ftnti*«duftts dans les différents Étots. 



ÉTAT 



Allemagne 

Angleterre 

Autriche-Hongrie. • . . 

Bavière 

Belgique. ••.... 

Danemark 

Espagne 

États-Unis de l'Amérique 

du Nord 

France 

Id 

Grèce 

Hollande 

Italie 

Monténégro 

Norwége 

Portugal 

Principautés danubiennes . 
Id. 

Prusse 

Russie ....... 

Serbie 

Suède 

Suisse 

Id 

Turquie 

Roumanie 



TRANSFORMATION 



Construction. 



Page. 



\ 



Snider .... 118 

Veinzl .... 119 

Podewils .... 100 

Albini-Brftndlin . . 119 

Snider 113 

Berdan .... 117 

Berdan .... 114 } 

Snider-Scbneider (tab.) 120 
Gras, mod. 1866-74 



NOUVELLE CONSTRUCTION 



S 



Snider . 
Carcano 



118 

108 



Carié, Kmka 
Grflner . . 



108 122 



Amsler, gros calibre 

» petit » 
Snider .... 



115 
115 
113 



124 
156 



OonstrueUon, 

Mauser . . . 
Martini-Henry . 
Wemdl . . . 
Werder . . . 
Comblain . . . 
Remiogton . . 
Remingtoo . . 
Peabody, Remington 
Henry, Spencer. 
Chassepot . . 
Gras, modèle 1874 
Remington . . 
Beaumont . . 
Yetterli (simple) 
Dreyse, Krnka . 
Remington . . 
Martini-Henry . 
Dreyse ... 
Peabody . . . 
Dreyse, Mauser. 
Berdan N^ 2. . 
Peabody . . . 
Remînflfton . . 
Peaboay ... 
Vetterli (à répétition.) 
Martini-Henry . 
Lee (1876) . . 



Page. 

142 
132 
122 
131 
180 
127 
127 
127 
157 
105 
147 
127 
141 
139 
122 
127 
132 
49 
123 
142 
140 
124 
127 
124 
159 
132 



49 



49 



190 



Tableau des principales dimensions (enmilliiuèires) et poids (en kil«granie8) de différentes 



ARMES SE CHARGEANT PAR LA CULASSE 

CONSTRUCTIONS 



Description, page 
Dessin, planche .. 



» 
» 



ARIHE 

Transformation ou nouvelle construction =T = K 

Système d'obturation, £?^'' ^'^^'l* 

Canon longueur totale ' . 

» » de la partie rayée 

» » (le la ligne de mire 

» diamètre extérieur à la bouche 

» » » au tonnerre .. , 

» calibre normal 

» rayures, nombre 

» profil (à base concentrique = C) 

» largeur normale 

» » profondeur normale 

» » direction (de droite à gauche = G) 

» » hélice (l tour à) .. > 

» hauteur du guidon au-dessus de l'axe du canon 

Mire (hausse) conetruc* '"^'*'"*' * '^'^'^''"' * ^'*'^*'"'^ '^"'^*'^'"' * ^«"«*'' 

C E GelE S 

» distance du cran, à partir de l'épaulement 

■yr X d'une pièce, en deux pièces 

Arme accessoire ^^M2]}^'' yatagan ongabrebayonnetU , épée-bayonn. 

Longueur totale de Parme, sans bayonnette 

» » » avec » 

Poids de Parme, sans bayonnette 

» » avec » 
Centre de gravité, dès Pépaalement, sans bayonnette 

» » » avec » 

Longueur d'épaulement (jusqu'à la détente) 

Nombre des pièces de Parme 

Prix de Parme sans bayonnette .-...., 

» » avec » 

mimiTioiiî 

Cartouche. «Planche de dessin (Tab.) 

* fig 

charge de poudre- 

matériel du projectile (plomb dur = P D) 

projectile, longueur 

» diamètre max. 

» poids 

lubrification (graissage) intér. = J ; extér. = E. 

douille ou étui, longueur 

» longueur totale de la cartouche 

» poids > » ; 

» prix » » c» 

mode d'inflammation E^^^^- 'J!^ 

QUALITÉS DIVERSES 

Nombre de mouvements décharge 

Vitesse du tir (coups par minute, normal) ». 

Vitesse initiale du projectile (mètres en une seconde) 

Vitesse initiale (donnée de France) 

Zone dangoreusep'Pinfant.l'",80 H (dist.p' atteindre le max.) 

» » maximum 

» » à 400 mètres 

* » à 600 » 

» » à 800 

*1'°,70 H. > » à 1000 



» 

» 
» 

» 



» 
» 



A charge simple sans 
cartouche obturatrice 



o» 



g 



1841 



4» 
18 



N 

C 

907 
862 
745 
21,, 
31 

1Ô,4I 

4 
C 
6 

0.78 

D 
732 

18,6 

à reuiUes 

690 

1 

B 

1,360 

1,870 

4,650 

5,010 

610 

660 

360 

50 



17 
136 

4,86 
P 

28,6 

13,5 

31 
E 

60 
40 

5,8 

C 



5 

5 

296 

239 

286 

64 

39 



S S 

S > 



1867 



100 

28 



T 

C 

913 
879 
746 

19,6 

28,8 
13,0 

4 

C 

5 

0,t6 

D 
1,570 

17,8 

E 

575 
1 

B 
l;302 

1,825 

4,640 

5,020 

541 

620 

345 

46 



17 
145 

4,65 

P 
21,7 
14,S8 
27,65 

E 

53,6 
35,7 



5 

5 

390 

266 

318 

77 

44 

29 



EE4 



1888 



105 
32 



N 

C 

826 
702 

'^°/690 
17,4 

28 
11 
4 
C 

4,5 
0,8 

G 
550 

15,8 

6et£ 

"*/615 
1 

Y 

1,300 

1,870 

4,050 

4,680 

550 

655 

345 

52 



43 
270 

5,6 

P 
25,- 

11,8 

25,. 
E 

68 
32 

7,5 

C 



4 

6 

420 

420 

275 

329 

85 

46 

29 

24 



S 



£ 

« 

p 

< 



1886 



113 
35 



T 


930 

875 

•««/850 
19,6 

27 

14,7 

3 
C . 

6,6 
0,S5 

D 
1,950 

16,8 

GetE 

*"/515 
1 

B 

1,335 

1,780 

4,280 

4,660 

610 

670 

350 

65 



43 
274 

4,6 

P 
26,- 

14,55 

31,1 
E 

62,5 

46,1 

8,1 

C 



5 

6 

360 

249 

298 

65 

37 

24 



9S 



1888-87 



115 
36 



T 



926 
870 
840 
18 
25,5 

10,4 

4 
C 
4,8 

0,S5 

D 

810 

15,4 

C 

520 

1 

B 

1,380 
1,860 
4,765 
5,110 

610 

660 

835 
59 

85 - 

89,30 

43 
275» 

3,6 

P 
25,5 

10,8 

20,4 

E 

38 

56 
30,6 



4 

7 
440 

291 
347 
89 
47 
29 
20 



• 

âi 



o 
< 



1887 



119 
37 



T 



885 
842 
785 

18,8 

26 

13,8 

4 

C 

5,5 

0,, 

D 

2,100 

15,4 

S 

525 
1 

B 

1,328 

1,812 

4,250 

4,620 

566 

639 

340 

62 



4,* 
P 

21,18 

14,fï 
29,T 
E 

50,7 
41,. 



4 

6 

391 

266 

316 

66 

34 



« 

s i- 
9 'jsp 

1887 



1)9 
37 



TetN 



970 
830 

••'^/615 

17 
26,5 
11 
4 
C 

4,5 
0,8 

D 

550 

17 

GetE 

1 

B 

1,350 

1,820 

4,480 

' 4,830 

565 

640 

330 

63 



43 
279 

^r 
P 

25,. 

11,6 

25,. 

E 

50 

68,5 

41,- 

5,5 

C 



5 

5 

417 

281 

333 

73 

37 

23 



D 

f 

3 § 

s? 

B 
< 

1886 



114 
35 



T 



925 
8d0 
810 
20 
26,& 

12,8 

H 
C 
7 

0,15 

D 

1,060 

16,1 

E 

570 

1 

B 

1,350 

1,820 

4,590 

4.940 

620 

675 

345 



4 

6 



trmes 


à fea portatives en usage, transformées et nenves, 


d'après des armes i 


originales. 


191 


• 

 Charge simple avec cartouche obturatrice. 


• 










A ] 


répétition. 


« s 

si 


i I. 


^9 

SB 'C 

S 9 


• 

< 


II 




1 se * 

S ^ 


1^- 


m o 


i| 


• 

< 


• 

S 2 


S 

< 


• 

S §* 

a: "Ej 

B 

< 




»S9 : 
122 , 


mt 


1864-66 


1868 


1870 


1869 


1871 


1871 


1871 


i8n 


1871 


1874 


1860 


1866 


1867-71 


124 


127 


122 


130 


131 


132 


139 


140 


141 


142 


147 


157 


156 


159 


45 ' 


42 


42 


39 


45 


46 


47 


83 


49 


49 


50 


57 


51 


45 


52 


IrtN 


N 


N 


N 


N 


N 


N 


N 


N' 


N 


N 


N 


N 


N 


N 


» : 


B 


B 





B 


B 


B 


C 


C 


C 


C 


C 


• 

B 


C 


C 


— 


84d 


950 


845 


835 


890 


890 


860 


— 


830 


855 


820,5 


765 




843 ! 


— 


794 


900 


795 


775 


830 


820 


815 


-~ 


770 


785 


760,5 


720 




785 


— 


780 


"Vbos 


f"/«76 


'•%40 


•••/7 85 


•"/675 


780 


— 


735 


710 


688 


035 


-i 


807 ' 


— 


18 


18 


18,5 


18 


17,5 


19 


17,5 


— 


18 


17,5 ' 


17,4 


20,7 


— 


18 ; 


— 


2^,» 


2(S 


24 


26,6 


28,5 


28 


28 


— 


27 


28 


28 


27,5 


— 


26 


15.24 


10,4 


12 


11 


11 


11 


11,48 


10,4 


10,66 


11 


11 


11 


13,ï 


11.4 


10,4 ; 


— 1 


3 


6 


6 


4 


4 


7 


4 


.— 


4 


4 


4 


6 


— 


4- ! 


1 


C 


C 


C 


C 


C 


polygonal. 


C 


k . 


C 


C 


C 


C 


— 


c 


— 


5 


3 


3,7 


. 4,6 


4.6 


— 


4.5 


— 


4,6 


4,«J 


4,5 


4 


— 


4,5 


— 


0,. 


0,3 


0,« 


0,8 


0,«6 


0,19 


0,25 




0,8 


0,8 


0,»5 


0,S6 




0,ÎS6 


— 


D 


D 


D 


D 


D 


D 


D 




D 


• D 


G 


D 


— 


D , 


1,340 . 


720 


1,069 


724 


1,420 


920 


558,8 


650 


533 


750 


550 


550 


1,220 


— 


060 


— 


15,5 


16,6 


16,2 


17,7 


15,8 


16,s 


15 


— 


16,5 


16,5 


15,8 


18 


— 


15,4 


— 


C 


GetÊ 


GetE 


GefE 


GetE 


GetE 


C 


GotE 


C 


S 


S 


E 


E 


C 


— 


610 


"•/6I0 


■•»/676 


*'>%60 


••*/580 


•*Vo 


540 


— 


560 


610 ' 


610- 


530 


— 


475 


1 


2 


2 


1 


2 


1 


2 


1 


• 

1 


1 


1 


1 


2 


2 


2 


B 


B 


Y 


Y 


Y. 


Y 


Y 


Y 


B 


B 


Y 


E 


Y 


— 


B 


1352 


1,320 


1,350 


1,280 


1,210 


1,300 


1,275 


' 1,275 


1,233 


1,320 


1,345 


1,305 


1,195 


— 


1,300 ' 


1.^45 


1,800 


1,840 


1,855 


— 


1,780 


1,775 


1,780 


1,865 


1,832 


1,815 


1,827 


— 


— 


1,780 


4,510 


4,200 


4,250 


4,380 


— 


4,390 


4,170 


4,110 


4,195 


4,350 


4,440 


4,200 


4,560 


■ 


4,700 


4,920 


4,500 


4,675 


5,010 




5,125 


4,855 


4,870 


4,670 


4,720 


5,180 


4,760 


— 


— 


5,000 


— 


580 


550 


550 


500 


530 


560 


570 


— 


660 


600 


560 


485 


— 


580 i 


— 


630 


605 


655 


— 


640 


670 


665 


— 


615 


710 


650 


— 


— 


635 


— 


345 


325 1 330 


345 


340 


330 


330 


— 


330 


345 


345 


330 


— 


315 


— 


61 


61 66 


51 


53 


55 


55 




48 


55 


— 


81 • 




69 


— 


95 — 


_— — 


80 — 


— 


— r 


— r 


— 


— 


— 


— 


— 


— 


1 


— 


100 — 


— . 


— 


90 - 


— 


— 


— ^ 


85 — 


— 


— 


... 


— 


,._ 


80 — 


43 


43 


43 


MunlUon 
43 


43 


Munition 
d'AUeimig. 

43 


43 


43 


43 


43 


43 


57 


• 


43 


1 
43 ' 


281 


275» 


283 


282 


279 


285 


285 


286 


287 


288 


289 


367 


— 


275 


275»» j 


5.07 


3,6 


4,86 


5,- 


5,- 


5,- 5,5 


4r 


5,06 


4,S5 


f>r 


5,86 


— 


3,25 


3.0 


p 


P 


P 


P 


P 


P P D 


P 


p 


p 


P 


P 


P 


P 


P 


— 


25,6 


^^^ 


22,9 


26,- 


27,6 32,5 


25,5 


27,- 


23,7 


27,5 


27,- 


— 


— 


25,5 


— 


10,8 


— 


11,14 


11,6 


llr 11,» 


10,8 


11,- 


11,5 


11,- 


11,- 


— 


— 


10,8 


35,6 


20,4 


24 


24,- 


25,- 


25,- 31,- 


20.4 


24,- 


21,76 


25,- 


25,- 


-i— 


14 


20,4 


I 


E 


£ 


£ 


£ 


I i 


E 


letE 


I 


I 


I 


E 


E 


E 


49 


38 


— 


41,6 


50 


60 60 


47,5 


. 58 


57 


60 


59,45 


— 


— 


38 


63 


56 


— 


60,6 


68,6 


77 ; 75,5 


66 


75 


65,8 


77 


70 




— 


56 


42,- 


30,5 


35,«t 


32,4 


40,6 


43 ' 50,6 


34,8 


39,6 


39,»- 


43,- 


43,8 


— 


— 


30,5 




5r 


— 


11,« 


— 


13,- 11,- 


7,- 


— 




13,- 


— 


— 


— 


r>,- ! 


C 


P 


P 


C 


C 


C C 


C 


C 


C 


C 


C 


P 


P 


P 1 


4 


4 


4 


Muniliun 
4tn3 

4 


3 


Munition 
d'Alleoiag. 

3 


3 


3 


3 


3 


3 


3 


3 


2 


2 


G 


7 


6 


8 


9 


9 


9 


8 


8 


8 


8 


8 


9 


11 


11 


309 


440 


386 


436 


430 


446 


416 


440 


426 


405 


430 


455 


— 


— 


435 


— 


— 




450 


.»- 


445 400 


425 . 


435 


— 


448 


450 


— 


—> 


^^ 


234 


291 


' 252 


293 


. — 


311 294 


293 


— 


286 


306 


— 


— 


— 


291 


281 


347 


302 


347 


— 


369 . 350 


349 


— 


338 


360 


— 


— 




347 


61 


89 


71 


81 


— 


98 


92 


88 


— 


76 


92 


86* 


— 




89 


37 


47 


42 


41 


— 


50 


47 


47- 


— 


40 


47 


46* 


— 


— 


47 


25 


29 


— 


25 


— 


31 


30 


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— 


25 


29 


28* 


— 


— 


29 


. — 


20 


— 


— 


— 


22 


19 


20 


— 




19 


19* 


— 


— 


20 



TABLE ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES* 



Piges 
A 

Amorces (capsales) 43 

Arme à feu (notion de T) 7 

Armes à feu (dénomination d'anciennes) . . 25 
Armes à feu portatives (notions et généralités 

sur les) . . . . 7, 9 

» » (des temps mod.) 87, 173 

» » (conditions des) . . 175 

» » anciennes, de jet . . ,2 

Armes blanches (à mains) anciennes . . ^ S 

Armes de choc et en même temps de tir 10, 12, 33 

Arquebuse à croc 15 

Arquebuse primitive 11, 14 

B 

Baguettes en bois, fer et acier . . 17, 33, 35 

Baliste 1 

Balistique (notes) 16, 20, 29, 32, 46, 57, 60, 68, 72 
75, 77, 78, 80, 84. 85, 86, 163, 174, 175, 183 

Balles en plomb 10 

Bassinet à couvercle 11^17 

Bayonnette, genre perce-cuirasse, 23^ 29, 30, 32 

36, 37, 62, 82, 177, 180 
Bayonnette, en forme de poignard, de sabre, 

d*épée . . 30, 53, 84, 133, 151, 177, 180 
Blessures (comparaisons sur les) . 174,187 

Bombardelles et ai'quebuses 8, 9 

Bouches à feu (notions des) .;.... 7, 9 
» » à plusieurs canons, 13, 15, 23, 25 
» » se chargeant par la bouche et 

par la culasse 8, 9, 12, 25 

Bronzage (brunissage du canon) .... 27. 45 

€ 

Calepin (enveloppe du projectile). . 32, 49, 187 
Calibre actuel 175 



PafBs 
Canon (matériaux de construction du), 52, 79, 82 

175, 177 

Carabines 53, 55, 61, 84, 162 

Carabine à cliambre (d*Abegg) 92 

Carabine-revolver de Coït 49, 54 

Cartouches complètes 24 

Cartouche du pistolet américain à répétition 67 
» du fusil à aiguille de Dreyse, Prusse 51 
» du fusil de salon Flobert, douille 

métallique 56 

» de chasse Lefoucheuz (unité de car- 
touche 49 

» du revolver Lefaucheuz .... 66 
9 au coton-poudre (Sauerbrey) . . 58 
» Wild, en trois parties .... 55 

Catapulte 2 

Chargement par la culasse, premiers essais, 9, iO 

21, 26, 38 
» » I (transition géné- 

rale au), 80, 87, 90 
> > (avantages géné- 

raux du) . . . 173 
Charges (proportions de), voir notes de balis- 
tique. 

Chien ou serpentin 13 

Critique et coup d'œil rétrospectif, 9,' 12, 16, 17 
22, 24, 26, 29, 30, 37, 38, 44, 63, 68, 82 

86, 173 à fm. 



Détente d'arquebuse à mèche 14 

Double détente 22,61,86 

» de la carabine suisse à répéti- 
tion 162 

Douilles de cartouches métalliques, percus- 
sion périphérique . . . . 116, 183 



' A partir da cummencement de U description des nouvelles consiractions de fusils, les subdivisions, telles que 
munition, notes balistiques, etc., ne se trouvent plus enregistrées séparément, mais elles sont ou ajoutées & U des- 
cription relative de l'arme, ou contenues dans le tableau des dimensions. 



TABLE ALPHABETIQUE DES MATIERES. 



Douilles de cartouches métalliques, enroulées. 

percussion centrale . . . . 117, 183 
» métalliques, estampées, percussion 

centrale 1i6, 183 

» métalliques, estampées (pour l'épé- 

tition), percussion centrale . . . 165 
» (fabrication des) 117 

Essais sur la solidité et la durée des fusils . 38 

» avec le petit calibre -50 

» anglais sur le chargement par la cu- 
lasse . '.\ 80 

» suisses sur le chargement par la cu- 
lasse 

» sur l'effet produit par les projectiles . 
» sur le recul . . . . , 



Estampage des projectiles en plomb 



F 



89 

184 

35 

70 



Fabrication des fusils, il, 31, 3â, 41, 49, 76, 79 

82, i7i, 179 

Fui mi-coton ou coton-poudre 67 

Fulminate de mercure (Bertholet) .... 38 

Fusée Foss pour fusils 65 

Fusil Albini, transfoimation belge . . . . 119 

» Amsler, transformation suisse . . . . 115 

» Amsler-Schmidt, percussion centrale . 117 

j* Bail, à répétition 158 

1» Beaumont (Hollande) 141 

» ^ Beck (à aiguille, transformé) 110 et Supplém. 

B Benjamin 102 

» Benkin 94 

Berdan (transformation américaine) . . 114 

Berdan (transformation, Espagne) . . 117 

Berdan N« 1 (Russie) 118 

Berdan N* 2 (Russie) 140 

Burton 130 

Carcano (transformation italienne) . . 109 

Carié (Russie) ; . . 108 

Chabot 113 

Charrin 126 

Charroy (se chargeant par la bouche) . 47 

Chassepot (tête- obturatrice) .... 97 

j» modèle 1866 (France) ... 105 

» (modifié par Schmidt, 1869). 107 

» transformé au système Gras. 162 

Chaumette 34 

Cochrans . 126 

Comblain (Belgique) 130 

Cooker, percussion centrale (bouche) . 44 

Cordier-Minié (bouche) 79 

David 47 

Delvigne (bouche) 46 



)» 
» 

» 
}) 
M 
fi 
» 



193 

Page» 

Fusil Dotige 135 

» Dœrsch et v. Baumgarten 103 

» Drevse 46, 50 

Falisse et Trappmann 101 

Flobert (de salon) 56 

Freuler 124 

Gamma et Infanger, à répétition . . . 162 

Ghaye 95 

Gosset (bouche) 41 

Gias^ France, modèle 1874 145 

Grcen 98 

Hcinleiu 94 

Henry, simple 129 

» à répétition 156 

Hubbel 94 

Hiigel 136 

Joslyn 111 

de cadets (Suisse) 137 

Ka»stli - 130 

Krnka (Russie) 122 

Lardenois 94 

Lefaucheux (de chasse) 49 

Lenders Lambin 104 

Lepage, imperméable a l'eau .... 41 

I^roy • ^1 

Lindner 92 

Manceau . * ^ •. *^' 

Marston 7 . 102 

Maitini-Henry (Angleterre) 133 

Mauser (Allemagne) 143 

Milbank 115 

Montalambert (Chaumette) .... 34 

Noris ^36 

Obturateur russe î^7 

Pauli (percussion centrale) 4! 

Peabody (Suisse) 125 

Pfyffer'. 129 

Pieri . . . 15i 

Podewils (Bavière), mo<Jlèle 1867 . . . fOO 

Poncharra (charge par la Iwuche) . . 101 

Poppenburgs (van der) 104 

Questienne IH 

Reilly-Comblain ........ 121 

Remington ^27 

Renette (bouche) 41 

Robert 47 

Sauerbrey (coton-poudre) 58 

Schilling, Ulr.-Chr. 103 

Schmidt et Jung 112 

Schmidt, modèle 1873 170 

Sharps .....' 95, 123 

Snider (transformation anglaise) . . . 113 
Snider-Schneider (transformation fran- 
çaise) 120 

25 



» 
» 

» 

1» 

» 

» 

» 

» 
» 
J) 
» 
-» 
1» 
1» 

» 

» 
1» 

1» 

» 

» 

» 

» 
» 
» 
9 
» 



194 



TABLE ALPHABETIQUE 



Pajfc» 
Fusil Spangenberg" et Sauer . . . . 105 

» Spencer, à répétition 475 

» Stahl 132, 134 

» Starr 124 

îi Storm 93 

» Terry et fusil de chasseurs badois . . 98 

» Terssen (Belgique). . 121 

Thou venin (bouche) 57 

Thury, à répétition 164 

Timmerhans et Lindner 97 

Valdahorn 41 

Vetterli, simple (Italie) 139 

x à répétition (Suisse) .... 159 

» N» 2, à répétition 163 

Wânzl (transformation autrichienne) . 119 

Werder (Bavière) • ... 131 

Werpdl (Autriche). ....... 122 

Westlev- Richards 96 

Whitworth 72 

Winchester, à répétition 156 

Wilson 96 

Wintov, russe (bouche) 69, 71 

Yenks 128 

Fusil double (à deux canons) 37 

» -revolver (ancienne manivelle allemande) 23 

27, 34 
à sjl^x, se chargeant par la culasse . . .39 
de chasseurs, suisse (bouche), m. 1856 68 
de tirailleurs, russe (bouche), m. 1857 71 
nonvégien (à chambre), modèle 1842. 78, 91 
d'inlknterie, suisse (bouche), m. 1863 . 81 

de rempart, français 48 

à vent 39 

Fusils à répétition (voir Systèmes et construc- 
tions de fusils.) 



Gibernes (cartouchières) . 30 

Graissage du projectile (lubrification) . . . 185 



» 

Y» 
» 



D 
» 

» 



Inflammation à friction (arme-au-moine) 
Inflammation h percussion 



w 



18 
41 



1 



Machines de siège (anciennes) 

» tonnantes (jet de pierres) . , . ^ 7 
Matière inflamrnable ou explosible (fulminate), 43 

44, 52, 116, 144 
Mire (hausse) et guidon, 14, 17, 24, 30, 51, 57 

178, 179 

)) à cadran 61 

ï» à gradins et échelons 64 



Pages 
Mire à feuille recourbée à angle droit ... 70 

» en forme de Ivre 76 

» à échelon et glissière 76, 77 

» à fourchette, hessoise 85 

arquée, autrichienne 85 

-chevalet, danoise 85 

à aiguille, badoise et wurtembergeoise. 99 

à coulisse, de Charrin 126 

italienne, modèle 1871, Carcano . . . 139 

du fusil allemand (Mauser) 144 

pour fusil (de Schmidt) 161 

pour mousqueton (de Schmidt) . . . 161 
à curseur du fusil français^ mod. 1874 . 150 
Monture des fusils . . . . Il, 17, 30, 35, 182 

Mortier à main (trombiqn) 33 

Mousqueton-^obusier (trabouen) 33 

Mousquets 19, 20 

Moyen de propulsion (Poudre de St:hnlze). . 172 



Pétri nat (mousqueton) 20 

Pilules d'amorce 41, 42 

Pistolets (assommoir) 13, 14, 24 



» 



» 



à deux canons 

il deux canoiis et une seule platine . 
à plusieurs coups (voir à répétition 

et revolvers), 
à répétition (système Mariette) . . 
)» américain 



.34 



54 
66 



y» 

» 
» 

» 



-mousqueton 39 

Platine à mèche «15 

à mèche et à ressort 17 

chenapan 28, 34 

à rouet 17 

à rouet et à serpentin 18 

à silex ou à batterie 29, 31 

à percussion 41 , 42, 43, 44 

k réservoir 42, 47 

» H chaînette, ord 61 

» » renversée 71 

Plœnnîes, W. v. 71, 75 

Plomb dur (voir matériaux des projectiles). 
Poudre à tirer (découverte et notion de la) . 3 
» ' ou de tir (proportions du mé- 
lange de la), 4, 5, 116, 172, 184 
» (crommencement de la granu- 
lation de la) 15 

Projectile explosible de Deh'igne 46 

>i conique ord. ... 31, 32, 173, 184 

» elliptique (Lautmann) 32 

» cylindro-conique (Robin) .... 34 
» cylindro-sphérique (Birmans) . . 44 

» Charrin ^6, 47, .">6, 64, 69 

» Delvigne 46 



DES MATIERES. 



195 



Pages 

Projectile Dreyse (ovoïde) 51 

» américain de petit calibre . . 55, 60 

• Tamisier 57 

» Minié 60, 68 

» de la carabine suisse, mod. 1856 . 69 

• nisse, avec tenons directeurs . . 70 
^ 9 Plœnnies 72 

> Prélaz-Burnand . 76 

» Schmidt 78 

» Buholzer 8â 

• du fusil norvégien à chambre . . 02 
» unique suisse, i[nodèIe 1871 . . . 161 
» (matériaux de fabrication des) . 72, 184 



Ratés (comparaisons sur les) . . 20^ 41, 44, 173 

Rayures droites 16, 45 

« spiriformes diverses, 22, 23, 45, 73, 74 
» elliptiques (Lautmann) . . . . 32, 73 

» ovales (Berner) 48, 73 

» Whitworth 73, 74 

p à base concentrique 74, 1 76 

» en foiTne de scie ou en relief, 00, 74, 78 

» Henry .' . . 134 

» Pieri 155 

Recul (voir Essais sur le) 

Revolver (manivelle) -27, 166 

0>lt 49, 54 

Chamelot, Delvi^ne et Sclimidt . . 168 

Adams-Deane 55, 60 

Deprez 54 

Galand 168 

G&sser 166 

V. Kropatschek 166 

Lefaucheiix 65 

Srhmidt, modèle 1873 169 



» 

» 
» 
» 



Pages 

Revolver Smith et Wesson 167 

» Spiriet 167 



Tackels 



167 



m 



Sociétés de tir (anciennes) 16 

S ytèmes de fusils, charge^ par la culasse, 

subdivision 90, 91 

I. sans unité de cartouche 91 

A. Fermeture à chambre 91 

B. » par la culasse 94 

C. » à clapet ou à bloc .... 95 

D. » à cylindre ou à màtoir . . 96 

II. pour unité de cartouche non-obtura- 

trice 103 

E. Fermeture à cylindre 103 

III. pour unité de cartouche obturatrice 110 

F. Fermeture à clapet 1 II 

G. » à bloc 123 

H. » à cylindre 135 

Systèmes à répétition, fermeture à bloc et à 

cylindre 155 



Tirs à la cible (anciens) 15, 27 

Trabouen (mousqueton obusier) 33 

Trajectoire (voir notes balistiques). 

Trèfle (forage en forme de) 77 

Tromblon (mortier à main) 33 



Vis de culasse 34, 40, .52 

• (de Podevils) 74 

Vitesse des feux (notes sur la), 12, 28, 52, 173 

174, 175, 485 



ERRA^Tj^ 



Page. Ligne. 
R=en 
remontant. AU LIEU DE : LISEZ : 

3, 2, force chassante force propulsive. 

5, R 2, la pondre n'a pas seulement constat/», etc. Ce n'est pas seulement à la guerre que la 

poudre a démontré sa puissance par l'em- 
ploi intelligent de ses propriétés prédomi- 
nantes, mais c'est aussi 

8, 3, force chassante force propulsive. 

24; R 15, 1580 à 1560 1580 a 1600. 

40, C, écessaire nécessaire. 

48, 13, 1,297 mètre 1",297. 

» 17, 8,620 kilogr 8kif,620. 

50, R 5, sur la même place dans la même position. 

60, R 12, ce dernier cette dernière. 

81, R 11, PL 13 PI. 23. 

99, R 11, PI. 14 PI. 17. 

107, R 17, dans l'alésage de la chambre dans le tubage de la chambre. 

110,ap.l7', lire le sous-titre J. Armes à charge simple, 

113, 17, se ment à la botte se meut sur la botte. 

140, R 4, En fermant le crochet de l'extracteur, G se 

place . . . ' '. . . Enfermant, le crochet de l'extracteur G se 

place. 

145 Les 7 premières lignes à supprimer. 

171, R 17, PI. 24 PI. 21. 

173, 6, avec armes à feu avec les armes à feu. 

190, 1, poids (en kilogrammes) poids (en grammes). 

» R 17, intérieur =^ J intérieur — I. 



ATLAS 



SCHMIDT. ABMt'S A FEU. 



s 



TABLE DES PLANCHES ET DES FIGURES 



(Les objets annotés d'un fe se trouvent dans la collection de l'auteur.) 
ÂBKÉVIATI0S6 : B = ohargemoQt par la booche; C = ebârgemeni par U oolaue. 



PL Fiffwr. 

I l 



9 



3 

« 
6 

6 

7 

8 

9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 

19-30 
21^32 
23-24 
2^-26 
27 
28 
29 

30 
31 

32-83 
84 

37 

38-39 

40-41 

4J-43 

44-45 

46 



Date Pag« 
OBiBT. chrunologiqae. dn lexte 

Bouche à feu, C 1340—1350 ^ 8 

» anglaise. B 1346 8 

Bombardelle anglaise, B 1346 10 

» à chambre, V 1365 10 

» à queue, B env. 1365 10 

» à support . » . eev, 1405 10 

Arquebuse garnie en bois ^ 1379 11 

» à croc 1392 11 

» à bassinet latéral 1393 11 

» - hache de combat env. 1400 12 

Holy-water-sprincle (aspersoîr) env. 1420 18 

Pistolet à crochet env. 1420 13 

•^ avec platine à môohe eny. 1470—1480 14 

Arme à feu portative du Musée Qerman 1500—1510 14 

Arquebuse à mèche et à détente 1420—1450 14 

Arquebuse à mèche 1420—1150 18 

» à croc (haqueb«xte) 1420—1450 15 

Platine à mèche de cette arme 1420—1450 15 

» avec bassinet et couvercle 1450 -•1470 27 

> à ressort 1510-1520 17 

S Platine à rouet ordinaire . . 1520—1550 17 

> à couvercle autovmAique ......... 1520—1550 18 

Clef-toume-vis de platine j^ roMt 1520—1550 18 

Mousquet avec platine à mèche • . • • • 1520—1550 19 

S > avec platine à rouet 1520—1550 20 

Fourche dç mousquet 1520—1550 20 

Mousqueton avec platine à mèche '• . • 1520—1550 20 

Arquebuse à chambre, G . . 1543 21 

Ancienne manivelle allemande (fusil-revolver) .... env. 1600 27 

Platine à rouet et à serpentin 1550—1600 18 

Anae-au-moine (inflam. à friction) ? 19 

Double détente 1543 22 

S Platine à percussion (chenapa«) espagnole 162S 28 

» à batterie ou à silex, française 1640 29 

S * h Bilex, française 1648 31 

S Mousqueton obusier (trabouen) 1748 33 



PI. 


Fissure. 


• 


47 


» 


48 


» 


49 


» 


50 


10 


51 


» 


52 


» 


53 


> 


54 55 


» 


56 


% 


.57 


11 


58 


» 


59 


» 


60 


» 


61 


» 


62 


» 


83 


» 


64 


» 


65 


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14 


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» 


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96 


» 


97 


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98 



TABLE 

Date Page 

OBJET. chroMloKkiiw. du texte 

S Pistolet à rouet, long 1550-1560 21 

» avec boQton en métal 1550—1580 21 

Pistolet doable avec deux platines à rouet 1550—1560 21 

Hache-pistolet de combat k rouet 1603—1625 33 

Tromblon (mortier à main) . • • 1760 33 

Fusil-revolver avec platine à percussion 1625—1649 34 

Masse d'armes avec platine à silex ^ . . . 1672 34 

S Pistolet double avec une seule platine à silex ...... 1617—1680 84 

Fusil à silex, C env. 1800 39 

Pistolet-mousqueton avec platine k silex 1806 39 * 

Bayonnette française 1640 29 

» 1717 86 

» saxonne 1750 36 

» française 1768 36 

> 1774 36 

» 1800 Si 

S » suisse 1851 62 

S » » 1863 82 

» poignard espagnol . . . .* 1575—1640 30 

» épée française - 1641 80 

Yatagan suisse lS3g 53 

S » autrichien 1830—1860 53 

S » (sabre-bayonnette) pour la carabine suisse. . . . 1864 84 

S » du fusil d'infanterie français (Ghassepot) .... 1866 106 

S » du fusil Martini-Henry anglais 1871 133 

S Fusil d'infanterie français 1777 37 

S » » » avec platine k percussion .... 1822 44 

Fusil double des tirailleurs autrichiens 1787 37 

Fusil de rempart français, G 1831 48 

S » de marine (David), G 1831 47 

Platine à percusgion pour pilules d'amorce 1821 42 

» à réservoir pour pilules d'amorce 1826 42 

> à percussion de Gonsole 1354 42 

^ > pour capsules 1829 44 

» à silex et en même temps à percussion .... 1821 44 

S ^» à chaînette, droite « 1851 61 

S » à percussion (chainette), renversée . . . . . . 1857 71 

Ancienne vis de culasse ordinaire 40 

Vis de culasse à chambre 40 

» à crochet i 40 

» patentée (masselotte) 18O6 40 

S Gulasse du fusil suisse 1842 52 

S Vis de culasse à crochet, suisse 1851 61 

Balle roulante du canon lisse 1827 45 

Système de rayures droites 1498 45 

Les rayures spirales env. 1560 45 

Principe de la chambre de Delvigne • • • 1828 46 

Système ovale de rayures, Berner • 1882 48 

» Thouvenin 1846 57 

Yis de culasse du système Podewils 1558 74 



PI. Figure. 

!• 99 

* 100 
» 101 

» 101 h 

» 102 

» 109 

> 104 
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» 106 
» 107 
» 108 

* 109 " S- 

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» 115 S 

> 116 

» 117 S 

» 118 S 

» 119 S 

» 120 S 

» 121-123 

» 124 S 

> 125 S 
» 126 

» 127 

» 128 

» 129 S 

> 130 

» 131 S 

» 132 S 

17 133 S 

» 134 

» 135 S 

» 136 S 

» 137 8 

» 138 S 

> 139 S 
» 140 

» 141 S 

» 142 

» 143 

» 148 h 

> 144 S 

> 145 

» 146 S 

» 147 S 

» 148 S 



DES PLANCHES ET DES FIGURES. 
OBJET. 

Balle ronde ou roulante 

Projectile en fléchon de Charrin 

» sphéro-coniqae de Charrin 

» cylindro-conique de Charrin 

» / conique russe avec tenons-directeurs .... 

> expansif de Chanîn • . . . • 

Balle pointue de Tamisier 

Projectile Minié 

pointu de Timmerhans 

» pour compression et expansion (Charrin) . 
à cavité en forme d'entonnoir (Charrin) . ' . . 

conique de Pritchett . • 

» à compression de Wilkinson 

» plein du fusil norwégien à chamhre . • 
de la carahine américaine de petit calibre . . 
conique de Minié sans culot (balle évidée) . . 

à expansion de Nessler 

Nessler pour fusils lisses 

hessois à expansion de Plœnnies 

du fusil de chasseurs suisses 

à expansion de Charrin (balle allégée) % *. . • 

Whitworth, à six pans . *. . 

» cylindrique 

à expansion de Prélaz-Bumand 

à compression et à expansion de Schmidt . . . 

du fusil-obturateur russe ». 

de Buholzer 

unique pour tous les fusils suisses de petit calibre 
Rayures profondes et arrondies des anciennes carabines. . 

larges et plates 

ovales de Berner 

à angles vifs à base concentrique 

Whitworth, forage polygonal à 6 pans . . : . 

à scie ou en relief 

Henry 

Cartouche complète pour fusil 

Capsule avec cheminée .... - 

Douille de cartouche Lefaucheux • . . . ' 

Cartouche du fîisil à aiguille de Dreyse 

» » pour fùlmi'coton .... 

» à balle conique de la carabine suisse .... 

V du fusil de salon Flobert 

» du fusil Storm 

» Westley-Bichards 

» pour la construction Manceau 

» » Marston 

V » Spangenberg et Sauer . . 

» du fusil de chasseurs badois 

» » bavarois Podewils 

Fusée Foss pour fusils 

Unité de cartouche du revolver Lefaucheux 

Projectile — charge du pistolet américain à répétition . . 



Daté 


Pagtt 


cbronolosiqiie. dn texi* 




45 


1829 


46 


1831 


47 


1832 


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1853 


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1871 


161 




73 




73 


1832 


73 




74 




74 


1857-1860 


74 


1871 


134 


1597 


24 


1818 


43 


1832 


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1841 


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1851 


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1860 


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1860-1865 


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1860—1865 


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1867 


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1852 


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1853 


66 


1854 


67 



6 TABI4E 

Dite Page 

PI. FigQir. OMET. chronologHiui». d« texte 

M 149-151 S Fiudl à aiguille de Dreyse, C (prussien). 1841 50 

» 159 S Mire de ce f nsil 184) 51 

!• 153 S Fusil double de chasse, LeûwcheaY, €...*...,. 1882) 49 

» 154 S Carabine suisse, B . 1988 53 

^ 155 Fusil à aii^Ue pour fiilmi-coton de Sauerbry 1846 48 

» 156 S Carabine fédérale (snjpe). de campagne, B . ..'..«. 1851 61 

M 157 S Pistolet à répétition, Mariette, B 184D 54 

? 158 Carabine-revolver de Coït - * - 1 * • 1842 54 

» 159 S Pistolet-revolver de CoU .',......... 184? 54 

» 160 S Fusil de salon, Flobt;rt , 1845 56 

SI 161 Mure à tube avec son guidon . 1500-1510 24 

Y 162 S » de mousquet 1520— 158Q 24 

» 163 S » à équerre ou à cran 1530-1609 24 

f 164 S » de la carabine suisse 1838 53 

» 16^ S » à cadran à feuil^ de hausse mobile de la carab . suisse 185 1 61 

> 166 S Double détente delà carabine fédérale de campagne. . . . 1851 61 

» 167 S Mire anglaise à gradins et échelons ••....... 1852 64 

^168 » hessoise à fourchette 1850—1855 85 

> 169 » autrichienne arquée 1855 85 

» 170 » - chevalet danoise 1850—1855 85 

^171 S » de q^umbine de Schmidt 187$ 161 

» 172 S > • à cadran pour fusU de Schmidt 1873 161 

» 173 Double détente française à une seule queue 1850 86 

22 174-178 S Pistolet américain à r^tition 1854 66 

22 179 S Revolver Lefuicheux • -, • ^^^^ ^^ 

» 180 S Fusil de chasseurs suisses, B 1856 68 

« 181 » russe de tirailleurs, B 1857 71 

>^ 182 S » d'infauterie suisse, B 1863 81 

24 183 » à chambre norwégien, C • . 184^ 91 

» 184 Carabine à chambre d'Abegg, C 1851 92 

» 185 Fusil à chambre de Lindner (embroyage), C ...... . 1860 92 

20^ 186 » » de Storm, C I869 93 

» 187 ». deBenkîn, C 186Q 94 

» 188 » » deHubbel, C 1860 94 

M 189 » Ghaye à canon mobile, C 1865 95 

». 190—191 » Sharps et Lawrance, C. 1852—1859 95 

» 192 > Westley Richards, C 1860 96 

«7 193 > Wilson, €..... 1860 96 

> 194 Tète du cylindre obturateur Chassepot 1860 97 

> 195-196 Fusil obturateur russe, C 1860 97 

» 197 . Terry, C 1860 98 

22 198 » de chasseurs badois, C 1863 98 

» 199 Mire à cadran de ce fusil (mire à aiguille) 1863 99 

» 200-902 Fusil bavarois Podewils, C 1867 100 

203—204 » Falisse et Trapmann, C 1860—1866 101 

205 » Manceau, C . . ; 1860-1865 101 

206 * Beigamin, C 1800-1865 102 

207-908 » Marston, C 1860-1865 102 

209 S » Dœrsch et von Baumgarten, C ....••• • 1^81 103 

210-211 > Lenders-Lambin, C 1960—1865 104 






DSS PLAKCHEd ET DES PtOUBES. 7 

D«te Page 

PI. ngare. OBJET. chroiiolO(iqBe. do texte 

SI 212 Fusil van der Poppenbiurg'B, C 1860—1865 104 

» 213 > Spangenberg «t Sauer, C 1860—1865 105 

» 214—215 > à aiguille russe de Carié et fils, G . ' 1867 108 

St 216—218 S » dUnfanterîe français de Chassepot, C 1866 106 

» 219aetbS » Chassepot, modifié par Schmidt, G 1869 107 

> 320 » à tabatière par Snider^hneider, G 1868 12Ô 

SS 221— 223 ' » à aiguille italien de Carcano, C 1868 109 

« 224—226 > d'infanterie iUlien de Yetterli, C 1871 139 

» 224 b S Mire de ce fusil, construction Carcano 1871 139 

54 227 FusilJoslyn (Amérique), C 1861-1862^ 111 

» 228—229 8 » Schmtdt et Jung, G 1865 112 

» 230 » Chabot, G 1865 118 

55 231—232 > transformé anglais de Suider, C 1865 113 

233—284 » » américain de Berdan, G 1866 114 

285 » » espagnol de Berdan, G 1867 1 17 

236-237 » Milbank,C . • . 1866 115 

> 238— 241 S » suisse transformé d'Amsler, G 1866—1867 115 

» 242 S Mire en forme de lyre de Prélaz-Bnmand pour ce fusil . . . 1859 115 

> 243 S Fermeture Amsler à percussion centrale de Schmidt. . . . 1867 117 
S7 244 Fusil russe de Berdan, const. n* 1, G 1867 118 

» 245—248 » autrichien de Wftnzl, C (transformé) 1867 119 

» 249-250 » belge Albini-Brftndlin, G 1867 119 

SS 251—252 » » deTerssen, G 1868 121 

» 253 » Reilly-Comblain^ C 1868 121 

» 254 > belge de Gharrin, C 1865 126 

> 255 Mire à coulisse de Gbarrin 1865 126 

SS 256—257 S Fusil autrichien de Wemdl. G 1868 122 

4S 258—200 » américain de Starr, G 1858 124 

» 330-331 S » Cordîer-Minié, B 1861 79 

41 261-262 » Pfyifer, C 1866 129 

» 268—264 » Cochrans, G 1866 126 

4S 265—267 8 » Peabody, G 1862 125 

» 268—269 S > Remington, N. Y. U. S., C 1864—1866 127 

4S 270 S Cartouche du fusil Chassepot 1866 106 

> 271 » » à aiguille russe de Carié et fils ... . 1867 108 
» 272 S( » » » italien de Carcano. ..... 1868 109 

» 273 S » » Schmidt et Jung . . . ' 1865 112 

» 274 S » Boxer pour le fusil Snider (anglais) 1865 114 

» 275 a S » du fusil à répétition Henry 1861 146 

» 275 & S » » suisse transformé de petit calibre d'Amsler 1867 116 

> 276 S » » » de gros calibre » 1867 116 
» 277 S » à percussion centrale jpour constr. Amsler . . . . 1867 117 
» 578 » du fusil espagnol Berdan 1867 118 

> 279 S » » belge Albini-Br&ndlin 1867 120 

» 280 S » » à tabatière français 1868 120 

» 281 S » à percussion centrale de Berdan 1868 122 

» 282 S » du fusa autrichien Wemdl 1868 123 

» 283 S » » suédois Remington 1864^1866 127 

» 284 S » » bavarois Werder 1869 132 

» 285 S » Boxer pour le fusil anglais Martini-Henry. . . . 1871 134 

» 286 S » du fusil iUlien Yetterli 1871 140 



ô Table des plavches st des fioubes. 

iMt Pafi» 

PI. Figure. OBJET. cliraMHciqae. 4« levlc 

4S 287 S Cartouche du fusil russe Berdan n^" 2 1871 141 

» 288 8 > » hollandais Beaumont 1871 142 

» 289 S » > impérial allemand Maoser 1871 144 

» 290 S Douille de cartouche à percnss. centrale A, p' fusiU à répétition 1872 165 

»291S» » »»B» » 187S 166 

44 290—294 S Fusil Yenks, C 1867 128 

» 295 » Henry à charge simple, G ' 1870 129 

» 807 ft » Stahl, C 1873 134 

49 297—298 » russe de Kmka, C 1869 122 

» 299-301 S > belge de Comblain, C 1870 130 

» 802 » américain à répétition d'Henry 1861 156 

4« 303-306 S » bavarois de Werder, G 1869 131 

47 307 » Stahl, C 1869 132 

» 308-311 S » anglais de Martini-Henry, G 1B71 133 

45 296 a b » Dodge (Amérique), G 1871 185 

» 312—313 » HQgel, G 1866 136 

» 314—315 » Noris, G 1868 136 

> 316—318 S » de cadets suisses, G 1870 137 

49 319—320 » d'infanterie russe de Berdan (n^" 2), G 1871 140 

» 321-323 S » hollandais de Beaumont, G 1871 141 

M 324-328 S » impérial allemand de Mauser, G 1871 143 

» 329 S Mire à glissière du fusil Mauser 1871 144 

91 332—333 S Fusil américain k répétition de Spencer 1860 157 

» 334—336 » ^ > de Bail . 1863 158 

9>1t 337—388 S » suisse » de Yetterli 1867-1871 159 

» 339 S Double détente de la carabine suisse à répétition 1871 162 

> 340a5 c S Accessoires des armes suisses à répétition 1871 159 

» 341-346 Fusil à répétition de Yetterli (n« 2) 1874 163 

5S 347 S » » de Gamma et Infanger 1868 162 

» 348-360 » » deXhury 1874 164 

M 851—352 » deKaestli, G 1871 130 

» 353 Revolver Smith et Wesson 1867—1870 167 

» 354 S » Galand 1870 168 

S5 355 S » Spirlet 1869 167 

» 856 » Tackels 1870 167 

» 357—358 S » suisse d'ordonnance (Chamelot-Delvigne et Schmidt) ' 1872 168 

» 359 S » Schmidt 1874 169 

S€ 860—362 S Fusil Schmidt, G 1873 170 

97 363—369 S » français de Gras, G, et sa munition ..*.... 1875 145 

370 > Pieri 1875 154 




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Tab.27. 




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Tab.29. 




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